Le rôle de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France

Riche de son passé et de sa large diffusion, la langue française doit aller vers l'avenir avec confiance. Pour assurer son rôle national et international dans un monde en pleine évolution, la politique globale en faveur du français doit prendre en compte tous les domaines : son rôle dans la cohésion sociale, l'enseignement du français (en France et à l'étranger), son enrichissement (création de mots nouveaux), son développement dans les nouvelles technologies et sur l'internet, mais aussi ses relations avec les autres langues.

À l'heure où les échanges économiques ou culturels entre les pays se multiplient et où l'Europe se renforce, il faut garantir la présence du français quand elle est indispensable pour nos concitoyens et nos intérêts nationaux, mais cette politique doit s'accompagner d'une ouverture volontariste sur les autres langues : valorisation des langues régionales, qui font partie de notre patrimoine, apprentissage des langues étrangères, modernisation, développement et diversification des moyens de traduction et d'interprétation.

L'action de la délégation générale à la langue française et aux langues de France

Les missions

Le premier organisme administratif consacré à la langue française fut créé en 1966, et placé auprès du Premier ministre en raison de son caractère interministériel. La délégation générale à la langue française est son héritière depuis 1989.

Rattaché au ministère chargé de la culture depuis 1996, cette structure légère (moins de 30 agents), est un organe de réflexion, de veille, de coordination, d'incitation, et de synthèse pour tous les ministères, établissements publics, associations, professionnels impliqués dans les sujets linguistiques. Elle travaille en particulier en étroite concertation avec le ministère des affaires étrangères, afin d'harmoniser les actions en faveur du français sur le territoire national, en Europe et à l'étranger et de conforter la coopération avec nos partenaires de la francophonie.

C'est un organe :

Les principaux domaines d'intervention

Sur le plan juridique, la DGLFLF coordonne l'application de la loi du 4 août 1994 qui garantit l'emploi du français dans certaines circonstances de la vie quotidienne et professionnelle de nos concitoyens. Elle n'en assure pas le contrôle, confié à plusieurs autres administrations compétentes dans les domaines concernés (ministère chargé de l'économie et des finances pour la protection du consommateur, ministère de l'emploi et de la solidarité pour les droits des salariés, conseil supérieur de l'audiovisuel pour la télévision et les radios...), mais elle fournit une expertise juridique. Elle suit également l'application des instructions données aux agents publics par circulaire pour qu'ils jouent un rôle exemplaire dans l'usage du français ainsi que l'incidence des réglementations européennes et internationales sur l'usage des langues.

Elle intervient dans les deux principaux domaines où se créent des outils pour l'avenir du français : la néologie du français et les nouvelles technologies.

Elle joue un rôle de veille, d'initiative et de synthèse pour les secteurs sensibles où se manifeste une concurrence entre les langues, notamment la vie scientifique et économique, les organismes internationaux. Elle gère par exemple un soutien à l'interprétation simultanée dans les colloques internationaux se déroulant en France. Elle prête une grande attention aux aspects linguistiques de la construction de l'Europe : mise en place du grand marché, circulation des personnes, respect et connaissance réciproque de la diversité culturelle et linguistique des Etats membres. Elle suit particulièrement la situation des langues dans les organisations internationales en liaison avec le Ministère des Affaires étrangères.

Elle conduit et soutient des actions de sensibilisation pour faire prendre conscience à tous des enjeux culturels, économiques et sociaux de la langue française et plus largement de la diversité linguistique. Elle organise ainsi chaque année au moment de la journée internationale de la francophonie (20 mars), " Le français comme on l'aime ", pour sensibiliser un large public aux enjeux de la langue à travers des manifestations variées et attractives se déroulant dans toute la France.

Elle intervient pour promouvoir le plurilinguisme, par exemple dans l'accueil des touristes ou la communication des services publics, elle soutient des initiatives innovantes en matière d'apprentissage des langues étrangères et de traduction.

Enfin, la DGLFLF a été récemment chargée de contribuer à la réflexion sur la valorisation des langues régionales et de mettre en place un observatoire des pratiques linguistiques.

La délégation générale à la langue française et aux langues de France assure le secrétariat de deux organismes qui jouent un rôle essentiel pour la langue française.

Le Conseil supérieur de la langue française

Le Conseil supérieur de la langue française, présidé par le Premier ministre, est un organe de réflexion, de conseil et d'évaluation. Il a pour mission d'étudier dans le cadre des grandes orientations définies par le Président de la République et le Gouvernement, les questions relatives à l'usage, à l'aménagement, à l'enrichissement, à la promotion et à la diffusion de la langue française en France et hors de France et à la politique à l'égard des langues étrangères. Contrairement à la DGLFLF, il n'est pas un service d'administration, mais un organe de consultation qui rassemble des personnalités très diverses qualifiées dans les domaines linguistiques : écrivains, scientifiques, linguistes...Il fait des propositions, recommande des formes d'action et donne son avis sur les questions dont il est saisi par le Premier ministre ou par les ministres chargés de la Culture, de l'éducation nationale et de la Francophonie.

La Commission générale de terminologie et de néologie

Placée auprès du Premier ministre, c'est la clef de voûte du dispositif d'enrichissement de la langue française. Elle coordonne l'ensemble du travail des commissions de terminologie et de néologie et assure la liaison avec l'Académie française ; elle examine les termes en veillant à leur harmonisation et procède à leur publication.

La commission est composée de dix-neuf membres : son président, une personnalité nommée par le Premier ministre pour une durée de quatre ans, cinq membres de droit dont le Secrétaire perpétuel de l'Académie française et treize personnalités qualifiées nommées pour quatre ans par le ministre de la culture et de la communication sur proposition des ministres et autorités désignées par le décret du 3 juillet 1996. La commission générale se réunit une fois par mois. Elle se fait assister par de nombreux experts.

Ses travaux ainsi que le rapport de synthèse qu'elle établit chaque année sur l'action menée par les administrations pour l'enrichissement de la langue française sont diffusés sur le site internet de la DGLFLF.