Rapport au Parlement 2003
Le français dans les organisations internationales
Les Nations Unies

Chaque année, le rapport au Parlement est l’occasion de faire le point sur la situation du français dans un certain nombre d’organisations du système des Nations Unies. Il a paru intéressant pour la présente édition de ce document de dresser un bilan détaillé de cette situation, d’une part au secrétariat des Nations Unies à New York, d’autre part dans les organisations basées à Rome intervenant dans le domaine agricole et alimentaire : organisation pour l’alimentation et l’agriculture (O.A.A.), programme alimentaire mondial (PAM), fonds international pour le développement agricole (FIDA).

En dépit du poids prépondérant de l’anglais, la cause du plurilinguisme, et notamment du français, progresse à New York, en particulier dans les domaines du recrutement et de l’information. Cette évolution positive résulte de l’action conjointe de notre représentation permanente, du groupe des ambassadeurs francophones et du coordonnateur pour les questions linguistiques désigné au sein du secrétariat.

L’évolution de la place du français est, en revanche, plus défavorable à Rome et justifie la vigilance exercée par notre représentation diplomatique. La présence importante de fonctionnaires, experts et délégués français ne permet pas à l’O.A.A. d’enrayer le recul de notre langue au profit de l’anglais, dans les réunions officielles (conférence, conseil, comités) et plus encore les réunions informelles. Au PAM, l’anglais est la principale langue de travail ; le recours à la traduction et à l’interprétation est insuffisant, ce qui dans certains cas restreint la participation de délégués d’Afrique francophone. Le français demeure une langue d’usage au FIDA, qui se montre soucieux du respect du plurilinguisme.

Le recrutement de jeunes experts francophones, ainsi qu’un recours plus large aux consultants francophones, constituent pour ces différentes organisations des éléments très favorables à la présence de notre langue.

Les Nations Unies

Secrétariat des Nations Unies, New York

Dans les mécanismes intergouvernementaux, le multilinguisme est convenablement respecté à New York. Si les projets de résolutions sont négociés sur la base du texte anglais, la grande majorité des réunions, même informelles, bénéficient de services d'interprétation et les documents officiels sont publiés dans les six langues officielles.

La politique d'information du Secrétariat est multilingue, mais avec un fort déséquilibre au profit de l'anglais.

Le Secrétariat des Nations Unies fonctionne, pour sa part, en anglais. Pour revenir sur cet état de fait, une possibilité serait d'imposer la connaissance de deux langues (officielles ou de travail) au moment du recrutement, mais une telle mesure n'est pas susceptible de réunir un consensus. Dès lors, le seul combat qu'il est possible de mener avec succès est celui pour le respect de l'égalité des langues de travail (recrutement en français ou en anglais, formation systématique des fonctionnaires internationaux à la seconde langue de travail). Des progrès ont été obtenus en la matière, même si la France se heurte à la force des habitudes et à la bonne conscience des nombreux partisans sans complexe du monolinguisme.


