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Transmettre votre admiration pour tel oeuvre
ou artiste, susciter une confrontation à l'excellence, irriguer ou
aménager le territoire :
quel est votre projet culturel ? |
Vous avez clarifié, pour vous, vos objectifs.
Transmettre
votre admiration pour tel oeuvre ou artiste, susciter une confrontation
à l'excellence, irriguer ou aménager le territoire. Vous formulez
finement, d'une phrase, le concept spécifique sur lequel votre projet
s'appuie. La question, néanmoins, ne vous sera pas
épargnée : quel est votre projet culturel ?
Et ce
quels que soient l'ampleur de l'action envisagée, le contexte (scolaire,
institutionnel ou associatif), la discipline artistique, l'importance du
chantier culturel (bibliothèque, musée, centre d'art, de
spectacle ou de création). Qui prétend à un financement
public doit, un jour, répondre à cette question.
Cette fiche, plus théorique que véritablement pratique,
propose, simplement, une manière de trame. Quelques pistes, aussi.
Et tient pour irremplaçables les échanges, la confrontation
d'approches, de compétences et expériences, les réponses
prenant, bien évidemment, une ampleur toute différente selon
qu'il s'agit d'une manifestation ponctuelle (cadre
traité ici) ou d'un grand chantier culturel (création ex nihilo
d'un équipement avec toutes les contraintes liées à la
programmation d'investissement d'une part, à la construction d'autre
part).
Et sait que nulle recette miraculeuse ne permet, même
idéalement, le projet culturel absolu. Chaque projet étant
lié à un contexte particulier, comment généraliser
la réponse à une question aussi spécifique ? Les projets
normés produits au kilomètre, festival clé en main pour X,
grand musée pour Y, technopole pour Z, ne restent ils pas, le plus
souvent, miroir aux alouettes ?
Un projet culturel doit, avant tout, être habité. Porté par ces indicateurs mal mesurés que sont l'enthousiasme et l'engagement. Par une folie, ou volonté, singulière qui ens era l'âme et le coeur. Aventure et pari sur l'avenir, il appelle l'initiative, la responsabilité, la diversité, restera imprévisible et évolutif. Il devra pourtant, en même temps, être géré.
Précisons enfin : la condition nécessaire du projet dit culturel c'est, en son coeur, la présence d'une oeuvre. Celle-ci, néanmoins, ne suffit pas : il doit y avoir rencontre. Inscription dans la cité. Un projet culturel c'est, osons une formule, une oeuvre, un public, des partenaires.
Au coeur du projet donc, la présence d'une oeuvre. Littéraire, musicale, picturale, architecturale, scientifique ou autre : le texte va devenir spectacle, la partition concert, la collection exposition ou musée. Le monument, si on ne lui demande pas seulement d'abriter tel ou tel service, devient, mis en valeur, vecteur d'histoire et d'identité. Il s'agit, dans tous les cas, de diffusion : l'oeuvre existe déjà.
Dans le cas contraire, il s'agit alors de création, c'est vous qui suscitez l'oeuvre, avec toutes les inconnues, faites d'interrogation et d'exaltation, en l'attente du rendu. Sans disserter sur les chemins de la création, sur les muses et les transes, le hagard et l'échevelé, notons le rôle important joué par la commande, publique ou privée, dans l'histoire de l'art : mise en oeuvre de moyens parfois considérables, cahier des charges valant souvent défi créatif ou technique.
Si l'oeuvre est nécessairement au coeur de tout projet culturel, la rencontre publique avec celle-ci exige des forces vives. Des comédiens, musiciens ou danseurs, un commissaire d'exposition. Ou des créateurs : auteur, compositeur, peintre ou plasticien, photographe, architecte, etc. Peut-être aussi que, par intuition, admiration, sentiment d'une connivence artistique, vous aurez, et ce sera tout autant légitime, choisi l'artiste avant l'oeuvre. Tel acteur ou soliste, tel metteur en scène ou scénographe, tel scientifique.
Le choix d'un intervenant de haut niveau, véritable professionnel en adéquation avec les objectifs du projet et conscient de ses responsabilités face au public concerné, reste l'atout premier pour la réalisation d'un projett culturel de qualité (cette notion de professionnalisme des intervenants s'appuyant d'ailleurs sur une solide connaissance d'un parcours artistique et d'une personnalité).
Sachez aussi qu'avec ces médiateurs, vous allez partager le projet : celui-ci, dès lors, avant même d'être offert au public, ne vous appartiendra plus en propre.
Si l'intervenant est plus un animateur formé qu'un professionnel reconnu dans sa discipline, si le public, jeune la plupart du temps, préexiste au sein d'une structure déjà en place, votre projet sera dit socio-culturel, cas particulier non traité ici (cf Des partenaires).
