inventaire topographique

Rhône - Alpes, Rhône

Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l')

Eglise paroissiale Sainte-Blandine

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2001

Désignation

Dénomination : église paroissiale
Vocable : Sainte-Blandine

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1999 BD 13
Numéro INSEE de la commune : 69123
Aire : Lyon
Milieu d'implantation : en ville

Historique

Commentaire historique : La décision d'édifier une chapelle provisoire à Perrache naît de la surpopulation de l'église d'Ainay. En 1838, le Conseil municipal consent à ce qu'une chapelle provisoire soit construite sur un terrain de la Ville ; l'emplacement est désigné, le projet stagne pendant des années. En 1841, l'archevêché de Lyon envoie l'abbé Dartigues fonder une paroisse répondant au vocable de Sainte-Blandine. Une première église "définitive" est conçue sur les plans des architectes Dardel et Hotelard mais la construction s´arrête aux fondations. Le curé Merley reprend la paroisse après le curé Dartigues, décédé en 1861. Il définit clairement le programme de la nouvelle église : elle doit s'élever entre les rues M.A. Petit, Ravat et des Echevins, sur une superficie de 750 m2, œuvre et piliers compris et dans le style du 13e siècle, renaissance de l'art gothique. L'architecte Clair Tisseur, qui a dressé les plans de l'église définitive du Bon Pasteur en 1861, est choisi, peut-être, comme il est précisé dans une lettre des fabriciens au sénateur, parce qu´il est "ancien élève et disciple de M. Desjardins, architecte de la Ville de Lyon". L'église est commencée en avril 1863, achevée en mai 1869, et inaugurée le 17 du même mois. Les travaux de maçonnerie sont exécutés par M. Roucheton. Par manque d'argent, la flèche ne peut être réalisée. En 1890, le curé Vindry fait don de la somme pour sa construction, réalisée par Joseph Etienne Malaval, associé puis successeur de Clair Tisseur. Le Conseil de fabrique "remercie chaleureusement M. le curé de ce don généreux qui complètera la construction de l'église et contribuera à l'embellissement de la Cité". Malaval dessine également une partie du mobilier de Sainte-Blandine. Si bien que l'église se caractérise, tant extérieurement qu'intérieurement, par une grande unité stylistique.
Les bases des colonnes sont à signaler pour l'originalité de leurs griffes sculptées.
Datation(s) principale(s) : 3e quart 19e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 4e quart 19e siècle
Date(s) : 1863 ; 1890
Justification de la datation : datation par source
Auteur(s) : Tisseur Clair (architecte) ; Malaval Joseph Etienne (architecte)
Justification de l'attribution : attribution par source ; attribution par travaux historiques
Personne(s) liée(s) à l'histoire de l'œuvre : Merley (commanditaire) ; Vindry A. (donateur)

Description

Commentaire descriptif : Dans le devis estimatif établi en mai 1862 (ou 61), Clair Tisseur indique la provenance des matériaux de construction à utiliser : "mœllons de Couzon, voûtes en tufs, couverture en tuiles Fox, ardoise, écailles ; pierre de taille : allèges en pierre de Saint-Cyr ou en vieille pierre de Villebois approvisionnée, socles en mœllons de Breyna de tous les contreforts extérieurs, pierre de Villebois à moulure de tous les socles intérieurs, piliers et colonnes en Villebois ordinaire, pierre de taille de Tournus ou de Lucenay, pierre blanche du Midi des carrières de Saint-Paul, carreaudages en mœllons de Couzon de tous les contreforts, carreaudage en pierre blanche du Midi, mœllons de Couzon pour les façades latérales, marches en pierre de Villebois. Charpente de la flèche en sapin".
Matériau(x) de gros-œuvre et mise en œuvre : calcaire ; pierre de taille
Matériau(x) de couverture : tuile plate mécanique ; ardoise ; pierre en couverture
Parti de plan : plan allongé
Vaisseau(x) et étage(s) : 3 vaisseaux
Type et nature du couvrement : voûte d'ogives
Parti d'élévation extérieure : élévation ordonnancée
Type de la couverture : toit à longs pans ; croupe polygonale ; flèche polygonale ; toit conique
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier demi-hors-œuvre : escalier en vis
Technique du décor : sculpture ; ferronnerie ; sculpture (étudié dans la base Palissy) ; vitrail (étudié dans la base Palissy)
Représentation : quadrilobe ; fleuron ; acanthe ; guirlande
Précision sur la représentation : Sujet : décor architectural, support : élévations extérieures ; sujet : clous en ferronnerie, support : porte principale.
Etat de conservation : bon état

