Saint Etienne de Muret, fondateur de l'Ordre de Grandmont
A l'origine de cette dernière, se trouve un homme d'un grand charisme, Etienne, surnommé, après sa retraite dans les solitudes boisées entourant Ambazac, "Etienne de Muret". Ce personnage historique et son oeuvre nous sont bien connus tant par les sources écrites, parfois contemporaines, que par la transmission orale de sa Règle, tout particulièrement à l'attention de son disciple favori, Hugues de Lacerta, comme en témoigne une plaque en émail champlevé
* de l'autel-majeur de l'abbaye de Grandmont conservée au musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris. C'est d'ailleurs ce dernier personnage qui fut à l'origine du premier recueil des pensées et directives du saint destiné à ses disciples, qu'il dicta à un clerc.Né vers 1046-1048, Etienne serait, d'après la légende, fils d'un vicomte de Thiers en Auvergne. Dès l'âge de douze ans, il aurait été placé auprès du doyen du chapitre de Paris, Milon, qui, élevé au rang d'archevêque de Bénévent en Italie, aurait emmené le jeune garçon avec lui. Dans cette Calabre sauvage, ce dernier aurait pour la première fois pris contact avec le mode de vie érémitique qui devait guider par la suite la nature de son enseignement.
Après un séjour de quelques années dans le milieu beaucoup plus mondain de la cour pontificale, Etienne regagna le Limousin où il se retira dans la forêt de Muret près d'
Ambazac, vers 1075-1079. Pratiquant la vie d'un anachorète*, il dispensa néanmoins à quelques disciples, parmi lesquels Hugues Lacerta, un enseignement traditionnel basé sur les écrits des Pères de l'Eglise, dont saint Augustin, et sur les Evangiles.N'ayant jamais effectué de retour dans le monde, il meurt le 8 février 1125 ; sa canonisation fut prononcée un demi-siècle plus tard, en 1189. Bien que de nombreux miracles lui aient été attribués de son vivant puis auprès de son tombeau, aucun culte public de grande ampleur ne lui fut particulièrement consacré ni en sa personne ni par l'intermédiaire de ses reliques.
Ce n'est qu'après sa mort que ses disciples, malmenés par les habitants d'Ambazac, se retirèrent sur la paroisse voisine de Saint-Sylvestre,
dans le lieu-dit de "Grandmont", où ils entreprirent la construction d'une église placée sous la règle de vie édictée par Etienne, fondation connue par la suite sous le nom d'Ordre de Grandmont. Cette érection n'avait été rendue possible que grâce au don de terres par l'impératrice Mathilde, épouse en seconde noces de Geoffroy Plantagenêt et mère du futur Henri II, roi d'Angleterre.