Inventaire général

L'ARCHITECTURE RURALE DU TARN-ET-GARONNE
Aux confins du Quercy, du Rouergue et de la Gascogne


Présentation / Les coteaux / Les vallées / Les pays de pierre / Les puits / Les fournils / Les pigeoniers / / / / BIBLIOGRAPHIE

Les coteaux

Au sud de la Garonne, la Lomagne offre le paysage vallonné caractéristique des terres de mollasse. Son sous-sol imperméable a favorisé la naissance de multiples petits ruisseaux. Ceux-ci alimentent deux rivières principales, la Gimone et l'Arrats, qui traversent la Lomagne pour se jeter dans la Garonne. A l'extrémité sud-ouest du département, le creusement de la vallée de l'Arrats a mis à nu des bancs calcaires qui constituent par endroits des versants abrupts et des promontoires recherchés dès l'époque médiévale. La pierre y domine. Ailleurs, les "boulbènes" (sols des plateaux et des terrasses en bordure de la Garonne) alternent avec les riches terreforts argilo-calcaires qui occupent les versants des coteaux. La Lomagne est une terre céréalière, mais la production de l'ail s'y est développée dès le XIXe siècle, grâce à des conditions particulièrement favorables. Sa commercialisation, au marché de Beaumont-de-Lomagne, a assuré une prospérité évidente aux agriculteurs.

LAVIT. Lieu-dit Borde Base. Tour-pigeonnier, au-dessus du porche où sèche l'aïl, XVIIIe siècle ?

Hangar en bois où sèche l'aïl fraîchement récolté.


Au nord de la Garonne et de l'Aveyron, en bas Quercy, encadrée par le Pays des Serres à l'ouest et le causse à l'est, se développe une région de collines où règne la mollasse. Autrefois, ce terroir était exclusivement une terre à blé ; de nos jours, les agriculteurs s'y consacrent également à la culture du tabac, des fruits et du raisin de table, le fameux chasselas. Les fermes sont dispersées sur l'ensemble de ces coteaux. Les groupements d'exploitations formant des hameaux sont exceptionnels. Les fermes sont implantées sur les versants ou les sommets des vallonnements ; toutefois, certaines d'entre elles furent construites dans les vallées les plus importantes. Il est bien souvent nécessaire d'emprunter un long chemin de terre pour les atteindre, car toutes ne se trouvent pas en bordure des routes. Aucune clôture, à l'exception de quelques haies vives ou rangées d'arbres, ne les isole, mais leur orientation sud, est ou sud-est les protège des vents froids et de la pluie. Ces fermes furent conçues selon un principe de construction identique, qui s'élabora progressivement dans le courant du XVIIIe siècle. Grâce aux dates relevées sur les logis et à la confrontation des cadastres anciens et nouveaux, il est possible de situer leur construction tout au long du XIXe siècle. Beaucoup furent même construites après le cadastre napoléonien. Les logis sont de plan massé, en rez-de-chaussée, et couverts d'un grand toit à trois ou quatre versants faiblement inclinés et pouvant descendre très bas. Leur caractère original réside dans les façades principales, les murs pignons ou gouttereaux étant ouverts par un long porche dans-oeuvre, appelé emban ou balet, qui commande l'entrée du logis .

SAINT-MICHEL. Lieu-dit Les Aygues, milieu du XIXe siècle.

Les porches sont ouverts par de simples poteaux supportant un pan de bois,

SERINAC. Lieu-dit Gaussail, 2e moitié du XVIIIe siècle.

BEAUMONT-DE-LOMAGNE. Lieu-dit Lashoumes, 2e moitié du XVIIIe siècle.

ESCAZEAUX. Lieu-dit La Cassagnale, 2e moitié du XIXe siècle.

GARIES. Lieu-dit Bessens. Ferme de la 2e moitié du XIXe siècle à porche à poteau et tour-pigeonnier.

des arcades


CAUMONT. Lieu-dit Le Bosc, milieu du XIXe siècle.

BEAUMONT-DE-LOMAGNE. Lieu-dit Picharrot. XIXe siècle.

ou des colonnes , ces dernières n'apparaissant qu'au milieu du XIXe siècle.

ASQUES. Lieu-dit Lavit, 3e quart du XIXe siècle.

SAINT-MICHEL. Lieu-dit Les Aygues, milieu du XIXe siècle.

FAUDOAS. Lieu-dit Gardes, 1868.

LARRAZET. Lieu-dit Nobis, 2ème moitié du XIXe siècle.

Les murs étaient en terre, pisé et brique crue associés au pan de bois.

CAUMONT. Lieu-dit Graves, 1ère moitié du XIXe siècle.

GIMAT. Lieu-dit L'Esquiro. Ferme du XVIIe siècle.

La terre argileuse nécessaire à leur fabrication était extraite sur place. La brique cuite ne remplaça que progressivement ces matériaux plus anciens. Les encadrements des baies, portes et fenêtres, sont en bois, en brique ou en pierre. La surface de ces fermes varie entre deux cent et cinq cent cinquante mètres carrés. Les salles réservées au logement n'en occupent qu'une faible partie au centre, car elles sont entourées sur deux ou trois côtés de locaux à fonction agricole : chai, étable, grange. A l'intérieur, la cuisine est la pièce principale du logis. Elle est éclairée par le porche qui la commande, et contient souvent une grande cheminée

Cheminée de la "salle"

Cheminée de la "Salle". Le grand-père pèle l'aïl.

et un évier couplé à un potager en brique, sauf autour de Lafrançaise où l'évier seul se trouve plus généralement dans le porche.

Evier

Parfois, une seconde pièce juxtaposée, de proportions identiques et équipée d'une même cheminée, a permis la cohabitation de deux ménages. Des petites salles obscures, tenant lieu de chambres, se trouvent dans leur prolongement, à l'arrière. Dans le courant du XIXe siècle, l'introduction d'un couloir améliora la distribution intérieure en facilitant l'aménagement de véritables chambres. Le comble renferme le grenier, tandis que l'espace situé au-dessus du porche fait office de pigeonnier. Il est intéressant de noter que les porches, qui personnalisent si fortement ces fermes, ont tendance à disparaître là où la pierre domine.

MONTAIGU-DE-QUERCY. Lieu-dit Sainte Cécile. XVIIe siècle.

C'est ce que l'on constate au nord-ouest du département, à partir de la Barguelonne, et aux confins de la Lomagne, entre le Cameson et l'Arrats, dans les communes de Marsac ou Gramont, notamment.