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UNE POLITIQUE POUR LA LANGUE FRANÇAISE ET LE PLURILINGUISME L'ANNEE EUROPEENNE DES LANGUES PRESENTATION GENERALE LES INITIATIVES DU MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION LES ACTIONS EN FAVEUR DU PLURILINGUISME L'APPRENTISSAGE DES LANGUES ETRANGERES LA LOI DU 4 AOUT 1994 RELATIVE A L'EMPLOI DE LA LANGUE FRANCAISE, UN INSTRUMENT AU SERVICE DE LA DIVERSITE CULTURELLE LINGUISTIQUE LA DIVERSITE CULTURELLE ET LINGUISTIQUE LA VALORISATION DES LANGUES DE FRANCE LE FRANCAIS, LANGUE DE LA MODERNITE INTRODUCTION LE FRANCAIS DANS L'UNION EUROPEENNE LANGUES, LANGAGES ET LIEN SOCIAL LE FRANCAIS, UNE LANGUE QUI EVOLUE LE FRANCAIS, LANGUE PARTAGEE LA SEMAINE DE LA LANGUEFRANCAISE ET DE LA FRANCOPHONIE DANS LE MONDE ET L'ANNNEE DES LANGUES LA FRANCOPHONIE EN CHIFFRES LE FRANCAIS ET LE PLURILINGUISME DANS LA SOCIETE DE L'INFORMATION INTRODUCTION QUELQUES CHIFFRES LA SOCIETE DE L'INFORMATION EN FRANCE LA DIMENSION INTERNATIONALE L'ANNÉE EUROPÉENNE DES LANGUES
Une initiative conjointe de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe a établi 2001 année européenne des langues. Les objectifs de l'année Européenne des langues sont doubles. Il s’agit d’une part de sensibiliser la population à la richesse culturelle représentée par la diversité linguistique. L’Union européenne, associée au Conseil de l’Europe, souhaitent encourager d’autre part le multilinguisme ainsi que l’apprentissage des langues tout au long de la vie. L’année européenne des langues recueille et diffuse des informations sur l’enseignement et l’apprentissage des langues. L’année européenne des langues s’adresse au grand public et repose sur quatre constats : 1/ La diversité linguistique est un élément essentiel de l’héritage culturel de l’Europe, elle est capitale pour son avenir. Toutes les langues parlées en Europe y participent. 2/Les compétences linguistiques sont essentielles pour la compréhension mutuelle et l'ouverture d'esprit favorable à l'intégration européenne. 3/ Le développement de l’apprentissage des langues étrangères favorise l’acquisition de compétences linguistiques qui facilitent la mobilité professionnelle et l'accès à l'emploi. 4/ L’apprentissage d’une langue étrangère peut se faire tout au long de la vie. Pour ce qui concerne l’Union Européenne, l'année européenne des langues comportera deux volets principaux. Il s’agit tout d’abord d’une campagne d’information qui célèbre la diversité linguistique de l’Europe et encourage l’apprentissage des langues. Elle se situe dans le contexte de la préparation de l’élargissement de l’Union et part du principe que toutes les langues européennes, modernes, classiques, font partie intégrante de l’héritage et de l’avenir culturels de l’Europe. La Commission européenne (direction générale de l’éducation et de la culture) cofinance d'autre part des projets lancés au niveau national, régional et local, présentés dans le cadre d’un appel d’offres. Le nombre de projets retenus est cependant limité (une quinzaine par pays). Citons quelques initiatives en Europe dans le cadre de l’année européenne des langues : Pendant toute l’année 2001: - une campagne d’informations à l’échelle européenne englobant diverse publications avec le soutien de personnalités connues. - un large éventail d’expositions et de manifestations de portée nationale, régionale et locale. - des concours à l’échelle européenne. Du 18 au 20 février 2001 Manifestation d’ouverture à Lund ( Suède) Mars/ Avril 2001 Publication d’un petit guide contenant des conseils à l’intention des personnes apprenant une langue Du 5 au 11 mai 2001 Semaine européenne pour l‘apprentissage de langues par les adultes Le 26 septembre 2001 Journée européenne des langues En décembre 2001 Manifestation de clôture européenne en Belgique. L’année européenne des langues est l’occasion pour la France de relancer sa politique en faveur du plurilinguisme et de l’apprentissage des langues, de l’enseignement du français dans le monde et de la place de notre langue sur le plan international. Les ministères de l'éducation nationale, de la culture et de la communication, des affaires étrangères, de la jeunesse et des sports, agissent de concert pour favoriser la réalisation d'actions allant dans ce sens. Tout au long de l'année, de nombreuses manifestations sont proposées au public : manifestation nationale pour célébrer la richesse que constitue la diversité linguistique (4 avril), festival de langues lors de la journée européenne des langues et états généraux du plurilinguisme (le 26 septembre), présence à plusieurs salons ( parmi lesquels Expolangues du 31 janvier au 4 février 2001 dont l'année européenne des langues était l'invitée d'honneur). Le ministère de l'éducation nationale a décidé un plan ambitieux de développement de l'enseignement des langues vivantes dès l'école primaire. Le portfolio européen des langues sera introduit dans les établissements scolaires et une plate forme de cybercorrespondance sera mise au service des élèves. Le ministère de la culture et de la communication a pris plusieurs initiatives: - la semaine de la langue française et de la francophonie sera placée sous le signe de l'année européenne des langues. Elle mettra plus particulièrement l'accent cette année sur le plurilinguisme avec l'opération: " Dix mots pour les langues du monde". - la création de points plurilinguisme. Il s'agit de mettre en place des lieux de proximité pour offrir à tous les habitants de notre pays la possibilité d'apprendre des langues par autoformation en utilisant les nouvelles technologies. D’autres projets s’inspirant par exemple de la formule des classes Villette internationales pourraient être montés à l’occasion de l’AEL par d’autres établissements culturels.
Les initiatives du ministère de la culture et de la communication Les points plurilinguisme Le Conseil de l’Europe et de l’Union européenne ont déclaré 2001 Année européenne des langues. L’Union européenne a fait le choix du plurilinguisme. L’Année des langues a pour objectifs de sensibiliser la population à la richesse linguistique et culturelle de l’Europe ainsi que d’encourager le plurilinguisme et l’apprentissage des langues à tout âge de la vie. La France adhère totalement à ces orientations qui constituent un principe majeur de sa politique linguistique. Elle considère qu’il est essentiel pour la construction européenne que les citoyens parlent au moins deux langues vivantes en plus de leur langue maternelle. Les « Points plurilinguisme » dont la délégation générale à la langue française (DGLF) propose la création sont conçus comme des instruments contribuant à la réalisation de ces objectifs. Le ministère de la culture encourage vivement les institutions culturelles à participer à l’année européenne des langues en créant un Point plurilinguisme. Un Point plurilinguisme est un lieu de proximité pour favoriser l’apprentissage des langues. C’est une unité d’apprentissage individuel des langues qui fait appel aux nouvelles technologies, à l’heure où les nouvelles techniques de stockage et de transmission des connaissances donnent un vigoureux développement aux méthodes d’auto-apprentissage, particulièrement dans le domaine des langues. Il peut facilement être installé dans les lieux à vocation culturelle disposant d’équipement informatique. Il est doté de méthodes de langues, quel que soit le support (cédérom, cassette, abonnement en ligne, ainsi que les livres qui les accompagnent), et offre un large choix de méthodes d’apprentissage, quel que soit le niveau de l’apprenant, pour les langues étrangères, les langues de France, et, dans tous les cas, pour le français langue étrangère, l’expérience de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou (BPI) montre en effet que c’est ce secteur qui fait l’objet de la plus forte demande.
Pour créer un Point plurilinguisme, transmettez à la direction régionale des affaires culturelles un dossie précisant : - le contenu de votre projet ; - les langues concernées, et les méthodes d’apprentissage mises à disposition ; - le régime juridique de cette mise à disposition ;- les équipements informatiques disponibles ; - l’implantation, et les conditions d’accès au Point plurilinguisme. Le dossier sera transmis par le directeur régional des affaires culturelles, avec son avis, à la délégation générale à la langue française. Celle-ci le soumettra au comité national français pour l’année des langues qui décerne les labels.