Intérêt de l'œuvre

Intérêt de l'œuvre : à signaler
Elément(s) remarquable(s) : colonne
Monographie

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété publique


Vue générale : façades ouest et nord
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0969 PA


Synthèse

La décision d'édifier une chapelle provisoire à Perrache naît de la surpopulation de l'église d'Ainay. En 1838, le Conseil municipal consent à ce qu'une chapelle provisoire soit construite sur un terrain de la Ville ; l'emplacement est désigné, le projet stagne pendant des années. En 1841, l'archevêché de Lyon envoie l'abbé Dartigues fonder une paroisse répondant au vocable de Sainte-Blandine. Une première église "définitive" est conçue sur les plans des architectes Dardel et Hôtelard mais la construction s´arrête aux fondations. Le curé Merley reprend la paroisse après le curé Dartigues, décédé en 1861. Dans une lettre du 20 janvier 1862, il définit clairement le programme de la nouvelle église : elle doit s'élever entre les rues M.A. Petit, Ravat et des Echevins, sur une superficie de 750 m2, œuvre et piliers compris et dans le style du 13e siècle, renaissance de l'art gothique. Son clocher sur la façade doit regarder le couchant ; "nous avons fait dresser les plans d´une seconde église, mais plus modeste que la première, et surtout bien moins coûteuse. L´économie la plus sévère a présidé à la conception de l´ensemble, nous n´avons eu pour mobile que l´utilité publique et nous n´avons voulu pour mérite que l´unité architecturale, et la pureté des lignes." L'architecte Clair Tisseur, qui a dressé les plans de l'église définitive du Bon Pasteur en 1861, est choisi, peut-être, comme il est précisé dans une lettre des fabriciens au sénateur, parce qu´il est "ancien élève et disciple de M. Desjardins, architecte de la Ville de Lyon". Le 12 février 1862, le sergent principal du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, partie nord du réseau, service du mouvement, fait savoir au sénateur "que sur mon rapport, le conseil d´administration de notre compagnie a voté une somme de 3000 frs à la souscription ouverte pour la construction de la nouvelle église de Sainte-Blandine". Le 2 juillet 1863, le Conseil départemental des Bâtiments Civils est appelé à donner son avis : "Les clochetons renfermant les escaliers qui flanquent le clocher principal manquent d'ampleur à la partie supérieure ; il pense qu'une nouvelle étude de ces clochetons est nécessaire et que la forme polygonale pourrait être appliquée ici puisqu'elle répondrait complètement à l'intérieur des cages d'escaliers qui est de forme circulaire. Au reste, le conseil donne son approbation toute entière à la sobriété de style adoptée par l'auteur. Examinant les moyens de construction, le Conseil remarque la faiblesse des piliers cantonnés de colonnettes qui séparent les basses nefs de la nef principale, mais il considère en même temps qu'en augmentant les piliers et changeant la pierre de taille avec laquelle il était dans les prévisions de les exécuter, c'est-à-dire en remplaçant la pierre de Cruaz par la pierre de Tournus, cette dernière étant à un prix inférieur à la première, il n'y aurait pas lieu à augmenter l'ensemble du devis estimatif. (...) La pierre de Tournus est moins vive et moins gélive que celle de Cruaz. (...) Enfin le Conseil en terminant conclut à l'adoption complète du projet sous les réserves des observations dont nous venons d'être l'interprète." L'église est commencée en avril 1863, achevée en mai 1869, et inaugurée le 17 du même mois. Les travaux de maçonnerie sont exécutés par M. Roucheton. Par manque d'argent, la flèche ne peut être réalisée au cours de la même campagne de travaux. En 1890, le curé Vindry fait don de la somme pour sa construction, réalisée par Joseph Etienne Malaval, associé puis successeur de Clair Tisseur. Le Conseil de fabrique "remercie chaleureusement M. le curé de ce don généreux qui complètera la construction de l'église et contribuera à l'embellissement de la Cité". Malaval avait déjà élevé la flèche de l'église du Bon Pasteur en 1874 et achevé l'église d'Orliénas, commencée par Tisseur, en 1885. Il dessine également une partie du mobilier de Sainte-Blandine. Si bien que l'église se caractérise, tant extérieurement qu'intérieurement, par une grande unité stylistique.
Les bases des colonnes sont à signaler pour l'originalité de leurs griffes sculptées.



