Chercheur en climatologie

Baromètre
La climatologie et la naissance de la radio culture

Camille Flammarion veut faire de Juvisy un pôle d’expérimentation complet, qui inclut notamment l’étude de la variation des conditions atmosphériques de notre planète et l’influence du soleil sur la terre. Ses voyages en ballon s’inscrivent dans ce contexte. C’est ainsi qu’en 1894 il aménage dans le parc des serres de verre coloré et un curieux petit kiosque qui subsiste encore, au vitrail lui aussi teinté, dernier vestige d’une station de " radio culture ". Sous ce vocable, créé par notre insatiable chercheur, se cache une initiative intéressante : il s’agit de démontrer que les radiations solaires ont une influence sur la croissance des végétaux. Les expériences sont confiées à l’ingénieur Loisel et à Sylvie, son épouse.

Des verres de couleur bleue, blanche rouge, jaune et verte sont choisis en fonction du spectre du soleil, le verre blanc servant de témoin. Serres de couleur
Camille Flammarion découvre ainsi que la lumière rouge se révèle la plus apte à faire pousser les plantes. En revanche, la température ne joue aucun rôle. En 1898, les mêmes expériences d’exposition sont étendues aux têtards et aux vers à soie et aboutissent aux mêmes conclusions.

Héliostats de Silbermann et de Foucault, héliographes, radiomètres de Crookes, baromètres, thermomètres et hygromètres, construits par des ateliers reputés tels que les établissements Jules Richard et des ingénieurs tels que Galls, classés aujourd’hui monuments historiques, contribuent, par la mesure des calories d’insolation et de la température, celle de la durée d'exposition, à prouver l’irrecevabilité des idées véhiculées par la culture populaire quant à l’influence de la lune sur la croissance des végétaux.

Camille Flammarion, qui s’est beaucoup plus fait connaître du grand public par l’astronomie, est pourtant l'un des premiers à avoir fait là une véritable œuvre scientifique, plus particulièrement dans l'étude du cycle solaire de 11 ans. En 1867, il crée un "photomètre" pour mesurer la différence de lumière en fonction des différents nuages, qu'il présente à l'Académie des sciences en 1870. Ses résultats, qui s’inscrivent dans le contexte plus large de son étude du soleil, sont publiés dans le Bulletin du ministère de l’Agriculture.

Enregistreur

Baromètre enregistreur

Jules Richard, sous vitrine verre et acajou, hauteur 16 cm, largeur 30 cm. La maison Richard équipait tous les observatoires.

Hélioscope

XIXe, bronze, sous un globe de verre, hauteur 32 cm, diamètre du socle 21 cm. Signé " Philippe Pellin, Paris ". Permettait de mesurer l’ensoleillement journalier.

Hélioscope

Loupe solaire

Loupe solaire

Orientable, laiton sur pied de marbre, hauteur 30 cm, diamètre du socle 22 cm. Il s’agit d’une loupe solaire méridienne qui fonctionne selon le principe de la méridienne de Saint-Sulpice. Le soleil frappe dans la lentille ardente et allume un pétard au centre. Cette loupe permettait de savoir quand il était midi au soleil.