STATUT JURIDIQUE DES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • L'anglais et le français sont les langues de travail du Secrétariat des Nations Unies.
  • L'anglais, l'arabe, la chinois, l'espagnol, le français et le russe sont langues officielles et de travail du Conseil de sécurité, de l'Assemblée générale, de ses commissions et sous-commissions.
  • L'anglais, l'espagnol et le français sont langues de travail du Conseil économique et social, les langues officielles étant celles de l'Assemblée générale.
EMPLOI DANS LES FAITS DES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • L'ensemble des réunions formelles bénéficie de l'interprétation dans les six langues officielles ; tous les documents officiels sont traduits.
  • Toutes les délégations francophones ne s'expriment pas exclusivement en français ; les diplomates belges et suisses parlent souvent anglais.
  • Les réunions “informelles", où se négocient les projets de résolutions, bénéficient en général de l'interprétation dans les six langues officielles. Les réunions dites "informelles-informelles", supposées faciliter la mise au point finale des textes, se déroulent sans interprétation. Le dernier rapport sur le multilinguisme ( 2001) évaluait à environ 20% le nombre de réunions tenues sans interprétation à New York.
  • Les projets de résolutions sont systématiquement négociés à partir de la version anglaise.
  • Au cours des réunions de coordination de l'Union européenne, la délégation française est l'une des seules à utiliser le français avec, quand elle s'exprime, la délégation du Luxembourg et, parfois, la délégation belge. Les autres délégations s'expriment en anglais. Le français est toutefois compris par la très grande majorité des représentants des Quinze. Malheureusement, les délégations des dix nouveaux États qui rejoignent l'Union ne sont pas toutes en mesure de bien suivre une intervention en français. Les délégués français ont refusé, malgré certaines demandes, de s' exprimer autrement qu'en français.
  • Le secrétariat des Nations Unies fonctionne, quant à lui, en anglais. Cette langue est, en réalité, la seule véritable langue de travail de l'administration onusienne. Nombre de cadres supérieurs n'ont aucune notion de français. Selon les responsables du Secrétariat, l'implantation à New York de l'organisation aurait pour conséquence inévitable le monolinguisme dans son fonctionnement interne.
  • Lorsqu'ils s'expriment devant les États membres, même au cours de réunions avec interprétation, nombre de fonctionnaires internationaux francophones prennent la parole en anglais.
RÉSOLUTIONS PRISES SUR LES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • La première résolution sur le multilinguisme (50/11) n'a pas fait l'objet d'un consensus. Elle a été adoptée par un vote le 15 novembre 1995. 35 États s'y sont opposés, dont les États-Unis et le Japon . Cette résolution englobait la plupart des questions liées au multilinguisme en matière de recrutement, de tenue de réunions, de politique de communication…
  • La résolution 52/23 du 25 novembre 1997 se contentait de demander un nouveau rapport.
  • La résolution 54/64 du 6 décembre 1999 demandait la nomination d'un coordonnateur du multilinguisme pour l'ensemble du Secrétariat.
  • Un nouveau coordonnateur du multilinguisme a été nommé au début de l'année 2003 : Monsieur Shashi THAROOR, Secrétaire général adjoint à la communication et à l'information.
  • La résolution 56/262 du 15 février 2002 a de nouveau abordé l'ensemble des aspects du multilinguisme. Après plusieurs semaines d'intenses négociations avec l'ensemble des États membres de l'organisation, elle a pu être adoptée par consensus.
  • La question du multilinguisme est inscrite à l'ordre du jour de la 58ème session de l'Assemblée générale (automne 2003).
EXISTENCE D'UN RAPPORT SUR LES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • Le dernier rapport du Secrétaire général sur le multilinguisme date de novembre 2001(56ème session de l'Assemblée générale). Il donne des indications sur la situation des langues officielles et de travail au sein du Secrétariat, dans les documents et lors des réunions, ainsi que dans les activités d'information des Nations Unies. Un rapport sera présenté à la 58ème session de l'Assemblée générale, à l'automne prochain.
