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Désiré Louis Camille ENLART (1862-1927)
Enlart fait partie de ces archéologues du début du siècle, qui ont compris combien la photographie pouvait être utile à leurs travaux. Il sest constamment préoccupé denrichir le fonds de photographies du musée et a lui-même pratiqué la photographie à loccasion de ses nombreux voyages en Espagne, Portugal, Scandinavie, Syrie et Chypre, où il étudiait le rayonnement de lart gothique hors de France. Ses négatifs ont été versés aux Archives photographiques (médiathèque de lArchitecture et du Patrimoine) et de très nombreuses épreuves au musée de Sculpture comparé. La bibliothèque de Boulogne conserve pour sa part la très riche documentation photographique quil avait rassemblée. Les épreuves dEnlart représentent les 2/3 de ce fonds denviron 18000 épreuves. Le tiers restant réunit outre des images dautres archéologues comme Lasteyrie, Lefèvre-Pontalis, des photographies de Bonfils, Braun, Mieusement, Neurdein ainsi que quelques épreuves plus primitives de Bayard, Le Secq et Delessert. (A.de M.) Il était arrière-petit-fils de Nicolas-François-Marie. Né à Boulogne-sur-Mer, rue du Château, le 22 novembre 1862, il entra d'abord à l'École des beaux-arts de Paris, apprit à dessiner dans l'atelier de Bouguereau, fit ensuite des études de droit et, s'étant passionné pour l'architecture et pour l'archéologie, se fit admettre à l'École des chartes en octobre 1885. Très brillant élève, il sortit major de sa promotion le 23 janvier 1889 et fut envoyé à l'École de Rome. Il demeura en Italie deux ans,
qu'il employa à parcourir la péninsule, après
quoi il fut nommé, en 1893, sous-bibliothécaire
à l'École des beaux-arts. Il n'en continua pas
moins à voyager, eut des missions archéologiques
en Scandinavie, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, à
Chypre en 1895, en Syrie en 1900, à Beyrouth en 1921,
en Norvège en 1922. En 1903, il prit la direction du musée
de sculpture comparée (moulages) du Trocadéro et
la conserva jusqu'à sa mort. Camille Enlart, dont l'érudition
était profonde, a apporté à l'archéologie
des idées nouvelles. Il a montré comment l'art
gothique, qui est typiquement français, a été
propagé dans nos provinces méridionales puis en
Italie, en Proche-Orient, à Chypre par des architectes
français, souvent moines cisterciens, qui ont construit
à Nicosie, à Famagouste et ailleurs des églises
tout à fait analogues à celles de lIle-de-France.
Il a fait voir que cette diffusion du gothique a été
favorisée par les croisades, par la conquête de
l'Italie du Sud par les Angevins. Il a prouvé également
que le style flamboyant est d'origine anglaise. Une mention particulière
doit être faite de son Manuel d'archéologie française,
1902-1916, une oeuvre de choix. Il comporte quatre volumes, deux
sont consacrés à l'architecture religieuse, un
à l'architecture civile, le dernier au costume. |