VII - La maîtrise de la langue française

1 . La langue française dans l’enseignement

- La maîtrise de la langue chez les élèves des premier et second degrés

- Des dispositifs et des mesures récentes contribuant à la maîtrise du français

- Des mesures pour les élèves et étudiants étrangers

2. La langue française dans les politiques d'insertion et d'intégration

- La maîtrise du français facteur de cohésion sociale

- L’action publique de prévention et de lutte contre l’illettrisme

- La maîtrise du français fondement de la démocratie culturelle


VII - La maîtrise de la langue française

Rappel du cadre législatif

L’article 11 de la loi, modifiant l’article 1 de la loi du 10 juillet 1989 d’orientation sur l’éducation, précise que la maîtrise de la langue française et la connaissance de deux autres langues font partie des objectifs fondamentaux de l’enseignement

Ces dispositions sont bien respectées et les efforts sont accrus aussi bien pour développer un enseignement diversifié des langues étrangères que pour favoriser la maîtrise de la langue française.

 

1 . La langue française dans l’enseignement

La maîtrise de la langue nationale a été plus que jamais, en 2001, au centre des préoccupations de l'enseignement scolaire. Son importance a été réaffirmée, à diverses reprises, par le ministre de l'éducation nationale : "Transmettre la langue nationale est la priorité absolue. Se sentir chez soi dans la langue française est indispensable pour accéder à tous les savoirs. La langue est, en effet, la véritable colonne vertébrale des apprentissages, le savoir des savoirs et la clef d'accès aux autres disciplines".

Cette priorité absolue a donné lieu au cours de l’année scolaire 2000-2001 à de nombreuses mesures concernant tous les niveaux d’enseignement. Améliorer les résultats des élèves qui rencontrent des difficultés par une aide plus personnalisée, développer la pratique de l’oral et de l’écrit tout au long du parcours scolaire dans tous les champs disciplinaires, assurer une meilleure continuité des apprentissages en renforçant l’articulation entre les différents niveaux de la scolarité, tels sont les principaux axes de la politique éducative mise en place (cf. les circulaires de préparation de la rentrée scolaire 2001 dans le premier degré du 21 mars 2001, dans les collèges du 8 juin 2001, et dans les lycées d’enseignement général et technologique du 11 juin 2001).

L’année scolaire 2001-2002 sera l’année de la découverte et de l'appropriation de nouveaux programmes pour l'école primaire qui entreront en application en septembre 2002, l’année de la mise en application de nouveaux programmes de français dans les classes de première des lycées d’enseignement général et technologique, et d’une nouvelle épreuve anticipée de français pour le baccalauréat. La maîtrise de la langue, l’acquisition de savoirs et savoir-faire langagiers, littéraires et culturels occupent dans ces textes une place centrale.

 

    • La maîtrise de la langue chez les élèves des premier et second degrés

Le premier degré

Savoir s'exprimer dans les circonstances diverses de la vie, comprendre l'autre, avoir conquis le pouvoir de lire, décisif pour la réussite scolaire, et celui de communiquer par écrit, sont les premiers grands objectifs assignés à l'école primaire. Ils doivent faire l'objet d'une vigilance constante. L’école se doit par ailleurs de rétablir une plus grande égalité dans l’accès des enfants à la maîtrise de la langue, par un accompagnement adapté et des activités appropriées de soutien ou d’aides.

Pour atteindre ces objectifs, les actions menées sont - d’une part, l'amélioration de la maîtrise de la langue et des pratiques de lecture, d’écriture et d’échanges oraux : le plan du 20 juin 2000 renforce la priorité accordée à ce domaine à la fois disciplinaire et transversal à l’ensemble des enseignements. Dès l’école maternelle, une attention très particulière doit être accordée à l'apprentissage du langage oral, c'est-à-dire l'usage efficace par les enfants de la langue parlée pour s'exprimer, échanger, comprendre et réfléchir ;

- d’autre part, l'élaboration de nouveaux programmes pour l’école primaire : les programmes sont en cours de réécriture conformément aux annonces faites par le ministre le 29 novembre 2000 sur la refondation des programmes scolaires ;

- enfin le développement de l'intervention des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) : créés en 1990, ces réseaux prennent en charge les élèves du primaire éprouvant des difficultés particulières à satisfaire aux exigences d’une scolarité normale qui ne sont pas constitutives de handicaps avérés. Une circulaire à paraître en 2001, qui vient de faire l’objet d’une ample concertation, réaffirmera les missions de ces dispositifs et précisera certaines modalités de leurs interventions, mais aussi de leur organisation et de leur évaluation ; elle situera leur action par rapport à l’action plus spécifique des classes ou dispositifs d’intégration des enfants porteurs de handicaps avérés.

Le collège

Une attention rigoureuse doit être apportée au collège à la maîtrise de la langue, dans la plus grande continuité possible avec le travail entrepris à l’école élémentaire. Lire, écrire, parler, sont des compétences susceptibles d’être améliorées tout au long de la scolarité. Elles concernent tous les domaines disciplinaires, même si l’approche technique de la langue française relève plus particulièrement du professeur de français.