La BPI a bien voulu s’associer à la création de Points plurilinguisme et a réalisé un recueil de fiches pratiques : « des fiches pour des langues », destiné à en faciliter la mise en place et le développement. Ce jeu de fiches, qui traite des aspects techniques, juridiques et financiers de l’opération, sera mis à la disposition des demandeurs par la DGLF. Il est accessible en ligne sur les sites respectifs de la DGLF - http://www.dglf.culture.gouv.fr - et de la BPI - http://www.bpi.fr. Par ailleurs, en s’appuyant sur son expérience en matière d’auto-apprentissage, la BPI est disposée à assurer une fonction de conseil méthodologique. Les Points plurilinguisme créés en 2001 bénéficieront du label de l’Année européenne des langues. Ce label leur permettra d’utiliser le logo de l’Année européenne des langues et son slogan, des objets promotionnels pourront être mis à leur disposition. Il leur permettra également de figurer sur la liste des opérations réalisées au titre de la manifestation et d’être inclus dans les campagnes de communication qui seront réalisées au cours de cette année. À travers ces campagnes de promotion, des informations sur la création des Points plurilinguisme les plus originaux seront diffusées, aussi bien en France qu’à l’échelon européen. La création des Points plurilinguisme devra faire l’objet d’une opération de lancement dont la DRAC et la DGLF devront être informées, destinée à rendre aisément visible l’existence de l’unité d’apprentissage dans le lieu où elle sera installée (affichage du logo « Année européenne des langues ») et faire connaître sa création à l’extérieur. Pour donner plus de visibilité à la création des Points plurilinguisme, il est suggéré d’inscrire leur lancement dans le cadre des moments forts de l’Année européenne des langues (AEL) : - Salon Expolangues à Paris (30 janvier - 4 février 2001), dont l’AEL est l’invité d’honneur ; -Lancement officiel de l’AEL en Suède (État assurant la présidence de l’Union européenne), 19-20 février ; - Semaine « Le français comme on l’aime », avec l’opération « Dix mots pour les langues du monde » (17-23 mars) ; - Manifestation nationale française (4 avril) ; - Semaine européenne pour l’apprentissage des langues par les adultes (5-11 mai) ; - Journée européenne des langues (26 septembre). L’opération Points plurilinguisme, lancée à l’occasion de l’Année européenne des langues en 2001, a vocation à perdurer. Elle a pour objectif, à plus long terme, d’offrir sur l’ensemble du territoire un réseau d’outils efficaces de proximité pour favoriser l’apprentissage des langues à tout âge de la vie. Dans cette optique, et dans un premier temps, un annuaire des Points plurilinguisme sera réalisé par la DGLF avant la fin de l’année et un échange d’expériences entre les participants sera favorisé. Des séances de formation pourront être organisées si le besoin s’en fait sentir. En outre, afin de dresser un premier bilan de l’expérience, la DGLF souhaiterait recueillir à la fin de l’année toute information sur l’activité des Points plurilinguisme en termes de fréquentation, globalement et langue par langue, et connaître le point de vue des utilisateurs et des organisateurs sur ce nouveau service.
Les Classes culture internationales L’Europe est riche de sa diversité linguistique et culturelle, et une meilleure connaissance des langues et des cultures en son sein concourt à son unité. L’Année européenne des langues 2001 constitue une bonne occasion de permettre à de jeunes européens d’être initiés aux richesses patrimoniales et artistiques de notre pays et d’exercer en immersion leur pratique de la langue française en l’enrichissant de vocabulaires spécifiques. A partir de l’exemple des « Classes Villette internationales », proposées par la Cité des sciences et de l’industrie, il a paru judicieux d’étendre et d’adapter le dispositif à d’autres secteurs de la culture, sous l’appellation « Classes Culture internationales ». L’objectif est donc d’inciter les établissements culturels à proposer des projets de « Classes Culture internationales » pour l’accueil de jeunes étrangers, centrés sur un ou plusieurs secteurs de l’activité culturelle ou de regrouper sous cette appellation des pratiques existantes dans les domaines du patrimoine, du livre, des musées, des théâtres, des archives, des arts plastiques, du cinéma, de la musique, de la danse... Un certain nombre d’établissements culturels ont déjà répondu à cet appel. A partir des offres de « Classes Culture internationales » reçues, la délégation générale à la langue française établira un document de synthèse qui sera ensuite diffusé auprès des services culturels des ambassades de France en Europe, chargés de recueillir les candidatures des établissements scolaires intéressés. LES ACTIONS EN FAVEUR DU PLURILINGUISMEL'année européenne des langues en 2001 constitue une bonne occasion de relancer et développer les actions en faveur du plurilinguisme. L'apprentissage des langues dans le système scolaire fait l'objet d'un programme très ambitieux de la maternelle à l'université. Cette action est renforcée par de nombreuses initiatives françaises et européennes de "l'éveil aux langues" à " l'apprentissage tout au long de la vie". La place grandissante des technologies de l'information et de la communication dans le monde doit favoriser la variété des langues en présence sur les sites de l'internet et sur les autres supports. La richesse des contenus proposés doit encore consolider cette présence plurielle . La loi relative à l'emploi de la langue française impose l'usage du français dans l'offre commerciale sans jamais exclure les autres langues et contient des dispositions pour favoriser le plurilinguisme par les pouvoirs publics. Enfin, le patrimoine vivant que constituent les langues de France doit être préservé et enrichi. L’apprentissage des langues étrangères L’ouverture des frontières et la mondialisation des échanges, comme les progrès de l’intégration européenne, font de la connaissance des langues un enjeu essentiel, professionnel et culturel, pour le citoyen de demain. Le ministère de l’éducation nationale poursuit donc ses efforts pour accroître à la fois l’efficacité de l’apprentissage des langues, en cours de généralisation à l’école primaire, et la diversification de l’offre de langues dans l’ensemble du système éducatif. Le Président de la République a exprimé à plusieurs reprises le souhait de voir se développer en France et dans l’Union européenne l'apprentissage, en sus de la langue maternelle, de deux autres langues, plaçant ainsi la question de la pratique des langues en France dans la perspective d’une éducation plurilingue de plus en plus affirmée. Comme il l’a rappelé au sommet de Moncton : « le plurilinguisme n’offre pas seulement une chance de dialogue et donc d’enrichissement. Il est aussi un précieux atout, une nécessité même, pour réussir dans un monde où triomphent les échanges ». Le renforcement de l’apprentissage des langues vivantes dès l’école primaire Dans le cadre d’un plan global d’amélioration des compétences linguistiques des élèves, des décisions importantes ont été annoncées en juin 2000 par le ministre de l’éducation nationale : - Les langues vivantes deviennent une discipline à part entière de l’école primaire, les programmes préciseront les objectifs, contenus et volume horaire de cet enseignement. - Un plan de généralisation sur cinq ans est mis en œuvre dès la rentrée 2000 du CM2 à la grande section de maternelle : CM2 à la rentrée 2000, CM1 à la rentrée 2001, CE2 à la rentrée 2002 et ainsi de suite. - La langue commencée à l’école primaire est poursuivie au collège. - La diversification des langues est entreprise dès l’école primaire. - Un effort important de formation linguistique et pédagogique est demandé tant pour la formation initiale que pour la formation continue pour tous les maîtres du premier degré. De nouvelles décisions sont venues compléter ces mesures : - L'évaluation des compétences en langues des élèves à la sortie de l’école élémentaire. La généralisation de l’enseignement des langues vivantes dans l’ensemble du cycle 3 (du CE2 au CM2). La formation initiale de tous les maîtres du 1er degré et la formation approfondie en langues pour certains stagiaires de l’IUFM viendront soutenir ce dispositif, renforcé par l’augmentation des crédits pour les vacations des intervenants extérieurs et l’augmentation du nombre de postes d’assistants de langue ( 1850 postes à la rentré 2001). Enfin, pour assurer le diversification des langues enseignées, il sera procédé à l’établissement d’un état des lieux réguliers et à la création d’une carte des langues par bassin de formation en relation avec les collectivités locales et territoriales. L’extension de l’enseignement bilingue est également prévu dans les zones appropriées ainsi que la création de classes linguistiques, sur le modèle des classes découverte ou patrimoine. A moyen terme, tous les élèves des classes du primaire devront bénéficier d’un enseignement de langue vivante leur permettant de se préparer à leur future vie de citoyen européen. Afin que soit assurée une véritable continuité avec l’enseignement dispensé au collège, les parents d’élèves de cours moyen peuvent choisir la langue vivante étudiée par leur enfant