PRÉSENCE ET ACTIONS DES FRANCOPHONES
  • Les États membres, observateurs et associés de l'Organisation internationale de la Francophonie appartiennent à l'ONU.
  • Le groupe des ambassadeurs francophones se réunit tous les mois, sous présidence française. Il donne lieu à des échanges sur les activités du Conseil de sécurité. Les missions francophones sont également très engagées sur la question du multilinguisme. Des réunions périodiques avec le coordonateur du multilinguisme et avec les responsables des différents départements sont organisées.
  • Parmi les succès des interventions du groupe des ambassadeurs francophones, appuyées par l'ambassadeur de France : un résumé en français du point de presse quotidien du porte-parole du Secrétaire général, publié sur le site internet des Nations Unies, deux téléviseurs placés dans des lieux de passage diffusant quotidiennement les informations de TV5.
  • Un "groupe ad hoc des experts francophones" suit les questions relatives au développement durable, au financement du développement et aux pays les moins avancés. Il est co-présidé par le Bénin et la Belgique.
  • Des réunions d'experts sont régulièrement organisées sur des sujets comme le sida, la protection de l'enfance, le désarmement… Des réunions sur la Cour pénale internationale ont eu lieu jusqu'à l'adoption du statut.
  • Il existe à l'ONU une association culturelle francophone (A.C.F.) assez active, qui organise notamment des expositions et des projections de films.
  • Au sein du Secrétariat, plusieurs hauts responsables sont issus de pays francophones : Madame Louise FRECHETTE, vice-secrétaire générale (Canada), Monsieur Jean-Marie GUEHENNO, secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix (France), Monsieur Jean-Pierre HALBWACHS, sous-secrétaire général, contrôleur de la gestion (Maurice), Monsieur Hedi ANNABI, sous-secrétaire général au département des opérations de maintien de la paix (Tunisie). Les principaux contingents de cadres supérieurs des pays francophones sont belges, canadiens, français, sénégalais et tunisiens.
RECRUTEMENT ET FORMATION DES FONCTIONNAIRES INTERNATIONAUX
  • Les agents recrutés par l'ONU doivent maitriser l'une des langues de travail de l'organisation.
  • Dans la pratique, l'anglais est souvent seul requis pour les "professionnels " (cadres). Pour les agents de la catégorie "services généraux", le Secrétariat des Nations Unies exige qu'ils aient réussi l'examen d'aptitude en anglais.
  • Des progrès ont toutefois été accomplis récemment :
    • Le bureau des ressources humaines a mis en place un système de recrutement informatisé largement bilingue anglais/ français (galaxy), les avis de vacance de poste de la catégorie "professionnel" sont tous affichés dans les deux langues de travail (même s'il y a de nombreux retards pour la version française). Les candidats au recrutement peuvent remplir un formulaire en français ou en anglais. La traduction vers l'autre langue est automatique.
    • Adopté par consensus, le paragraphe 24 de la résolution 57/305 du 15 avril 2003 sur les ressources humaines réaffirme le principe d'égalité des langues de travail et demande au Secrétariat de renoncer à la pratique en vertu de laquelle l'anglais seul est exigé comme condition au recrutement.
    • A la suite de l'adoption de ce texte, le bureau des ressources humaines a assuré qu'il améliorerait la rédaction des avis de vacance de poste (la formule "anglais requis/autre langue officielle souhaitable" étant remplacée par "anglais ou français requis" ou "l'anglais et le français sont les langues de travail du Secrétariat")
  • Le service des langues du bureau des ressources humaines offre des formations dans toutes les langues officielles. Les cours de français sont les plus suivis.
  • Les agents qui maitrisent plus d'une langue officielle ont droit à une prime ou à des avancements d'échelons accélérés.
LANGUES UTILISÉES POUR LES RELATIONS EXTÉRIEURES DE L'ORGANISATION
  • L'anglais domine. Le Secrétariat s'efforce d'employer le français dans les relations avec les missions francophones, mais n'est pas toujours en mesure de le faire, en raison du nombre insuffisant de fonctionnaires internationaux plurilingues.
TRADUCTION ET INTERPRÉTATION