Documentation

Documents d'archives

AD Rhône. O 866. Fabrique de Sainte-Blandine. Réparations à la toiture de l'église ; insuffisance des ressources de la fabrique, 1882.

AD Rhône. O 866. Fabrique de Sainte-Blandine. Construction de la flèche du clocher, 1890.

AC Lyon. 0475 WP 011. Lettre du sergent principal A Gauthier (?) de la Cie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, partie nord du réseau, service du mouvement, au sénateur du département du Rhône, 12 février 1862.

AC Lyon. 0475 WP 011. Devis estimatif, par Clair Tisseur, 20 mai 1862.

AC Lyon. 0475 WP 011. Lettre des fabriciens de la paroisse de Sainte-Blandine au sénateur du département du Rhône, 5 juin 1862.

AC Lyon. 0475 WP 011. Lettre du curé de la paroisse de Sainte-Blandine au sénateur du département du Rhône, 25 avril 1863.

AC Lyon. 0475 WP 011. Conseil départemental des bâtiments civils, rapporteur Desjardins, séance du 2 juillet 1863.

AC Lyon. 0475 WP 011. Rapport à la fabrique de l'église Sainte-Blandine, par Clair Tisseur, 25 avril 1879.

AC Lyon. 650049. Etat général des propriétés communales, Ville de Lyon, 1er juillet 1887. Lyon, Imprimerie chanoine, Léon Delaroche et Cie, successeurs, p. 23.

AC Lyon. 501.236. Etat des propriétés communales, Ville de Lyon, 1er mai 1905, p. 21.

A. paroissiales Sainte-Blandine, Lyon. Paroisse Sainte-Blandine, Lyon, 1841-1941, par l'abbé F. Clapot, curé de Sainte-Blandine, 1941, plaquette éditée à l'occasion du centenaire de la paroisse Sainte-Blandine, n.p.

Documents figurés

AC Lyon. 0475 WP 011. Premier mémoire du sieur Roucheton à joindre au deuxième pour être remis à Mr le Sénateur, 8 octobre 1864.
Phot. AM Lyon J. Gastineau
03 69 3426 NUCA
Lyon. L'église Sainte-Blandine. Collections ND. Phot, [4e quart XIXe siècle]. Carte postale (Département du Rhône. Préinventaire des monuments et richesses artistiques, original : collection particulière).
Lyon. Place Sainte-Blandine et église. L.L. [1er quart XXe siècle]. Carte postale (Département du Rhône. Préinventaire des monuments et richesses artistiques, original : collection particulière).
Centenaire de la paroisse Sainte-Blandine. Lyon 1841-1941. L'église construite par l'architecte Clair Tisseur (1864-1869). Héliogravure Mce Lescuyer, Lyon. 1941. Portefeuille de 12 cartes postales (A. paroissiales Sainte-Blandine, Lyon), .

Bibliographie

GEORGE, G. Clair Tisseur, architecte, 1827-1895. Notice biographique lue à la Société académique d'Architecture. Annales de la Société académique d'Architecture, 1896, t. 12, p. 347-363.

MARTIN, Jean-Baptiste. Histoire des églises et chapelles de Lyon. Lyon : H. Lardanchet, 1908-1909. 2 vol., XXVI-372 p.-[5] f. de pl. : ill., 499 p.-[5] f. de pl. : ill. ; 33 cm, t. 2, p. 311-316.