parmi celles offertes en sixième dans le collège de leur secteur. Cette mesure de rationalisation a cependant pour conséquence d’établir dès l’école la suprématie de l’anglais au détriment de la diversité linguistique. Les langues étudiées au collège et au lycée : l’anglais et l’espagnol prédominent En 1999-2000, l’anglais est largement prépondérant dans le secteur public. Dans l’enseignement professionnel, la prépondérance de l’anglais est encore plus marquée. Les effectifs en allemand diminuent lentement mais régulièrement au profit de l’espagnol. La LV3 a vu ses effectifs diminuer à l’ouverture de l’option LV renforcée. L’italien reste la LV3 la plus choisie avec 39% des élèves. Il existe, par ailleurs, plusieurs types d’enseignement à caractère international ou bilingue : les sections internationales, les sections européennes, les sections à enseignement de LV1 renforcée, notamment dans les régions frontalières. Le développement de cet enseignement, en particulier à travers l’essor des sections européennes, favorise chez les jeunes l’acquisition d’excellentes compétences linguistiques et une ouverture d’esprit favorables à l’intégration européenne ainsi qu’à l’emploi et à la mobilité professionnelle. Dans les sections européennes, un programme d’échanges et d’activités pédagogiques offre aux élèves une bonne connaissance de la culture et de la langue des pays concernés. Enfin, sur la base d’accords bilatéraux, les élèves d’origine algérienne, espagnole, italienne, marocaine, portugaise, tunisienne, turque, souhaitant conserver des liens avec leur langue et leur culture peuvent suivre des cours d’enseignement des langues et cultures d’origine (ELCO). En 1999-2000, l’ELCO a concerné près de 80 000 élèves. Enseignement supérieur : l’enseignement d’une langue étrangère est étendu à toutes les disciplines. Le ministère de l’éducation nationale poursuit ses efforts pour favoriser la pratique des langues étrangères par les étudiants de toutes les disciplines dans les établissements d'enseignement supérieur. Pour les étudiants relevant d’autres disciplines que les langues vivantes, la réforme des DEUG décidée en 1993 a prévu que « dans les deux cycles, la formation comporte la pratique d’au moins d’une langue vivante étrangère ». Une enquête réalisée en 1997 par la direction de l’évaluation et de la prospective du ministère de l’éducation, de la recherche et de la technologie, montre que 76% des étudiants de DEUG non spécialistes des langues étrangères bénéficient d’un enseignement de langues, contre 73.55% en 1993. La répartition des langues pratiquées montre une nette prédominance de l’anglais (78.69%) devant l’espagnol (9.52%), l’allemand (6.46%) et l’italien (2.35%), l’ensemble des autres langues ne représentant que 2.98%. Le ministre a également défini une ambition plus forte : à terme, tout diplômé de l’enseignement supérieur français devra maîtriser deux langues vivantes étrangères. Des centres de langue, créés dans plusieurs villes universitaires (Bordeaux, Strasbourg, Grenoble) proposent leurs services à plusieurs universités du même site, et permettent de répondre à des besoins d’apprentissage diversifiés, notamment l’auto-apprentissage guidé. Il y a là, en effet, un enjeu majeur pour les étudiants et les universités dans le contexte de la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur et à l’heure où tous les étudiants doivent être préparés aux échanges mondiaux et à de futures mobilités. Les initiatives européennes Au cours de la présidence de l’Union européenne du 2ème semestre 2000, la France a réaffirmé sa politique en faveur du plurilinguisme et de l’apprentissage d’au moins deux langues vivantes en plus de la langue maternelle. Ces orientations ont été confirmées par la Commission qui s’est fixé comme objectif d’aider les citoyens de l’Union européenne à maîtriser trois langues européennes. Ainsi, le programme européen SOCRATES permet, dans le cadre de l’action LINGUA, la recherche d’innovations dans le domaine de l’apprentissage des langues. A titre d’exemple, le projet EuRom 4, mené par les universités de Provence, de Lisbonne, Rome et Salamanque, a abouti à l’édition d’une méthode d’apprentissage simultané des langues romanes. Une autre méthode, Galatea, sera également disponible tout prochainement. Des initiatives visent également à promouvoir « l’éveil aux langues » à l’école primaire, pour développer chez les enfants des attitudes positives à l’égard de la diversité linguistique et les préparer à l’apprentissage de plusieurs langues. Dans le cadre de 2001, Année européenne des langues, de nombreuses actions sont programmées, parmi lesquelles la manifestation nationale pour célébrer la richesse que constitue la diversité linguistique (4 avril) ou des festivals de langues lors de la journée européenne des langues (26 septembre). Pour sa part, le ministère de la culture a mis tout particulièrement l’accent sur le plurilinguisme avec l’opération Dix mots pour les langues du monde lancée au cours de la semaine de la langue française et de la francophonie « le français comme on l’aime» et de nature à susciter des actions tout au long de l’année dans le cadre européen. En outre, le ministère encourage la création de Points plurilinguisme sur l’ensemble du territoire. Il s’agit de mettre en place des lieux de proximité pour offrir à chacun la possibilité d’apprendre des langues par autoformation en utilisant les nouvelles technologies. Ces points doivent offrir un large choix de langues, pour tous les niveaux de formation, langues étrangères, langues régionales dans les régions concernées et dans tous les cas le français langue étrangère. Le Conseil de l’Europe a pour sa part élaboré un cadre européen commun de référence pour l’apprentissage et l’enseignement des langues et un projet dénommé Potfolio européen des langues. Outil de travail qui permet de rapporter, d’une manière positive, les qualifications et les expériences d’apprentissage en langues étrangères des apprenants, le Portfolio contribue à encourager le plurilinguisme et le développement interculturel dès le plus jeune âge. Le ministre de l’éducation nationale a annoncé l’introduction du Portfolio dans le primaire en janvier 2001. En marge de l’année européenne des langues, le Conseil de l’Europe continue également de promouvoir un cadre européen commun de référence pour l’évaluation des niveaux de compétence linguistique et le développement de méthodes d’enseignement (s’agissant de la langue française, un comité scientifique a été chargé de concevoir les tests de niveaux de compétence). La loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, un instrument au service de la diversité culturelle et linguistique La mondialisation, la construction européenne, les nouvelles technologies de l’information mettent en évidence des enjeux nouveaux pour la diversité culturelle et linguistique. La loi du 4 août 1994 à laquelle nos concitoyens sont particulièrement attachés est un bon instrument pour accompagner ces évolutions. Elle garantit la présence du français, sans exclure d’autres langues, dans de nombreux domaines tout en favorisant le développement du plurilinguisme. Le rôle d’un dispositif linguistique en France Pour notre pays comme pour beaucoup de nos partenaires, une articulation et un équilibre doivent être trouvés entre l’internationalisation croissante des économies, la liberté des échanges, l’élaboration de règles définies de plus en plus au niveau européen et la protection des consommateurs, des usagers, des salariés qui consiste en particulier à pouvoir disposer dans sa langue d’informations essentielles à l’exercice de la citoyenneté. A ce titre, l’emploi du français doit pouvoir être imposé dans un certain nombre de domaines et de circonstances où son absence serait pénalisante pour nos concitoyens. Il est également important que le français demeure une langue de diffusion des connaissances, en particulier scientifiques, et qu’il soit présent sur les nouveaux réseaux de l’information et de la communication. Pour réaliser ces objectifs, le gouvernement s’appuie sur la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française et ses textes d’application, qui constituent un instrument utile et efficace pour assurer la présence du français dans différents domaines où le seul jeu des lois du marché risquerait de le faire reculer. La délégation générale à la langue française coordonne l’application de ce texte. L’information des consommateurs La loi du 4 août 1994 rend obligatoire l’emploi du français dans « la désignation, l’offre, la présentation, le mode d’emploi ou d’utilisation, la description de l’étendue et des conditions de garantie d’un bien, d’un produit ou d’un service, ainsi que dans les factures et quittances ». Ces dispositions sont bien appliquées, grâce à l’action, au ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, des services de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (D.G.C.C.R.F.) et de la direction générale des douanes et des droits indirects (D.G.D.D.I.) ainsi qu’à la vigilance des associations agréées de défense et de promotion de la langue française. L’activité de la D.G.C.C.R.F., en particulier, est très importante et s’est accrue en 1999 : ses services ont effectué 9 573 interventions, contre 