La maîtrise de la langue constitue un important objectif du dispositif d’aide personnalisée mis en place en classes de sixième et de cinquième à l'intention des élèves en difficulté. Ces dispositions sont confirmées dans les nouvelles orientations pour le collège, présentées par le ministre de l’éducation nationale le 5 avril 2001 et qui s’appliqueront progressivement à partir de la rentrée 2001.

Par ailleurs au niveau du collège, des enseignements adaptés sont organisés dans le cadre de sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) pour la formation d’élèves qui, à la fin de l’école élémentaire, connaissent les plus lourdes difficultés. Ces élèves sont particulièrement touchés par l’échec en lecture qui constitue une caractéristique fréquente et une marque concrète de leur retard scolaire.

Le lycée

L’enseignement du français demeure l’enseignement pivot du lycée. Ses objectifs généraux sont définis en continuité avec le collège : pratique raisonnée de la langue, formation d’une culture et acquisition de méthodes de pensée et de travail. Ces objectifs sont développés avec un triple souci : assurer une progressivité appropriée aux besoins spécifiques de chaque niveau, ouvrir des perspectives culturelles de plus en plus larges et préparer les élèves à leur vie d’homme et de citoyen.

Définie par les arrêtés du 18 mars 1999, modifiés par ceux du 19 juin 2000, la réforme des lycées est entrée en vigueur dès la rentrée 1999 en classe de seconde et s’est poursuivie à la rentrée 2000 en classe de première, pour s’achever à la rentrée 2001, en classe terminale. Elle vise à établir l’égalité des chances grâce à des programmes mieux construits et à l’aide diversifiée apportée aux élèves.

Un dispositif d’accompagnement est mis en place depuis la rentrée 1999, en classe de seconde, charnière entre la fin du collège et le choix d’une série de baccalauréat. Il revêt deux formes : un enseignement en module destiné à tous les élèves et une aide individualisée pour les élèves les plus en difficulté qui portent notamment sur le français. À compter de la rentrée 2001, des instructions ont été données aux recteurs pour recentrer l'aide individualisée en classe de seconde générale et technologique vers le public scolaire le plus en difficulté.

 

    • Des dispositifs et des mesures récentes contribuant à la maîtrise du français

Plan de cinq ans pour les arts et la culture

Le ministre de l'éducation nationale et la ministre de la culture et de la communication ont annoncé conjointement le 14 décembre 2000 un plan de cinq ans pour le développement des arts et de la culture à l’école, réaffirmant l'enjeu que constitue une éducation artistique et culturelle continue et cohérente tout au long de la scolarité (cf. la circulaire interministérielle du 22 juillet 1998) : la réduction des inégalités d’accès aux œuvres et aux pratiques artistiques, l’épanouissement équilibré des enfants et des jeunes dont l’intelligence sensible et créative doit être développée tout autant que l’approche rationnelle des savoirs et du monde.

L'un des axes de cette action prévoit d'encourager chez les jeunes, tout au long de leur scolarité, une culture du livre et par le livre, de promouvoir un développement des bibliothèques centres documentaires (B.C.D.), des centres d'information et de documentation de collège (C.D.I.) et des bibliothèques universitaires (BU) en liaison étroite avec les bibliothèques médiathèques municipales et départementales : il s’agit de contribuer ainsi à construire pour chaque jeune un véritable parcours de lecteur. Des initiatives récentes ont été prises en matière d'éducation artistique qui concourent à la maîtrise du français : les pratiques artistiques et culturelles constituent en effet des moments de langage propres à stimuler la créativité des enfants.

La classe à projet artistique et culturel (PAC), définie dans la circulaire n°2001-104 du 14 juin 2001, qui est mise en place dès la rentrée 2001–2002 à l’école primaire, au collège et au lycée professionnel représente un support nouveau pour une éducation artistique et culturelle de qualité. Parmi les domaines de réalisation des projets artistiques et culturels à explorer dès l’école maternelle, le théâtre, la littérature et la poésie, le cinéma, en développant les compétences langagières et culturelles des élèves, contribuent tout particulièrement à une meilleure maîtrise de la langue.

Les contrats éducatifs locaux

L'inégalité des enfants par rapport à l'école est d'abord une inégalité dans l'acquisition des langages (oral, écrit, image). Instrument de lutte contre l'exclusion, élément essentiel à l'entrée dans la citoyenneté, la maîtrise des langages par tous les élèves est la priorité de l'école. Compenser les inégalités qui se creusent pendant les temps où les enfants ne sont pris en charge ni par l'école ni par leur famille suppose la mise en cohérence des activités de l'enfant, d'une part, par une réflexion globale sur l'équilibre entre temps scolaire, périscolaire et extrascolaire et, d'autre part, une articulation avec le projet d'école.

