LES LIMITATIONS À LA PROTECTION DES
DROITS VOISINS
La loi prévoit des exceptions
communes à tous les bénéficiaires des droits
voisins. Ainsi les
artistes-interprètes les producteurs de phonogrammes et de
vidéogrammes et les entreprises de communication audiovisuelle ne
peuvent interdire certaines reproductions ou représentations de leurs
prestations dans les cas énumérés par larticle
L.211-3 du CPI. Il sagit :
- des représentations
privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de
famille,
- des reproductions strictement
réservées à lusage privé de la personne qui
les réalise et non destinées à une utilisation collective,
- à condition que la source
soit suffisamment identifiée : les analyses et courtes citations
justifiées par les caractères critique, polémique,
pédagogique, scientifique ou dinformation de luvre
à laquelle elles sont incorporées, les revues de presse, la
diffusion des discours destinés au public dans les assemblées
politiques, administratives, judiciaires ou académiques, ainsi que dans
les réunions publiques dordre politique et les
cérémonies officielles,
- de la parodie, le pastiche et la
caricature compte tenu des lois du genre.
En outre les droits voisins ne peuvent
faire échec aux actes nécessaires à laccomplissement
dune procédure juridictionnelle ou administrative prévue
par la loi ou entrepris à des fins de sécurité publique
(CPI ,art, L331-4 issu de la loi du 1 juillet 1998)
De plus les
artistes-interprètes ne peuvent
interdire la reproduction et la communication publique de leur prestation si
elle est accessoire à un événement constituant le sujet
principal dune séquence dune uvre ou dun
document audiovisuel (CPI, art, L.212-10).
La loi aménage une licence
légale pour lutilisation des phonogrammes publiés à
des fins de commerce (CPI, art, L.214-1) :
- lorsque le phonogramme a
été publié à des fins de commerce, le producteur de
phonogramme et lartiste-interprète ne peuvent sopposer
à la communication directe du phonogramme dans un lieu public dès
lors quil nest pas utilisé dans un spectacle (par exemple,
disques diffusés dans les discothèques, café ou tout autre
lieu public,...) à sa radiodiffusion et à la distribution par
câble simultanée et intégrale de cette radiodiffusion (par
exemple disque diffusé à la radio ou à la
télévision).
Ces différentes utilisations ouvrent
droit à une rémunération au profit des producteurs et des
artistes-interprètes dont le régime est fixé par les
articles L.124-1 et suivants du CPI. Il sagit de la
rémunération équitable partagée à parts
égales entre producteurs et artistes et perçue par la
société civile pour la perception de la
rémunération de la communication au public de phonogrammes du
commerces (SPRE) qui est une société commune aux
sociétés dartistes interprètes et de
producteurs.
La loi institue au profit des auteurs, des
artistes interprètes, des producteurs de phonogrammes et de
vidéogrammes un droit à rémunération au titre de la
reproduction à des fins privées (ou copie privée) des
uvres et prestations fixées sur les phonogrammes ou les
vidéogrammes (CPI, art, L.311-1 à L.311-8)
La rémunération est
versée par les fabricants, les importateurs et les personnes
réalisant des acquisitions intra-communautaires, de support
denregistrement. Elle est constituée dune redevance
forfaitaire assise sur les supports vierges denregistrement sonores et
audiovisuels, le montant de la rémunération est fonction du type
de support et de sa durée denregistrement, son taux et ses
modalités sont déterminés par une commission
administrative (le barème actuel est fixé à 0,23 euro
(1,50 F) par heure pour les supports
denregistrement de phonogrammes et 0,34 euro (2,25F) par heure pour les supports
denregistrement de vidéogrammes). Les sociétés
civiles de gestion collective sont chargées de percevoir et de
répartir cette rémunération (la rémunération
pour copie privée de phonogrammes est perçue par SORECOP et est
répartie à raison de 50% pour les auteurs, 25% pour les
producteurs de phonogramme et 25% pour les producteurs de vidéogrammes),
la rémunération pour copie privée de vidéogrammes
est perçue par COPIEFRANCE et est répartie à parts
égales entre les auteurs les artistes interprètes et les
producteurs. [ La protection par les droits d'auteur
- Les uvres
protégées - Les
bénéficiaires de la protection -
Les droits
conférés - Les
exceptions - La
protection par les droits voisins -
Les droits
conférés par les droits voisins -
Les limitations à la
protection des droits voisins ] |