7 824 en 1998. Le nombre et la proportion des infractions est, en revanche, en diminution constante et, en 1999, celles-ci ne représentaient plus que 11% du total des interventions. Cette évolution témoigne d’une meilleure prise en compte des obligations de la loi par les professionnels. Cependant, les interactions de plus en plus fortes entre les dispositions de la loi concernant la protection du consommateur, la jurisprudence de la Cour de justice des communautés européennes sur l’utilisation des langues nationales pour informer ce dernier et les articles du Traité de l’Union sur la libre circulation des marchandises appellent une grande vigilance, afin de préserver les résultats satisfaisants enregistrés jusqu'à présent. La protection des salariés La loi du 4 août 1994 contient également des dispositions qui permettent aux salariés de disposer d’une information dans leur langue en rendant obligatoire l’usage du français dans les contrats de travail, le règlement intérieur, les conventions et accords collectifs de travail et dans tout document comportant des obligations nécessaires à l’exécution du travail. De manière analogue au volet concernant l’information du consommateur, l’application de ces dispositions est adossée à un système de contrôle confié par la loi aux services du ministère de l’emploi et de la solidarité et principalement à l’inspection du travail. Le caractère très exceptionnel des contentieux indique que la loi est correctement appliquée dans ce secteur. Les salariés y sont particulièrement attachés, car ce texte vise à protéger leur sécurité, leur santé et contribue à favoriser le dialogue social. Néanmoins, sur un plan général, il apparaît que de plus en plus de grandes sociétés françaises ou ayant un établissement en France font de l’anglais leur langue de travail, dans leurs relations commerciales avec leurs clients ou fournisseurs étrangers, mais aussi dans leur fonctionnent interne. La dimension culturelle de ce choix linguistique est rarement prise en compte, ce qui risque de susciter des dysfonctionnements dans l’entreprise mais aussi une démotivation des salariés. Il convient donc de renforcer la sensibilisation des acteurs économiques aux enjeux linguistiques. La diffusion des connaissances scientifiques Le français connaît, depuis plusieurs années, un recul préoccupant dans le domaine scientifique lié à l’internationalisation de la recherche. La loi du 4 août 1994 contient plusieurs dispositions visant à limiter l’utilisation exclusive de l’anglais tant dans les colloques que dans les publications scientifiques. Pour renforcer la présence du français dans ces secteurs, la délégation générale à la langue française apporte son aide, d’une part, à la création, au développement ou à la restructuration de revues scientifiques de synthèse en langue française ou plurilingues, d’autre part, à la mise en place d’une interprétation simultanée dans les colloques internationaux se déroulant en France. Ces soutiens contribuent à maintenir l’expression d’une pensée scientifique en français, même si, en ce qui concerne les colloques, ils bénéficient surtout aux sciences humaines et concernent dans une proportion encore insuffisante des secteurs tels que la médecine, l’industrie, l’informatique et les télécommunications. Le plurilinguisme : un objectif pour la France et ses partenaires européens Dans les différents domaines évoqués ci-dessus, la présence du français n’exclut pas, bien entendu, celle d’autres langues. Le gouvernement fait de la promotion du plurilinguisme une priorité de son action. La maîtrise de plusieurs langues contribue à faciliter l’insertion professionnelle et la diffusion plurilingue des contenus favorise le développement des échanges, en témoignant du respect des langues et des cultures. La loi du 4 août 1994 fait de l’apprentissage de deux langues étrangères un des objectifs fondamentaux de l’enseignement et confère aux services publics un rôle moteur pour la promotion du plurilinguisme. Ainsi, les inscriptions et annonces apposées ou faites par des personnes publiques, lorsqu’elles sont accompagnées de versions en langue étrangère, doivent prévoir au moins deux langues de traduction. De nombreux services ou entreprises publics en prise directe avec les usagers ont compris l’intérêt qu’ils pouvaient tirer de ces dispositions pour leur communication, par exemple, dans le secteur des transports, la R.A.T.P., la S.N.C.F. et Aéroports de Paris. Les enjeux linguistiques liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication appellent une grande attention de la part du gouvernement, comme le souligne la circulaire du Premier ministre du 7 octobre 1999 Ce texte prévoit que les traductions en langues étrangères sur les sites de l’internet des services et des établissements publics de l’Etat doivent se faire dans au moins deux langues, notamment « pour permettre l’accès à des publics non francophones à l’information administrative et pour faire connaître les politiques publiques menées dans notre pays ». En dépit de progrès importants, la traduction en plusieurs langues n’est pas généralisée sur l’ensemble des sites de l’internet publics, en raison notamment des faibles moyens dont disposent la plupart des ministères pour cette activité. Des initiatives au niveau interministériel sont prévues pour améliorer cette situation. Le promotion du plurilinguisme est un objectif partagé par les partenaires européens de la France. Ainsi, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont conjointement pris l’initiative d’établir 2001 Année européenne des langues afin de sensibiliser la population à la richesse de la diversité linguistique au sein de l’Union européenne et d’encourager un apprentissage diversifié des langues tout au long de la vie. Cette opération est l’occasion pour la France de réaffirmer sa politique en faveur du plurilinguisme, notamment l’apprentissage d’au moins deux langues vivantes en plus de la langue maternelle, qui constitue un des objectifs essentiels de la loi du 4 août 1994. La valorisation des langues de France La France est un pays dont le patrimoine linguistique est particulièrement riche et varié. On entend par langues de France les langues autres que le français qui sont parlées sur le territoire de la République. A côté du français, dont le caractère officiel est inscrit depuis 1992 dans la Constitution, les langues de France contribuent à la créativité et au rayonnement culturel de notre pays. Qu’on les désigne comme « régionales » ou « non-territoriales », elles font partie du patrimoine culturel national. Le rapport établi par Bernard Cerquiglini en 1999, disponible sur le site www.dglf.culture.gouv.fr en dénombre soixante-quinze : France métropolitaine : - basque - breton - catalan - corse - dialectes allemands d’Alsace et de Moselle
- francoprovençal - langues d’oïl (franc-comtois, wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais, bourguignon-morvandiau, lorrain) - occitan (gascon, languedocien, provençal, auvergnat-limousin, alpin-dauphinois) ; - arabe dialectal - arménien occidental - berbère - romani - yiddish ; Départements d’Outre-mer : - créoles à base lexicale française : guadeloupéen, guyanais, martiniquais, réunionnais ; - créoles bushinenge de Guyane (à base lexicale anglo-portugaise) : saramaca, aluku, njuka, paramaca ; - langues amérindiennes de Guyane : galibi (ou kalina), wayana, palikur, arawak (ou lokono), wayampi, émerillon ; - hmong ; Territoires d’Outre-mer : Nouvelle Calédonie - 28 langues canaques : Grande Terre : nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, dialectes de la région de Voh-Koné, cèmuhi, paicî, ajië, arhâ, arhö, ôrôwe, neku, sîchë, tîrî, xârâcùù, xaragurè, drubéa, numèè ; Iles Loyauté : nengone, drehu, iaai, fagauvea ; Territoires français de polynésie : Tahitien, marquisien, langue des Tuamotu, langue mangarévienne, langue de Ruturu (Iles Australes), langue de Ra’ivavae (Iles Australes), langue de Rapa (Iles Australes), wallisien, futunien. Collectivité territoriale de Mayotte : shimaoré, shibushi. La place des langues régionales dans la culture, l’enseignement et les médias est déterminée par plusieurs textes législatifs ou règlementaires : loi Deixonne du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement, loi du 1er août 2000 relative à la liberté de communication, cahiers des charges des radios et télévisions qui ont des misssions de service public, loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, dont les dispositions « s’appliquent sans préjudice de la législation et de la règlementation relatives aux langues régionales de France et ne s’opposent pas à leur usage », etc. Le Premier Ministre a souhaité en 1999 que les langues de France entrent dans les missions de la délégation générale à la langue française, et affirmé à plusieurs reprises qu’une attention particulière devait leur être portée pour leur assurer toute leur place dans la vie culturelle de la Nation. Le ministère de la culture et de la communication soutient depuis longtemps des actions de valorisation des langues de France à travers ses multiples champs d’intervention : patrimoine ethnologique, musique, livre, théâtre, archives, musées, cinéma... A partir de 2000, cette orientation est renforcée par