RESUME

- retour

- sommaire

- abstract

- zusammenfassung

- réf. biblio

dAf 38


BÉMONT Colette, JEANLIN Micheline, LAHANIER Christian

Les figurines en terre cuite gallo-romaines

Pour la première fois depuis les travaux d'A. Blanchet au début de ce siècle, une cinquantaine d'archéologues français et étrangers ont fait le bilan des connaissances sur les figurines en terre cuite gallo‑romaines, ces statuettes de pacotille moulées en série et diffusées du Ier au IIIe s. ap. J.-C.

Sont successivement étudiés : les ateliers, les techniques de fabrication, les coroplathes, les répertoires iconographiques, la chronologie, les origines et les utilisations des figurines, leur diffusion en France et hors de France. Les résultats des analyses physico-chimiques des pâtes qui permettront dans l'avenir de caractériser les principaux ateliers, et un programme expert appliqué à l'identification automatique de fragments de figurines sont ensuite présentés. Cette masse considérable d'informations sera pour de nombreuses années une base de référence.

Résumé court

Résumé long

Introduction

Les figurines ont éveillé la curiosité des amateurs d'antiquités dès le début du XIXe s. Mais ce n'est que peu avant 1900 qu' A. Blanchet donna une forme systématique et scientifique à leur étude, et les thèmes alors abordés servirent de base à la plupart des enquêtes ultérieures. Depuis 1970 de grands progrès ont été accomplis: les plus remarquables concernent le classement morphologique du matériel, la découverte de sites producteurs soupçonnés ou inconnus, la datation du mobilier. L'analyse des pâtes céramiques est en cours. Certaines des lacunes qui subsistaient dans ces travaux ont été partiellement comblées grâce à deux enquêtes organisées concurremment avec la Table ronde de Paris. Outre la mise au jour de figurines différentes des plus célèbres - celles du Centre -, une réflexion sur les problèmes généraux posés par ce mobilier devrait conduire à aborder sur des bases plus solides les questions posées en particulier par l'origine de cette industrie en Gaule.

 

1. La géographie des ateliers

De nombreux ateliers étaient connus, d'autres supposés depuis longtemps, mais il n'existait aucune description méthodique et récente de ces sites. Depuis quelques années, la chance a permis soit de vérifier l'existence de certaines officines, soit d'en découvrir de nouvelles en Bourgogne, en Armorique et dans le Sud-Ouest. Ce volume réunit 25 notices de forme similaire, qui présentent la description des ateliers ou la critique des témoins d'une production. Cette uniformisation fait ressortir le niveau très inégal des informations selon les régions et les sites. Entre autres, l'inventaire des coroplathes et des modèles iconographiques présenté pour chaque fabrique constitue surtout une incitation à développer les monographies de sites.

 

2. Problèmes généraux

Six articles font le point sur diverses questions d'ordre général. Rédigés par des chercheurs venus d'horizons variés, ils abordent ces problèmes sous des angles parfois inhabituels. Les thèmes successivement envisagés (fabrication, coroplathes, répertoires, chronologie, origines, utilisation) permettent tantôt de rassembler une somme d'informations, tantôt de proposer de nouvelles orientations de recherches. Ainsi se trouve présenté l'ensemble des signatures de fabricants actuellement répertoriées ; de même de courtes notices offrent l'essentiel des innovations chronologiques. En revanche, les questions posées par la fabrication ou l'attribution des modèles iconographiques en sont encore pour une part au stade de la méthodologie. Le problème des origines est abordé pour la première fois à partir d'une étude des pratiques préromaines et celui des fonctions du mobilier, traité de façon expérimentale sur un échantillon par la microinformatique, conduit à soupçonner des particularismes régionaux, qui pourront être confirmés par l'extension méthodique des inventaires.

 

3. La dispersion des figurines en France

Avec l'aide d'une trentaine d'archéologues a été établi un pré-inventaire du matériel de la plupart des départements, faute de pouvoir prétendre à l'exhaustivité, compte tenu du temps imparti aux chercheurs et des possibilités d'accès aux échantillons. Groupé en ensembles régionaux, plus ou moins larges selon les possibilités de chacun, le mobilier fait l'objet d'une présentation générale et d'une' cartographie uniformisée. Malgré des lacunes, ce recensement fournit au moins des indications sur l'abondance relative du matériel et sur la variété des produits (blancs ou non) selon le lieu et le moment. La dispersion et la diversité des types illustrés nous a poussés à ne retenir comme comparables d'une région à l'autre que le nombre total des figurines classées par sites et que celui des modèles de loin les plus représentés : les Vénus et les déesses-mères ; par leur rareté les autres sujets constituaient une documentation encore trop aléatoire.

 

4. La diffusion des figurines hors de France

Six études présentent un état des travaux dans des régions consommatrices de figurines d'origine gauloise. Le nombre et la répartition sélective des échantillons en Suisse et en Belgique permettent de déterminer soit une évolution de la clientèle, soit le partage, avec d'autres fabriques, des aires de vente, tandis que l'abondant mobilier découvert en Europe de l'Est, le long de la route Bregenz-Salzburg-Enns est utilisé surtout à des fins chronologiques. En revanche, Pays- Bas et Luxembourg, soumis apparemment à j'influence concurrente des ateliers rhénans, ont été peu touchés par ce matériel. La Grande-Bretagne enfin fournit un mobilier abondant et varié dont la densité paraît liée surtout à la proximité des ports et routes d'importation.

 

5. Problèmes méthodologiques

Des trois exposés présentés dans ce chapitre, deux sont étroitement liés à l'histoire des études sur les figurines: plusieurs centaines d'analyses ont été effectuées de façon discontinue et le premier article présente les avantages et inconvénients des différentes techniques utilisées, compte tenu de l'implantation des ateliers, tandis que le deuxième traite des moyens employés pour exploiter concurremment les analyses faites dans des laboratoires différents. Le dernier montre sur un petit échantillon les possibilités d'utilisation d'un programme expert, appliqué à l'identification automatique des figurines à partir d'une analyse morphologique très détaillée.

haut de page