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La numérisation des microformes

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Les types de microformes

Les microformes constituent un support de conservation très répandu dans les archives. Dans les bibliothèques elles sont également utilisées pour la reproduction de manuscrits et de périodiques.

On distingue deux types de microformes :
– les microfiches, surtout utilisées pour reproduire un livre ;
– les microfilms, support courant de conservation pour tous types de documents.

L'AFNOR a publié un recueil des normes françaises consacré à la micrographie. Cet ouvrage permet de faire le point sur la question.

Les microfiches sont surtout utilisées dans les bibliothèques. Elles ont un format 105 mm et comportent environ 64 vues.

De nombreux établissements utilisent des microfilms, mais tous les formats ne sont pas aussi répandus. Le 105 mm est assez peu utilisé, à l'inverse des 35 et 16 mm. Le 16 mm, adapté à la prise de vue dynamique, est un format couramment utilisé dans les entreprises et les banques. Les archives privilégient le format 35 mm offrant une image de meilleure résolution. Les films, non perforés, sur support argentique, garantissent une bonne conservation. Dans les services d'archives, les films se présentent sous forme de bobines de 30 m de long, montées sur noyau ; ils contiennent environ 600 vues.

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Comment numériser les microfilms ?

Lorsque l'on numérise une image intermédiaire tel que les microformes, il faut s'attendre à une certaine dégradation de l'image d'un substitut à l'autre. Certes la numérisation directe des documents donne de meilleurs résultats, toutefois, lorsque l'établissement possède déjà des microformes, la numérisation est plus rapide, car entièrement automatisée, et moins coûteuse. Le principal handicap de ce type de numérisation tient au fait que les microformes en couleurs sont très rares, la plupart sont en noir et blanc, aussi la numérisation des microformes s'applique-t-elle surtout aux manuscrits non enluminés et aux imprimés sans illustration couleur.

Un débat s'est récement élevé pour savoir s'il était pertinent de microfilmer pour numériser ensuite. Plutôt que de déplacer des documents fragiles chez un prestataire, leur microfilmage peut apparaître comme une solution économique, surtout quand l'établissement dispose déjà en ses murs d'une station de microfilmage. Aujourd'hui, les scanners de microformes sont automatisés ; il suffit de paramétrer et de régler le positionnement des vues. Plus le volume à traiter est important, plus les coûts sont faibles. Mais le contrôle de qualité des microformes est assez long, il faut développer la bobine pour pouvoir la vérifier, et en cas d'erreurs, les manipulations (découpage, insertion, recollage) prennent du temps. Si l'on ne dispose pas déjà de microformes, il semble donc peu intéressant de microfilmer avant la numérisation. En revanche, il est important de noter qu'à partir des fichiers numériques de conservation, il est possible de tirer des microfilms ou des diapositives d'une qualité équivalente à celle de la numérisation. Cette solution est préconisée par l'université de Cornell aux Etats Unis.

Avant de numériser des microfilms, il faut toujours s'assurer que leur qualité est suffisante, pour cela on vérifiera s'ils ont été réalisés conformément aux normes de l'AFNOR. Des tests permettront de juger si leur état de conservation rend possible une numérisation. On prêtera ainsi attention à la propreté des films : sont-ils rayés, collés? On vérifiera s'il s'agit de films diazoïques ou argentiques, en positif ou en négatif. Seuls les masters vallent la peine d'être numérisés car les bobines de consultation sont toujours plus ou moins endommagées. Avant de commencer la numérisation, les microfilms seront dépoussiérés avec un matériel spécifique à air soufflé. Il faudra s'entendre avec le prestataire pour livrer les films montés ou non sur noyau.

Outre la préparation technique, un inventaire précis des documents est exigé. Chaque bobine sera identifiée par son numéro d'inventaire et par tout code de classement susceptible d'entrer dans le nommage des fichiers, on détaillera pour chaque bobine le nombre de vues, ou on en donnera au moins une approximation.

Les renseignements donnés en début de bobine sont à prendre en compte. En effet, ils indiquent le numéro d'ordre de la bobine, la mire ISO utilisée lors de la micrographie qui peut servir à établir celle de la numérisation, une échelle de gris, l'échelle de réduction et la graduation centimétrique de référence, la présence éventuelle de "blips".

Si l'on a recours à un prestataire, il faudra lui spécifier si chaque vue du microfilm reproduit une ou deux pages du document, lui indiquer le positionnement du texte par rapport au film (horizontal ou vertical),et , dans la mesure du possible, les changements éventuels d'échelle en cours de bobine. Par exemple pour un périodique microfilmé, on peut avoir une seule page par vue en lecture verticale, tandis qu'un petit manuscrit présentera deux pages par vue en lecture horizontale.

Lors du microfilmage du document original, le rapport de réduction a été inscrit sur le film afin de pouvoir réaliser ultérieurement un tirage en grandeur originale. Lors de la numérisation il faut que la restitution soit encore possible. Sur les microfilms, les échelles de réduction les plus courantes sont 1/10, 1/12, 1/16, 1/18, 1/22, 1/24. Les normes relatives au rapport de réduction sont regroupées dans la norme NF Z 43-051.

La taille en pixels de l'image numérique est définie en fonction du taux de réduction du microfilm. En général, un microfilm peut être numérisé en 200 à 300 dpi. Les numériseurs automatisés permettent de traiter rapidement une grande quantité de vues (plus de 100 000 vues en une semaine chez un prestataire). Cependant les contrôles de qualité sont très importants, en cours de prestation comme à la livraison des fichiers. Les prises de vues des microfilms sont en effet de qualité très variable ; il faut parfois reparamétrer le scanner, en particulier quand le pas entre deux vues n'est pas identique. On vérifiera aussi la lisibilité, surtout celle liée à la qualité des encres. Après la numérisation elle même, un deuxième contrôle garantit la correspondance entre les numéros de vues du microfilm et des fichiers numériques, on peut ainsi repérer les vues éventuellement oubliées

Une table de correspondance doit être établie entre les vues numériques et les pages du document original, comme si l'on numérisait directement ce dernier. Lorsque le microfilm comporte des pavés optiques (blips), cette opération est simplifiée puisque l'identification de chaque vue est déjà réalisée sur le microfilm.

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Sites à consulter

Ann R. Kenney, Digital to microfilm conversion : a demonstration project.1994-1996. Final report to the national endowment for the humanities, Ithaca (NY), Cornell University Library, Department of Preservation and Conservation, 1996.
http://www.library.cornell.edu/preservation/com/comfin.html