Du Miracle des Ardents aux ostensions



"Le dixième abbé, Geoffroy, gouverna pendant sept ans ; il mourut le 5 des ides d'octobre (11 octobre 998). Sous son abbatiat, des plaies brûlantes couvrirent le corps des Aquitains, et plus de quarante mille hommes moururent de cette épidémie. Pour cette raison, l'abbé Geoffroy et les évêques d'Aquitaine assemblés à Limoges élevèrent le corps de l'apôtre et le transportèrent au Mont-Jovis ; de là ils le rapportèrent à son tombeau la veille des nones de décembre (4 décembre) et la peste de feu cessa".

C'est ainsi qu'Adémar de Chabannes rend compte du miracle opéré en 994 sur des foules atteintes de cette peste de feu ou mal des ardents* par les reliques de saint Martial, évangélisateur et premier évêque de Limoges. C'est cet événement que commémorent aujourd'hui tous les sept ans les ostensions limousines célébrées au printemps 1995.

La quasi conjonction du millénaire du miracle et des ostensions a incité la Ville de Limoges à proposer une exposition d'art, d'histoire et d'archéologie consacrée à l'an Mil, et destinée également à s'inscrire dans l'ensemble des manifestations orchestrées à travers toute l'Europe sur cette période clé de l'histoire médiévale. Son organisation a été confiée au musée municipal de l'Evêché, et à l'université de Limoges (Centre de Recherches historiques et archéologiques médiévales).


(*) C'est au XVIIe siècle que le "mal des ardents" fut identifié comme l'ergotisme : gangrène provoquée par l'absorption de seigle parasité par un champignon, le Claviceps purpurea.


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