Pas d'oeuvre sans public ! Et s'il ne faut pas exclure que telle soirée confidentielle ait, malgré tout, un moment de grâce, la salle vide ne confère aucune légitimité particulière. La salle pleine, en revanche, affirme une force, mais, entendons nous, cette aune majeure qu'est la fréquentation doit impérativement être mise en regard de la qualité artistique. Le public se mérite, se gagne, se fidélise. Se forme aussi. Et s'il vient, généreusement offrir sa ferveur, refusons qu'il soit trompé, flatté ou gavé, veillons à ce qu'il soit, au contraire, nourri. Par l'excellence et la prise de risque artistique qui doivent à ce titre être soutenus. A condition que, simultanément, une volonté structurée d'élargissement des publics les porte.
Tel confrère, trente ans de métier, connait son public comme pas deux. Intègre en une formule secrète plus- et moins-values (jour, date, concurrence, difficulté de l'oeuvre, notoriété des interprètes), souligne la forte décote de la musique de chambre mais le redémarrage du lyrique (limité, il est vrai, à trois Mozart et quatre Verdi) et rend, infaillible, son verdict à vingt fauteuils près. Vous n'en êtes pas là.
Communiquer c'est d'abord connaître. Un environnement culturel, des habitudes, des réactions. L'opération est-elle nouvelle ? Dans quel contexte (géographique, historique, mais surtout sociologique et culturel) se situe-t-elle ? S'inscrit-elle dans un réseau ? En continuité d'une politique plus ancienne ? En rupture avec tel contexte ou situation ponctuelle ? Est-elle amenée à se répéter ? S'agit-il d'une préfiguration ?
C'est, par ailleurs, identifier les destinataires présumés de l'opération. La cible, comme disent publicitaires et mercaticiens. Nombre de rencontres ont, récemment, mis en lumière une méconnaissance générale des publics de la culture et les études, concernant non les chiffres de fréquentation des manifestations culturelles mais la nature et les motivations du public accueilli, restent rares.
Réfléchir à la nature du public que l'on souhaite voir concerné par l'opération à mener permet non seulement de mettre en place un accompagnement adéquat, de faciliter la médiation entre oeuvre et public mais également d'éviter les difficultés pouvant résulter, en termes d'impact, d'une inadéquation entre public escompté et public réel. Grand public ou public spécialisé ? De milieu rural, urbain, périurbain ? Quelle est la tranche d'âge plus particulièrement concernée ? Quelle est, a priori, sa disponibilité (vous devez programmer une date, une heure) ? Son degré d'implication (dans sa préparation et son déroulement) ?
C'est, aussi, choisir un lieu. En décider croise, de fait, une contrainte extérieure et un objectif artistique : l'éventail des possibles est plus ou moins grand, vous souhaitez, ou non, intégrer un effet de surprise, une résonance particulière par rapport au projet.
Le choix d'un lieu est, évidemment, particulièrement
significatif lorsqu'il sort de l'institution (chorégraphie au
musée, exposition ou création audiovisuelle en prison,
représentation théâtrale ou concert dans une usine).
Vous devrez néanmoins, alors, maîtriser de probables
surcoûts (installation dans un lieu non équipé et, a
priori, non adapté), une plus grande lourdeur logistique (accès,
permanences, liaisons extérieures) et convaincre le public que,
même niché entre deux chaudières, il vivra un moment
exceptionnel.
C'est, enfin, créer l'événement.
Avec ou sans
attaché de presse, vous devez pénétrer dans le monde
touffu des médias (presse, radio, télévision). Faire
circuler l'information, la pertinence de la communication contribuant fortement
au succès ou à l'échec publics. Vous devrez, soyez sans
illusions, relancer sans relâche. Et si vous renoncez difficilement
à telle signature prestigieuse ou à la une du grand quotidien
régional (que vous pouvez également solliciter pour un
encart-programme), gardez à l'esprit que les supports de communication
se sont multipliés et que les plus modestes, moins encombrés,
n'en touchent pas moins des publics tout à fait spécifiques.
Le dossier de presse, précis, intelligent, pas trop bavard,
avec photos s'il vous plait, sera votre prestation de base.
Faites relire
par un correcteur les produits destinés à votre publicité
(carton d'invitation, tract ou dépliant, affiche, programme, catalogue,
oriflammes et banderoles) et attachez vous, dans tous les cas, l'oeil d'un
graphiste.
Composez votre propre fichier de publipostage, arrêtez
suffisamment tôt votre liste d'invités.
Vous voulez parfaire ?
Que vos troupes distribuent ou déposent, en tous lieux, votre
matériel publicitaire !
Enfin le jour J ou presque.
