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dAf 41


ARBOGAST Rose-Marie, BLOUET Vincent, BOURA Frédérique et alii

Le Néolithique du nord-est de la France et des régions limitrophes

Actes du XIIIe colloque interrégional sur le Néolithique, Metz, octobre 1986

Organisé pour la première fois en Lorraine, ce XIIIe colloque interrégional sur le Néolithique a tout naturellement privilégié les origines de la néolithisation dans l'est de la France : on trouvera ainsi pour cette période d'importantes synthèses sur cette région ainsi que des contributions sur l'Allemagne et la Belgique.

En outre, la question, toujours controversée, des influences rubanées et cardiales sur la genèse du Néolithique français est ici largement abordée. Enfin, quelques articles concernent également les étapes ultérieures du Néolithique, notamment le Michelsberg.

Résumé court

Résumé long

1. Relations sud-nord en Europe occidentale au Néolithique ancien

J. ROUSSO-LARROQUE

Le schéma classique de la néolithisation divisait la France en deux zones : une zone sud néolithisée par le Cardial, une zone nord et ouest néolithisée par le Rubané et ses prolongements tardifs « danubiens ». Actuellement, la situation paraît plus complexe. Une branche atlantique du Cardial remonte la façade occidentale, de l'Aquitaine à la Loire. Dans les régions de l'intérieur, apparaissent d'autres formes plus ou moins précoces de Néolithique ancien, ni cardiales, ni rubanées, comme le Roucadourien dans le sud de la France centrale, ou la Céramique de La Hoguette plus au nord. A ces voisins occidentaux non-rubanés renvoient bien des traits de la culture matérielle de groupes du Néolithique ancien comme ceux de Blicquy et Villeneuve-Saint-Germain. Du même coup s'offre la possibilité de renverser le schéma « chronologico-généalogique » qui faisait de ces groupes des « Post-Rubanés ». Plus généralement, on se situera dans la perspective d'une réaction contre les conceptions réductrices jusqu'ici prévalentes sur la Néolithisation du nord et du nord-ouest de la France, conçue essentiellement comme une colonisation allochtone, procédant d'est en ouest, sans véritable ancrage dans les forme autochtones d'économie et de culture, déjà néolithiques au sens large du terme.

 

2. Relations sud-nord en Europe occidentale au Néolithique ancien : le point de vue septentrional

P.-L. VAN BERG, D. CAHEN

La théorie classique veut que la néolithisation de l'Europe occidentale se soit faite d'est en ouest selon deux courants: l'un danubien (Rubané), limité au sud par la Loire, l'autre cardial, confiné à l'aire méditerranéenne. L'absence apparente de documents néolithiques anciens dans le centre de la France donna longtemps à penser que ces deux courants n'étaient jamais entrés en contact. Or, depuis bientôt trente ans, de nombreuses découvertes ont révélé l'existence de plusieurs entités distinctes du Rubané en Bassin parisien comme au sud de la Loire, d'une céramique impressionnée proche du Cardial sur la façade atlantique de la France et dans le Centre-Ouest, ainsi que l'existence de groupes non cardiaux aussi bien en bordure de la Méditerranée que dans l'intérieur, dans la péninsule Ibérique et en Aquitaine. De plus, des influences méridionales sensibles se manifestent dans la plupart des groupes du Nord- Ouest, tant rubanés que non rubanés.

 

3. Recherches récentes sur le Rubané dans la moyenne vallée de la Moselle

E. SCHMIDGEN-HAGER

Dans la région de la Moselle moyenne (bassin de Wittlich), le nombre des gisements rubanés a augmenté. A côté des situations classiques de terrasses basses, l'on trouve maintenant aussi des implantations sur terrasses moyennes et terrasses hautes. Au-delà, on a trouvé dans le gisement de Maring-Noviand de la Céramique Limbourg en contexte rubané. L'occupation du site commence au Rubané moyen et dure jusqu'à la fin de cette période et la Céramique Limbourg est associée pendant toute la durée du gisement.

