mise à jour : août 2003
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La licence d'entrepreneur de spectacles est
désormais obligatoire pour tout responsable de structure associative ou
commerciale dont l'activité habituelle est la production de
spectacles. Les licences sont déconcentrées et les directeurs régionaux des affaires culturelles sont les autorités compétentes pour instruire les dossiers de licences d'entrepreneurs de spectacles par délégation des préfets. |
La réglementation de la profession du spectacle débute
avec l'ordonnance du 13 octobre 1945 relative aux spectacles, qui
définit et organise la profession d'entrepreneur de spectacles et met en
place la licence.
Cependant, la loi n° 99-198 du 18 mars 1999 (J.O. du
19 mars 1999), qui n'abroge pas complètement l'ordonnance initiale, en
garde les dispositions relatives à la protection des salles qui, depuis
1945, ont assuré malgré des difficultés certaines, le
maintien des salles de spectacles et des garanties économiques
liées à leur exploitation.
Comme par le passé, aucune
salle de spectacles ne pourra être désaffectée ou
démolie sans une autorisation du ministre chargé de la culture,
et les contrats de location, cession de fonds de commerce et baux devront
toujours, à peine de nullité être autorisée par
celui-ci.
La licence peut se définir comme étant une autorisation
professionnelle qui a pour but de professionnaliser le secteur très
varié du spectacle vivant en demandant à tout candidat d'offrir
des garanties à la fois administratives et juridiques. Elle permet, par
ailleurs, le contrôle du régime de protection sociale des artistes
qui sont en situation de salarié vis-à-vis de leur employeur,
l'entrepreneur de spectacles. La délivrance et le renouvellement de la
licence permettent de vérifier la régularité de la
situation de l'entrepreneur de spectacles au regard de ses obligations sociales
et réglementaires.
A l'origine, l'ordonnance du 13 octobre 1945
interdisait la constitution de société à
responsabilité limitée pour l'exploitation d'une entreprise de
spectacles et ne prévoyait pas qu'une association puisse être
titulaire d'une licence d'entrepreneur de spectacles. Des textes intervenus ces
dernières années (loi du 5 janvier 1988 et loi du 31
décembre 1992) ont ouvert aux SARL et aux associations la
possibilité d'être entrepreneur de spectacles.
Par ailleurs,
la loi du 18 mars 1999 a élargi le champ d'application de la licence au
secteur public (théâtres municipaux en régie directe et
établissements publics tels que les théâtres nationaux),
ainsi qu'aux départements d'outre-mer.
Enfin, la loi de 1999 donne une définition des notions de
spectacle vivant et d'entrepreneur de spectacles.
Le spectacle vivant est
défini par la présence physique d'au moins un artiste du
spectacle percevant une rémunération lors de la
représentation en public d'une uvre de l'esprit.
La
définition de l'entrepreneur de spectacles s'articule autour de trois
métiers qui ne sont pas incompatibles entre eux : exploitants de lieux
de spectacles aménagés pour les représentations publiques,
producteurs de spectacles ou entrepreneurs de tournées, diffuseurs de
spectacles.
Tout entrepreneur de spectacles, qu'il s'agisse d'une structure associative ou commerciale, qu'elle soit privée ou publique, doit être titulaire de la licence, le fait générateur étant l'emploi d'artistes.
Toutefois, peuvent exercer occasionnellement l'activité
d'entrepreneur de spectacles, sans être titulaires d'une licence, dans la
limite de six représentations par an :
- toute personne physique ou
morale qui n'a pas pour activité principale ou pour objet l'exploitation
de lieux de spectacles, la production ou la diffusion de spectacles ;
- les
groupements d'artistes amateurs bénévoles faisant
occasionnellement appel à un ou plusieurs artistes du spectacle
percevant une rémunération.
Ces représentations doivent faire l'objet d'une déclaration préalable à l'autorité administrative compétente un mois au moins avant la date prévue.
Les entrepreneurs de spectacles vivants sont classés en trois catégories :
Pour une première demande, il faut fournir :
Il est utile de prendre contact avec la Direction régionale des affaires culturelles dont on dépend pour connaître exactement les pièces nécessaires à la constitution du dossier.