C'est pourquoi les ministres chargés de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, de la culture et de la ville ont défini conjointement dans la circulaire interministérielle du 9 juillet 1998 les modalités de mise en œuvre des contrats éducatifs locaux. Les activités proposées aux enfants et aux adolescents permettent un accès plus large à toutes les activités culturelles artistiques et sportives.

Une nouvelle circulaire interministérielle signée le 25 octobre 2000 réaffirme la volonté de l’État de faire de l’éducation une mission partagée. Elle précise les objectifs du précédent texte, notamment au niveau de l’aspect qualitatif des activités à mettre en œuvre.

Les ministres ont par ailleurs décidé de faire du CEL le contrat fédérateur des politiques éducatives. Le dispositif d’accompagnement à la scolarité s’intègre donc au CEL et comprend l’ensemble des actions conduites aux côtés de l’école et qui favorisent la réussite scolaire des élèves ne pouvant être aidés dans leur environnement social et familial. Il est régi par la charte d’accompagnement à la scolarité signée par le ministère de l’emploi et de la solidarité, le ministère de l’éducation nationale, le ministère de la jeunesse et des sports, le ministère délégué à la ville, le fonds d’action sociale et la caisse nationale d’allocations familiales.

 

    • Des mesures pour les élèves et étudiants étrangers

Des dispositifs pédagogiques spécifiques pour les élèves étrangers non francophones

Le ministère de l'éducation nationale mène une politique d'intégration en faveur des élèves étrangers, "primo-arrivants" non francophones, qui vise à corriger les inégalités scolaires, notamment en portant ses efforts sur la maîtrise de la langue française pour permettre une bonne poursuite d'études débouchant sur une qualification. Une réunion nationale sur l'accueil des élèves étrangers primo-arrivants, introduite par le ministre de l'éducation nationale, s'est tenue les 29 et 30 mai 2001 afin de relancer la réflexion et les actions dans ce domaine.

Rappelons que deux dispositifs existent dans l'enseignement du premier degré : les classes d'initiation (CLIN) qui accueillent des élèves en nombre assez restreint (15 au maximum) et les cours de rattrapage intégrés (CRI) qui regroupent des élèves scolarisés dans les classes ordinaires, pour des périodes d'enseignement du français de l'ordre de 7 à 8 heures, dans le cadre de l'horaire hebdomadaire normal. En 2000-2001, on recense (Guyane non comprise ) 800 classes incluant les CLIN et les CRI.

En collège, mais aussi dans quelques lycées professionnels et tout récemment dans les lycées d'enseignement général et technologique (académies d'Aix-Marseille, de Créteil, Lyon, Paris et Versailles), les élèves étrangers non francophones sont accueillis en classes d’accueil. En 2000-2001, on recense 780 classes d'accueil (Guyane non comprise). En 2000-2001, le nombre total de jeunes scolarisés en CLIN, CRI et classes d'accueil ou bénéficiant de cours d'apprentissage du français avoisine 25 000 élèves.

L’objectif des classes d’initiation et des classes d’accueil est de réaliser l’insertion complète des élèves dans le cursus normal le plus rapidement possible, au bout d’un an, deux ans maximum pour les élèves arrivés en cours d’année scolaire.

Par ailleurs, une convention cadre relative à la scolarisation des élèves nouvellement arrivés de l'étranger en France sans maîtrise suffisante de la langue française ou des apprentissages scolaires pour intégrer immédiatement une classe de cursus ordinaire a été signée le 7 mars 2001 entre le ministère de l'éducation nationale, le ministère de l'emploi et de la solidarité et le Fonds d'action sociale (FAS). Elle sera prolongée par des conventions académiques pour mieux s'adapter aux réalités locales, faciliter une collaboration entre les différents services et engager des actions correspondant aux besoins constatés dans le cadre des plans départementaux d'accueil coordonnés par le ministère de l'emploi et de la solidarité.

Les certifications en français langue étrangère

En étroite liaison avec le ministère des affaires étrangères, le ministère de l’éducation nationale se préoccupe également de la maîtrise de la langue française par les étudiants étrangers venant poursuivre des études en France et d’une façon plus générale du public étranger soucieux d’acquérir un bon niveau de français. Il a confié au Centre international d’études pédagogiques (C.I.E.P.) la responsabilité des diplômes officiels de français langue étrangère délivrés par le ministère de l’éducation nationale et adoptés dans plus de 130 pays : le DELF (Diplôme d’études en langue française, 1er et 2ème niveaux) et le DALF (Diplôme approfondi de langue française). Il coordonne et valide les sessions organisées tout au long de l’année dans plus de 700 centres d’examen. En 2000, 260 000 inscriptions aux différentes unités constitutives de ces diplômes ont été enregistrées et 41 477 diplômes ont été délivrés.

Il est intéressant de noter que le développement de ces certifications n’est pas seulement quantitatif. L’élargissement du public, traditionnellement adulte, à des publics adolescents produit des effets en retour sur la conception de l’enseignement du français dans le secondaire et sur la motivation des élèves. La reconnaissance officielle du DELF-DALF par les institutions locales sous des formes diverses et l’organisation de " sessions régionales " regroupant plusieurs pays de la même zone géographique témoignent d’un meilleur ancrage dans les politiques linguistiques nationales et donnent de la politique linguistique française une image de dynamisme et de réalisme.

