Carrière  de  Chassal          (2/2)


Dans une coupe stratigraphique, la brocatelle jaune forme un niveau d’environ 1,10 m d’épaisseur surmontant celui de brocatelle violette, haut d’environ 1,30 m. Sur le pilier ci-contre, la stratigraphie est perturbée : une veine jaune vient s’intercaler dans le niveau de violette alors qu’à gauche se développe une fissure remplie d’argile. Au centre se remarque le vestige du puits où prenait place le montant-guide d’une poulie pour le fil hélicoïdal.


Pilier formant coupe stratigraphique (10 ko, agrandir 48 ko)


Le banc de brocatelle n’est pas très épais (2 m à 2,60 m) et s’enfonce dans la montagne avec un pendage de 5 degrés. La découverte devient donc de plus en plus importante au début du XXe siècle, augmentant d’autant les frais d’exploitation. La valeur marchande du matériau décide toutefois en 1928 la société des Marbres, Pierres et Granits à poursuivre l’extraction en souterrain, cas de figure rare pour les carrières de marbre françaises. Actuellement, la partie souterraine de la carrière s’étend sur 70 à 80 m de profondeur et 250 à 300 m de large. La configuration du banc le permettant, le parti a été pris de développer l’exploitation en largeur plutôt qu’en profondeur, afin d’éviter les problèmes liés aux infiltrations d’eau et aux fissures pouvant affaiblir le plafond. D’une hauteur à peu près constante (4 à 5 m), accessibles par une dizaine d’entrées, les chambres sont séparées les unes des autres par des piliers dont les dimensions, très variables, relèvent de l’empirisme plutôt que d’un réel calcul.


Etagement du plafond (13 ko, agrandir 56 ko)


Cette vue d'une chambre montre bien, dans l'étagement du plafond en brocatelle jaune, l’avancée de l’extraction suivant le pendage du banc. Cinq gardes (d'environ 6 à 8 m de long sur 4 à 5 de large et pesant 200 à 300 tonnes) ont été sciées à l'aide d'un fil hélicoïdal puis débitées en blocs de moindres dimensions.


Dans cette salle accessible par la dernière entrée à l’ouest, les galeries pour le passage du fil hélicoïdal sont nettement visibles à la partie supérieure des piliers et au plafond. Au premier plan, à leur jonction, le puits destiné au montant-guide a disparu avec le pilier dans lequel il était creusé. Le plafond est parcouru par un réseau de fissures, signalées par des coulées de calcite et des mousses, et conserve des traces de sciage sous forme de stries parallèles.


Intérieur de la carrière (11 ko, agrandir 49 ko)


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