Ce public, qui seul permet à
votre projet de se concrétiser, sachez, par la qualité de votre
accueil, lui monter estime et reconnaissance : cadre tarifaire,
signalétique, compétence souriante du personnel et tenue du
programme y contribueront.
Profitez des moments de l'accueil pour solliciter, de manière mesurée et courtoise, les réponses et réactions aux indicateurs mis en place pour fonder l'évaluation dynamique de votre action. Cette évaluation, trop souvent négligée, à mener tant pendant les différentes phases qu'a posteriori, doit permettre de mesurer sa conformité au projet initial (n'excluant pas un recadrage éventuel en cours de réalisation) ainsi que son adéquation et son impact. Ses outils (tableaux de bord, questionnaires, observations, baromètres de fréquentation) mèneront, dans toute la mesure du possible, au delà des données immédiates brutes que sont fréquentation et réactions du public.
Dès lors que vous faites appel à des financements extérieurs, publics ou privés, la question du partenariat à établir se pose. Considérez, vous vous en porterez mieux, que ce partenariat n'est jamais un dû et gardez à l'esprit que vos partenaires sont sensibles au fait que vous les considériez moins comme des planches à billet que comme des conseillers capables d'un avis pertinent.
Le véritable partenariat se construit dès la phase d'élaboration, le plus en amont possible, intègre les partenaires sollicités (ville, département, région, état, institutions culturelles, entreprises, etc) à la démarche, confronte les objectifs de chacun, prend en compte les remarques formulées et rend solidaire des objectifs communs dégagés. Il permet la constitution d'un réseau de confiance autour du projet et des artistes, permet aussi d'envisager l'éventuel prolongement de l'action entreprise.
N'hésitez pas à promouvoir des formes originales de partenariat : jumelage entre une institution culturelle et un établissement d'enseignement, voire une entreprise, par exemple.
Renzseignez vous auprès de chacun non seulement quant à ses priorités d'action et formes de soutien mais également quant à ses propres procédures, calendriers, contraintes et commissions. Et retenez que l'automne peut s'avérer favorable pour présenter des projets : vous passerez pour un gestionnaire prévoyant s'il s'agit de l'année suivante, décrocherez peut-être, si votre propos accroche, une apaisante inscription au projet primitif. Vous pouvez également, divine surprise, vous voir proposer un reliquat devenu soudain, fin de gestion oblige, encombrant ...
Vos partenaires potentiels ayant besoin d'être rassurés quant aux risques financiers encourus et à la signification de leur engagement à vos côtés, vous saurez, donc, les convaincre : votre gestion rigoureuse met à l'abri de toute dérive, votre projet répond à leurs propres objectifs tant en actions qu'en image, mieux encore, il crée une véritable synergie.
Dans le cadre de projets dits socio-culturels (cf Quels intervenants
?), solliciter prioritairement les administrations directement
compétentes : éducation nationale, jeunesse et sports, affaires
sanitaires et sociales, etc.
Eligibilité aux fonds structurels
européens : se renseigner sur programmes et zones géographiques
concernés par certains objectifs.
Il convient d'ébaucher, dès la phase d'élaboration, le montage technique nécessaire à l'opération projetée.
Qui porte le projet ? Le porteur de projet possède-t-il la licence d'entrepreneur de spectacles ? S'agit-il d'une création, d'une coproduction ? Combien de personnes assistent le chef de projet ? S'agit-il de bénévoles (dans ce cas, quelle est la limite de leur intervention ?) ou de professionnels à rémunérer selon la législation du travail ? Quelles sont les obligations sociales à respecter (paiement des charges sociales par exemple ) ? Quel mode de fonctionnement et quel statut juridique pour l'établissement (lorsqu'il y a création d'une structure culturelle) ? Comment le respect des normes de sécurité sera-t-il garanti ? Quels documents fixeront les droits et obligations des uns par rapport aux autres (contrats, conventions, etc.) ?
Parallèlement, un budget prévisionnel équilibré, incluant bases de calcul précises, doit être élaboré, assorti d'un plan de financement indiquant les partenaires financiers potentiels et les montants sollicités. En règle générale, le porteur de projet aura plus de chances de voir l'opération aboutir s'il diversifie sa demande (aucun partenaire ne fianncera à 100% ! ) et s'il bannit systématiquement les postes artificiellement gonflés au profit d'un budget aussi serré que réaliste. Par ailleurs, une aide au projet, voire même un crédit d'investissement, seront toujours plus faciles à obtenir qu'une aide au fonctionnement, celle-ci engageant le long terme.
Le dossier à présenter comprendra, au minimum, les
pièces suivantes :
lettre de présentation avec, le cas
échéant, demande de subvention (comportant indication
précise du montant demandé),
statuts du porteur de projet
(pour les personnes morales),
description du projet,
budget
équilibré en dépenses et recettes (avec mention expresse,
accompagnée des pièces justificatives, des financements
acquis),
relevé d'identité bancaire.
