Carrière  de  Chassal          (1/2)


En 1768, l’abbé Clerc découvre à Chassal de la brocatelle, marbre bréchique composé de coquilles broyées et rappelant l’étoffe du même nom. D’abord intermittente, l’exploitation va ensuite y être durable dans deux carrières dont celle de Marignat, mise en valeur de 1844 aux années 1920.
La seconde – la plus importante et la seule présentée ici – est située au nord-est du village. Propriété communale, elle est à partir de 1822 louée à la marbrerie de Molinges, notamment représentée par Félix Boudon jusqu'en 1834, par Emile et Nicolas Gauthier du milieu du XIXe siècle à 1920, puis par la S.A. des Marbres, Pierres et Granits à compter de cette date. C'est cette société qui, en 1928, change le mode d'extraction, poursuivi en souterrain. Depuis sa fermeture en 1984 (en même temps que l'usine de Molinges), la carrière n'est plus exploitée que de façon épisodique et de nouveau à ciel ouvert. Si les techniques d'exploitation en 1827 nous sont connues par une notice de Boudon, celles du XXe siècle sont illustrées de photographies extraites de la collection d'André Grospellier.

Carriers dans les années 1930 (12 ko, agrandir 52 ko) Réalisée dans les années 1930, cette vue témoigne des débuts de l’exploitation en souterrain. L’équipe des carriers y est réduite, 10 à 15 personnes – autant qu’à Pratz à la même époque –, en majorité des Italiens. Leurs outils, outre le fil hélicoïdal : pelles, pioches et pics, masses, massettes et broches, coins, pinces et autres leviers, crics, brouettes et wagonnets sur voie Decauville.

La photographie ci-contre, prise en 1958, nous montre le brochage (ou ébauchage) qui a pour but de rectifier la forme du bloc. Généralement suivie de finitions dans le cas des pierres de construction, cette opération permettait ici, au contraire, de contourner les barrières douanières, notamment avec les Etats-Unis : avoir toutes ses faces lisses classait en effet un bloc de marbre dans les produits de luxe, bien plus taxés, ce qu’évitait la présence d’une face brochée. Brochage, 1958 (12 ko, agrandir 43 ko)

Bloc mis sur rouleau, 1958 (11 ko, agrandir 35 ko) Ces deux photographies de 1958 illustrent le transport d’un bloc de marbre de l’installation de débitage à l’aire de stockage. Placé sur des rouleaux, le bloc est tiré à l’aide d’un treuil électrique installé en 1928. Il est repéré par un numéro qui l’individualise et ses caractéristiques – dimensions et qualité – sont inscrites dans un registre permettant de connaître la production de la carrière et l’état du stock de matière première de la marbrerie. Aire de stockage, 1958 (11 ko, agrandir 42 ko)


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