Les organisations internationales sont désormais les lieux où s'élaborent et se prennent les décisions les plus importantes pour les Etats et les peuples et où se fait la régulation de la mondialisation. La préservation de la diversité culturelle et linguistique dans ces instances de concertation et de décision est une condition nécessaire pour leur assurer un fonctionnement fondé sur le respect de la démocratie.
Or, cette diversité est menacée par le risque de monolinguisme qu'entraîne le recul de l'usage du français comme langue de travail dans les institutions internationales depuis plusieurs années.
Dans les organisations du système des Nations Unies, si l'anglais est devenue la langue de travail quasi exclusive, de nombreux Etats et organisations prennent des initiatives pour favoriser la diversité linguistique en leur sein. Cette évolution tend d'ailleurs à relativiser l'avantage dont bénéficie le français par rapport à d'autres grandes langues de communication internationale, en particulier l'espagnol et l'arabe.
La période récente est également marquée par le développement en France, mais aussi chez nos partenaires, en premier lieu l'Allemagne, d'un débat public sur la place des langues dans les institutions de l'Union européenne. Par ailleurs, l'incidence de plus en plus marquée des décisions et des textes communautaires ainsi que de la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes sur la politique linguistique nationale appelle une grande vigilance.
La France a mis en place une série d'actions, notamment en matière de formation, pour préparer le prochain élargissement. Ces actions rejoignent les travaux menés au Parlement européen, qui conduisent à privilégier, dans une Europe élargie, un dispositif d'interprétation comprenant plusieurs langues-pivots, dont le français.
Le Président de la République et le gouvernement font du renforcement de la place du français dans ces organisations internationales, notamment dans l'Union européenne, une priorité de leur action. Cette préoccupation est partagée par la Francophonie multilatérale dont la capacité d'attraction, notamment en Europe centrale et orientale, est une chance pour le français et pour la diversité linguistique en Europe.