Les Pery   (1/4)



Le site de l'ancien martinet vers 1900 : vue d'aval.
Carte postale, ph. R. Chapuis, s.d. (collection particulière).

Fin XVIIe - fin XVIIIe siècle.

Premier site d'exploitation du fer, situé en amont du pont qui enjambe l'Ain, le martinet de Syam figure sur les enquêtes de la métallurgie comtoise de 1757 et 1788. Il existait, selon la formule consacrée dans ces statistiques, "depuis des temps immémoriaux" et, d'après un procès de 1763, fonctionnait déjà en 1690. Mais il n'est pas interdit de penser que ce petit site métallurgique, tel qu'il en existait des dizaines dans la montagne jurassienne, devait sa création à la grande vague d'expansion de la métallurgie comtoise du XVIe siècle, consécutive à la création des premiers hauts fourneaux et forges d'affinerie du val de Saône un siècle plus tôt.

Au XVIIIe siècle il était tenu par les Pery père et fils qui en étaient propriétaires. On y fabriquait des bandages de roues et surtout des faux, activité précieuse, car cet outil indispensable à l'agriculture était délicat à réaliser. Sous l'Ancien Régime, seuls quelques martinets des Ardennes, du Jura et des Alpes maîtrisaient cette technique. Mais les quantités produites étaient loin de couvrir les besoins du marché français, si bien qu'on était obligé d'en importer à grands frais de l'étranger et notamment de Styrie. Dans la chaîne du Jura quelques martinets autour de Pontarlier (particulièrement dans les villages de Montlebon, Grand'Combe-Châteleu, Métabief, qui en totalisaient douze), Nans-sous-Ste-Anne près de Salins, Syam et Doucier vers Champagnole assuraient ce type de fabrication.