CHARVET, E-L G. Lyon artistique. Architectes. Notices biographiques et bibliographiques. Lyon, Imp. A. Waltener, P. Legendre et Cie successeurs, 1899. 436 p. : ill. ; 28 cm, p. 101, 106, 196-197, 231, 376-377.

BERTIN, Dominique, CLEMENCON, Anne-Sophie. Lyon et Villeurbanne. Paris, Guide Arthaud, 1986, réimpression corrigée en 1993, 275 p, p. 184-185.

Rhône-Alpes. Guides bleus, Hachette Tourisme, 1995, 909 p, p. 520.

CADIEU-DUMONT, Céline. Architecture des édifices cultuels lyonnais au XIXe siècle (1802-1905). Guide des sources. Lyon : Archives municipales de Lyon, 1996, 144 p. : ill. ; 27 cm, p. 49, fig. 16.

CRUZ-MOUNIER, Aurélie. L'église Sainte-Blandine de Lyon. Lyon : 1997. 3 vol. (Maîtrise. Univ. Lyon 2. 1997).

PELLETIER, Jean. Lyon. Connaître son arrondissement : le 2e. De Perrache à Bellecour... Des Jacobins à Saint-Nizier. Editions lyonnaises d'art et d'histoire, 1998. 96 p. : ill, p. 52-53.

BERTIN, Dominique, REYNAUD, Jean-François, REVEYRON, Nicolas. Guide des églises de Lyon Editions lyonnaises d'art et d'histoire, 2000, p. 75-77.

BEAUFORT, Jacques. L'architecture à Lyon. Lyon et le Grand Lyon de 1800 à 2000. Jean-Pierre Huguet, Editeur, tome II, 2001, 308 p, p. 42-43.



Annexes

  1. Ville de Lyon. Conseil municipal. Procès-verbaux des séances, publiés par la municipalité, t. 7, séance du 6 avril 1827, p. 41.

    Rapport du maire sur la distribution de la presqu´île Perrache rapportant l´ordonnance du roi du 7 mars approuvant définitivement ce plan.
    "... Je propose de donner à la grande rue centrale le nom de Charlemagne : 1° parce que c´est un des plus grands rois qui aient gouverné la France ; 2° parce qu´il a résidé assez longtemps à Lyon, à l´Ile Barbe, où il rédigea ses capitulaires ; 3° parce qu´il est le premier du nom de Charles." ...
    "La ligne séparative de la partie plus spécialement destinée aux établissements industriels d´avec le reste de la presqu´île sera fixée par la rue ou cours prenant du Rhône à la Saône et limitant au nord la nouvelle place Charles X.
    Cette partie qui contient dix masses... serait spécialement affectée aux habitations particulières...
    Il serait réservé dans la masse centrale de la place Charles X, du côté du Rhône, une superficie assez considérable pour la construction d´une grande et vaste église dont la face regarderait l´occident...
    Je vous proposerai d´affecter à l´établissement du marché un espace de 30 000 mètres de superficie, pris dans la masse n° 13. Il prendra le 1/3 nord , les 2/3 sud étant vendus à Arban
    L´énonciation de l´art 2 de l´ordonnance fait préjuger l´adoption prochaine par le gouvernement du traité avec MM. Seguin..."


