Synagogue de Carpentras :
la salle de prière,

vue d’ensemble prise du sud-ouest.

Les plus anciennes synagogues comtadines aujourd’hui visibles, celles de Carpentras et de Cavaillon, datent, pour l’essentiel de leur architecture et de leur mobilier, de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La fortune amassée à cette époque par les commerçants juifs a en effet permis la reconstruction des lieux de culte antérieurs, dont on ne voit plus que d’infimes vestiges remployés dans les édifices actuels.
Lors de la reconstruction, les juifs se sont efforcés d’augmenter la capacité d’accueil des synagogues pour répondre à l’inflation démographique des carrières. Faute d’espace au sol, ils ont multiplié les tribunes. Le développement en hauteur n’était d’ailleurs pas une nouveauté : dès le XVe siècle, les synagogues de la région comportaient deux salles de prière superposées, celle du bas réservée aux femmes, celle du haut aux hommes. La seule communication entre les deux consistait en une petite baie grillagée, ouverte devant le tabernacle, par laquelle les femmes pouvaient apercevoir les livres sacrés.