 

4. Les relations du sud-ouest de l'Allemagne avec le RRBP

H.-C. STRIEN

L'examen des rapports d'évolution de style du RRBP de la vallée de l'Aisne avec le Rubané du sud-ouest d'Allemagne et de l'Alsace a permis de classer le Néolithique ancien du Bassin parisien dans une chronologie relative. Une série d'études transversales, quantitatives et qualitatives, suggère une date plus précoce que celle qui est généralement admise pour le RRBP.

 

5. Le Rubané de Liège

M. OTTE

Les bonnes conditions chimique et basique de préservation du fond de vallée à Liège ont permis de reconstituer divers aspects de l'environnement, l'économie et la chronologie du Rubané local. L'aspect le plus important est toutefois l'association apparente d'une industrie mésolithique évoluée (trapèzes, feuilles de gui) à quelques tessons non rubanés (Céramique du Limbourg ou de La Hoguette).

 

6. Origine et extension des groupes rubanés d'Alsace

C. THÉVENIN

L'examen du matériel céramique des zones occupées aux phases anciennes par la culture de la Céramique Linéaire (phases I et II) à l'est de la vallée supérieure du Rhin (vallées du Danube, du Neckar, région du Ries) permet de déterminer que l'Alsace (Bas et Haut- Rhin) a très certainement été colonisée à partir de la moyenne vallée du Neckar à la phase IIB. L'itinéraire le plus plausible de cette colonisation est le passage au nord ou au centre de la Forêt Noire par les vallées traversant d'est en ouest ce massif. Par la suite aux phases III et IV, il semble que le Rubané du Bas- Rhin s'isole et évolue d'une manière originale ; il joue dans certains domaines (décors céramiques, rituel funéraire) un rôle précurseur. En revanche, celui du Haut-Rhin continue à garder des relations étroites avec les autres groupes implantés dans le sud de l'Allemagne. Si les groupes rubanés du Bas-Rhin ne semblent pas s'être étendus en dehors de la zone qu'ils occupent autour de Strasbourg, en revanche ceux du Haut-Rhin continuent, dès la fin de la phase II, à progresser vers l'ouest en direction du Bassin parisien par la Trouée de Belfort. En Champagne, le Rubané moyen Champenois se développe, il présente des caractères culturels très proches de ceux de la phase IIIB du Rubané du Haut-Rhin; ces relations se poursuivent jusqu'à la phase V. A la phase IV et peut-être à la fin de la phase III du Rubané moyen Champenois, les groupes de la Marne pénètrent en direction des vallées de la Seine, de l'Aisne et de l'Yonne où semblent s'effectuer une fusion avec des éléments méridionaux donnant naissance au Rubané récent du Bassin parisien. En Franche-Comté, quelques sites en abri sous roche ont fourni des éléments rubanés.

 

7. Le Rubané en Lorraine

V. BLOUET, E. DECKER

La Lorraine connaît pendant le Néolithique ancien deux secteurs d'implantations: le premier est centré sur la moyenne vallée de la Moselle entre Metz et Sierck, le second est situé dans la plaine sous-vosgienne entre Mirecourt et Epinal. Une périodisation des sites de la moyenne vallée de la Moselle a permis de reconnaître six phases. Les décors ont des affinités avec ceux du groupe Rhin- Main et Rhin-Meuse pour les phases les plus anciennes. Dans les phases récentes, des relations privilégiées ont dû exister avec la région du Main-Neckar. A la même époque des contacts ont dû exister avec les groupes installés dans le Bassin parisien comme le montre l'utilisation à Metz de silex importés de la région de Reims. L'implantation rubanée de la plaine sous-vosgienne s'est faite à partir du Haut-Rhin à une phase tardive. Les deux groupes développent dans leur phase terminale la technique du trémolo et des motifs en T. Les auteurs envisagent l'hypothèse d'une diffusion de l'Est vers l'Ouest de ces deux innovations stylistiques.