Personnelle et incessible, la licence est attribuée à une personne en sa qualité de responsable d'une structure. Nul n'est admis à diriger, soit directement soit par personne interposée, une entreprise de spectacles s'il n'est personnellement muni de la licence.
- Lorsque l'activité d'entrepreneur de spectacles vivants est
exercée par une personne physique, la licence est délivrée
à cette personne sur justification de son immatriculation au registre du
commerce et des sociétés, ou, le cas échéant, au
répertoire des métiers.
- Lorsque l'activité
d'entrepreneur de spectacles vivants est exercée par une personne
morale, la licence est accordée au représentant légal ou
statutaire de celle-ci, sous réserve des dispositions suivantes :
En cas de cessation des fonctions du détenteur de la licence, les
droits attachés à cette licence sont transférés
à la personne désignée par l'entreprise, l'autorité
compétente ou l'organe délibérant, pour une durée
qui ne peut excéder six mois.
L'identité de la personne ainsi
désignée est transmise pour information à
l'autorité administrative compétente au plus tard dans un
délai de quinze jours à compter de cette désignation.
La licence d'entrepreneur de spectacles vivants est délivrée aux candidats qui remplissent les conditions suivantes :
En outre, la délivrance de la licence 1 (exploitants de lieux de spectacles aménagés pour les représentations publiques) est soumise aux conditions suivantes :
Le renouvellement de la licence est subordonné à la justification de la régularité de la situation des obligations au regard du droit du travail, de la sécurité sociale et de la propriété littéraire et artistique. En cas de manquement à ces obligations, la licence peut être retirée.
Les licences sont attribuées pour une durée de trois ans.
Leur renouvellement sera réputé acquis lorsque l'autorité
compétente n'a pas notifié sa décision dans un
délai fixé par décret.
Ce régime d'autorisation
tacite permet d'éviter qu'un retard de procédure ne
pénalise l'activité des entrepreneurs.
Aux termes du décret du 29 juin 2000, l'instruction des licences
est déconcentrée auprès du Préfet, et
assurée par la direction des affaires culturelles territorialement
compétente.
Lorsque l'instruction est close, les dossiers sont
soumis à l'avis d'une commission consultative régionale
présidée par le préfet de région ou son
représentant. Cette commission est ainsi composée :
Le mandat des membres de la commission est d'une durée de cinq ans.
La décision portant refus d'attribution, refus de renouvellement ou retrait de la licence ne peut être prononcée sans que l'intéressé ait été préalablement avisé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception des motifs invoqués à l'appui de la mesure envisagée. L'intéressé dispose d'un délai de huit jours pour présenter ses observations écrites.
Il n'y a pas de contrôle de la qualité artistique du projet présenté par le candidat à la licence, mais un contrôle de la régularité de sa situation au regard des différents principes réglementaires énoncés ci-dessus.
Le service instructeur vérifie également la régularité de la situation du demandeur au regard des lois sociales.
Au-delà des officiers et agents de police judiciaire, les inspecteurs du travail et les agents de contrôle des organismes sociaux sont habilités à constater l'infraction caractérisée par l'exercice de l'activité d'entrepreneur de spectacles sans licence, à l'occasion de leurs contrôles dans les entreprises.
Les sanctions visent tant les personnes physiques qui doivent être titulaires de la licence que les personnes morales.
Les administrations et organismes chargés du contrôle de l'application du droit du travail, de la sécurité sociale et de la propriété littéraire et artistique devront communiquer aux Directeurs régionaux des affaires culturelles, autorités compétentes pour instruire les dossiers de licences d'entrepreneurs de spectacles par délégation des Préfets, les éléments d'information qui leur seront utiles pour instruire les procédures de retrait de la licence d'entrepreneur de spectacles vivants.
Lancées à linitiative de la DRAC Alsace, les fiches pratiques sont élaborées en liaison avec un groupe de travail réunissant directions régionales des affaires culturelles et directions dadministration centrale.
Coordination :
Département de l'action territoriale
Directeur de la publication : Directrice de l'administration
générale
Illustrations : Caroline Béguerie-Getrey
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