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DEDET Bernard
Tombes et pratiques funéraires protohistoriques des Grands Causses du Gévaudan
(Aveyron, Gard, Lozère)
Cet ouvrage, fruit d'un travail documentaire exhaustif, propose un inventaire détaillé, normalisé et critique, servi par une riche iconographie, des ensembles funéraires de la région des Grands Causses de
De l'analyse des pratiques funéraires d'un monde sans écriture émerge, grâce aux hypothèses suggérées par les comparaisons historiques et ethnologiques, le reflet de structures et de hiérarchies sociales, mais aussi de représentations collectives de la mort et de l'au-delà.
Résumé court
Résumé long
Hauts pays calcaires dans la partie sud du Massif central, les Grands Causses du Gévaudan et ses abords, Sauveterre, Bondons, Méjan, Noir et leurs satellites, ont livré depuis le milieu du XIXe s. environ 240 sépultures protohistoriques. Celles-ci s’échelonnent du Bronze final II au Ve s. av. J.-C., mais la majorité des exemplaires bien datés se rapportent au premier âge du Fer.
Après la présentation de la région et l’historiographie des recherches de terrain et de l’évolution des conceptions scientifiques en la matière, la première partie de l’ouvrage est consacrée aux tombes, base documentaire illustrée, commentée et critique, de l’intégralité des données réunies sur le sujet jusqu’au début de l’année 1998. Les informations géographiques, topographiques, archéologiques, ostéologiques et anthropologiques sont ventilées selon une grille normalisée. L’ensemble est ordonné en quatre chapitres correspondant chacun à un causse et à ses annexes : Sauveterre (147 sites), Bondons (13 sites), Méjan (56 sites), Noir (24 sites). La plus grande partie des documents était, jusqu’ici, inédite ou seulement signalée, en particulier le matériel ostéologique humain conservé pour quarante-sept de ces tombes, ce qui permet d’étudier une population de soixante-sept individus.
La seconde partie de cette publication regroupe cinq chapitres de synthèse sur les pratiques funéraires en usage dans cette région durant
Le chapitre 5 traite de la tombe. Les lieux mis à contribution sont divers. À côté des monuments antérieurs réutilisés, dolmens et tumulus, et aussi d’autres formules exceptionnelles, cavité naturelle, fosse, enclos, il s’agit essentiellement de tumulus de pierres et/ou de terre. Ce sont donc logiquement ces tumulus «neufs» qui retiennent l’attention : emplacements préférentiels, matériaux, région sépulcrale et aménagements internes, dimensions, recouvrement et dispositif de signalisation.
Le chapitre 6 concerne les défunts, ceux dont les restes sont conservés (67 cas) comme les trépassés qui ne sont connus que par la littérature archéologique (119 cas) : le nombre de sujets par tombe ; la distribution en fonction de l’âge au décès, qui fait apparaître un fort déficit des jeunes morts ; la répartition par sexe anthropologique, équilibrée quant à elle. Il aborde également les différentes manières de traiter les cadavres, incinération sur place ou sur ustrinum, dépôt primaire non incinéré, dépôt secondaire après décharnement, non incinéré également, et la question des manipulations d’os, ainsi que le problème de l’absence de vestige osseux dans certains monuments semblables aux tombes. Pour chacun de ces traitements, le mode de dépôt des restes humains est étudié : quantification des os incinérés, absence ou présence d’ossuaire, position et orientation des corps non brûlés, aménagement de la région sépulcrale…
Vient ensuite, avec le chapitre 7, l’étude du matériel accompagnant le mort et des offrandes. Tous les objets rencontrés sont inventoriés par catégories et types ; leur représentation différenciée dans l’espace et le temps est analysée, de même que leurs associations. Des interprétations concernant les restes animaux sont proposées par A. Gardeisen.
Les signes d’un traitement social de la mort sont mis en évidence dans le chapitre 8, qui fait la synthèse des développements précédents et explore plusieurs pistes : caractère sélectif du «recrutement» des individus découverts dans ces tombes, différenciation du mobilier en fonction du sexe des défunts, émergence de personnes particulières : femmes d’âge mûr avec torque, femmes avec parure surabondante ou précieuse, hommes avec armes et, le plus souvent en sus, coupe métallique. Il apparaît ainsi une incontestable hiérarchisation des individus en plusieurs strates qui tient compte à la fois de critères purement naturels, comme l’âge et le sexe, mais sans doute aussi de la position dans la société.
Le chapitre 9 aborde le problème des significations possibles de certains faits mis en évidence, répétitifs ou non, et pose quelques questions sur les préoccupations spirituelles qui transparaissent dans ces groupes humains protohistoriques à propos de la mort et de l’après-mort.