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C’est pourquoi par exemple n’en font partie
ni le portugais ni le chinois, pourtant parlés par de nombreux
citoyens français : outre que ces langues ne sont pas menacées,
elles sont régulièrement enseignées dans le système
éducatif comme langues étrangères. L’arménien
occidental langue de France est celui de la diaspora, distinct de l’arménien
oriental, langue officielle de la République d’Arménie,
et l’arabe dialectal est la langue effectivement pratiquée
par de nombreux Français ; il se distingue de l’arabe dit
littéral ou classique, langue officielle des pays arabes, utilisé
aussi dans les médias, mais qui ne repose pas sur un usage populaire
concret.
Ces critères de définition
s’inspirent, en l’adaptant, de la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires : c’est dans le cadre
européen que s’inscrit la politique linguistique de la France.
Les langues qui transcendent les frontières politiques, comme le
basque, le catalan, le flamand ou le francique, disent à la fois
la pluralité interne et l’unité de notre espace culturel
commun : elles ouvrent des portes sur les pays voisins. Sous cet angle,
les langues de France sont à considérer comme des moyens
d’invention culturelle, comme les composantes d’un ensemble
polyphonique où s’expriment librement les univers imaginaires,
intellectuels et affectifs des hommes et femmes de notre pays.
Sur la base de ces critères, on en dénombre
plus de soixante-quinze, en métropole et outre-mer. Une grande
diversité les caractérise. Dans l’Hexagone : langues
romanes, germaniques, celtique, et le basque, non indo-européen.
Ailleurs : créoles, langues amérindiennes, polynésiennes,
bantoue (Mayotte), austronésiennes (Nouvelle Calédonie)…
Diversité démographique aussi : si l’arabe compte
3 ou 4 millions de locuteurs en France, le neku ou l’arhâ
n’en comptent que quelques dizaines. Entre les deux, les différents
créoles, ou le berbère, sont parlés par près
de 2 millions de Français.
Le recensement de 1999 a révélé
que 26 % des adultes vivant en France avaient pratiqué dans leur
enfance une langue autre que le français : l’alsacien (660
000 personnes), l’occitan (610 000), les langues d’oïl
(580 000), le breton (290 000) de manière habituelle, et pour chacune
de ces langues, un nombre au moins égal de locuteurs occasionnels.
La transmission des langues de France n’est cependant presque plus
assurée dans le cadre familial, et dépend aujourd’hui
surtout de leur enseignement et de leur créativité dans
le domaine artistique.
| France
métropolitaine Langues
régionales : alsacien, basque, breton, catalan,
corse, flamand occidental, francique mosellan, francoprovençal,
langues d’oïl (franc-comtois, wallon, champenois,
picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais [dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais], lorrain, bourguignon-morvandiau),
parlers d’oc ou occitan (gascon, languedocien, provençal,
auvergnat, limousin, vivaro-alpin).
Langues non-territoriales : arabe dialectal,
arménien occidental, berbère, judéo-espagnol,
romani, yiddish.
outre-mer
Zone caraïbe :
Créoles à base lexicale française
: guadeloupéen, guyanais, martiniquais
;
Créoles bushinenge de Guyane (à base
lexicale anglo-portugaise) : saramaca, aluku, njuka, paramaca
;
Langues amérindiennes de Guyane : galibi (ou
kalina), wayana, palikur, arawak (ou Iokono), wayampi, émerillon
;
Hmong. Réunion : créole réunionnais (à base lexicale française).
Nouvelle Calédonie : vingt-huit langues
canaques.
Grande terre : nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi,
fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, langue de Voh-Koné,
cèmuhi, paicî, ajië, arhâ, arhö,
ôrôwe, neku, sîchë, tîrî,
xârâcùù, xaragurè, drubéa,
numèè ;
Iles Loyauté : nengone, drehu, iaai, fagauvea.
Polynésie française : tahitien,
marquisien, langue des Tuamotu, langue mangarévienne,
langues des Iles Australes : langue de Ra’ivavae, langue
de Rapa, langue de Ruturu.
Iles Wallis et Futuna : wallisien, futunien.
Mayotte : mahorais, malgache de Mayotte.
La langue des signes française
(LSF)
Utilisée traditionnellement
par des citoyens français, c’est aussi une langue
de France.
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La place des langues de France dans la culture, l’enseignement
et les médias est déterminée par plusieurs
textes législatifs ou règlementaires, et la loi du
4 aout 1994 relative à l’emploi de la langue française
précise : « les dispositions de la présente
loi s’appliquent sans préjudice de la législation
et de la règlementation relatives aux langues régionales
de France et ne s’opposent pas à leur usage »
(article 21).
La création, en octobre
2001, de la Délégation générale à
la langue française et aux langues de France a consacré
la place particulière que l’État reconnait à
ces dernières dans la vie culturelle de la Nation.
Le ministère de la culture et de la communication
soutient et valorise les langues de France à travers ses
multiples champs d’intervention : musique, livre, théâtre,
patrimoine ethnologique, archives, musées, cinéma…
Par ailleurs, les crédits spécifiques à la
Délégation générale privilégient
quelques objectifs :
- aide à l’édition sur et dans les
langues de France ;
- soutien aux secteurs où la langue est un vecteur
de la création, comme le spectacle vivant, la chanson ou
l’audiovisuel ;
- ancrage des langues de France dans la modernité,
à travers les nouvelles techniques de l’information
;
- d’une manière générale,
mise en évidence de l’implication réciproque
de la langue et de la culture dans une société en
mouvement.
Parallèlement à l’encouragement financier qu’elle
apporte aux initiatives des acteurs culturels, la Délégation
générale à la langue française et aux
langues de France mène directement plusieurs actions. L’observatoire
des pratiques linguistiques mis en place en 1999 a pour mission
de donner à connaitre la situation linguistique de la France
à travers les pratiques langagières concrètes
(variétés des usages, contacts entre langues, questions
de transmission et d’acquisition…) Il est donc amené
à expertiser et à soutenir des projets de recherche
qui relèvent de la problématique des langues de France.
La Délégation est également à l’origine
de plusieurs publications, notamment d’un Répertoire
des organismes actifs dans le domaine des langues de France, et
d’ouvrages qui popularisent auprès du grand public
la réalité linguistique nationale, à la fois
riche et méconnue.
En contribuant à une meilleure connaissance
des langues de France, mais aussi à leur développement
créatif, l’action du ministère de la culture
et de la communication illustre et soutient les grands choix de
notre pays en faveur du plurilinguisme et de la diversité
culturelle.
Cartographie:
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