Les retables de la Mayenne

L’église est en fait une enveloppe autour de l’autel, symbole du sacrifice
du Christ, qui pourrait se suffire à lui-même.
C’est pour cela que l’autel a très tôt concentré sur lui l’attention des constructeurs et a été entouré de tout le faste dû à l’objet le plus remarquable de l’église. Pour compléter le décor, l’habitude fut prise de placer une «image» sur la table d’autel, à l’arrière de celle-ci : retro tabulam, ce qui a donné sans doute naissance au mot retable.

Les premiers retables conservés remontent au XIIe siècle : ce sont des meubles bas et allongés, par la suite, ils deviennent plus fréquents et se développent en hauteur. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les prescriptions des évêques rendent cet ornement quasi obligatoire dans toutes les églises et sur tous les autels. Après la Révolution et pendant tout le début du XIXe siècle, on continue à construire des retables derrière l’autel. Les retables lavallois sont parmi les plus remarquables et les plus originaux que la France ait produits aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Ils ont la double particularité d’être décorés de marbres, liés au tufeau, et d’être réalisés par des architectes. Ce qui en a fait leur succès en Mayenne et dans les régions voisines à partir de 1630, à une époque où ils étaient à la mode. C’est aussi en partie ce qui provoquera leur déclin vers la fin du siècle. Devenus d’une structure trop rigide, on leur préférera des retables en bois permettant des formules plus souples et dans lesquels on pourra bientôt transcrire la rocaille des lambris. On leur substituera surtout des retables faits par des sculpteurs dans lesquels les «images» auront une place prépondérante.
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