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Saint-Gratien
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Selon la tradition, saint Gratien est l’évangélisateur du pays picard : déguisé en berger, il prêchait la foi chrétienne ; il fut décapité sur l’ordre du préfet romain Rictiovare en 303. Sa houlette de berger, plantée sur sa tombe, reverdit miraculeusement et se couvrit de noisettes, miracle répété à chaque anniversaire du saint. Le corps demeura à Saint-Gratien, lieu éponyme de son martyre, jusqu’au XIe siècle. Bien que les reliques aient alors été transférées à l’abbaye Notre-Dame de Coulombs (diocèse de Chartres), la tradition locale est demeurée vivace, ainsi qu’en atteste la récente reconstruction d’un oratoire dans le village. Le crâne du saint fut d’ailleurs rendu à la paroisse en 1770. La légende de saint Gratien est illustrée par les verrières de l’église paroissiale, reconstruite en 1863 par l’architecte arrageois Alexandre Grigny, auteur de la basilique Notre-Dame-du-Saint-Cordon à Valenciennes. L’église de Saint-Gratien se distingue des autres lieux de culte élevés au XIXe siècle dans le canton par son vocabulaire néo-roman (lésènes et festons du chevet). La reconstruction de l’église fut appuyée par la famille de Thieulloy, propriétaire du château de Saint-Gratien. Ce château est une élégante “folie” néo-classique, élevée en 1786-1789 pour Jean-Baptiste Jourdain de Thieulloy par l’architecte Rousseau. Les sculptures des façades sont dues au sculpteur François-Joseph Gruau.
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