  2. Rapport à la fabrique de l'église Sainte-Blandine, Clair Tisseur, 25 avril 1879 (AC Lyon, 0475 WP 011). Extraits.


    "Monsieur le Président du Conseil de Fabrique

    Vous m'avez fait l'honneur de me demander un rapport sur les réparations nécessaires à la couverture de l'église de Sainte-Blandine. Je m'empresse de satisfaire à ce désir.
    La couverture de l'église de Ste-Blandine a été placée vers la fin de 1867. Les ressources dont on disposait par rapport à la surface considérable de l'édifice avaient imposé la plus rigoureuse économie, je n'ose pas dire la parcimonie.
    L'ensemble de la couverture avait été prévu au devis en tuiles dites Fox, qui étaient alors universellement et exclusivement employées à Lyon et dans les environs depuis quelques années. Tout le monde avait abandonné l'usage des anciennes tuiles creuses, qu'on n'aurait pu d'ailleurs dignement employer dans un édifice public.
    Toutefois, désireux de faire les choses le mieux possible la fabrique et l'architecte résolurent, malgré un supplément de prix, d'employer, au lieu de tuiles système Fox, la tuile de Montchanin, qui était encore à l'état d'essai dans nos contrées, mais qui paraissait, comme nature de terre, incomparablement supérieure à nos produits locaux.
    La tuile de Montchanin fut donc employée pour la grande nef, mais on ne put le faire pour les basses-nefs et les sacristies, parce que la pente y était moindre. Le modèle sur lequel sont fabriquées les tuiles de Montchanin ne comporte en effet qu'un très faible recouvrement, ce qui, sur cette pente, eût permis à l'eau de remonter, soit par voie de capillarité, soit sous l'action du vent.
    L'essai de la tuile de Montchanin pour la grande nef a donné des résultats satisfaisants. Il n'y a eu de tuiles détruites que par accident de rupture. Quant aux tuiles système Fox des basses-nefs, il est arrivé à Sainte-Blandine ce qui est arrivé pour toutes les maisons et édifices couverts à cette époque. Dans l'espace de onze à douze années, il y a environ vingt ou vingt-cinq pour cent des tuiles qui ont été détruites sous l'action des gelées.
    La construction de l'église de Sainte-Blandine avait été l'objet de très grands soins. Partout les caniveaux, les rampants des arcs-boutants, etc., ont été exécutés en pierre de Villebois, avec des joints très distancés. L'écoulement des eaux est distribué de travée en travée, de façon à n'avoir d'accumulation sur aucun point. Toutefois, les dispositions obligées des églises ogivales, la multiplicité des combinaisons et des raccords dans les toitures, les cheminements compliqués des eaux, obligent à un entretien constant et presque minutieux, surtout pour un édifice aussi exposé aux vents et aux intempéries que l'est Sainte-Blandine. ...
    Enfin, je vous proposerai de remplacer les tuiles système Fox, dont un certain nombre sont à renouveler chaque année, par des tuiles de Passavant (Bourgogne) qui, avec la même résistance à la gelée que les tuiles de Montchanin, ont un recouvrement beaucoup plus considérable, qui ne permet pas aux eaux pluviales de remonter. ..."

    De nos jours, la nef est couverte d'ardoises.


  3. L'église de Sainte-Blandine
    Extrait de la notice biographique lue à la Société académique d'Architecture par G. George, architecte.
    Annales de la Société académique d'Architecture
    , t. 12, 1895-1898