l’inscription de crédits spécifiques au budget de la Délégation. Ces mesures nouvelles, dont le montant est pour l’essentiel déconcentré auprès des directions régionales des affaires culturelles, privilégient quelques objectifs : sauvegarde et valorisation du patrimoine linguistique oral ou écrit, aide à l’édition sur et dans les langues régionales et minoritaires, observation des pratiques linguistiques, soutien aux secteurs où la langue est un vecteur de la création, comme le spectacle vivant, la chanson ou l’audiovisuel. Parallèlement à l’encouragement financier qu’elle apporte aux initiatives des acteurs culturels, la DGLF mène directement plusieurs actions. L’observatoire des pratiques linguistiques mis en place en 1999 a pour mission d’étudier, en France, les formes et les effets du contact entre langues pour contribuer à leur prise en compte dans l’élaboration de politiques sociales, éducatives et culturelles. Il est donc amené à expertiser et soutenir des projets de recherche qui relèvent de la problématique des langues de France. La délégation a également lancé plusieurs opérations, notamment la réalisation d’un répertoire des organismes actifs dans le domaine des langues de France, et l’édition de fiches de présentation des 75 langues de France (à paraitre en 2001), pour populariser auprès du grand public la réalité linguistique nationale, à la fois riche et méconnue. Une mention particulière doit être faite de la Librairie des langues de France, programme d’aide à l’édition en langues régionales. En collaboration avec le Centre national du livre, ce programme consiste à attribuer aux bibliothèques des crédits d’achat d’ouvrages dans ou sur les langues de France, et à soutenir auprès des éditeurs la publication, la réédition ou la traduction de « lacunes éditoriales », ouvrages importants mais indisponibles sur le marché. Des soutiens sont proposées aux éditeurs pour les inciter à publier. Depuis de nombreuses années, le centre de documentation de la DGLF rassemble un riche matériau relatif aux langues de France dans leur évolution historique, juridique et politique. Presse, livres et revues sont consultables sur rendez-vous au 01 40 15 36 87. Le site de l’internet de la DGLF www.dglf.culture.gouv.fr offre aussi de nombreuses informations sur ce sujet. En contribuant à une meilleure connaissance des langues de France, mais aussi à leur développement créatif, l’action du ministère de la culture et de la communication illustre et soutient les grands choix de notre pays en faveur du plurilinguisme et de la diversité culturelle. LE FRANÇAIS, LANGUE DE LA MODERNITÉ
La maîtrise du français est un des facteurs essentiels de l'unité nationale, de la cohésion sociale, de l'égalité des chances. Son insuffisance freine l'épanouissement personnel et la réussite professionnelle, à une époque où les compétences en lecture et en rédaction, nécessaires au traitement de l'information sont, dans tous les secteurs d'activité de plus en plus indispensables. L'enseignement, la lutte contre l'illétrisme et l'exclusion visent à permettre à tous de maîtriser le français pour s'épanouir et s'insérer dans la société, accéder à un emploi comme à la culture, être pleinement des citoyens. Par ailleurs, le gouvernement a marqué sa volonté de faciliter l'accès aux langues régionales et valoriser leur emploi de manière générale. Cette volonté de respect des cultures, ce souci de préserver ces diversités constituent clairement un vecteur de modernité. La langue française sait d'ailleurs s'enrichir de mots nouveaux. La Commission générale de terminologie et de néologie contribue à l'enrichissement de la langue française permettant au français de suivre le rythme des réalités modernes et des nouvelles technologies. 2001, Année européenne des langues, célèbre la diversité culturelle et linguistique et résulte d'une volonté politique de sensibiliser tous ceux qui vivent en Europe à l'importance du plurilinguisme et de l'apprentissage tout au long de la vie. C'est un moment privilégié pour célébrer la diversité linguistique et apprécier la place du français et de la francophonie parmi les autres langues du monde. Le français dans l’Union européenne Le renforcement de la diversité linguistique au sein de l’Union européenne est une priorité de l’action gouvernementale. La présidence du Conseil de l’Union au second semestre de l’an 2000 a été l’occasion pour la France d’accroître l’effort accompli pour renforcer la place de notre langue dans les institutions communautaires, en particulier dans le domaine de la formation. La plupart des opérations conduites à cette fin se sont inscrites dans la perspective de l’élargissement de l’Union aux pays d’Europe centrale et orientale (PECO), qui constitue un enjeu déterminant pour notre langue. En effet, si notre langue est très présente dans la vie des institutions communautaires, par exemple au Parlement européen, au Comité des représentants permanents ou dans les réunions officielles du Conseil, plusieurs indicateurs montrent un recul du français comme langue de conception et de travail, particulièrement sensible depuis les adhésions des pays du Nord en 1995. Ainsi, alors que le français était la langue la plus utilisée ou utilisée à égalité avec l’anglais dans la plupart des services de la Commission, il est désormais devancé par l’anglais comme langue de rédaction d’origine des documents et les délais de traduction en français ont tendance à s’allonger dans certains secteurs producteurs de réglementation. Par ailleurs, la préparation de l’élargissement aux PECO s’effectue essentiellement en anglais, la Commission comme la majorité des pays candidats recourant de manière préférentielle à cette langue. Afin d’inverser cette tendance, la France, qui considère que la place du français dans l’Union européenne est une priorité, a mis en place de nombreuses actions de formation linguistique. La Communauté Wallonie-Bruxelles et l’Agence de la Francophonie se sont jointes à ces actions. Des actions de formation destinées aux fonctionnaires des institutions européennes, des États membres de l’Union et des pays candidats à l’adhésion sont organisées depuis plusieurs années par le ministère des affaires étrangères. En 1999, la Communauté Wallonie-Bruxelles, le Luxembourg, rejoints en 2000 par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, ont participé à la mise en place de ces formations. En complément de ces actions, la francophonie multilatérale, en liaison avec le ministère des affaires étrangères et la Communauté Wallonie-Bruxelles, conduit un programme de formation de jeunes cadres issus de pays francophones à la fonction publique internationale dont un volet est spécifiquement destiné à des fonctionnaires des pays futurs adhérents. Sous l’impulsion conjointe du secrétariat général du comité interministériel pour les questions de coopération économique européenne (S.G.C.I.), du ministère des affaires étrangères et du ministère de la culture et de la communication (D.G.L.F.), plusieurs opérations innovantes ont été conduites à l’occasion de la présidence française, qui ont notamment pour objectif de préparer la place du français dans une Union élargie aux PECO, afin que notre langue puisse être une langue-pivot pour l’interprétation et la traduction vers et à partir des langues de ces pays. Parmi ces opérations, on peut retenir : - un plan de formation à destination des filières d’interprétation des pays candidats. Ce plan, lancé à l’initiative du service commun interprétation-conférences de la Commission et du Conseil, regroupe également les autorités de la Communauté Wallonie-Bruxelles, l’Agence intergouvernementale de la francophonie et plusieurs établissements supérieurs d’enseignement de l’interprétation de conférence françaises et belges ; - une action de formation aux langues des pays futurs adhérents pour les traducteurs francophones du service de traduction de la Commission. Baptisée « Bourses Balzac », cette opération, lancée en 1999 avec succès, a été reconduite en 2000 et a permis à dix-sept traducteurs de suivre une formation dans cinq PECO (Hongrie, Pologne, République tchèque, Estonie, Slovénie), auxquels s’ajoute la Finlande ; - plusieurs initiatives témoignant de l’engagement concret de la France en faveur du plurilinguisme dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication, par exemple la traduction en trois langues (anglais, allemand, espagnol) des informations en français du site de l’internet de la présidence française et la mise en place d’un moteur de traduction automatique sur le site du ministère de la culture et de la communication consacré à la présidence. De son côté, la D.G.L.F. a mis à la disposition des internautes une grammaire interactive du français sur son site. Langues, langages et lien social La langue joue un rôle fondamental, sur le plan individuel et collectif, dans l'existence et le renforcement du lien social dont elle est l'un des garants, dans une société où la diversité des situations et des pratiques culturelles est devenue la règle. Dès le plus jeune âge et à toutes les étapes de la formation puis aux différents moments de la vie citoyenne, aussi bien au sein de la cellule familiale entre les générations que des groupes sociaux et dans toutes les