 

8. Rubané récent du Bassin parisien et Rubané récent du Haut-Rhin

M. ILETT, C. CONSTANTIN

On examine les similitudes et différences dans les décors céramiques entre le Rubané récent du Bassin parisien et le Rubané récent du Haut-Rhin. Les principales différences consistent en emplois plus importants dans le RRBP que dans le Rubané récent du Haut-Rhin de peigne de plus de deux dents, de la technique des impressions basculantes et de décors en T. C'est le contraire pour les décors en chevrons. Les similitudes concernent la conception identique des décors sous le rebord et de types de décors secondaires.

 

9. Contribution à l'élaboration d'une problématique des matières premières pour le Néolithique récent dans le Bassin parisien

M. PLATEAUX

Cet article présente une analyse des matières premières lithiques (roches dures, silex, grès, schiste) dans la vallée de l'Aisne (France) aux périodes néolithiques du Rubané récent du Bassin parisien, du Villeneuve-Saint-Germain et du Cerny. Un modèles est proposé pour l'origine des matériaux et leurs modes d'exploitation, l'évolution des réseaux d'échanges et la définition des territoires.

 

10. Villeneuve-la-Guyard et le groupe de Villeneuve-Saint-Germain dans l'Yonne

M. PRESTREAU

Une première étude limitée du gisement de Villeneuve-la-Guyard permet de préciser la nature des liens entre le Villeneuve-Saint-Germain et le Rubané Récent du Bassin parisien: il se produit une filiation douce. Nous proposons donc pour la phase représentée à Villeneuve-la-Guyard l'appellation de Rubané final qui correspondrait, entre autre, à l'assimilation de la céramique du Limbourg par la tradition rubanée. Ce Rubané final se développerait sur un substrat local marqué par de nettes originalités, ce qui conduit à proposer l'existence d'un faciès sud du RRBP. Le groupe de Villeneuve-Saint-Germain, nettement différencié du groupe de Blicquy, se réduirait alors aux seules phases des groupes humains produisant une céramique décorée de cordons plastiques. Ceci correspondrait plus nettement à la rupture que l'on perçoit alors, en examinant les changements qui se produisent: conquête des plateaux, apparition des sépultures en décubitus dorsal, changement d'outillage, changement du spectre faunique...

 

11. De l'usage de l'architecture domestique et de l'anthropologie sociale dans l'approche des sociétés néolithiques : l'exemple du Néolithique danubien

A. COUDART

La maison - construction matérielle faite autant pour dominer un environnement physique que pour mettre en ordre un environnement social - constitue un indicateur privilégié de la complexité des phénomènes qui structurent toute société. L'architecture domestique constitue ici un outil de compréhension remarquable quant à l'égalité sociale qui structure les groupes néolithiques danubiens, et la régionalisation qui caractérise la transformation de l'identité culturelle rubanée.

 