Aux termes du décret du 24 juillet 1959, le ministère chargé des affaires culturelles a pour mission " de rendre accessibles les oeuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de français: d'assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des oeuvres de l'art et de l'esprit qui l'enrichissent".
A noter que, depuis le décret du 1er juillet 1992 portant charte de la déconcentration, " la déconcentration est la règle générale de répartition des attributions et des moyens entre les différents échelons des administrations de l'état " et que les missions des administrations centrales sont d'assurer "au niveau national un rôle de conception, d'animation, d'orientation, d'évaluation et de contrôle."
C'est donc à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) territorialement compétente qu'il incombe d'instruire vos projets.
Des conseillers et chargés de mission (action culturelle,
théâtre, musique et danse, cinéma et audiovisuel, arts
plastiques, musées, livre et lecture, culture scientifique et technique,
affaires internationales, actions en milieu scolaire).
Des conservateurs du
patrimoine (gestion du patrimoine archéologique, inventaire, protection,
restauration et mise en valeur des monuments historiques).
(hors aide institutionnelle, dûment contractualisée, aux équipements ou événements majeurs de la vie culturelle)
Délégation au développement et à
l'action internationale
182 rue Saint-Honoré 75033 Paris
cedex 01 - Tél. : 01 40 15 78 58
Action culturelle et pratiques artistiques
Raymond
Citterio, Hachette. Paris, 1993
Spectacles. Réglementation - protection sociale,
fiscalité
Imprimerie des journaux officiels, 1995
L'entreprise de spectacles et les contrats du
spectacle
Michel Magnien, Delmas. Paris, 1995
Guide des professions artistiques
Michel Allenou,
Magéditions. Rieux-Volvestre, 1998
Obtenir la licence d'entrepreneur de
spectacles
Fiche pratique n°5, Ministère de la
culture et de la communication, 1997
Susciter ou pratiquer parrainage et
mécénat culturel
Fiche pratique n°7,
Ministère de la culture et de la communication, 1997
(hors ministères)
ADAMI - Administration des droits des artistes interprètes
10A rue de la Paix - 75002 Paris - Tél: 01 40 15 10 00
(aide
à la formation et à la diffusion sur le territoire
national)
ADMICAL - Association pour le développement du
mécénat industriel et commercial
16 rue Girardon - 75018
Paris - Tél: 01 42 55 20 01
(parrainage et mécénat
culturels)
AFAA - Association française d'action artistique
244
boulevard St Germain - 75327 Paris cedex 07 - Tél: 01 43 17 83 00
(échanges de la France vers l'étranger)
CAF - Caisse d'allocations familiales
23 rue d'Aviel - 75634 Paris
cedex 13 - Tél: 01 45 65 52 52
(projets visant notamment la
petite enfance)
Caisse des dépôts et consignations
56 rue Jacob - 75006
Paris - Tél: 01 40 49 90 79
projets importants, en particulier
de création musicale, ayant pour composante l'élargissement des
publics)
DIV - Délégation interministérielle à la
ville
194 avenue du Président Wilson - 93217 La Plaine St Denis -
Tél: 01 49 17 46 46
(politique de la ville et contrats de
ville)
FAS - Fonds d'action sociale
209 rue de Bercy - 75575 Paris cedex 12
- Tél: 01 40 02 77 13
(problèmes de l'insertion)
AFDAS - Fonds d'assurance formation des activités des
spectacles
3 rue au Maire - 75156 Paris cedex 03 - Tél: 01 44 78 39
39
(partenariat pour les projets de formation professionnelle)
ONDA - Office national de diffusion artistique
13bis rue Henry
Monnier - 75009 Paris - Tél: 01 42 80 28 22
(aide à la
diffusion)
SACEM - Société des auteurs et compositeurs de musique
225 avenue Charles de Gaulle - 92521 Neuilly sur Seine cedex - Tél: 01
47 15 47 15
(aide à la création et à
l'éducation musicale)
SACD - Société des auteurs et compositeurs dramatiques
11bis rue Ballu - 75442 Paris cedex 09 - Tél: 0140 23 45 60
(aide au spectacle vivant et à la création
théâtrale)
Lancées à linitiative de la DRAC Alsace, les fiches pratiques sont élaborées en liaison avec un groupe de travail réunissant directions régionales des affaires culturelles et directions dadministration centrale.
Coordination :
Département de l'action territoriale
Directeur de la publication : Directrice de l'administration
générale
Illustrations : Caroline Béguerie-Getrey
Pour toute remarque ou suggestion, contactez l'Atelier Internet