A. TRADUCTION

  • Pour être recrutés, les traducteurs doivent en principe maitriser trois langues officielles. L'anglais est toujours obligatoire.
  • Il y a à l'heure actuelle 55 emplois de traducteurs français. Le service de traduction française a subi une diminution de ses effectifs dans les années 1990 ( sept suppressions de postes). Le Secrétariat propose maintenant la création de deux postes dans le prochain budget.
  • Pour les autres langues, les effectifs sont les suivants : arabe : 60 ; chinois : 60 ; espagnol : 55 ; anglais : 25.
  • Le Secrétariat propose de supprimer deux postes de traducteurs de langue arabe et deux postes de traducteurs de chinois dans le prochain budget.
  • La qualité des traductions est inégale. Le service de traduction française explique qu'il est en phase de "transition", avec des postes vacants et plusieurs recrutements récents.
  • Des traducteurs extérieurs à l'Organisation sont également utilisés. La qualité de leurs prestations est plus inégale encore.
  • 85 à 90% des documents traduits sont rédigés en anglais.
  • Les documents officiels ne peuvent être publiés que simultanément dans les six langues officielles. Cette règle est toutefois contournée par la pratique des "copies avancées", diffusées de manière informelle en anglais seulement.

B. INTERPRÉTATION

  • Les interprètes doivent en général maitriser deux langues officielles en plus de leur langue maternelle. Pour les interprètes de langue arabe et de chinois, l'exigence est d'une langue officielle seulement en plus de la langue principale, mais ils doivent pouvoir travailler de manière active (parler) dans les deux langues.
  • Il y a 108 interprètes, dont 18 de langue française.
  • Le Secrétariat a recours à un vivier d'environ 200 interprètes libéraux.
  • La langue pivot est en général l'anglais, parfois le français à partir de l'arabe.
  • La qualité de l'interprétation n'est pas toujours suffisante, ce dont les délégations arabophones, francophones et hispanophones se plaignent de manière récurrente.
CENTRES DE DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES
  • Les documents officiels de l'ONU sont tous disponibles dans les six langues officielles, les documents gouvernementaux sont disponibles dans des langues variées. Pour les autres ouvrages, l'anglais domine.
  • De janvier à mai 2003, sur les 1519 ouvrages acquis par la bibliothèque, 201 étaient en français. Sur cette période, 43% des ouvrages acquis n'étaient pas en anglais, ce qui est considéré comme un progrès significatif par rapport aux périodes antérieures. Les responsables de la bibliothèque soulignent qu'ils ne sont pas entièrement responsables de la proportion des ouvrages acquis dans les différentes langues car, étant donné la faiblesse des crédits dont ils disposent, ils dépendent largement des dons d'institutions extérieures, gouvernementale ou non.
SITE INTERNET DE L'ORGANISATION
  • Le site internet de l'ONU est disponible dans les six langues officielles et il existe une page d'accueil dans chacune d'entre elles. Par principe, le Secrétariat des Nations Unies refuse d'ouvrir des liens avec des sites extérieurs à l'Organisation, sauf à renvoyer aux pages d'accueil des missions.
  • La richesse des différentes versions est très hétérogène : le site anglais "mesure" 31 gigas, contre 2 pour le français, deuxième par ordre d'importance.
  • En revanche les documents officiels sont tous accessibles sur le site du "système de diffusion électronique des documents de l'ONU" (SEDOC). Ce site n'est à l'heure actuelle disponible que par abonnement, mais son ouverture au public est à l'étude.
  • Le Secrétariat prévoit de renforcer les équipes chargées du site internet dans les langues officielles autres que l'anglais par redéploiement de postes, au cours du prochain exercice budgétaire.

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE (O.A.A.), ROME

Le maintien du français dans le travail quotidien de l'O.A.A. demande beaucoup de vigilance et d'effort de la part de la représentation permanente française, dans la mesure où l'anglais continue à occuper une place prépondérante et tend à progresser.

Le français est encore largement utilisé à l'intérieur même de l'Organisation, du fait notamment de la présence de Français à des postes de responsabilité depuis de nombreuses années et de l'affectation d'administrateurs stagiaires de grande valeur ; notre langue est néanmoins en perte de vitesse dans les réunions d'experts et les réunions officielles (Conférence, Conseil, Comités).

Tous les efforts pour renforcer la présence française sous toutes ses formes (mises à disposition, consultants, professionnels, etc.) peuvent contribuer à ralentir ce déclin.


