Marbrerie  de  Balanod

Au milieu du XIXe siècle, le chemin de fer est une chance pour la marbrerie de Saint-Amour, et l’est encore plus pour la commune de Balanod. En effet, selon une tradition familiale, ce serait pour fuir l’arrivée des équipes de construction de la voie ferrée – aux mœurs supposées déplorables – que la famille Mourlot quitte vers 1863, le moulin Febvre, à Saint-Amour, pour Balanod. Pierre Mourlot y achète un moulin établi sur la rivière de Besançon et attesté dès 1666, auquel il adjoint une scierie de marbre.

Bureau et fontaine (24 ko) Sa fille Marie-Adrienne, veuve de Noël Artaud, va développer l’usine, construisant en 1880 un autre atelier de sciage, avec machine à vapeur. Elle est, à partir de 1900, secondée par son gendre, Charles Yelmini, fondateur vers 1912 de la S.A. Yelmini Artaud. De nouveaux bâtiments sont alors bâtis entre 1900 et 1920 puis en 1924 ; les derniers datent des années 1970 ou 1980.

Situé au centre du village, bien visible depuis la fontaine, celui abritant les bureaux et autrefois le logement patronal est, vers 1906 ou 1907, modifié par un architecte lyonnais, Santu, et décoré de médaillons en Arabescato.

Pour le voyageur descendant de Montagna-le-Reconduit, l’étonnement prime lorsqu’arrivant à l’entrée de Balanod, sa route se perd au milieu du parc aux tranches de l’usine. De jour, l’agitation y est continuelle : ouvriers et machines traversant la rue, camions déchargeant des blocs ou venant prendre livraison de carrelage, dessus de meuble, salle de bains, etc. A droite, masqué, passe le canal de dérivation qui alimentait la roue en dessus actionnant les machines, remplacée vers 1908 par une turbine Pelton à double effet.   Vue d'ensemble (18 ko)

Parc aux tranches (25 ko, agrandir 69 ko) Comme pour toute autre marbrerie, le parc aux tranches est vraiment à Balanod un lieu aussi incontournable qu’indispensable. En effet, pour satisfaire sa clientèle, la société doit avoir en stock une multitude de variétés et de qualités de marbre. Entreposées à l’extérieur, les tranches sont d’une teinte terne, grisâtre, et ne verront réapparaître leur couleur et leur éclat qu’au polissage ; certains marbres ne supportent toutefois pas de rester à l’extérieur et doivent être protégés.

C’est pour pouvoir s’étendre que la S.A. Yelmini Artaud rachète à Saint-Amour la marbrerie Carron, au moulin Rentreux, en 1993 et l’année suivante la marbrerie Célard, au moulin Febvre. Chacune dispose en effet d’un parc aux marbres ou aux tranches, équipé d’un pont roulant pour la première et d’un portique roulant pour la seconde. L’activité est alors redistribuée entre les trois sites
 : stockage, début de sciage des blocs (préparation de la base), flammage manuel et un peu de débitage dans le premier, tranchage et mise en forme à Balanod, débitage et certaines mises en forme au moulin Febvre, dont le vaste parc aux tranches est apprécié. Ils occupent respectivement deux, vingt-trois et trois personnes.

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