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Comment
numériser les microfilms ?
Lorsque l'on numérise
une image intermédiaire tel que les microformes, il faut s'attendre
à une certaine dégradation de l'image d'un substitut
à l'autre. Certes la numérisation directe des documents
donne de meilleurs résultats, toutefois, lorsque l'établissement
possède déjà des microformes, la numérisation
est plus rapide, car entièrement automatisée, et moins
coûteuse. Le principal handicap de ce type de numérisation
tient au fait que les microformes en couleurs sont très rares,
la plupart sont en noir et blanc, aussi la numérisation des microformes
s'applique-t-elle surtout aux manuscrits non enluminés et aux
imprimés sans illustration couleur.
Un débat
s'est récement élevé pour savoir s'il était
pertinent de microfilmer pour numériser ensuite. Plutôt
que de déplacer des documents fragiles chez un prestataire,
leur microfilmage peut apparaître comme une solution économique,
surtout quand l'établissement dispose déjà
en ses murs d'une station de microfilmage. Aujourd'hui, les scanners
de microformes sont automatisés ; il suffit de paramétrer
et de régler le positionnement des vues. Plus le volume à
traiter est important, plus les coûts sont faibles. Mais le
contrôle de qualité des microformes est assez long,
il faut développer la bobine pour pouvoir la vérifier,
et en cas d'erreurs, les manipulations (découpage, insertion,
recollage) prennent du temps. Si l'on ne dispose pas déjà
de microformes, il semble donc peu intéressant de microfilmer
avant la numérisation. En revanche, il est important de noter
qu'à partir des fichiers numériques de conservation,
il est possible de tirer des microfilms ou des diapositives d'une
qualité équivalente à celle de la numérisation.
Cette solution est préconisée par l'université
de Cornell aux Etats Unis.
Avant de numériser
des microfilms, il faut toujours s'assurer que leur qualité
est suffisante, pour cela on vérifiera s'ils ont été
réalisés conformément aux normes de l'AFNOR.
Des tests permettront de juger si leur état de conservation
rend possible une numérisation. On prêtera ainsi
attention à la propreté des films : sont-ils rayés,
collés? On vérifiera s'il s'agit de films diazoïques
ou argentiques, en positif ou en négatif. Seuls les masters
vallent la peine d'être numérisés car les bobines
de consultation sont toujours plus ou moins endommagées.
Avant de commencer la numérisation, les microfilms seront
dépoussiérés avec un matériel spécifique
à air soufflé. Il faudra s'entendre avec le prestataire
pour livrer les films montés ou non sur noyau.
Outre la préparation
technique, un inventaire précis des documents est exigé.
Chaque bobine sera identifiée par son numéro d'inventaire
et par tout code de classement susceptible d'entrer dans le nommage
des fichiers, on détaillera pour chaque bobine le nombre
de vues, ou on en donnera au moins une approximation.
Les renseignements
donnés en début de bobine sont à prendre en
compte. En effet, ils indiquent le numéro d'ordre de la bobine,
la mire ISO utilisée lors de la micrographie qui peut servir
à établir celle de la numérisation, une échelle
de gris, l'échelle de réduction et la graduation centimétrique
de référence, la présence éventuelle
de "blips".
Si l'on a recours
à un prestataire, il faudra lui spécifier si chaque
vue du microfilm reproduit une ou deux pages du document, lui indiquer
le positionnement du texte par rapport au film (horizontal ou vertical),et
, dans la mesure du possible, les changements éventuels d'échelle
en cours de bobine. Par exemple pour un périodique microfilmé,
on peut avoir une seule page par vue en lecture verticale, tandis
qu'un petit manuscrit présentera deux pages par vue en lecture
horizontale.
Lors du microfilmage
du document original, le rapport de réduction a été
inscrit sur le film afin de pouvoir réaliser ultérieurement
un tirage en grandeur originale. Lors de la numérisation
il faut que la restitution soit encore possible. Sur les microfilms,
les échelles de réduction les plus courantes sont
1/10, 1/12, 1/16, 1/18, 1/22, 1/24. Les normes relatives au rapport
de réduction sont regroupées dans la norme NF Z 43-051.
La taille en
pixels de l'image numérique est définie en fonction
du taux de réduction du microfilm. En général,
un microfilm peut être numérisé en 200 à
300 dpi. Les numériseurs automatisés permettent de
traiter rapidement une grande quantité de vues (plus de 100
000 vues en une semaine chez un prestataire). Cependant les contrôles
de qualité sont très importants, en cours de prestation
comme à la livraison des fichiers. Les prises de vues des
microfilms sont en effet de qualité très variable
; il faut parfois reparamétrer le scanner, en particulier
quand le pas entre deux vues n'est pas identique. On vérifiera
aussi la lisibilité, surtout celle liée à la
qualité des encres. Après la numérisation elle
même, un deuxième contrôle garantit la correspondance
entre les numéros de vues du microfilm et des fichiers numériques,
on peut ainsi repérer les vues éventuellement oubliées
Une table de
correspondance doit être établie entre les vues numériques
et les pages du document original, comme si l'on numérisait
directement ce dernier. Lorsque le microfilm comporte des pavés
optiques (blips), cette opération est simplifiée puisque
l'identification de chaque vue est déjà réalisée
sur le microfilm.
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