STATUT JURIDIQUE DES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • L'anglais, l'arabe, le chinois, l'espagnol et le français sont les langues de l'Organisation
  • En outre, sauf décision contraire de la Conférence et du Conseil, toutes les conventions et tous les accords sont rédigés en anglais, français et espagnol.
EMPLOI DANS LES FAITS DES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • Lors des comités spécialisés du Conseil et de la Conférence, le travail se fait dans les cinq langues de l'O.A.A. dont le français. Cependant, de moins en moins de délégués s'expriment en français au cours de ces réunions. Un exemple récent, celui du COAG 2003 où aucun délégué n'a pris la parole en français pendant toute la semaine du comité.
  • Lors des groupes de travail et des réunions informelles, la langue majoritairement utilisée est l'anglais.
  • Lors des réunions de coordination de l'Union européenne, le français était jusqu'à aujourd'hui largement utilisé. Cependant, la participation effective des nouveaux membres de l'Union change radicalement la donne et l'usage de l'anglais tend à devenir la règle, afin que chacun puisse être compris.
  • Les réunions de coordination du groupe ERG bénéficient d'une interprétation, ce qui permet aux francophones de s'exprimer dans leur langue, à la différence des réunions du groupe de l'O.C.D.E. où l'anglais est la langue véhiculaire.
  • ll est intéressant de noter le décalage entre le faible emploi du français lors des réunions et comités, et le nombre de délégués et de fonctionnaires de l'O.A.A. qui peuvent sans problèmes s'exprimer en français. Un exemple récent : lors de l'organisation d'une mission parlementaire française à l'O.A.A., la quasi totalité des interlocuteurs choisis pour un entretien dans le cadre de cette mission étaient en mesure de s'exprimer en français, alors qu'ils n'avaient pas été sélectionnés sur ce critère.
PRÉSENCE ET ACTIONS DES FRANCOPHONES
  • Il existe depuis plusieurs années à Rome un groupe de chefs de missions diplomatiques francophones. En théorie, 44 missions participent plus ou moins régulièrement aux réunions du groupe.
  • Le président actuel est l'ambassadeur du Sénégal (qui a succédé à l'ambassadeur d'Egypte). Les réunions ont lieu en moyenne cinq fois par an et regroupent une trentaine de participants.
  • L'activité principale consiste dans l'organisation de manifestations culturelles à l'occasion de la journée annuelle de la Francophonie (conférences, festival du cinéma, récitals de poésie ou concerts). Mais ces réalisations butent sur le manque de moyens.
  • Depuis deux ans, grâce aux efforts de l'ambassadeur de Monaco, le groupe assure le financement de deux bourses d'études (très limitées) à des élèves francophones.
  • Compte tenu de la diversité des missions qui participent, il est difficile d'envisager une coopération francophone sur les sujets de fond.
RECRUTEMENT ET FORMATION DES FONCTIONNAIRES INTERNATIONAUX
  • Pour les catégories P1 à D2, les exigences linguistiques indiquées sur les fiches de vacances de postes émises par l'O.A.A. sont un niveau C dans une langue officielle de l'Organisation et un niveau B dans une des autres langues.
  • Par contre, pour les catégories G (services généraux), la règle est différente. Il est indiqué pour ces catégories d'agents qu'il suffit de connaitre une seule des langues officielles de l'Organisation.
  • Les fontionnaires recrutés bénéficient d'un bonne formation linguistique au sein même de l'Organisation, ainsi qu'au centre Saint-Louis des Français (cours organisés par les pieux Etablissements à Rome).
LANGUES UTILISÉES POUR LES RELATIONS EXTÉRIEURES DE L'ORGANISATION
  • Le français est la langue spontanément utilisée lors des rapports bilatéraux avec les pays de l'Afrique de l'Ouest ; en revanche, il est difficile de l'utiliser avec les pays d'Europe centrale et orientale.
  • La langue anglaise est la plus souvent utilisée lors des réunions de concertation avec le PAM, le FIDA, la banque mondiale ou d'autres organisations internationales.
TRADUCTION ET INTERPRÉTATION

