Jack Lang

Jack Lang
Ministère de la Culture et de la Communication
Mai 1981 - Mars 1986
Mai 1988 - Mars 1993

 

Durant cette période, le ministère va accélérer sa modernisation et s'ouvrir à la société contemporaine : augmentation du budget, élargissement de son champ d'action à de nouvelles formes d'art, insertion dans le monde économique, développement de l'audiovisuel. Le ministre de la Culture bénéficie du soutien constant du Président de la République. Les Grands Travaux (Arche de la Défense, Opéra Bastille, Grand Louvre, Bibliothèque Nationale,...) porteront également la marque présidentielle.

Le budget du ministère est doublé en 1982 puis progressivement mis à niveau, passant de 2,6 milliards de francs en 1981 à 13,8 milliards en 1993.
Cette croissance budgétaire, à un rythme double de celle de l'Etat, touche tous les domaines : monuments historiques, recherche, décentralisation théâtrale, archéologie, musées (création de 22 fonds régionaux d'acquisitions pour les musées), arts plastiques (création de 22 fonds régionaux d'art contemporain).

La déconcentration s'accélère avec l'achèvement du réseau des directions régionales des affaires culturelles. Une politique de contrats et de conventions Etat-collectivités territoriales est relancée au rythme d'une centaine chaque année. Une modernisation des équipements culturels est perceptible à l'échelle du territoire national.
Plusieurs grandes institutions de formation sont créées ou rénovées : École nationale du Patrimoine, Institut des hautes études cinématographiques, les deux Conservatoires nationaux supérieurs de musique (Paris et Lyon), l'École du Louvre,... En 12 ans, plus de 8 000 postes sont créés dans le domaine culturel.

L'éducation artistique en milieu scolaire se modernise, de nouvelles disciplines sont enseignées (théâtre, cinéma, histoire des arts,...), des opérations de sensibilisation se développent pour les enfants : classes culturelles, collège au cinéma, classes du patrimoine,...

Le champ d'action du ministère s'élargit à d'autres formes d'art : chanson, jazz, arts de la rue, mode, design, création industrielle, tandis que se créent de nouveaux lieux de diffusion (Centre national de la Chanson, Festival International de Bande Dessinée, ...).

Tenant compte de la modernité économique, et du développement de la "culture d'appartement", grâce aux bonds en avant de l'électronique le ministère est conduit à se préoccuper davantage des industries culturelles (livre, disque, cinéma, audiovisuel) dans un souci de régulation du marché (mécanisme d'aides à l'industrie cinématographique, prix unique du livre, quotas de diffusion de chansons francophones à la radio,...). Ce rapprochement culture-économie se traduit également par l'encouragement au mécénat (incitations fiscales).

Cette époque sera aussi celle des mutations dans le paysage audiovisuel : multiplication des chaînes, privatisation d'une partie du secteur public, ouverture des ondes, instauration d'institutions de régulation.