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Le marbre jurassien est extrait à ciel ouvert, dans une carrière dont la physionomie est dictée par la topographie, la disposition des bancs de pierre et l'évolution des techniques. La première opération de l'exploitation est la découverture de la roche ou évacuation des morts-terrains dits découverte. Lorsqu'elle devient trop importante donc trop onéreuse, le site est abandonné. Une exception : la carrière de Chassal où, la valeur du matériau aidant, l'extraction se poursuit en souterrain à partir de 1928. Une fois l'aire d'extraction dégagée, commence l'exploitation qui s'effectue en gradins ou en fosse. Ce dernier système est mis en uvre à Damparis (au Trou-de-la-Grue), à Pratz et à Graye-et-Charnay pour la carrière des Carrats. Rapidement se posent aussi les problèmes du stockage des blocs et de l'évacuation des déblais. L'extraction proprement dite s'est longtemps effectuée à l'aide de coins. Le principe est le suivant : les limites de la portion de banc à détacher (ou garde) sont matérialisées par une ligne d'affaiblissement, fissure naturelle (dite joint dans un plan vertical et délit dans un plan horizontal) ou saignée (dite enjarrot ou tranche) tracée au pic ou à la broche. A l'inverse de l'outillage des tailleurs de pierres, ce sont les massettes - en acier doux - qui s'usent, les broches étant elles en acier dur. |
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A gauche : coins et joues enfoncés dans une fissure sous un bloc de marbre. |
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A droite : massettes de carriers usagées en acier doux. |
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D'abord en forme de prisme, puis ronds mais alors placés entre des joues, tiges plates métalliques facilitant leur passage, les coins sont enfoncés à la masse (dite masse à trancher), plus lourde que la massette. Ils sont forcés tout doucement - quelques coups donnés trois ou quatre fois dans la journée - pour ceux placés sous la garde, afin de la détacher proprement. Cette dernière est finalement soulevée et écartée à l'aide de leviers (les pinces à talon) prenant appui dans des cavités (les emboîtures) ou, si elle est plus grosse, à l'aide de pinces pouvant atteindre jusqu'à quatre mètres de long. De lourds crics aident à la manuvre. Lorsque la garde est désolidarisée de la masse, elle est fractionnée en blocs plus petits. Occasionnant trop de pertes dans un matériau coûteux, la poudre est peu utilisée. Placé sur des rondins de bois, le bloc est finalement traîné sur laire de stockage à laide dun treuil, encore en place dans la carrière des Carrats. Il y sera chargé sur un chariot qui le convoiera jusquà lusine ou à la gare. |
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