Les Maisons de la Culture

Visite de la maison de la culture de Bourges, 15 mai 1965
Visite de la Maison de la Culture
de Bourges le 15 mai 1965
Autour du général De Gaulle, de droite à gauche:
André Malraux, Emile Biasini et Gabriel Monnel

Au début des années soixante, pour atteindre les nouveaux objectifs du Ministère des Affaires culturelles, et notamment pour contribuer à rendre l'art accessible à un nombre croissant, il est vite apparu nécessaire de créer de nouveaux établissements, notamment en province et en banlieue. C'est ainsi qu'il a été décidé de créer, sous le nom de maisons de la culture, des établissements où chacun soit tenté de venir, quelle que soit sa condition sociale, et dans lesquels seraient présentées des œuvres relevant des différentes formes d'art, dans des conditions qui favorisent un rapport de communion avec les œuvres et garantissent au public le plus large choix dans la plus grande liberté.

Cette ambition induit trois conditions principales;

  • L'animation
    Une maison de la culture doit aller au devant de son public, qu'il lui appartient en quelque sorte de conquérir, et concevoir l'ensemble de sa programmation dans l'optique de cette initiation du public aux différents langages artistiques.
  • La liberté
    La liberté pour une maison de la culture, c'est d'abord son indépendance vis-à-vis de la hiérarchie sociale. Une maison de la culture doit être conçue et doit fonctionner de telle sorte que nul ne s'en sente exclu pour des raisons d'ordre social. C'est ensuite l'indépendance et l'autorité des responsables vis-à-vis des pouvoirs. C'est enfin la liberté du public qui doit être mis à même d'opérer librement son choix et auquel on doit donc proposer un éventail d'œuvres aussi ouvert que possible.
  • La polyvalence
    Le rapprochement permanent entre différentes formes d'expression artistique facilite le passage du public de l'une à l'autre, tout en lui faisant saisir l'identité fondamentale de l'artiste.

En 1961 ouvre la maison de la culture du Havre, puis celle de Caen, Bourges, Théâtre de l'Est Parisien (TEP), Amiens, Thonon, Firminy, Grenoble. Les premières d'entre elles ont été réalisées à partir d'équipements qui n'avaient pas été conçus pour cela : un musée (Le Havre), un Théâtre (Caen), un palais des congrès (Bourges, Thonon), un cinéma (le TEP) ; seules celles d'Amiens et de Grenoble ont été conçues comme telles. De nouvelles maisons de la culture ouvriront ensuite à Nevers, Reims, Rennes, St Etienne, etc. qui seront conçues de plus en plus comme les bases et points forts d'un réseau d'action culturelle à l'échelle de tout le pays.
Enfin, exception faite du TEP, qui est une réalisation de l'Etat, les maisons de la culture sont financées en principe à parts égales par l'Etat et par chacune des villes intéressées. Elles sont gérées par des associations dans lesquelles l'Etat et les villes sont représentés, mais minoritaires, et dirigées sur le plan artistique par un animateur.