Le C.I.E.P. a par ailleurs élaboré, à la demande du ministère de l’éducation nationale, un test de connaissance du français, le T.C.F., qui permet de mesurer sur l’échelle des niveaux du Conseil de l’Europe les connaissances en français de toute personne non francophone soucieuse de disposer d’une validation reconnue. Ce test témoigne de la volonté française de s’inscrire dans la perspective européenne qui cherche à favoriser la diversification de l’enseignement des langues et à valoriser les compétences linguistiques des citoyens. Lancé sur le marché en septembre 2000, le T.C.F. a organisé une première session en novembre. Il a été présenté dans différents salons et fait l’objet d’une présentation spécifique dans le catalogue d’ÉduFrance.

Pour sa part, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris a lancé en 1998 un test d’évaluation de français (T.E.F.) qui permet de mesurer le niveau de connaissances et de compétences en français des personnes dont la langue maternelle n’est pas le français.

L’accueil des étudiants étrangers

L’agence ÉduFrance a été créée en 1998 afin de promouvoir l’offre française d’enseignement supérieur sur le marché international. Ce groupement d’intérêt public est placé sous la tutelle des ministères de l’éducation nationale et des affaires étrangères.

L’agence a pour mission de renforcer la place de la France sur le marché mondial de la formation et des échanges scientifiques, de stimuler et de coordonner l’offre française, notamment en répondant aux appels d’offre internationaux, de concevoir et de proposer des services spécifiques à la demande des institutions et des établissements d’enseignement supérieur ou des étudiants individuels. Pour ce faire, elle réunit les établissements désireux de mettre en valeur leurs savoir-faire et leurs compétences.

La ligne politique de l’agence est définie par l’Assemblée générale de ses adhérents et son Conseil d’administration composé à part égale de représentants des ministères et des conférences représentatives des établissements adhérents. Sans renoncer à leur politique de coopération inter-universitaires, ceux-ci confient à ÉduFrance le soin d’assurer la promotion de leurs programmes et, en collaboration avec leurs directions internationales, celui d’améliorer l’accueil en France d’un plus grand nombre d’étudiants, de chercheurs et de stagiaires étrangers. Cette synergie doit permettre aux opérateurs français de la coopération universitaire de parler d’une seule voix et ainsi d’éviter les écueils d’une présentation préalable du système éducatif, décourageante plus qu’incitatrice pour les étudiants qui souhaitent venir en France.

La conception, en étroite liaison avec les adhérents, d’un catalogue des formations spécifiques, respectant un cahier des charges rigoureux, a été la première étape de l’intervention d’ÉduFrance. Plus de 150 formations y figurent déjà sur proposition des établissements adhérents, une centaine d’autres suivent et seront bientôt disponibles sur le site internet de l’agence.

Chaque formation proposée, dans une filière spécifique, intègre une préparation linguistique et méthodologique. Ce souci d’une mise à niveau en langue française est constamment affirmé et reste un élément important dans la définition du cahier des charges. Les formations sont de fait présentées sous la forme d’une offre globale intégrant stage intensif de français, cursus académique, tutorat pédagogique, soutien linguistique pendant la période de spécialisation, logement et services.

La politique des paquets éducatifs a donné un coup de fouet à la promotion des établissements français dont la visibilité était auparavant parfois très faible. En créant de l’intérêt pour des séjours de formation sanctionnés par un diplôme en France, elle a relancé l’intérêt pour notre langue. L’une des conséquences les plus visibles en est la demande d’aide des universités étrangères pour le développement de leur département de français quand elles en ont un, ou la recherche du soutien de la France pour la création de classes nouvelles.

Pour répondre à la demande, l’agence a dès le départ développé une politique de partenariat avec les Alliances Françaises, les instituts culturels et les services de coopération et d’action culturelle. La création en leur sein, sous une forme contractuelle, d’" Espaces ÉduFrance " avec des personnes dédiées à la mise en œuvre d’une action ciblée, tant vis-à-vis des candidats que des établissements étrangers d’enseignement supérieur, devrait faciliter les démarches d’inscription et partant l’admission des étudiants dans les établissements français. Soixante-quatorze espaces sont installés à ce jour.

Malgré les efforts entrepris, un rapport remis au ministère de l’éducation nationale en mai 2001 relève les faiblesses de l’offre faite par les universités françaises aux étudiants étrangers et préconise la création de programmes en anglais.

Il convient d’être attentif à ce que le désir légitime d’attirer des étudiants étrangers en France et le souci réaliste de ne pas faire de la maîtrise du français une condition absolue pour l’obtention d’un visa ne conduise pas à la mise en place de filières spécifiques en anglais, formule qui marginaliserait les étudiants étrangers, créerait des distorsions dans les diplômes et favoriserait le recours à des enseignants étrangers.

