Antiquité


Au siècle dernier et dans la première moitié de celui-ci, l’utilisation du marbre jurassien dès l’Antiquité semblait une évidence pour les érudits locaux. Ainsi le marbre de Damparis était-il signalé en 1828 dans un édifice gallo-romain de Besançon (Doubs), celui de Sampans invoqué pour un fanum près de Dole, celui de Chassal mentionné pour le lac d’Antre et pour Villards-d’Héria, où se trouvait le sanctuaire principal des Séquanes.

Fragments de pierres et de marbres, Villards-d'Héria (28 ko)

Fragments de pierres et de marbres, Villards-d’Héria (Jura).
Sanctuaire gallo-romain, 1er siècle ap. J.-C.


Toutefois, une étude menée actuellement par Danielle Decrouez et Robert Le Pennec montre que les collections consultées de marbres antiques de Villards-d’Héria et de Besançon ne renferment aucun marbre jurassien. Ainsi, sur vingt-neuf échantillons issus du premier site, onze proviendraient de la région de Carrare (marbres statuaires blancs) et dix de la zone orientale des chaînes subalpines des Alpes – plutôt du domaine interne – (marbres de couleurs mélangées blanches/violettes et bleues). Quatre sont des pierres locales qui ont servi de dallage mais n’ont jamais été polies, trois ne sont pas identifiés et le dernier échantillon, une lave volcanique de couleur verte, pourrait être du porphyre de Belfahy (Haute-Saône) ou de Grèce. Les marbres trouvés à Besançon sont semblables à ceux de Villards-d’Héria mais comptent en plus des granites provenant peut-être des Vosges ou du Massif central.


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