Croix de procession.

Aurillac, limite des XVe et XVIe siècles.

Maître orfèvre (non identifié) : I.S.P.

Argent : fondu, repoussé, ciselé, gravé, amati et partiellement doré ; âme de bois. Cabochons de quartz et de verre.

H : 79 cm ; L : 45 cm.

Cl. M.H. le 30 juin 1908.

Poinçons : insculpés au bas de la douille.

Poinçon de ville : AVRL, Aurillac XVe-XVIe siècles (?).

Poinçon de maître : dans un rectangle, les lettres I.S.P.

Expositions : Aurillac, 1959, n° 22. Paris, 1965, n° 416. Saint-Flour, 1966. Paris, 1992, n° 75.

Cassaniouze, église Notre Dame de la Purification.

Le noeud, repoussé et renforcé par une âme en bois, est en forme de sphère aplatie, les dessus et dessous ornés, suivant une partition usuelle, de douze rayons droits et d'autant de rayons flamboyants, alternés. Plus courts, les rayons droits réservent la place de douze boutons cernés d'une torsade et ornés chacun d'un motif de quinte-feuille en creux, où subsistent des traces d'émail champlevé translucide, alternativement bleu ou rouge ; seuls sont intacts les sépales en émail vert figurés dans les écoinçons.

Le fond est amati sur l'avers, au perloir. L'ensemble de ce décor, fréquent au début du XVIème siècle, notamment pour des noeuds de calices, n'est pas propre au Rouergue.

La croix de Saint-Parthem a des boutons similaires, mais le noeud est orné de godrons hélicoïdaux et non de rayons.

La croix proprement dite ayant la même forme à ses quatre extrémités, il faut un élément de raccord avec le noeud. Généralement sans décor, cet élément est ici orné comme le bas de la douille, autre élément généralement dépourvu de décor. La tranche du montant et de la traverse est recouverte de lames d'argent estampées d'un rinceau de fleurs à cinq pétales.

L'avers et le revers de la croix résultent d'un assemblage plus complexe. Les lobes secondaires sont ornés chacun d'un fragment de lame d'argent estampé, avec le même décor que le montant et la traverse, et encastré sous les lames principales, qui sont estampées d'un rinceau de feuilles très découpées, le fond amati à la bouterolle sur le revers.

A l'avers, traverse et montant sont traités de façon différente. Sur la traverse, les lames estampées recouvrent également les trilobes, grâce à une découpe en forme, les lobes hauts et bas portant trois grandes feuilles plus probablement repoussées qu'estampées, le rinceau principal se poursuivant jusqu'aux lobes terminaux. La Vierge et Saint Jean ont été repoussés à part, probablement par estampage, puis découpés un peu trop approximativement, rapportés et soudés. Les extrémités du montant sont recouvertes par deux plaques quadrilobées : en haut, le Pélican, estampé (réparation en haut) ; en bas, cernée d'une torsade, une Vierge de Pitié, avec les trois croix du Calvaire en arrière-plan, sur fond paysagé et non amati comme les autres quadrilobes : ce quadrilobe repoussé, lui-même lacunaire en bas (réparation), remplace probablement un quadrilobe manquant, Sainte Madeleine si l'iconographie originale était la même qu'à Saint-Parthem.

A la croisée, le carré a été travaillé un peu trop rapidement : les feuilles repoussées, disposées en croix de Saint André, de part et d'autre d'un motif de tronc vertical, sont décentrées vers le haut, à droite. Le fond a été amati à la bouterolle sur le revers. Le Christ, fixé par trois clous, a été repoussé en plusieurs éléments ; une fente horizontale apparaît en haut du perizonium ; la barbe, la couronne d'épines et l'auréole sont rapportées. C'est un travail de bien plus belle qualité que le reste de l'oeuvre.

Au revers, les quatre extrémités de la croix sont recouvertes par des plaques quadrilobées, estampées comme le médaillon où est représenté Dieu le Père, à la croisée.

Les évangélistes sont identifiés par les inscriptions latines portées par les phylactères : "S MARCUS", à gauche ; "S JOHANNES", en haut ; "S LUCAS", à droite ; "S MATEUS", en bas.

Estampées dans des matrices aux creux prononcés , et réalisées avec une feuille d'argent un peu trop mince, les figures ont toutes souffert d'enfoncements plus ou moins marqués. Un autre signe d'économie de métal apparaît à l'absence de moulures de part et d'autre des rinceaux de feuilles du montant et de la traverse.

La présence de clochettes sur la croix de Cassaniouze est un trait méridional : il reste à déterminer si elles sont d'origine, ou si leur présence ne résulte pas d'une restauration.
J.P.L.



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