 

2. La langue française dans les politiques d'insertion et d'intégration

Si le système éducatif joue un rôle capital pour la maîtrise de la langue, les politiques d’insertion et d’intégration la prennent également en compte.

Les actions s’adressent aux personnes immigrées, aux personnes en situation précaire, aux personnes éprouvant des difficultés à trouver ou retrouver du travail et aux personnes qui sont dans une situation d’exclusion sociale et culturelle.

Elles s’adressent aussi, en particulier, aux personnes en situation d’illettrisme pour lesquelles les pouvoirs publics proposent une politique volontariste.

 

    • La maîtrise du français facteur de cohésion sociale

L’insertion des publics en difficulté passe par des actions facilitant l’accès aux formations scolaire et professionnelle et l’accès à la culture garanti par une connaissance suffisante de la langue française.

L’action en faveur des personnes immigrées et réfugiées

La connaissance de la langue française constitue un facteur déterminant de l’intégration sociale et professionnelle des personnes étrangères qui résident de façon régulière sur notre territoire.

- Le fonds d’action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles (FAS) a encore accru son effort en ce domaine en consacrant, en 2000, plus de 216 MF, soit 20% environ de son budget, aux actions visant de façon directe ou indirecte l’apprentissage de la langue française par les immigrés installés durablement sur le territoire national ; 80 000 personnes dont 80% de femmes ont pu en bénéficier. En 1999, cette action intéressait 75 000 personnes dont 60% de femmes. Cet investissement, significatif et s’inscrivant dans la durée, est justifié au regard de l’enjeu que constitue la maîtrise de la langue dans le processus d’intégration personnelle, sociale et professionnelle ainsi que dans les conditions d’acquisition de la nationalité française. Pour le FAS, l’objectif est de prendre en compte les besoins en formation linguistique des candidats à l’acquisition de la nationalité française dont les demandes ont été ajournées.

- Les accords-cadre avec les principaux services compétents en matière de formation tels que l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) ou l’Agence nationale pour l’emploi (A.N.P.E.) ont pour objectif commun de favoriser la maîtrise de la langue française.

Pour mieux prendre en compte les difficultés linguistiques rencontrées par les personnes immigrées, le FAS développe un programme de formation de formateurs axé sur la pédagogie d'apprentissage de la langue.

Ainsi, les personnes étrangères autorisées à s’installer en France dans le cadre d’un regroupement de familles peuvent bénéficier d’un positionnement linguistique et d’une orientation vers un organisme de formation. En 2000, sur plus de 19 000 personnes reçues dans une plate-forme en 2000, 35% ont bénéficié de ce positionnement.

Le financement d’actions culturelles et notamment d’émissions de radios locales ayant trait à l’apprentissage du français participe aussi de cette intégration.

En 2000 comme en 1999, près de 1 300 réfugiés ont bénéficié d'un accompagnement social qui inclut un enseignement de la langue française. La gestion de l’ensemble des dispositifs de formation en faveur des réfugiés est assurée par les directions départementales de affaires sanitaires et sociales. Le montant des crédits consacrés à ces actions s’est élevé à 24 MF en 1999.

L’action préventive en direction de l’enfance et de la jeunesse

Le ministère de l’emploi et de la solidarité (direction générale de l’action sociale), dans le cadre de la mise en œuvre de la loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, a mis en place le programme TRACE (trajet d’accès à l’emploi) destiné à accompagner vers l’emploi durable des jeunes en grande difficulté. Plus de 100 000 jeunes ont déjà pu en bénéficier. Le deuxième plan d’action, présenté en juillet 2001, permettra de doubler le nombre de jeunes accueillis et de leur donner les moyens de leur autonomie avec la création d’une bourse d’accès à l’emploi de 2000 F par mois.

L’action pour la formation et l’insertion professionnelle

La formation professionnelle et l’insertion sociale sont étroitement liées. L’Association nationale pour la formation des adultes (AFPA) est chargée par le ministère de l’emploi et de la solidarité de proposer des formations afin de faciliter l’accès ou le retour au monde du travail. Les besoins linguistiques des stagiaires sont évalués par les psychologues de l’AFPA en fonction de leur niveau de maîtrise de l’expression écrite et orale en langue française. La dimension linguistique constitue donc un élément important de ces formations.

- L’AFPA a mis en place des outils pour améliorer la maîtrise de la langue française (lecture, écriture) et la remise à niveau dans le cadre d’un processus de développement de l’autonomie en matière de production ou d’exploitation de connaissances. Elle met également en oeuvre des ressources destinées à favoriser l’accès au langage technique, professionnel et scientifique, pour remédier aux blocages à l’apprentissage liés à l’incompréhension de termes complexes.