    Dans un spirituel article, paru en 1882 dans la Revue du Lyonnais, notre confrère, Gaspard André, la nomme Sainte-Blandine hors les voûtes, Sainte-Blandine au désert.
    Et oui, c'est bien Sainte-Blandine l'abandonnée ; mais qu'on a d'autant plus de plaisir à visiter dans le calme de son isolement.
    C'est en 1862-1863 que Clair Tisseur commença les études de son église sur un bien modeste devis de 300.000 fr., devis qui, par suite d'agrandissements et de travaux complémentaires, approuvés en 1865, fut porté à 400.000 fr., réglés finalement à 413.000 fr. lors de l'inauguration de l'église en 1869.
    La façade offre une très heureuse silhouette accentuée par un habile arrangement de tourelles latérales donnant accès à une galerie régnant au-dessus du porche d'entrée.
    La flèche du clocher a tardé bien des années à couronner cet ensemble. Tisseur en avait conservé les dessins dans ses cartons et M. Malaval, son élève et successeur que nous venons de perdre lui-même tout récemment, a su en tirer un excellent parti. Elle est octogonale sur tour carrée et complète brillamment la façade.
    Les façades latérales sont en honnêtes pierres de la Grive, suivant l'expression de G. André et leur petit appareil, loin de nuire à l'ensemble lui donne une échelle et un aspect de tous points convenables.
    L'ajustement des sacristies, trop souvent traitées comme hors-d'œuvre gênant et non prévu, est digne d'être remarqué.
    L'architecte, en leur donnant une ampleur convenable, a su leur donner un caractère architectural demi-civil, dans le genre de certaines constructions de Cluny.
    Une tourelle d'angle, habilement disposée, ajoute à leur physionomie.
    L'intérieur offre une disposition claire et simple ne visant pas à la cathédrale.
    Ni chapelles latérales, ni transept ; jour abondant sans multiplication d'ouvertures.
    Toutefois, comme il faut bien que la critique montre son bout de nez, je me permets de trouver que ce qu'il y a de moins réussi, c'est la rencontre de la grande nef avec le chœur, rencontre qui se fait un peu au hasard.
    A remarquer l'arrangement des colonnes recevant les arcs de la grande nef et ceux des basses nefs, arrangement qui a été l'objet, à ce qu'il paraît, de quelque préoccupation de l'entrepreneur au point de vue de la solidité, mais qui, grâce aux habiles combinaisons de l'architecte, n'a pas présenté le moindre inconvénient.
    L'architecture est du gothique inspiré du treizième siècle. Je crois bien que notre artiste aurait préféré un style plus modeste pour sa jeune et candide sainte Blandine.
    Mais, en 1865, quel est le curé qui aurait cru pouvoir se passer du gothique et ne l'aurait point imposé à son architecte !
    Cependant, le gothique est un tout complet où les détails sont indispensables à l'ensemble. Et notre église Sainte-Blandine attend encore, et il est à supposer qu'elle aura à attendre longtemps la sculpture des chapiteaux et même celle des bases des colonnes, sculptures qui donneraient vite à l'intérieur l'élégance et le charme qu'avait dû rêver Tisseur.




Illustrations


Fig. 1
Plan général de l'église joint au premier mémoire du sieur Roucheton, 8-10 octobre 1864
Phot. AM Lyon J. Gastineau
03 69 3426 NUCA

Fig. 2
Vue générale : façades ouest et sud
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0967 PA

Fig. 3
Vue générale : façades ouest et nord
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0969 PA

Fig. 4
Vue d'ensemble depuis le nord-ouest
Phot. Inv. D. Gourbin
05 69 0369 PA

Fig. 5
Vue générale de la façade principale
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0971 P

Fig. 6
Vue générale de la façade sud
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0963 PA

Fig. 7
Vue de 3/4 depuis le sud-est
Phot. Inv. D. Gourbin
05 69 0546 VA

Fig. 8
Abside et nef : vue nord
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0965 PA

Fig. 9
Elévation sud : détail du portail
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0972 X

Fig. 10
Elévation sud : détail d'une baie à trois lancettes
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0973 X

Fig. 11
Elévation sud, sacristie : détail de la petite porte surmontée d'une tourelle d'angle
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0974 X

Fig. 12
Elévation sud : partie supérieure de la chapelle : quadrilobes, arcs-boutants, pinacles, sculptures d'amortissement
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0975 X

Fig. 13
Détail du bas-côté sud
Phot. Inv. D. Gourbin
05 69 0548 XA

Fig. 14
Elévation sud : détail d'un arc-boutant et d'une sculpture d'amortissement
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0976 X

Fig. 15
Elévation sud : détail d'une sculpture d'amortissement en dragon
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0977 X

Fig. 16
Détail du clocher
Phot. Inv. D. Gourbin
05 69 0549 XA

Fig. 17
Vue du clocher depuis le côté sud
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0978 X

Fig. 18
Elévation antérieure : le portail central
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0979 X

Fig. 19
Elévation ouest : le tympan
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0345 X

Fig. 20
Elévation ouest, portail : coussinet figuré gauche
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0350 X

Fig. 21
Elévation ouest, portail : coussinet figuré droit
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0351 X

Fig. 22
Elévation antérieure : le portail latéral sud
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0980 X

Fig. 23
Clocher-porche : deuxième niveau
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0981 X

