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Nécrologie de Lucien BÉGULE (1848-1935) La Société française d'Archéologie vient d'être cruellement éprouvée par la perte d'un de ses doyens, M. Lucien Bégule, notre inspecteur général, décédé le 1er février dernier. Ses obsèques ont eu lieu à Lyon. M. le Dr Loison, notre inspecteur de la 15e division, y représentait la Société. Il a donné lecture du discours que M. Marcel Aubert, membre de l'Institut, directeur de la Société française d'Archéologie, empêché, lui avait adressé pour qu'il veuille bien le prononcer à sa place. Nous nous faisons un devoir de le publier ici : "La nouvelle
de la mort de M. Lucien Bégule fut pour tous une profonde
surprise. Il était resté, malgré son grand
âge, si actif, si vif d'esprit, si énergique, que
nous pouvions espérer le voir longtemps encore parmi nous,
et nous voulions faire de notre prochain Congrès qui se
tiendra cette année même à Lyon, du 17 au
22 juin, le couronnement triomphal de la carrière de notre
pauvre ami. Hélas, il n'y sera pas, et sa mort jette un
voile de deuil sur nos réunions. Dès 1877, au temps de Palustre, il était des nôtres ; en 1879, il prenait part au Congrès de Vienne et montrait aux congressistes Saint-Maurice-de-Vienne, dont il devait plus tard écrire la monographie; en 1885, il décrivait les peintures murales de Saint-Bonnet-le-Château. En 1906, il est à Carcassonne et montre une fontaine d'ablution conservée à l'Hôtel de Ville; en 1911, à Reims, il étudie les chapiteaux à incrustations et les vitraux du Musée; en 1913, au Congrès de Moulins, il fait visiter l'église d'Ambierle. Ses magnifiques travaux sont connus de tous: sur la cathédrale de Lyon et celle de Vienne; les inscriptions décoratives de ces cathédrales l'abbaye de Fontenay ; la cathédrale de Sens; les vitraux du moyen âge et de la Renaissance de la région lyonnaise, où il nous exposa tout ce que sentait son âme si ardente de peintre verrier; les antiquités et les richesses d'art du département du Rhône ; tous volumes, aussi bons par la science sûre et précise du texte que beaux par la valeur et le charme de l'illustration dont il était à juste titre fier, et qu'une collaboratrice dévouée lui permit de soigner jusque dans ses derniers ouvrages. Ces volumes d'archéologie, le dévouement qu'il portait aux choses de l'art et tout particulièrement à la Société française d'archéologie l'avaient mis en avant, et il reçut très rapidement, avec les médailles et les distinctions dont nous disposons, les grades que peut accorder la Société à ceux dont la collaboration l'honore le plus : inspecteur du Rhône en 1908, inspecteur divisionnaire en 1909, membre du Conseil d'administration dès sa formation, en 1911, il devint notre inspecteur général à la mort de Fage, en 1929. La Société française d'archéologie était fière de le compter parmi ses officiers, et nous de l'avoir comme conseiller et ami. Les membres du Bureau et du Conseil d'administration, au nom de la Société française d'archéologie, ont prié le Dr Loison de dire à leur confrère Lucien Bégule le dernier adieu de leur directeur. "
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