situations, personnelles, professionnelles, sociales ou culturelles, la langue qu’elle soit parlée, lue ou écrite, répond à de multiples fonctions de communication. Il est clair que peuvent s ‘épanouir des langages qui, loin de favoriser la communication, érigent des barrières, enferment des groupes dans des refuges identitaires ou professionnels divers et augmentent la précarité de ceux qui se trouvent confrontés à un état d’insécurité linguistique, qui lui-même peut être générateur de violences sociales. En outre, au début du XXIème siècle, la place croissante prise par la connaissance dans la vie économique comme les nouveaux moyens d'accès à l'information sont de nature à créer de nouveaux risques d’exclusion s’ils ne s’accompagnent pas d’une maîtrise satisfaisante des langues et des langages. Mais, la langue française demeure le ciment de la République dans une nation naturellement et culturellement plurielle, et constitue l'outil qui favorise la complète intégration de tous. Et la maîtrise du français sous toutes ses formes est un élément clef pour permettre à chacun de s’exprimer, de se défendre mais aussi de se mettre à l'écoute de l'autre et au plus grand nombre d’accéder à la vie sociale et à la vie culturelle. C’est pourquoi cette maîtrise est de plus en plus prise en compte dans les politiques publiques, en faveur de la formation générale et professionnelle, de la lutte contre l'illettrisme, de l'insertion des personnes en difficulté, de la bonne intégration des immigrants et de leurs familles dans le respect des différences de chaque culture, enfin en faveur de l'émergence d'une véritable démocratie culturelle. En particulier, le système scolaire, qui doit accueillir dans les classes une population plus nombreuse et diversifiée qu'autrefois, se trouve directement concerné. Les enjeux de la langue sont au coeur des instructions et des nouveaux programmes : les apprentissages fondamentaux, et notamment celui de la langue et des langages (oral et écrit en français mais aussi dans les autres langues et la maîtrise de l'image) sont un objectif prioritaire de l'école. La formation initiale et continue des enseignants pour améliorer les méthodes de transmission des savoirs fait partie de ce dispositif et toutes les disciplines sont sollicitées pour l'atteindre. Cette importance reconnue à la maîtrise du français conduit à l'inscrire, au-delà du système scolaire, dans les dispositifs d'insertion et dans le monde professionnel : -Le fonds d’action social pour les travailleurs immigrés et leurs familles consacre une part importante de ses crédits destinés à la formation et l’insertion des immigrés au financement d’actions visant l’apprentissage de la langue française. - Depuis l'automne 1998, dans le cadre de la loi réformant le service militaire, des tests sont effectués sur la maîtrise de la lecture par les jeunes lors de la journée d'appel de préparation à la défense. Aux jeunes en situation d'illettrisme sont maintenant systématiquement proposées des formations adaptées qui permettent de retrouver confiance en soi, de pouvoir exprimer ses désirs, ses sentiments et ses idées et de satisfaire le besoin de reconnaissance. - La loi du 9 juillet 1998 sur l'exclusion fait de la lutte contre l'illettrisme, en l'insérant dans le code du travail, un élément de l'éducation permanente à laquelle contribue l'ensemble des pouvoirs publics et des acteurs socio-économiques. Le programme TRACE (trajet d’accès à l’emploi) destiné à favoriser l’emploi des jeunes comme la politique de la ville prennent de plus en plus en compte la dimension socio-linguistique comme le font par exemple les contrats éducatifs locaux. Par ailleurs, la langue est vivante et soumise à des variations, à des enrichissements, à des contacts et à des échanges avec d’autres langues. Les accents, les régionalismes, les pratiques langagières ou linguistiques propres à tel groupe ou tel lieu constituent une réalité vivante qu'étudie l’observatoire des pratiques linguistiques. Cet observatoire, mis en place en 1999 au sein de la délégation générale à la langue française, a pour objectif d’apporter des informations utiles à l’élaboration des politiques éducatives, sociales et culturelles et de permettre, en s’appuyant sur une meilleure connaissance des expériences linguistiques des individus et des groupes, de mieux prendre en compte le rapport aux langues et au langage. Ces observations pourront servir en particulier aux actions concernant la maîtrise du français qui supposent une approche complexe tenant compte des pratiques langagières différentes à l’intérieur du français et de leur relation avec la langue standard, ainsi que des contextes multilingues spécifiques. Enfin l’observatoire fournira les moyens de mieux connaître un patrimoine linguistique commun constitué de l’ensemble des langues de France. Deux appels à propositions ont été lancés en 1999 et 2000 notamment sur le thème des contacts entre langues. Un troisième sera diffusé en mars 2001 qui privilégiera le thème de la transmission familiale. Dans le domaine culturel, de nombreuses actions visent à permettre l'appropriation personnelle du langage par des pratiques fondées sur la créativité. La langue est un des principaux outils de la création artistique. C'est le cas, par exemple, des ateliers d'écriture, où chacun peut s'essayer à rendre compte de son histoire à sa manière, ou du théâtre qui met en jeu le corps en même temps que le langage, ou encore de la chanson. Toutes ces actions sont de nature à donner ou redonner envie de communiquer en se sentant à l'aise dans les différents usages de la langue française. Enfin, la mondialisation des échanges, la construction européenne, la mobilité plus grande des individus font du plurilinguisme un élément précieux pour établir un lien social plus profond avec des sociétés et des cultures différentes. La création, à partir de 2001, Année européenne des langues, des points plurilinguisme sur l'ensemble du territoire doit répondre à l'intérêt et au plaisir que l’on prend à mieux maîtriser la langue française mais aussi d'autres langues. Le français, une langue qui évolue Une langue n'est pas une entité figée et fixée une fois pour toutes. Fruit d’une évolution millénaire, elle bouge à tout moment, et c’est ce mouvement permanent qui peu à peu transforme son lexique et ses structures. Pour désigner les réalités nouvelles, le français incorpore de nouveaux mots - ce sont les néologismes - créés à partir du français ou empruntés aux langues étrangères. Dans le domaine particulier des sciences et techniques, chaque année des milliers de notions et de réalités nouvelles apparaissent, qu’il faut pouvoir désigner : les professionnels sont amenés à employer des mots ou des expressions très précis, des « termes », qui se dénombrent en millions. (Par comparaison, un dictionnaire de la langue générale compte 50 000 à 100 000 mots au maximum). La néologie est donc un impératif pour que la langue française demeure vivante et soit en mesure d’exprimer le monde moderne dans sa diversité et sa complexité. C’est pour aider à la création, à la diffusion et à l’emploi des termes français nouveaux que les pouvoirs publics encouragent les travaux d’enrichissement de la langue française. Les travaux d'enrichissement de la langue française Le dispositif d’enrichissement de la langue française mis en place dans les années 1970 et rénové en 1996 a pour fonction de proposer et de diffuser des termes nouveaux. Le dispositif comprend aujourd’hui trois éléments : dix-sept commissions de spécialistes (informatique, télécommunications, ingénierie nucléaire, santé, finances,économie etc.), placées auprès des ministères compétents, repèrent les notions nouvelles ou les termes à traduire et proposent des termes français appropriés. La commission générale de terminologie examine ces propositions et les soumet à l’Académie française. Les termes approuvés par l’Académie sont publiés au Journal officiel, ce qui rend leur emploi obligatoire pour les services de l’État, qui se doivent de donner l’exemple pour l’emploi du français. Mais dans ce dispositif rénové, les commissions proposent et l’usage dispose. Chacun apporte sa compétence technique, scientifique, linguistique, pour proposer des néologismes qui aient les meilleures chances de s’intégrer au langage des professionnels et même d’un plus large public. Les principaux critères qui prévalent pour le choix des termes sont d’abord la nécessité : a-t-on vraiment besoin d’un nouveau terme ? ; la cohérence : le mot nouveau est-il conforme au système morphologique et sémantique du français? ;la « transparence » : le nouveau terme exprime-t-il clairement la réalité qu’il doit désigner, par référence à cette réalité elle-même ou aux autres termes voisins ? Les termes entrés dans l’usage courant Parmi les trois mille termes publiés au Journal officiel citons, par exemple, logiciel, équivalent de l’anglais software, qui fut inventé par les spécialistes de l’informatique au début des années 1970. La cohérence du couple matériel/logiciel face au couple hardware/software a sans doute permis d’assurer le succès de logiciel, de surcroît plutôt joli. Largement utilisé par les informaticiens, logiciel fait aujourd’hui partie du vocabulaire courant. Citons également