12. Archéologie et logique d'une périphérisation : le coin perforé néolithique en pierre

J.-P. FARRUGGIA

A l'aide de coins perforés datés (pour la plupart en sépulture), une séquence de sept catégories de coins (fig. 4) est proposée pour les cultures suivantes: Lengyel-Céramique Pointillée, Hinkelstein- Grossgartach-Rössen. Malgré des difficultés de diverses natures (fabrication grossière des coins, exclusion réciproque de la céramique et de l'outillage poli dans les sépultures alsaciennes de la fin de la Céramique Linéaire, interdiction des coins dans le mobilier funéraire Rössen du sud de l'Allemagne),on utilisera les données datées du Rhin et de l'ex-RDA pour réfuter l'hypothèse de la diffusion imperceptible et rapide (fig. 7A) des objets et des rites, au profit de l'hypothèse de leur diffusion perceptible et lente (fig. 7C), entre les deux régions voisines de Worms et de Strasbourg. Des indices clairs de périphérisation concernent l'espace (fig. 8) et les accélérations (fig. 9). On ignore tout des voies de communication longues ou courtes, qui relient les vallées du Rhin et de la Moselle, de sorte que les coins mosellans, découverts en surface, sont difficilement datables. La région de la Moselle peut cependant (fig. 10) être interprétée, par hypothèse, comme le sud-ouest périphérisé de l'ex-RDA ou comme l'Alsace comparée à la région plus progressive de Worms: les coins mosellans«modernes» ont été introduits soit par le Rhin moyen, soit par la Nahe ou le col de Saverne, et doivent être provisoirement attribués en conséquence ; les découvertes de surface de coins entiers attestent moins l'existence de dépôts que celle de sépultures détruites, et la persistance du rite mortuaire, connu dans l'ex-RDA, de ne pas exclure les coins perforés (ni les grandes formes de bottier, fig. 1: 4) du mobilier funéraire.

 

13. Spatules, statuettes, état de la pensée et culte au Néolithique

H. CARRÉ

La découverte d'os travaillés présentant des similarités avec des parties du corps humain, principalement dans les tombes près de la tête du mort, indique l'idée d'un culte. Les recherches effectuées à travers l'Europe ont montré que cette représentation avait suivi la voie danubienne depuis les côtes de la mer Noire où, dans cette région, les spatules sont remplacées par des statuettes de même forme. La représentation bisexuée et la forme de plantoir précise, s'il en est besoin, un culte axé sur la fertilité de la terre et la reproduction des animaux et des hommes.

 

14. Les données archéozoologiques des sites chasséens et Michelsberg du nord de la France et des marges orientales : remarques préliminaires

R.-M. ARBOGAST

Cette contribution présente une synthèse des principales caractéristiques de la place et des utilisations des animaux au Néolithique moyen dans le nord de la France. L'évolution ainsi que les modifications intervenues depuis le Néolithique ancien sont également esquissées.

 

15. Le Michelsberg en Belgique et ses rapports avec les pays limitrophes

P.M. VERMEERSCH

L'origine du MK en Belgique se situe vers 5400 / 5300 B.P. dans le Hainaut et le nord de la France. La distribution géographique des sites, la chronologie des occupations MK, l'emploi d'un dégraissant de silex pilé pour la céramique et les renouveaux dans l'outillage en silex suggèrent que nos populations MK ont eu des liens très étroits avec le groupe de Menneville, le groupe de Cerny, le MK ancien et un peu plus tard, avec le Chasséen du nord de la France. Dans la genèse du MK, l'influence directe des pays rhénans est peu perceptible. Ce n'est qu'à la fin du courant MK, à une date qui reste à préciser, que l'influence rhénane s'accentue et plus spécialement dans le nord de la Belgique qui, d'ailleurs, semble former une province à part avec le sud des Pays-Bas, dans laquelle on peut détecter quelques influences venant d'Angleterre.

 

16. Découverte d'un site d'habitat campaniforme à Vandières (Meurthe-et-Moselle) : premiers résultats

F. BOURA

Le site d'habitat protohistorique de Vandières / Les Grandes Corvées est situé dans la vallée alluviale de la Moselle. Un niveau d'occupation campaniforme a été piégé dans un paléochenal entaillant la terrasse alluviale. La fouille fine de 800 m2 a montré qu'il s'agissait d'un niveau de sol unique constitué en partie de rejet, remanié par le ruisseau très peu de temps après son abandon. Un dépôt en fosse, peut-être lié à une sépulture, était composé d'un gobelet campaniforme au pied duquel était déposé un briquet en silex associé à un fragment de pyrite de fer. Le mobilier céramique associe des vases campaniformes à décors« A.O.C » et « maritime» à de la céramique grossière à décor plastique, trous de suspension et fonds plats. Celle-ci évoque la céramique d'accompagnement associée à la diffusion du campaniforme ou éventuellement une composante proche du néolithique final du Bassin parisien.

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