Le recours de plus en plus fréquent, en formation professionnelle, à des banques de ressources écrites (enseignement à distance, didacticiels, logiciels d’auto-apprentissage, sites de l’internet, supports papier) nécessite une bonne compréhension et la capacité de communiquer efficacement. L’action linguistique représente 20 % de l’action du secteur préqualifiant de l’AFPA et l’usage du français courant correspond aux critères d’entrée dans les formations du secteur qualifiant proposées par l’AFPA. Il est en particulier nécessaire de développer des outils adaptés (orthographe, expression écrite et orale) pour améliorer le niveau de langue dans les secteurs professionnels où la maîtrise des outils de communication est une absolue nécessité (tourisme).

En 2000, 145 300 stagiaires sont entrés en formation à l’AFPA (149 000 en 1999).

Les perspectives concernent le développement de l’enseignement à distance, le partenariat pour la mise en place de systèmes ouverts de formation et enfin la multiplication des formations de remise à niveau.

L’action linguistique dans le cadre de la politique de la ville

La délégation interministérielle à la ville (DIV) mène un travail exploratoire sur la langue dans la politique de la ville, car nombreuses sont les formes d’actions contre les exclusions dans lesquelles entrent les questions de langages et de langues.

Dans le cadre du XIIème contrat de plan (2000>2006), 250 contrats de ville ont été signés et concernent 6 millions d’habitants. La DIV et la délégation au développement et à l’action territoriale du ministère de la culture (D.D.A.T.) ont entrepris un inventaire des questions de langue dans les contrats de ville dans les domaines de l’éducation (maîtrise des langues et des langages), de l’emploi (maîtrise des savoirs de base et intégration) et de la culture (développement de la lecture publique avec les contrats ville-lecture et formation des médiateurs du livre). Parallèlement à ces actions, la DIV soutient des travaux de recherches dans les universités qui puissent aider à définir des stratégies locales contre les exclusions ou discriminations qui se constituent autour des questions de langues. Ainsi, en 2001, elle consacrera 100 KF à une première étude sur les pratiques langagières de jeunes de la région parisienne et aura consacré 100 KF à une seconde étude sur la violence verbale. La DIV s’est fixé comme objectif de recenser les formations universitaires prenant en compte ces enjeux et de définir un cadre propice à l’émergence d’un " droit à la langue du pays d’accueil " ; par exemple, avec Ecrimed (Ecritures et médias, ingénierie de formation) en collaboration avec la FAS ou, plus particulièrement en faveur des femmes immigrées sans statut professionnel, avec le projet de Stages d’insertion dans la langue française (SILF).

Le ministre délégué à la ville, la ministre de la culture et de la communication et le secrétaire d’État au patrimoine et à la décentralisation ont signé, le 19 juin 2000, une circulaire qui fait référence à " la prise en compte des réalités sociolinguistiques des territoires " dans les volets culture des contrats de ville. Les contrats éducatifs locaux et les contrats ville-lecture participent de cette sensibilisation aux langues et aux cultures.

Les publics concernés par la politique de lutte contre l'illettrisme se caractérisent par leur grande diversité. La plupart d'entre eux rencontrent des difficultés persistantes dans leur vie quotidienne et professionnelle du fait d'une maîtrise insuffisante de la langue écrite. Mais les difficultés d’insertion sociale se posent à des niveaux divers, et il est difficile de définir un seuil en deçà duquel une personne relèverait de l'illettrisme. De ce fait, la notion d'illettrisme ne se prête pas aisément au dénombrement statistique. Toutefois, on peut estimer que 10 à 20% de la population adulte est freinée par des difficultés à maîtriser l'écrit dans son insertion et dans les démarches qui lui incombent.

Le lancement d’actions résolues contre l’illettrisme est inclus dans la loi d’orientation contre les exclusions du 29 juillet 1998. Les ministères de l’emploi et de la solidarité, de l’éducation nationale, de la culture et de la communication mais aussi de la justice et de la défense s’efforcent de prévenir sa progression et d’oeuvrer pour sa réduction.

L’action du ministère de l’emploi et de la solidarité

Le ministère de l'emploi et de la solidarité, direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle, intervient dans le cadre du programme "insertion, réinsertion, lutte contre l'illettrisme" (IRILL) qui gère des crédits d’intervention en direction de publics spécifiques : les détenus, les réfugiés et les personnes en situation d’illettrisme.

Les structures financées pour la mise en place de formations de savoirs de base sont le plus souvent des associations ou des groupements d’établissements (GRETA) conventionnés. Au total, 14 078 personnes ont été concernées par ce programme en 1999.

Les crédits consacrés à la lutte contre l’illettrisme s’élèvent, en 2000, à 83,22 MF dont 24,57 MF en provenance du Fonds social européen (soit une hausse de 8,3 % par rapport à 1999).

L’action du ministère de la justice

- Les jeunes pris en charge par les services de la protection judiciaire de la jeunesse se caractérisent par leur faible maîtrise de la communication orale et écrite et des bases de calcul, ce qui constitue une entrave majeure à leur insertion sociale et professionnelle.