monospace (pour l’anglais minivan), baladeur (pour walkman, marque déposée), disquette (pour floppy disk) , puce (pour l’anglais chip¸ en informatique), V.T.T. (pour mountain bike)... Les circonstances peuvent aussi aider au succès d’un terme. Peu après la publication du mot covoiturage au Journal officiel, les grèves des transports de l’automne 95 lui assurèrent une promotion médiatique inattendue. De même, le mot bogue, proposé dès 1983 à la place de l’anglais bug a connu du fait que l'on craignait pour le passage à l'an 2000, une certaine popularité. Les problèmes informatiques l’ont désormais fait entrer dans la langue courante et le passage à l’an 2000 en a même fait une vedette, un peu inquiétante, de l’actualité ! Fort heureusement, les débogueurs ont dû faire merveille : le débogage a été assuré avant même l’arrivée du bogue de l’an 2000. En matière de néologie, il faut savoir anticiper : pour la Coupe du monde de football, par exemple, il fallait donner un nom aux agents qui seraient chargés du contrôle et de l’accueil du public. Lors de leur apparition à Atlanta en 1996, ces agents étaient appelés stewards. La commission générale de terminologie fut saisie par les pouvoirs publics ; stadiaire et stadier furent acceptés par l’Académie française et publiés au Journal officiel. Ce sont donc des stadiers qui ont placé le public au Stade de France. Il faut aussi savoir réagir à temps. L’adoption progressive d’une monnaie commune a créé en Europe un nouvel espace monétaire justement défini en français par l’expression zone euro, laquelle trouvait toutefois avec euroland un concurrent bien dans l’air du temps mais contestable à divers égards. En recommandant l’expression zone euro la commission générale de terminologie en a légitimé et renforcé l’implantation dans l’usage. Quelques termes nouveaux Parmi les domaines auxquels les commissions de terminologie et de néologie portent une attention particulière, vient d’abord, à la demande du programme d’action gouvernementale pour l’entrée de la France dans la société de l’information, celui de l’internet et des technologies nouvelles. La commission générale de terminologie a publié au Journal officiel, au mois de mars 1999 et septembre 2000, des listes de termes relatifs au courrier électronique et à l’informatique, disponibles sur le site de l’internet de la DGLF (http://www.dglf.culture.gouv.fr). Elle continue actuellement à rassembler et harmoniser les termes propres à ces domaines. Une terminologie en français est en effet un facteur important de l’appropriation par le plus grand nombre de ces techniques en plein développement : point n’est nécessaire d’être un internaute chevronné pour participer à ces échanges privilégiés d’information qu’offre la foire aux questions : il suffit de cliquer. Et quiconque veut créer et faire connaître son site de l’internet se doit d’accorder le plus grand soin à peaufiner sa page d’accueil. Dans le domaine de l'économie, c'est le terme d'option sur fiches qui a été choisi comme équivalent de stock option. Enfin, il faut savoir supprimer ou modifier les termes qui ont vieilli: la Commission générale s'est attelée à cette tâche pour le vocabulaire publié avant la réforme de 1996 : un nouveau répertoire d'environ 3000 termes a été publié le 22 septembre 2000. La féminisation On constate aujourd’hui une accélération du processus de féminisation, non seulement dans les administrations, mais aussi dans la langue courante, notamment dans les médias. Le Premier ministre a souhaité que la féminisation des appellations professionnelles entre dans nos moeurs et a demandé aux administrations « de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant (par exemple, la secrétaire générale, la directrice, la conseillère) ». Il a également demandé à la commission générale de terminologie de faire le point sur l’état de la question et à l’Institut national de la langue française (INaLF) d’établir un guide pour les usagers qui contienne des recommandations concernant les formes féminines les mieux adaptées à nos usages (circulaire du 8 mars 1998). A partir d’une analyse des pratiques linguistiques en usage en France dans le passé, et aujourd’hui dans les pays francophones, le rapport de la commission générale de terminologie constate qu’il n’y a pas d’obstacle de principe à la féminisation des noms de métier, mais estime que les désignations des statuts de la fonction publique ne doivent pas être féminisés et que les textes réglementaires doivent respecter strictement la règle de neutralité des fonctions. Ce rapport est accessible sur le site de l’internet de la délégation générale à la langue française et celui de la documentation française (www.ladocfrancaise.gouv.fr). Quant au « Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions », élaboré par l’INaLF, sous la responsabilité de son directeur Bernard Cerquiglini, qui a été depuis nommé vice-président du Conseil supérieur de la langue française, il a été publié à la Documentation française sous le titre « Femme, j’écris ton nom » accompagné d’une préface du Premier ministre. Il établit des règles grammaticales de formation du féminin, recense les difficultés, et fournit une liste de substantifs féminins formés selon les règles posées dans l’ouvrage. On passe ainsi du masculin au féminin, de « câbleur » à «câbleuse », de « plasticien » à « plasticienne », nonobstant les termes épicènes tels rosiériste ou terminologue. De la règle à l’usage, il n’y a ensuite plus que quelques pas... ce rapport est également accessible à partir du site de la Délégation Générale à la Langue Française. Le français, langue partagée L’une des plus grandes richesses du français, c’est qu’il est la langue partagée d’une large communauté qu’il unit dans le respect de la diversité de ses membres. La langue française, ciment de la francophonie La langue française n’est pas la propriété des Français. Parlée sur les cinq continents, elle est le bien commun de tous les francophones qui tous contribuent à sa vitalité. Elle est le ciment de la solidarité des membres de l'organisation internationale de la Francophonie. La francophonie rassemble des pays où le français joue des rôles très variés : seule langue officielle, langue officielle parmi d’autres langues officielles ou nationales, langue d’enseignement, de culture, des échanges régionaux ou internationaux, etc. Ces différences de statut et de situation modulent la place du français dans la politique linguistique menée par chacun des membres de la Francophonie, mais le français est pour eux, dans tous les cas, une langue privilégiée, dont il faut préserver le caractère international et la modernité. La communauté francophone se renforce La communauté francophone n’a cessé de se renforcer tout au long des 15 dernières années. 55 États et gouvernements ont participé ou assisté au Sommet de Moncton en septembre 1999, dont l’Albanie et la Macédoine, qui ont été admis en qualité de membres associés, tandis que la Lituanie, la Slovénie et la République tchèque ont rejoint la Pologne en accédant au statut d’observateurs. Le nombre de ses membres témoigne de la vitalité de la Francophonie, notamment en Europe centrale. Depuis le Sommet de Hanoï (1997), la francophonie s’est dotée d’un secrétaire général à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie : M. Boutros Boutros Ghali. Cette nomination a permis notamment le renforcement du rôle politique qu’elle entend jouer sur la scène internationale. Des valeurs communes Si la Francophonie se renforce, c’est parce qu’elle exprime une adhésion à des valeurs communes fondées sur la tolérance, le respect, la diversité et la solidarité. Cette solidarité couvre des domaines très divers : développement, liens économiques, droits de l’homme, démocratie, culture, enseignement, formation, etc. En raison de ces intérêts communs, les francophones unissent régulièrement leurs voix lors des négociations internationales pour prendre en compte l’exception culturelle dans la libéralisation du commerce, préserver le plurilinguisme dans les organisations internationales et assurer son avenir dans la société de l'information. Ainsi, le Sommet de Moncton (septembre 1999), a confirmé deux programmes importants sur le français : - un plan d’urgence pour la relance du français dans les organisations internationales ; - un fonds pour le français dans les inforoutes. Le Secrétaire général de la Francophonie a engagé une concertation avec les organisations internationales gouvernementales sur le thème de la diversité linguistique au niveau multilatéral. Il a en outre veillé, depuis sa nomination, à nouer ou resserrer des liens entre la communauté francophone et les autres aires linguistiques, hispanophone, lusophone, arabophone, qui souhaitent également préserver dans le monde la diversité culturelle et linguistique. Le sommet de Beyrouth, en octobre prochain, sera l'occasion de renforcer cette politique fondée sur le dialogue des cultures. Il sera précédé par une réunion des ministres de la culture en juin 2001 à Cotonou. Sites internet : Ministère des affaires étrangères : www.diplomatie.fr Haut conseil de la francophonie : www.diplomatie.fr/francophonie/hcf Organisation internationale de la francophonie : www.francophonie.org Agence de la