A. TRADUCTION

  • On peut estimer que 95% des documents sont rédigés en anglais, le reste l'étant en français ou en espagnol.
  • Un diplôme universitaire (langues ou domaine de compétence de l'O.A.A.) et une expérience professionnelle (de 3 à 5 ans selon le poste) sont exigés lors du recrutement. Il existe actuellement six traducteurs de langue française contre une vingtaine en 1980. Le travail de ces traducteurs consiste essentiellement à réviser les documents traduits par des collaborateurs extérieurs qui ne sont pas familiers avec les domaines et la terminologie de l'O.A.A.
  • L'O.A.A. dispose d'un programme fait sur mesure pour gérer le volume de travail (Electronic Document Processing Request), ainsi que d'autres outils tels que la base de données O.A.A. (FAOTERM), une centaine de bases de données des organisations internationales (logiciel YSIS), une mémoire de traduction (TRADOS), un logiciel de bitexte ( MULTITRANS) et enfin un logiciel de reconnaissance vocale (DRAGON DICTATE) qui permet de transcrire à la voix les traductions.
  • Des échanges de traducteurs se font régulièrement avec les autres organisations du système des Nations Unies (UNESCO, Office des Nations Unies à Genève).

B. INTERPRÉTATION

  • L'interprétation vers le français est effective lors des réunions de la Conférence, du Conseil et des Comités, ainsi que lors des réunions d'information organisées à l'initiative du directeur général. Les autres types de réunions se font généralement sans interprétation.
  • Tout candidat à un poste d'interprète anglais ou espagnol doit posséder une solide connaissance du français. Pour l'arabe, le retour peut se faire soit vers l'anglais, soit vers le français. Quant au chinois, le retour se fait principalement vers l'anglais, qui a tendance à devenir la langue pivot.
  • On note une baisse très forte des effectifs depuis le début des années 90. Aujourd'hui le pool d'interprètes est réduit à un espagnol, un français, un chinois. Quelques recrutements sont prévus pour le français, l'arabe et le chinois.
  • Ainsi, 90% du travail est effectué par des interprètes indépendants, parfois au détriment de la continuité, de la qualité et de la préservation de la mémoire institutionnelle.
  • La formation continue se limite à des cours d'informatique, sans réelle politique de formation pour l'acquisition ou le perfectionnement d'un langue.
SITE INTERNET DE L'ORGANISATION
  • Il existe une page d'accueil en français. La présentation du site de l'O.A.A. en français est de bonne qualité et tout utilisateur peut avoir accès à l'essentiel des informations dans notre langue.
  • Les documents officiels pour la Conférence, le Conseil ou les Comités spécialisés sont souvent accessibles en anglais avant de l'être en français. Il en est de même pour les avis de vacances de postes et les documents techniques. Le décalage est d'une semaine dans le meilleur des cas, mais souvent de plusieurs semaines.

PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL (PAM), ROME

Le français n'occupe qu'une place très réduite dans le travail et les échanges du programme alimentaire mondial, l'anglais étant de loin la langue la plus pratiquée au sein de l'Organisation. Une augmentation importante des contributions volontaires de la France n'est guère envisageable dans la conjoncture actuelle. Toutefois, le statut de notre langue pourrait s'améliorer avec une présence accrue d'experts francophones, notamment sur le terrain.


