La
dernière marbrerie industrielle jurassienne

Cheminée de la marbrerie Célard,
début XXe siècle.
S.n. (A. Célard Marbres, Saint-Amour). |
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Dès
le premier quart du XXe siècle, la raréfaction
des commandes de cheminées et de monuments commémoratifs
et funéraires signe la fin de lâge dor
des marbreries de Saint-Amour. Trois établissements seulement
subsistent dans les années 1920-1930 :
Carron au moulin Rentreux, Célard au moulin Febvre et
Yelmini Artaud, descendant de Mourlot, à Balanod. Ils
sadaptent aux changements : Carron soriente vers le sciage
à façon pour des marbreries lyonnaises, Célard
poursuit ses chantiers de restauration et produit des éléments
pour le bâtiment, créneau également choisi
par la société Yelmini Artaud, avec carrelages,
escaliers, devantures de magasins et façades dimmeubles,
sans toutefois négliger décoration et aménagement
intérieur (salles de bain ou halls par exemple).
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Le 25 mars 1957, prévoyant louverture des frontières
et la disparition des barrières douanières,
le traité de Rome fait disparaitre la protection assurée
depuis le début du XIXe siècle aux marbreries françaises :
jusqualors, les droits de douanes taxant limportation
des marbres étrangers sélevaient à
5 % sur les blocs bruts et à 30 %
sur les tranches et les matières ouvrées. Les industriels
français avaient donc tout avantage à importer
des blocs et à les scier sur place pour obtenir des tranches.
Désormais, ils doivent faire face à la concurrence
de pays mieux organisés, lItalie notamment. Les
marbreries jurassiennes connaissent alors de grandes difficultés,
qui conduiront à la disparition de Carron et de Célard.
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Actuellement,
la S.A. Yelmini Artaud demeure donc la dernière marbrerie
de Saint-Amour et même la seule marbrerie industrielle
du Jura. Occupant vingt-huit personnes dans le département,
elle ne compte plus les réalisations de prestige qui,
sorties de ses ateliers, ont traversé mers et océans,
à destination des émirats arabes notamment. Elle
sest distinguée en 1995 et 1996 par les revêtements
muraux et de sol du paquebot Splendor of the Seas. Travaillant
des marbres de toute origine, dont ceux de Chine, elle cherche
cependant à promouvoir les marbres français, mettant
en oeuvre celui de Balanod même, mais remettant aussi en
exploitation le Bleu de Savoie (de Villette) et le Boisjourdan
(de Bouère, Mayenne). |
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Table en Balanod rosé.
Marbrerie Yelmini Artaud, 1997. |
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