Le dispositif d’évaluation du savoir lire " Evalire ", les ateliers d’explication de textes à partir de questionnements et les langagiciels constituent des outils à la fois souples et simples à utiliser par les enseignants travaillant avec des jeunes en difficulté d’apprentissage. Ils offrent des possibilités de " remédiation " qui ont fait leurs preuves et qui peuvent être utilisées sans nécessiter de très longues formations. Leur mise en œuvre s’accompagne de sessions de formation de formateurs. Depuis fin 1998, la direction de la protection judiciaire de la jeunesse et le centre national d’études et de formation pour l’enfance inadaptée (CNEFEI) ont réalisé, en régions, 104 journées d’intervention portant sur la maîtrise de la langue orale et écrite qui ont concerné 684 personnes : éducateurs, professeurs techniques, agents de justice, formateurs et bénévoles d’associations. À l’issue de la formation, chacun des participants, quelle que soit son appartenance institutionnelle, dispose gracieusement des outils " Evalire " et " Langagiciels ". 

- L’illettrisme est un obstacle majeur à la réinsertion des détenus. En milieu carcéral, la politique de l’administration pénitentiaire en faveur de la maîtrise de la langue française se fonde sur une évaluation des compétences de la population pénale et sur la mise en place de dispositifs de formation générale et d’accès aux livres. Au cours de l’année 2000, 30 344 détenus ont suivi un enseignement. Parmi eux, 18 143 ont reçu une formation de base, d’alphabétisation, de lutte contre l’illettrisme ou de préparation au Certificat de formation générale (1 883 personnes ont réussi le CFG soit 10 %). L‘administration pénitentiaire développe les pratiques de lecture en prison. Chaque établissement possède une bibliothèque et 73% d’entre elles sont en accès direct. Un CD-rom " E.FO.RE. " (évaluer, former, remédier), communiqué à tous les enseignants du milieu pénitentiaire, présente des documents de référence sur l’enseignement en milieu pénitentiaire et un ensemble d’outils d’évaluation, de formation et de remédiation utilisés actuellement dans l’action pédagogique auprès des détenus.

 

L’action du ministère de la défense

La loi du 28 octobre 1997 sur le service national assigne au ministère de la défense la mission "d'organiser des tests d'évaluation des apprentissages fondamentaux de la langue française" à l'occasion de la journée d'appel de préparation à la défense (J.A.P.D.). Il s’agit de détecter les jeunes en difficulté de lecture et de les orienter vers les structures de remédiation : actuellement les coordinateurs départementaux des missions locales.

Tous les jeunes Français, depuis octobre 1998, et toutes les jeunes Françaises, depuis janvier 2000, passent des tests d'évaluation de la lecture au cours de cette journée. Les jeunes en difficultés de lecture sont informés sur l’existence des structures sociales du département susceptibles de leur apporter une aide et leurs coordonnées peuvent être communiquées à ces structures. Le dispositif est complété par la création de comités départementaux sous la responsabilité des préfets et de sites expérimentaux dans lesquels des associations de lutte contre l'illettrisme et des personnels de l'éducation nationale sont intégrés à la J.A.P.D. afin de favoriser l'orientation des jeunes en situation d’illettrisme vers les structures les plus efficaces. Dans chaque département, la délégation interministérielle à l’insertion des jeunes a confié à un représentant précis la coordination des actions des missions locales et des permanences d’accueil, d’information et d’orientation, au profit de ces jeunes.

Au cours de la période comprise entre septembre 1999 et juin 2000, une première évaluation a été réalisée sur un échantillon de 21 750 jeunes hommes et jeunes femmes. On peut observer que 9,3 % de ces jeunes éprouvent des difficultés pour accomplir les lectures nécessaires à leur vie quotidienne : 4,3 % sont en danger d’illettrisme, leur faible performance ne prouvant pas l’irréversabilité de leur compétence en lecture, 5% se trouvent en situation d’illettrisme. À ces derniers, est proposé un entretien d’information sur l’aide que peut leur apporter le réseau d’insertion. Lors de cet entretien, il est demandé si la personne accepte qu’on signale ses difficultés à la mission locale (si la personne n’est plus scolarisée, soit 45% des cas) ou à l’inspection académique (55% des cas).

Toutefois il apparaît, au cours des entretiens avec les jeunes en difficulté de lecture, que deux tiers d’entre eux ne souhaitent pas voir leurs coordonnées transmises aux organismes sociaux.

La direction du service national a saisi la nouvelle Agence nationale de lutte contre l’illettrisme pour soutenir le dispositif mis en place par la J.A.P.D. à la fois dans sa dimension évaluative et sur la préoccupante question de la réorientation des publics repérés en situation d’illettrisme.

