Châsse de sainte Valérie.

Ateliers limousins, 1ère moitié du XIIIe siècle.

Cuivre : émaillé (champlevé), ciselé et doré ; âme de bois.

H : 18 cm ; L : 13,6 cm ; P : 5,4 cm.

Cl. M.H. le 14 juin 1898.

Exposition : Aurillac, 1959, n° 10. Saint-Flour, 1966.

Historique : Après plusieurs années passées au musée de la Haute-Auvergne de Saint-Flour, elle fut déposée en 1987 au trésor de l'église du Vigean.

Salins, église paroissiale Saint-Pantaléon. Oeuvre en dépôt au trésor de l'église du Vigean.

La châsse de Salins reprend le thème souvent utilisé du martyre de sainte Valérie. Selon E. Taburet Delahaye, "ce n'est pas la qualité artistique de ces oeuvres, mais plutôt leur intérêt iconographique qui les font remarquer". Il s'agit d'oeuvres fréquemment produites, car correspondant à l'hagiographie du cycle de cette sainte qui figure parmi les grands saints limousins.

Dans les châsses limousines, l'auge représente d'ordinaire la vie terrestre, le toit à double rampant la vie céleste, à laquelle le martyr représenté dans la partie inférieure accède après sa mort. Malheureusement restaurée, avant 1959, les plaques des rampants ont été inversées. La restauration programmée à l'occasion de cette exposition permettra de restituer leur emplacement.

Très proche des autres châsses (Meilhac, Massenet, musée du Louvre) glorifiant la sainte, elle présente la décollation de sainte Valérie ordonnée par le Duc Erienne ou plutôt "La messe de sainte Valérie" illustrant l'instant où la jeune martyre soutenue par un ange, sur l'injonction du doigt de Dieu, représenté à droite, au-dessus d'une table d'autel identifiable par la nappe aux plis tombants, le calice et la croix, porte sa tête à saint Martial habillé en évêque. Les deux bourreaux frappés par "l'ange de Dieu", chancellent et tombent en extase.

L'âme de la sainte, dégagée de toute contingence terrestre, "comme il convient aux Esprits Glorieux" (Rupin) arrive au paradis, entraînée par deux anges jouant de l'olifant. Le revers de la châsse, au champ réticulé, s'orne sur l'auge de deux médaillons inscrivant chacun une fleur blanche à huit pétales, délimités par des lignes en croix. Le rampant est décoré de losanges inscrivant des fleur blanches à pétales inégaux. Sur les pignons, des figures de saints apôtres relativement stéréotypées.

B.M.



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