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BOURGEOIS Luc
Le sanctuaire rural de Bennecourt (Yvelines).
Du temple celtique au temple gallo-romain
Etabli aux confins de l'Ile-de-France et de
Après une étude détaillée des structures et du mobilier, Luc Bourgeois, dans la synthèse de cet ouvrage, ouvre quelques pistes de recherche sur les structures cultuelles celtiques et leur évolution à l'époque gallo-romaine : approche nuancée de la filiation architecturale, aspects de la cuisine du sacrifice et place de ce type de site dans un cadre régional.
Résumé court
Résumé long
Chapitre 1 : Les structures et leur chronologie
Le site de
Si l’on excepte trois objets métalliques datés de la charnière du premier et du second âge du Fer, l’occupation du site débute à
Le site est réoccupé à partir de
La longue décadence du sanctuaire de Bennecourt débute à la fin du IIIe s. (phase V). La multiplication des structures parasites dans la galerie du fanum précède la chute des toitures puis la ruine des maçonneries vers 350.
À l’époque valentinienne, la récupération des matériaux s’organise mais des dépôts ponctuels de monnaie ou de petits objets de parure se poursuivent. L’ultime témoignage recueilli sur le site est une monnaie de la période 383-387.
Chapitre 2 : Description du mobilier
Le catalogue, décrivant plus d’un millier de pièces, est associé à des études synthétiques sur la faune et la céramique antique.
Le riche mobilier livré par les deux comblements du fossé de la phase I associe à un ensemble d’au moins 161 vases quelques armes et outils, quatre séries de potins, un large éventail d’éléments de parure (perles et anneaux, bracelets et fibules) et une exceptionnelle statuette d’oiseau en calcaire. Près de 13 000 restes osseux ont été déterminés. Le porc représente 65,8 % du nombre de restes, suivi par les caprinés (29,2 %) et par une faible représentation des autres mammifères domestiques et sauvages, des oiseaux et des poissons. Un unique reste humain est attesté. Les parties anatomiques ont fait l’objet d’une sélection soigneuse (absence d’os de pieds, forte représentation des crânes de porcs). Tous ces restes – sauf ceux de l’hommeet du cheval – ont fait l’objet d’une consommation.
Le mobilier des états gallo-romains comprend en particulier plusieurs centaines de monnaies de faible valeur, de nombreux éléments de parure et quelques pièces à vocation cultuelle (statuettes, objets apotropaïques).
La faune recueillie est assez similaire à celle des niveaux gaulois jusqu’au Bas-Empire, où se dessine une évolution (accroissement de la part des oiseaux, fréquence des pieds de porcs).
Chapitre 3 : Synthèse
Même si ses dimensions demeurent modestes, le sanctuaire laténien de Bennecourt présente d’importantes analogies avec les structures cultuelles celtiques reconnues depuis deux décennies en Gaule du Nord. Son démontage organisé connaît également quelques parallèles.
Si le sanctuaire renaissant à
De même, la mutation progressive vers un petit sanctuaire rural gallo-romain permet de faire la part de la tradition et de l’innovation dans ce type de monument et d’en étudier quelques caractères particuliers (temples géminés, apparition tardive d’un fanum « classique »).
Les éléments mobiliers invitent également à une réflexion sur l’usage d’un objet et de l’animal dans un tel cadre, en particulier à travers la présence de substituts monétaires ou de talismans, la mutilation des objets, les relations entre habitat et sanctuaire dans la pratique du sacrifice.
Une dernière partie permet de considérer le sanctuaire de Bennecourt dans son environnement. Établi aux frontières de deux cités et probablement de plusieurs pagi, il s’élève à proximité de trois oppida. Les séries monétaires permettent de confirmer l’existence de plusieurs aires d’influence régionales. Le sanctuaire gallo-romain semble avoir un impact plus local. Sa décadence au Bas-Empire est analysée à travers le contexte général de l’histoire religieuse et l’évolution de l’occupation du sol autour du site.