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RALSTON Ian B.M.
Les enceintes fortifiées du Limousin
Les habitats protohistoriques de la France non méditerranéenne
Que sait on des habitats de la Gaule non méditerranéenne à la fin de l'âge du Fer ? Peu de choses par rapport à ce que l'on connaît des sites contemporains de la bordure méditerranéenne. L'étude d'I.B.M. Ralston, faite à partir d'un inventaire des sites d'une région, le Limousin, contribue à combler cette lacune. En comparant ces données avec celles fournies par d'autres régions françaises et en confrontant les sources archéologiques, numismatiques et textuelles, l'auteur propose une analyse de la société et de l'émergence probable des entités étatiques à la veille de la conquête romaine. Il se place délibérément dans une perspective régionale, à l'inverse des approches macroscopiques antérieures dont il fait la critique.
Résumé court
Résumé long
Cet ouvrage est issu d'une thèse de doctorat soutenue à ('université d'Edimbourg en 1983.
Les chapitres 1 et 2 situent la période qui fait l'objet principal de la recherche, le second âge du Fer, dans son contexte. Les études qui concernent l'archéologie des habitats et plus particulièrement l'évolution politique des deux derniers siècles avant J.- C. sont analysées. On démontre que les synthèses publiées sur cette période dépassent souvent les données sur lesquelles elles sont fondées ; aussi est-il nécessaire de faire une analyse plus approfondie des données régionales, objectif auquel contribue ce travail. D'autres problèmes qui ont été relevés dans les études sur l'âge du Fer sont examinés, notamment la signification accordée au mobilier importé et à l'analyse des monnaies.
Les données sur la protohistoire du Limousin sont réunies à partir des publications. Le mobilier, principalement issu des fouilles de sépultures, révèle une culture régionale riche dans les dernières phases du premier âge du Fer. Les objets appartenant à la phase ancienne du second âge du Fer sont remarquables par leur rareté. Est dressée la liste des découvertes monétaires en Limousin.
La description de la géographie physique de la région est accompagnée d'un bilan sur la végétation. Celle-ci, et notamment l'extension de la forêt aux dépens des landes depuis le xixe s., est particulièrement importante pour établir une stratégie de prospection. Il faut souligner que la plus grande partie de la région est constituée de hautes terres, parce que ce caractère peut être corrélé avec la nature de la société à l'âge du Fer. Les ressources en minerai sont également recensées dans cette partie.
Les chapitres 3, 4, et 5 réunissent les résultats d'une prospection préliminaire et d'un examen critique des données publiées sur les habitats des départements de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute- Vienne. Les axes de recherche, différents dans les trois départements depuis les prédécesseurs du xixe s., sont soulignés.
Seuls les sites les plus significatifs, parmi les quelque 200 examinés dans la thèse sur laquelle cette publication est basée, sont analysés ici. Si l'accent est mis sur les fortifications, d'autres sites intéressants, exception faite des sites funéraires, sont analysés. Les gisements sont examinés un par un, dans l'inventaire classé par commune. La Tène 3 est la période de loin la plus représentée parmi les habitats de l'âge du Fer du Limousin, mais les données de fouille, fondées selon les normes modernes, restent rares. De nombreux enclos ne peuvent être datés.
Les chapitres 6 et 7 tentent d'inscrire les phénomènes observés en Limousin dans une trame plus large, essentiellement dans la France non méditerranéenne. Le point central de cette analyse concerne la fin de l'âge du Fer pré-romain. Les types d'habitat sont étudiés en étroite relation avec les données historiques et archéologiques. Les types de fortifications sont analysés en détail parce que ce sont actuellement les plus faciles à observer en France non méditerranéenne. Les données sur la nature et l'extension des zones habitées dans les sites fortifiés sont très pauvres dans le Limousin, en comparaison d'autres parties mieux connues du pays ; aucun plan de fouille n'est disponible.
Les petits enclos quadrangulaires sont examinés en relation avec la série toujours en augmentation des Viereckschanzen en Gaule chevelue. Il est possible de conclure que plusieurs sites du Limousin appartiennent à cette catégorie. Les données éparses sur les habitats ouverts sont également traitées.
La question centrale qui est soulevée est la suivante : les données disponibles sur le territoire des Lémovices sont-elles suffisantes pour démontrer que les éléments caractéristiques d'un Etat archaïque étaient en place avant la conquête romaine ? Dans ce but sont analysées les données historiques contenues dans le De Bello Gallico ; des techniques empruntées aux géographes sont également utilisées. Des éléments de comparaison, essentiellement tirés du Berry, mais aussi d'autres régions de France non méditerranéenne, sont introduits. Le corpus des habitats du limousin à la fin de l'âge du Fer est dominé par l'énorme site de Villejoubert (Haute- Vienne). Les autres sites qui appartiennent à cette période sont généralement petits, avec un nombre limité d'exemples dépassant la surface de 10 ha. Cette image contraste beaucoup avec celle que nous présentent les autres civitates de la Gaule chevelue.
La conclusion développée dans le chapitre 8 souligne qu'il est difficile de faire la distinction entre un Etat archaïque et d'autres formes d'organisation socio-politique en France avant la conquête romaine, sur la base des données archéologiques associées avec les informations tirées de l'histoire et de la numismatique.
Une quantification des données et la fixation d'un seuil adapté pourraient être utiles dans l'avenir. Dans le cas des Lémovices, il est démontré que l'information actuellement disponible est insuffisante pour prouver qu'un Etat archaïque existait dans la civitas avant la conquête romaine.