STATUT JURIDIQUE DES LANGUES OFFICIELLES ET DE TRAVAIL
  • L'anglais, l'arabe, l'espagnol et le français sont les langues du Conseil d'administration. Outre ces quatre langues, une interprétation est également assurée en chinois, à frais partagés entre le PAM et la Chine, pendant les sessions du Conseil. Il n'y a pas de langue "de travail".
OBSERVATIONS GÉNÉRALES
  • La langue utilisée dans les relations internes à l'administration, notamment au siège à Rome, et dans les échanges avec les bureaux de pays, est l'anglais. Le français n'est utilisé que dans les bureaux des pays francophones, tout comme l'espagnol ou l'arabe dans les pays hispanophones ou arabophones.
PRÉSENCE ET ACTIONS DES FRANCOPHONES
  • Tous les pays membres ou observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie (sauf Monaco, le Canada nouveau Brunswick et Québec) sont membres du PAM, et siègent tour à tour au Conseil soit comme titulaires, soit comme observateurs.
  • En 2002, 213 fonctionnaires internationaux étaient issus de pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie, sur un total de 915 cadres internationaux (23,3%).
  • Il n'existe pas d'associations de fonctionnaires français et francophones au sein du PAM.
  • La prédominance de l'anglais lors des réunions ou consultations informelles organisées en marge des sessions du Conseil, pour lesquelles il n'y a pas d'obligation d'interprétation simultanée, restreint la participation des délégations des pays africains exclusivement francophones.
  • Sur les trente-six membres siègeant cette année au Conseil du PAM, six appartiennent à l'Organisation internationale de la Francophonie (Belgique, Cameroun, Canada, Haïti, Mali, Mauritanie). Quatre d'entre eux recoivent la documentation en français et dans une autre langue (anglais ou arabe). Deux recoivent les documents uniquement en français (Haïti, Mali).
  • Lors de leurs interventions, la majorité des membres ou observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie s'expriment en français. Le représentant permanent du Canada s'exprime neuf fois sur dix en anglais. Le représentant adjoint de la Belgique, comme celui du Cameroun utilisent l'anglais autant que le français. La délégation suisse intervient le plus souvent en anglais. Les pays musulmans francophones qui ont deux langues officielles (arabe et français ou anglais) utilisent de préférence l'arabe ou l'anglais pendant les sessions officielles du Conseil, et le français dans les échanges informels. Les États associés (Albanie, Macédoine) et les membres observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie (Lituanie, Pologne, Slovaquie, Slovénie, République Tchèque) s'expriment généralement en anglais.
  • L'anglais est la langue la plus parlée entre les membres des listes D ( 31 pays de l'O.C.D.E.), E ( 22 pays européens "ex-est"), et B (53 pays du proche et moyen Orient et Asie). L'espagnol est majoritaire pour les 33 pays de la liste C (Amérique Latine et Caraïbes). Les 53 délégations de la lista A (Afrique) sont soit francophones (une vingtaine), soit anglophones (le reste). Pour résumer, sur les 103 délégations présentes lors de la dernière session annuelle, à peine un quart parlait spontanément et uniquement en français.
RECRUTEMENT ET FORMATION DES FONCTIONNAIRES INTERNATIONAUX
  • Depuis novembre 2000, tout candidat (interne ou externe) à un emploi à durée indéterminée au PAM doit maitriser au moins deux des quatre langues officielles, l'une au niveau C, l'autre au niveau B minimum. Dans la pratique, quelle que soit la langue maternelle des candidats, la maitrise de l'anglais au niveau C reste exigée.
  • Des formations ont été organisées depuis 2000 pour permettre à tout le personnel en fonction au PAM de pouvoir bénéficier de contrats à durée indéterminée, en satisfaisant aux nouveaux critères linguistiques. Des tests ont été organisés et des mesures ont été prises (cours intensifs, congé de formation) pour permettre aux agents d'atteindre le niveau requis ; le français est la langue la plus communément choisie après l'anglais. En 2003, presque tous les personnels ayant pu régulariser leur situation, les formations ont été réduites en nombre et ne sont plus proposées qu'à titre de perfectionnement pour les nouveaux recrutés.
LANGUES UTILISÉES POUR LES RELATIONS EXTÉRIEURES DE L'ORGANISATION
  • Dans les relations bilatérales avec les pays d'Europe centrale et orientale et l'Afrique subsaharienne, l'anglais est le plus communément utilisé, sauf avec les pays d'Afrique francophones et Haïti.
  • Avec d'autres organismes nationaux ou internationaux, l'ensemble des échanges se fait majoritairement en anglais. Lors des appels d'offre et des programmes d'aide au développement et d'aide alimentaire, l'anglais est la règle.
TRADUCTION ET INTERPRÉTATION