Fig. 24
Elévations est et nord : partie inférieure de la tourelle d'escalier et de la chapelle de semaine
Phot. Inv. E. Dessert
01 69 2856 X

Fig. 25
Le clocher vu depuis la rue Smith
Phot. Inv. E. Dessert
01 69 2857 X

Fig. 26
Nef : élévation nord
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0985 X

Fig. 27
Elévation nord : vue partielle située au-dessus de la chapelle de semaine
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0984 X

Fig. 28
Détail d'une sculpture d'amortissement : élévation nord
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0986 X

Fig. 29
Elévation nord : détail de toiture et de sculptures
Phot. Inv. E. Dessert
01 69 2859 X

Fig. 30
Elévation nord : détail de toiture, gargouille
Phot. Inv. E. Dessert
01 69 2858 X

Fig. 31
Détail de sculptures d'amortissement : élévation nord
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0982 X

Fig. 32
Façade nord : détail des ornements de la partie située au-dessus de la chapelle de semaine
Phot. Inv. M. Couderette
01 69 0983 X

Fig. 33
Vue du toit de la nef depuis le clocher
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0501 XA

Fig. 34
Les arcs-boutants vus depuis le clocher
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0504 XA

Fig. 35
Vue de Lyon depuis le clocher ; au premier plan, les colonnettes
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0502 XA

Fig. 36
Les clochetons en amortissement depuis le clocher
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0506 XA

Fig. 37
Sculpture d'amortissement vue de dos depuis le clocher
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0503 XA

Fig. 38
Arc-boutant amorti par un animal rugissant prêt à bondir (nord)
Phot. R. Dassié
03 69 3395 NUCA

Fig. 39
Arcs-boutants amortis par un clocheton, quatre colombes et un voleur à l'affût (nord)
Phot. R. Dassié
03 69 3396 NUCA

Fig. 40
Arcs-boutants amortis par quatre colombes et un voleur à l'affût
Phot. R. Dassié
03 69 3397 NUCA

Fig. 41
Arc-boutant amorti par quatre colombes : détail d'une colombe prenant son envol
Phot. R. Dassié
03 69 3398 NUCA

Fig. 42
Arc-boutant amorti par un voleur à l'affût
Phot. R. Dassié
03 69 3399 NUCA

Fig. 43
Arc-boutant amorti par un voleur à l'affût
Phot. R. Dassié
03 69 3400 NUCA

Fig. 44
Arc-boutant amorti par un chat assis (nord)
Phot. R. Dassié
03 69 3401 NUCA

Fig. 45
Arc-boutant amorti par un chat assis (nord)
Phot. R. Dassié
03 69 3402 NUCA

Fig. 46
Silhouette de sculpture d'amortissement et de gargouille. A l'arrière-plan, le sculpteur
Phot. R. Dassié
03 69 3403 NUCA

Fig. 47
Arc-boutant amorti par un sculpteur au repos
Phot. R. Dassié
03 69 3404 NUCA

Fig. 48
Arc-boutant amorti par un sculpteur au repos, vue rapprochée
Phot. R. Dassié
03 69 3405 NUCA

Fig. 49
Arc-boutant amorti par un animal fantastique vu de face (sud)
Phot. R. Dassié
03 69 3406 NUCA

Fig. 50
Arc-boutant amorti par une chouette, vue de face
Phot. R. Dassié
03 69 3407 NUCA

Fig. 51
Arc-boutant amorti par une chouette, vue de trois-quarts (sud)
Phot. R. Dassié
03 69 3408 NUCA

Fig. 52
Arc-boutant amorti par un loup (?) se retournant vers le toit de la nef
Phot. R. Dassié
03 69 3409 NUCA

Fig. 53
Arc-boutant amorti par une jeune fille jouant de la lyre (sud)
Phot. R. Dassié
03 69 3410 NUCA

Fig. 54
Arc-boutant amorti par un homme en prière (sud)
Phot. R. Dassié
03 69 3411 NUCA

Fig. 55
Contreforts et arcs-boutants amortis par des clochetons, premières travées nord
Phot. R. Dassié
03 69 3412 NUCA

