dAf 94
GIRAUD Jean-Pierre, PONS Fabrice et Thierry JANIN (éd.)
Nécropoles protohistoriques de la région de Castres (Tarn)
Le Causse, Gourjade, Le Martinet
1 218 tombes à incinération de la fin de l’âge du Bronze et du premier âge du Fer, 5 300 vases, 1 300 objets métalliques …, tel est le corpus exceptionnel issu de trois nécropoles de la région de Castres, fouillées entre 1979 et 1995, qui donne lieu à un numéro des Documents d’archéologie française en 3 volumes.
Le premier est consacré aux études thématiques : élaboration d’une typologie commune du mobilier, analyse spatiale, étude de l’architecture des sépultures et de l’organisation des dépôts, chronologie et développement des nécropoles, études anthropologique et faunique débouchent sur une approche paléosociologique et sur la définition d’une identité et d’affinités culturelles particulières aux communautés protohistoriques du Castrais.
Le volume 2 présente l’inventaire normalisé des ensembles funéraires. Le volume 3 réunit les planches de mobilier correspondant au catalogue.
Résumé court
Résumé long
Entre 1987 et 1995, trois nécropoles protohistoriques à incinérations de la région de Castres (Tarn) ont été fouillées dans le cadre d’opérations préventives : Gourjade et Le Martinet à Castres, Le Causse à Labruguière. Considérés comme un ensemble indissociable et inscrit sur la liste des Sites d’intérêt national en 1995, ces vastes complexes funéraires ont livré plus de 1 200 tombes de la fin de l’âge du Bronze et du premier âge du Fer.
Riche de près de 5 300 vases et de quelque 1 300 objets métalliques, le mobilier archéologique a permis d’élaborer une typologie commune et simple, à l’image de celles réalisées pour les nécropoles du bas Languedoc occidental. Les caractères typologiques définis font l’objet d’un examen minutieux accompagné de cartes de distribution systématiques. Conçue de la même façon, dans la continuité de l’analyse spatiale, une étude détaillée de l’architecture funéraire et de l’organisation des dépôts est présentée dans le chapitre suivant. À partir de ces observations, une mise en séquences chronologiques des sépultures est ensuite proposée. Cet exercice a abouti à une sériation probante des ensembles en cinq groupes qui permet de préciser l’évolution de la culture matérielle et des assemblages funéraires des nécropoles du Castrais sur plus de trois siècles, du ixe à la première moitié du vie s. av. n.è, et surtout d’enregistrer les changements significatifs qui interviennent lors de la phase de transition Bronze/Fer. L’étude du développement topographique qui suit met en évidence des schémas logiques d’évolution, concentriques au Causse et à Gourjade, linéaire au Martinet.
Portant sur un échantillon remarquable de plus de 1 200 lots osseux, cas unique en France pour cette période, l’analyse anthropologique permet d’apprécier le recrutement des nécropoles ainsi que l’évolution des dépôts et de leur constitution.
Un chapitre est également consacré aux restes animaux, nombreux et diversifiés, notamment au Causse. L’étude met en valeur une évolution quantitative et qualitative des offrandes carnées au cours du temps et offre ainsi une vision significative de cette pratique.
L’approche paléosociologique est ensuite abordée selon un schéma désormais classique où tous les paramètres sont pris en considération. Il en ressort une relative uniformité des dépôts qui semble traduire un certain nivellement social des communautés.
Le dernier chapitre traite de l’identité culturelle des nécropoles et de leurs affinités régionales : un large tour d’horizon fondé sur la documentation disponible, de la Provence à l’Aquitaine, conclut à une forte parenté avec les complexes méditerranéens et principalement ceux du bas Languedoc occidental.
Ces études et synthèses reposent sur une abondante documentation présentée dans son intégralité dans les volumes 2 et 3 de l’ouvrage