La création de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme

Un nouvel organisme a été créé sous la forme d’un groupement d’intérêt public (GIP), l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). La nouvelle agence succède, avec des missions et des moyens sensiblement différents, au Groupe permanent de lutte contre l’illettrisme qui assurait la coordination interministérielle en ce domaine. Elle a pour mission de fédérer et optimiser les moyens affectés par les pouvoirs publics et les entreprises à la lutte contre l’illettrisme, de déterminer les priorités à mettre en œuvre dans le cadre des orientations définies par le gouvernement et de faire procéder à l’évaluation de l’impact des politiques et des actions menées. Ses objectifs sont de recenser et hiérarchiser les moyens existants et d’accroître l’efficacité des pouvoirs publics et de leurs partenaires en mettant en synergie toutes les actions. L’ANLCI repose sur une logique de mobilisation et de valorisation des moyens plus que sur une logique d’action directe ou de distribution de subventions. Constituée sous forme de GIP, l’ANLCI associe, pour un même objet, des personnalités morales de droit privé et de droit public. Elle regroupe divers ministères, des établissements publics ou sous tutelle, des collectivités territoriales et des entreprises.

Ce partenariat doit laisser toute sa place aux réseaux associatifs et aux bénévoles. Leur action sera soutenue par les chargés de mission régionaux de l’agence au sein des Secrétariats généraux aux affaires régionales comme le précise la circulaire du 20 juin 2001 adressée par le Premier ministre aux Préfets de régions.

Inaugurée le 21 juin 2001, l’ANLCI a pour directrice Madame Marie-Thérèse Geffroy, auteur du rapport " Lutter contre l’illettrisme " remis en mars 1999 à Madame Martine Aubry.

Madame Nicole Péry, Secrétaire d’État aux droits des femmes et à la formation professionnelle, a manifesté, à l’occasion de son inauguration, son souhait que l’ANLCI soit "un lieu de capitalisation des méthodes et des démarches, qu’elle favorise les échanges entre les acteurs concernés mais surtout qu’elle mobilise et coordonne toutes les institutions, publiques ou privées, qui, aujourd’hui encore, ne prennent pas suffisamment en compte cet enjeu de société ".

 

    • La maîtrise du français fondement de la démocratie culturelle

L’action en faveur de la lecture

Le ministère de la culture et de la communication (direction du livre et de la lecture) a accordé, en 2000, une subvention de 200 KF au Mouvement ATD-Quart-monde pour financer la formation de ses bénévoles par des professionnels du livre en vue de l’animation d’ateliers de lecture et d’écriture, de secrétariats du savoir dans la rue mais aussi de séances d’initiation des jeunes défavorisés aux nouvelles technologies à l’aide d’ordinateurs portables.

Le ministère de l’emploi et de la solidarité (direction générale de l’action sociale) a également apporté son soutien, par la signature d’une convention d’objectifs (1998>2000), au Mouvement ATD-Quart-monde dont l’action vise à améliorer l’accès au savoir des enfants issus de milieux défavorisés par la découverte de la langue française et du livre. L’association anime, notamment, un réseau de 100 bibliothèques de rue et coordonne l’organisation d’une trentaine de semaines de l’avenir partagé dans des quartiers très dégradés. Ces actions favorisent le développement de la curiosité des enfants et en aval leur réussite scolaire. Ces initiatives permettent de toucher plus de 4 000 enfants. En 2000, la direction générale de l’action sociale (D.G.A.S). a attribué une subvention de 1,5 MF au Mouvement ATD-Quart-monde pour l’ensemble des actions facilitant l’accès à la connaissance des enfants des milieux les plus en difficulté. Une nouvelle convention, pour la période 2001>2003, viendra conforter ce dispositif.

Le ministère de la culture et de la communication et le ministère de la jeunesse et des sports ont procédé au recrutement et à la formation de médiateurs du livre afin de favoriser la pratique de la lecture et de l'écriture notamment chez les jeunes en difficulté.

Les résultats positifs déjà enregistrés dans six régions-pilotes conduisent aujourd'hui les deux ministères à étendre le dispositif aux autres régions pour permettre aux bibliothèques de toucher les publics marginalisés en milieu urbain et rural.

Le ministère de la culture et de la communication (direction du livre et de la lecture) favorise par ailleurs la présence de professionnels de l’écrit dans les " classes lecture-découverte du livre ", notamment dans les zones d’éducation prioritaires. Le ministère de la jeunesse et des sports veille à la promotion de la lecture et de l’écriture pendant les temps de loisirs et de vacances des jeunes. Il ne s’agit pas d’une démarche d’apprentissage didactique du français, mais d’aider à l’émergence, chez les jeunes, d’un comportement de lecteur autonome et favoriser la maîtrise de la langue française.

La langue française moyen d’accès à la culture

Dans le cadre de la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999, le ministère de la culture et de la communication en liaison avec d’autres départements ministériels a élaboré au cours du premier semestre 2000, un schéma des services collectifs culturels qui vise le développement à vingt ans, en partenariat avec les collectivités locales, de l’accès de tous aux pratiques culturelles et artistiques, en particulier de ceux qui en sont exclus pour des raisons sociales, économiques ou simplement géographiques.

Ce document, en cours d’approbation par le Conseil d’État, comporte un volet consacré à la dimension linguistique de l’accès à la culture, il rappelle que la maîtrise de la langue française est nécessaire à l’égalité et au lien social et propose une ouverture aux langues étrangères et aux langues de France.

 

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