Nous savions déjà qu'il faut manger
pour vivre et non pas vivre pour manger. Ce qui implique d'avoir
assez à manger pour ne pas mourir de faim - c'est la suffisance
alimentaire, dont est privée une part trop grande
de la population mondiale - mais aussi de ne pas s'empoisonner avec
ce que l'on mange, c'est-à-dire de surveiller l'innocuité
des aliments.
Et là, les risques sont partout. OGM, vaches carnivores,
graisses animales, poissons plombés, pesticides, lisiers
infiltrés, alcools frelatés, préservateurs,
colorants, offrent mille sujets d'angoisse aux consommateurs et
à leurs associations de défense.
Sans compter la goinfrerie, antique péché capital,
curieusement oublié en ce temps où la sécurité
subie prend le pas sur la liberté, et notamment la sécurité
alimentaire.
Nous n'avons plus le choix : nous sommes désormais obligés
de vivre très vieux et de mourir par hasard, l'esprit en
déroute, mais sains de corps.
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