Désiré Louis Camille ENLART (1862-1927)

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Archéologue formé à l’école des Chartes et à l’école française de Rome, il publie de nombreux ouvrages d’érudition consacrés à l’architecture romane et gothique. Après un premier emploi de sous-bibliothécaire à l’école des Beaux-arts, il devient directeur du musée de Sculpture comparée (actuel musée des Monuments français) en 1903, jusqu'à son décès, en 1927.

Enlart fait partie de ces archéologues du début du siècle, qui ont compris combien la photographie pouvait être utile à leurs travaux. Il s’est constamment préoccupé d’enrichir le fonds de photographies du musée et a lui-même pratiqué la photographie à l’occasion de ses nombreux voyages en Espagne, Portugal, Scandinavie, Syrie et Chypre, où il étudiait le rayonnement de l’art gothique hors de France.

Ses négatifs ont été versés aux Archives photographiques (médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine) et de très nombreuses épreuves au musée de Sculpture comparé. La bibliothèque de Boulogne conserve pour sa part la très riche documentation photographique qu’il avait rassemblée. Les épreuves d’Enlart représentent les 2/3 de ce fonds d’environ 18000 épreuves. Le tiers restant réunit outre des images d’autres archéologues comme Lasteyrie, Lefèvre-Pontalis, des photographies de Bonfils, Braun, Mieusement, Neurdein ainsi que quelques épreuves plus primitives de Bayard, Le Secq et Delessert. (A.de M.)

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Il était arrière-petit-fils de Nicolas-François-Marie. Né à Boulogne-sur-Mer, rue du Château, le 22 novembre 1862, il entra d'abord à l'École des beaux-arts de Paris, apprit à dessiner dans l'atelier de Bouguereau, fit ensuite des études de droit et, s'étant passionné pour l'architecture et pour l'archéologie, se fit admettre à l'École des chartes en octobre 1885. Très brillant élève, il sortit major de sa promotion le 23 janvier 1889 et fut envoyé à l'École de Rome.

Il demeura en Italie deux ans, qu'il employa à parcourir la péninsule, après quoi il fut nommé, en 1893, sous-bibliothécaire à l'École des beaux-arts. Il n'en continua pas moins à voyager, eut des missions archéologiques en Scandinavie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, à Chypre en 1895, en Syrie en 1900, à Beyrouth en 1921, en Norvège en 1922. En 1903, il prit la direction du musée de sculpture comparée (moulages) du Trocadéro et la conserva jusqu'à sa mort.

Suppléant de son maître Robert de Lastérye à son cours d'archéologie de l'École des chartes de 1894 à 1899, il enseigna aussi à l'École spéciale d'architecture et à l'École du Louvre, donna des conférences en France et à l'étranger. L'un des maîtres de l'archéologie française, il entra à l'Académie des inscriptions le 6 février 1925 et mourut à Paris deux ans plus tard, le 14 février 1927.

Camille Enlart, dont l'érudition était profonde, a apporté à l'archéologie des idées nouvelles. Il a montré comment l'art gothique, qui est typiquement français, a été propagé dans nos provinces méridionales puis en Italie, en Proche-Orient, à Chypre par des architectes français, souvent moines cisterciens, qui ont construit à Nicosie, à Famagouste et ailleurs des églises tout à fait analogues à celles de l’Ile-de-France. Il a fait voir que cette diffusion du gothique a été favorisée par les croisades, par la conquête de l'Italie du Sud par les Angevins. Il a prouvé également que le style flamboyant est d'origine anglaise.

Son oeuvre écrite est assez considérable. Outre de très nombreux articles de revues, on lui doit: Boulogne monumental, 1881 ; Origines françaises de l'architecture gothique en Italie, 1894 ; Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde, 1895 ; L'art gothique et la Renaissance en Chypre, 1899- 1916, 3 vol., réédités; Rouen, 1904 ; Catalogue général du Musée de sculpture comparée au palais du Trocadéro (avec J. Roussel), novembre éd., 1910 ; Le musée de sculpture comparée au Trocadéro, 1911 ; Arras avant la guerre, 1916 ; Hôtels de ville et beffrois du nord de la France, 1920 ; Villes mortes du Moyen Age, 1920 ; Les monuments des croisés dans le royaume de Jérusalem, 1925-1927.

Une mention particulière doit être faite de son Manuel d'archéologie française, 1902-1916, une oeuvre de choix. Il comporte quatre volumes, deux sont consacrés à l'architecture religieuse, un à l'architecture civile, le dernier au costume.

Camille Enlart, qui a eu de nombreux élèves et qui a exercé de son vivant une forte influence, faisait partie de la Société des antiquaires de France et d'une foule de sociétés savantes françaises et étrangères. Il avait créé le groupement. “Les amis des cathédrales”. Il a légué, en septembre 1926, ses collections archéologiques au musée de Boulogne-sur-Mer. Son buste a été inauguré dans la bibliothèque du Trocadéro le 27 juillet 1928.


ROMAN D'AMAT ( extrait du Dictionnaire de Bibliographie française)

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