A. TRADUCTION

  • Il n'existe que quatre postes permanents de traducteurs (un pour chaque langue officielle). La situation n'a pas varié depuis 1995, en dépit d'une charge de travail accrue. Hormis ces quatre fonctionnaires, le PAM a recours à des services extérieurs.
  • Il n'y a pas de formation continue. L'utilisation de banques de données terminologiques est très fréquente. Des relations avec des services de traduction d'autres organisations internationales existent, mais seulement à titre individuel et non formel.
  • Les documents originaux sont à 95% rédigés en anglais. Concernant la qualité et le respect des délais de traduction en français, le PAM respecte les règles du Conseil en la matière.

B. INTERPRÉTATION

  • Exigences linguistiques pour le recrutement : pratique des quatre langues officielles de l'Organisation.
  • Il n'y a pas de fonctionnaires permanents pour l'interprétation. Les interprètes sont recrutés à la vacation.
  • Recours à des interprètes extérieurs à l'Organisation : c'est la règle, pour les réunions officielles, telles que les sessions du Conseil. Pour certaines réunions "informelles", une interprétation peut être également assurée dans les quatre langues officielles.
  • Situation de l'interprétation durant les réunions officielles : toutes les sessions du Conseil bénéficient d'une interprétation simultanée, sauf si les réunions se prolongent au delà de 21 heures. La qualité n'est pas toujours satisfaisante : les difficultés à traduire les chiffres, les termes techniques, les concepts élaborés rendent souvent difficile la compréhension des discussions.
  • Situation durant les réunions informelles : pour les réunions de la liste D, il n'y a jamais d'interprétation simultanée. Pour celles des autres listes, il peut y avoir des interprétations anglais/français, ou anglais/espagnol.
CENTRES DE DOCUMENTATION ET BIBLIOTHÈQUES
  • Selon les informations officieuses recueillies, la proportion des documents et ouvrages en français n'est que d'un tiers environ, le français restant cependant la seconde langue après l'anglais.
SITE INTERNET DE L'ORGANISATION
  • Le site "wfp.org" ne comporte pas de page d'accueil en français, ni d'ailleurs dans d'autres langues que l'anglais. Les seuls documents traduits en français, espagnol et arabe sont ceux du conseil d'administration (obligation découlant du règlement intérieur) et ceux concernant l'opération "alerte à la faim en Afrique".
  • A ce jour, aucune démarche formelle ne semble avoir été faite par les représentations permanentes des pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie pour faire respecter le multilinguisme. Une intervention de ce type aurait d'ailleurs des difficultés à aboutir, le PAM invoquant la lourdeur de sa charge de travail autant que son manque de moyens financiers.
  • Un appui ponctuel (technique et financier) pour la traduction des principales pages du site internet permettrait une diffusion élargie de l'information dans les pays africains francophones.

FONDS INTERNATIONAL POUR LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE (FIDA), ROME


INDICATIONS DISPONIBLES
  • Les langues officielles du FIDA sont l'anglais, le français, l'espagnol et l'arabe.
  • Tous les documents du Conseil des Gouverneurs et des principales réunions sont produits ou traduits en français.
  • Les documents relatifs aux pays francophones d'Afrique sont produits en français et traduits ensuite dans les autres langues.
  • Les réunions du Conseil des Gouverneurs et les principales autres réunions bénéficient d'une traduction simutanée.
  • De l'avis des francophones employés par l'organisation, le français est assez couramment utilisé dans les échanges oraux entre agents.