LAVIT. Lieu-dit Borde Base. Tour-pigeonnier, au-dessus du porche
où sèche l'aïl, XVIIIe siècle ?
Hangar en bois où sèche
l'aïl fraîchement récolté.Au nord de la Garonne et de l'Aveyron, en bas Quercy, encadrée
par le Pays des Serres à l'ouest et le causse à l'est, se
développe une région de collines où règne la
mollasse. Autrefois, ce terroir était exclusivement une terre
à blé ; de nos jours, les agriculteurs s'y consacrent
également à la culture du tabac, des fruits et du raisin
de table, le fameux chasselas. Les fermes sont dispersées sur
l'ensemble de ces coteaux. Les groupements d'exploitations formant des
hameaux sont exceptionnels. Les fermes sont implantées sur les
versants ou les sommets des vallonnements ; toutefois, certaines d'entre
elles furent construites dans les vallées les plus importantes.
Il est bien souvent nécessaire d'emprunter un long chemin de
terre pour les atteindre, car toutes ne se trouvent pas en bordure des
routes. Aucune clôture, à l'exception de quelques haies
vives ou rangées d'arbres, ne les isole, mais leur orientation
sud, est ou sud-est les protège des vents froids et de la pluie.
Ces fermes furent conçues selon un principe de construction
identique, qui s'élabora progressivement dans le courant du
XVIIIe siècle. Grâce aux dates relevées sur les
logis et à la confrontation des cadastres anciens et nouveaux, il
est possible de situer leur construction tout au long du XIXe siècle.
Beaucoup furent même construites après le cadastre napoléonien.
Les logis sont de plan massé, en rez-de-chaussée, et
couverts d'un grand toit à trois ou quatre versants faiblement
inclinés et pouvant descendre très bas. Leur caractère
original réside dans les façades principales, les murs
pignons ou gouttereaux étant ouverts par un long porche
dans-oeuvre, appelé emban ou balet, qui commande l'entrée
du logis .
SAINT-MICHEL. Lieu-dit Les Aygues, milieu du XIXe siècle.
Les porches sont ouverts par de simples poteaux supportant
un pan de bois,
SERINAC. Lieu-dit Gaussail, 2e moitié du XVIIIe siècle.
BEAUMONT-DE-LOMAGNE. Lieu-dit Lashoumes, 2e moitié du XVIIIe siècle.
ESCAZEAUX. Lieu-dit La Cassagnale, 2e moitié du XIXe siècle.
GARIES. Lieu-dit Bessens. Ferme de la 2e moitié du XIXe siècle
à porche à poteau et tour-pigeonnier.
des arcades

CAUMONT. Lieu-dit Le Bosc, milieu du XIXe siècle.
BEAUMONT-DE-LOMAGNE.
Lieu-dit Picharrot. XIXe siècle.
ou des colonnes , ces
dernières n'apparaissant qu'au milieu du XIXe siècle.
ASQUES. Lieu-dit Lavit, 3e quart du XIXe siècle.
SAINT-MICHEL. Lieu-dit Les Aygues,
milieu du XIXe siècle.
FAUDOAS. Lieu-dit Gardes, 1868.
LARRAZET. Lieu-dit Nobis, 2ème moitié du XIXe siècle.
Les murs étaient en terre, pisé et brique crue associés
au pan de bois.
CAUMONT. Lieu-dit Graves, 1ère moitié du XIXe siècle.
GIMAT. Lieu-dit L'Esquiro. Ferme du XVIIe siècle.
La terre argileuse nécessaire
à leur fabrication était extraite sur place. La brique
cuite ne remplaça que progressivement ces matériaux plus
anciens. Les encadrements des baies, portes et fenêtres, sont en
bois, en brique ou en pierre. La surface de ces fermes varie entre deux
cent et cinq cent cinquante mètres carrés. Les salles réservées
au logement n'en occupent qu'une faible partie au centre, car elles sont
entourées sur deux ou trois côtés de locaux à
fonction agricole : chai, étable, grange. A l'intérieur,
la cuisine est la pièce principale du logis. Elle est éclairée
par le porche qui la commande, et contient souvent une grande cheminée
Cheminée de la "salle"
Cheminée de la "Salle". Le grand-père pèle l'aïl.
et un évier couplé à un potager en brique,
sauf autour de Lafrançaise où l'évier seul se
trouve plus généralement dans le porche.
Evier
Parfois,
une seconde pièce juxtaposée, de proportions identiques et
équipée d'une même cheminée, a permis la
cohabitation de deux ménages. Des petites salles obscures, tenant
lieu de chambres, se trouvent dans leur prolongement, à l'arrière.
Dans le courant du XIXe siècle, l'introduction d'un couloir améliora
la distribution intérieure en facilitant l'aménagement de
véritables chambres. Le comble renferme le grenier, tandis que
l'espace situé au-dessus du porche fait office de pigeonnier. Il
est intéressant de noter que les porches, qui personnalisent si
fortement ces fermes, ont tendance à disparaître là
où la pierre domine.
MONTAIGU-DE-QUERCY. Lieu-dit Sainte Cécile. XVIIe siècle.
C'est ce que l'on constate au nord-ouest du département,
à partir de la Barguelonne, et aux confins de la Lomagne, entre
le Cameson et l'Arrats, dans les communes de Marsac ou Gramont,
notamment.