VIERGE EN MAJESTE


Vierge en majesté en noyer, argent et argent doré ; vers 1170 ; classée au titre des Monuments Historiques en 1897.

La restauration de 1959 a montré que la statue est faite d'une âme en bois de noyer recouverte de plaques d'argent en partie doré travaillées au repoussé et ciselées. Le visage a conservé la peinture au naturel d'origine. La main droite de la Vierge est du XVIIe siècle, la gauche est plus tardive. La dentelle du poignet droit en argent porte le poinçon de François Cellier, orfèvre clermontois du XVIIIe siècle (1745-1785). Des trous de fixation ont été ménagés dans les têtes en 1894 pour des couronnes.

La restauration a encore permis la découverte d'une logette ménagée dans le dos de la Vierge et rendue inaccessible par le placage de métal d'origine : la toute première intention a pu être d'en faire un reliquaire.

Mais la fonction de la statue est purement symbolique. En effet, elle est bien représentative du vaste ensemble de Vierges désignées par I.H. Forsyth sous le terme de "Trône de Sagesse".

En Auvergne, le prototype probable était la "Vierge en or" commandée par l'évêque de Clermont en 946. La Vierge d'Orcival s'apparente à celles conservées à Tournus, Lyon, Marsat et Chalus-Lembron.

Le but est de rendre le Mystère de l'Incarnation visible et tangible. La Vierge tient le rôle de représentante de la lignée de David d'où l'enfant divin est issu, et de Trône de Sagesse sur lequel l'enfant-prêtre prend place.

Ainsi, il ne s'agit pas d'exprimer un sentiment maternel mais de personnifier une Institution portant Dieu comme un roi. La luminosité de l'argent et de l'or accentue la dimension symbolique de l'oeuvre.

L'emplacement exact d'origine de la statue n'est pas connu. Etait-elle exposée toute l'année ou seulement certains jours de fête, ou mise en scène lors de représentations de drames liturgiques, par exemple à l'Epiphanie comme l'a proposé I.H. Forsyth ?