Fig. 56
Arc-boutant amorti par un clocheton (nord)
Phot. R. Dassié
03 69 3413 NUCA

Fig. 57
Arc-boutant amorti par un clocheton (nord)
Phot. R. Dassié
03 69 3414 NUCA

Fig. 58
Arc-boutant amorti par un clocheton (sud)
Phot. R. Dassié
03 69 3423 NUCA

Fig. 59
Arc-boutant amorti par un clocheton (sud)
Phot. R. Dassié
03 69 3415 NUCA

Fig. 60
Gargouilles situées à l'angle des élévations nord et ouest : vue d'ensemble
Phot. R. Dassié
03 69 3416 NUCA

Fig. 61
Gargouilles situées à l'angle des élévations nord et ouest : gargouille nord, à l'arrière-plan, animal fantastique prêt à bondir
Phot. R. Dassié
03 69 3417 NUCA

Fig. 62
Gargouilles situées à l'angle des élévations nord et ouest : gargouille nord
Phot. R. Dassié
03 69 3418 NUCA

Fig. 63
Gargouilles situées à l'angle des élévations nord et ouest : gargouille ouest
Phot. R. Dassié
03 69 3419 NUCA

Fig. 64
Gargouilles situées à l'angle des élévations nord et ouest : gargouille ouest, vue rapprochée
Phot. R. Dassié
03 69 3420 NUCA

Fig. 65
Chapelle latérale nord : gargouille
Phot. R. Dassié
03 69 3421 NUCA

Fig. 66
'Gargouille' ornant la souche de cheminée de la sacristie
Phot. R. Dassié
03 69 3422 NUCA

Fig. 67
'Gargouille' ornant la souche de cheminée de la sacristie
Phot. R. Dassié
03 69 3424 NUCA

Fig. 68
'Gargouille' ornant la souche de cheminée de la sacristie
Phot. R. Dassié
03 69 3425 NUCA

Fig. 69
Vue intérieure vers le chœur
Phot. Inv. J.-M. Refflé
01 69 2860 P

Fig. 70
Vue de la nef depuis le chœur
Phot. Inv. J.-M. Refflé
01 69 2861 P

Fig. 71
Vue vers le chœur depuis la tribune
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0584 V

Fig. 72
Vue intérieure : chapiteaux vus de trois-quarts
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0507 X

Fig. 73
Chapiteaux vus de profil
Phot. Inv. E. Dessert
02 69 0508 X

Voir

Lyon 2e arrondissement, Confluent, Généralités
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Ensemble de 38 bases : Tête d'homme, feuillages et animaux fantastiques
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Ensemble des 10 verrières du chœur (baies 0 à 4, 100 à 104)
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Ensemble des 4 verrières historiées des chapelles Nord et Sud : Vie de la Vierge et vie du Christ (baies 5 à 8)
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Ensemble des 8 verrières figurées des bas-côtés (baies 13 à 20)
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Paire d'autels et tabernacles
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Paire d'autels-tabernacles-retables : Le martyre de sainte Blandine, l'apparition de la Vierge à saint Antoine de Padoue, le miracle de la mule (autels secondaires)
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Stalles
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Chaire à prêcher
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Confessionnal
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Croix
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Fonts baptismaux : le Baptême du Christ ; clôture des fonts baptismaux
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Groupe sculpté : Vierge de Pitié
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Maître-autel et tabernacle
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Monument aux morts de la guerre de 1914-1918
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Tympan : Le martyre de sainte Blandine
Lyon 2e arrondissement, Confluent, Hippodrome (place de l'), Eglise paroissiale Sainte-Blandine, Verrière figurée : Sainte Blandine, saint Irénée, saint Pothin et la Trinité (baie 122)

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes / Service Régional de l'Inventaire) / Ville de Lyon. Chercheur(s) : Vitali Françoise ; Belle Véronique. (c) Inventaire de Lyon propriété de l'Etat et de la Ville de Lyon, 2001. Renseignements : CID-documentation patrimoine, Le Grenier d'Abondance, 6, quai Saint-Vincent, 69283 Lyon cedex 01, Tél : 04 72 59 57 38.

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