francophonie : www.agence.francophonie.org Agence universitaire de la Francophonie : www.aupelf-uref.org Association internationale des Maires francophones : www.aimf.asso.fr TV5 : www.tv5.org Association des Parlementaires de Langue Française : www.francophonie.org/aiplf La semaine de la langue française et de la francophonie dans le monde et l’année des langues Chaque année, depuis 1988, les pays ayant le français en partage célèbrent, la journée internationale de la francophonie afin de commémorer la création à Niamey, le 20 mars 1970, du premier organisme de la francophonie multilatérale l’Agence de la francophonie (ex : ACCT). L’année européenne des langues est l’occasion pour la Francophonie, l’Hispanophonie et la Lusophonie d’élaborer une réflexion en commun à partir de leur commun héritage latin. Monsieur Boutros-Boutros Ghali, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie a mis en place une journée de réflexion qui s’organisera à l’occasion de la Semaine de la francophonie, les 20 et 21 mars à Paris, sur le thème : « Trois espaces linguistiques face aux défis de la mondialisation ». Ce colloque vise les objectifs suivants : - obtenir une meilleure connaissance des préoccupations et des programmes des diverses structures institutionnelles des trois principaux espaces linguistiques de la latinité ; - faire le point sur les échanges existant déjà et explorer de nouvelles pistes d’action pour les accroître, ou pour créer de nouveaux courants d’échanges culturels, notamment au bénéfice de régions ou de pays qui ont un accès limité à la scène internationale et en faveur des échanges Sud-Sud ; - analyser les occasions que présentent les nouvelles technologies de la communication sur le plan linguistique et culturel, afin d’identifier d’éventuelles actions conjointes ; - développer des partenariats stratégiques au niveau international, notamment pour promouvoir le plurilinguisme. Depuis six ans, le ministère des affaires étrangères et le ministère de la culture et de la communication organisent à l’occasion de la journée internationale de la francophonie, une semaine de la langue française et de la francophonie qui est relayée par nos postes à l’étranger. L’opération n’a cessé de se développer et constitue une semaine largement fêtée de par le monde, dans les pays francophones comme dans un nombre croissant d’États non francophones. Ainsi pour la campagne 2000, 116 pays (44 francophones et 71 non francophones), contre 94 en 1999, ont participé à l’opération. On a noté une percée importante en Asie et en Océanie avec 20 participants contre 9 en 1999, dont 16 pays non francophones). Les manifestations culturelles (musique, poésie, théâtre, expositions, films, conférences) ou sportives (surtout en Afrique) et les activités linguistiques (jeux et concours autour de la langue française, dictées, chansons) rencontrent toujours un grand succès. Les activités liées aux nouvelles technologies suscitent un véritable engouement. Les membres d’autres pays francophones s’associent volontiers à l’organisation de ces activités dont le public est essentiellement composé d’élèves et d’étudiants apprenant le français. En 2001, parmi les manifestations organisées à l’étranger, on peut citer : Au Chili, un concours scolaire " Chili-francophonie 2001" sera lancé le 20 mars et comportera deux types d'épreuves visant à faire connaître aux jeunes chiliens la chanson et la bande-dessinées. Afin de lier la fête de l'internet et la journée internationale de la francophonie, un site internet relié au site de l'ambassade, spécialement consacré à la francophonie est destiné à venir en appui aux manifestations. En Afrique du sud, l’institut français d’Afrique du sud (IFAS) invite deux compagnies de danse venant de France métropolitaine et de la Réunion à participer au festival « danse umbrella » à Johannesburg du 28 février au 18 mars, le groupe malgache « Jaojoby » effectuera une tournée du 16 au 23 mars (en collaboration avec les Alliances françaises d’Afrique du Sud). Le bureau de coopération éducative (BCE) ciblera sa participation en direction des élèves d’établissements secondaires en organisant un concours national destiné aux élèves sud-africains apprenant le français qui devront réaliser une planche de bande-dessinée sur le thème des « aventures d’un(e) sud-africain(e) en francophonie ». En Inde, la célébration de la journée internationale de la francophonie en mars 2001 donnera lieu à diverses manifestations : expositions autour d'auteurs francophones, colloque sur les littératures francophones de l'océan indien les 20, 21 et 22 mars en présence d'écrivains et d'universitaires indiens, réunionnais et mauriciens, à l'université Jawaharlai Nehru, C.Petr, doyen de la faculté des lettres de l'université d'Avignon ainsi que M.Bulteau, poète et directeur de collections viendront présenter dans différents départements d'études françaises l'édition bilingue publiée en Inde de poèmes français contemporains. A New Delhi, la semaine internationale de la francophonie sera organisée en partenariat avec l'ambassade de Suisse en Inde autour de la personnalité de Jean Luc Bideau, sociétaire de la Comédie française. Cette semaine de la langue française et de la francophonie, en valorisant une mondialisation respectueuse des diversités linguistiques et culturelles et engagées dans les nouvelles technologies, montre que la francophonie constitue une réponse adaptée à une mondialisation susceptible d’uniformiser les modes de pensée et de comportement, à un moment où la menace d’uniformisation culturelle est réelle - et même pour certains, déjà partiellement réalisée. La francophonie en chiffres Le français est la deuxième langue de communication internationale présente sur les cinq continents. Pourtant il ne se situe qu’à la onzième place des langues parlées dans le monde, présente sur les cinq continents après le chinois, l’anglais, l’hindi, l’espagnol... - Le français est langue officielle et de travail de pratiquement toutes les organisations internationales : ONU, UNESCO, Conseil de l’Europe,... Il a été longtemps la langue de travail la plus utilisée dans les institutions de l’Union européenne et y demeure aujourd’hui très utilisé, presque à égalité avec l’anglais. Le français est aussi la langue officielle de la plupart des grandes organisations non gouvernementales et en particulier des jeux olympiques. - Le nombre de pays qui ont rejoint la Francophonie a presque doublé en trente ans puisqu’elle compte, à ce jour, 49 États et gouvernements membres. Elle a admis, en outre, 2 membres associés (Albanie, Macédoine) et 4 pays observateurs (Pologne. Lituanie, Slovénie, République tchèque). Cinquante cinq pays ont participé au dernier sommet de Moncton (1999). Elle représente une population totale de 500 millions d’habitants et regroupe plus du quart des États membres de l’Organisation des Nations-Unies. - Il faut distinguer les francophones réels des francophones occasionnels et des francisants. On dénombre environ : · 113 millions de francophones réels : ils ont du français (langue première, seconde ou d’adoption) une maîtrise courante et en font un usage habituel ;chiffre en augmentation de 7,7 % depuis 1990 ; · 61 millions de francophones occasionnels, dans l’espace francophone : leur pratique du français est limitée soit par une maîtrise rudimentaire ou spécialisée, soit par un usage circonstanciel ; chiffre en augmentation de 11,8 % ; · entre 100 et 110 millions de francisants et d’apprenants de français, hors de l’espace francophone : ils ont appris ou apprennent le français. Le français est, avec l’anglais, la seule langue qui soit enseignée dans toutes les régions du monde, il est ainsi la langue étrangère la plus largement apprise après l’anglais. L’action des enseignants de français, dont beaucoup sont regroupés au sein de la Fédération Internationale des Professeurs de Français, est soutenue par le réseau très dense de nos services culturels à l’étranger (162 établissements culturels répartis dans 170 pays) et des Alliances françaises qui eux-mêmes proposent de nombreux cours de français. On assiste également au développement du français de spécialité dans des cadres professionnels comme l’hôtellerie, le tourisme, les affaires... Évolution du nombre de locuteurs en français : - en hausse dans plus de 50 pays (Angola, Ghana, Inde, Cambodge, Yémen, Quatar, Allemagne, Slovaquie, Royaume-Uni, Val d’Aoste, Cuba...) - stationnaire dans une vingtaine de pays (Roumanie, Bulgarie, Monaco, Slovénie, Egypte, Chine, Nigéria, Sénégal...) - en baisse dans une quinzaine de pays (Djibouti, Cap Vert, Vietnam, Israël, Argentine, Panama, Oman...). En Afrique et au Maghreb, l’augmentation du nombre de francophones, paraît liée essentiellement à cinq facteurs plus ou moins dépendants : la croissance démographique, l’amélioration de la scolarisation, les mouvements de réfugiés et immigrés francophones et la proximité de pays francophones, enfin l’urbanisation et l’impact des radios et télévisions. En Asie, c’est l’accroissement du nombre d’apprenants, ainsi que, dans certains cas, un contexte de relations économiques et géopolitiques avec la France ou d’autres pays francophones qui peuvent expliquer l’augmentation du nombre de francophones dans une dizaine de pays asiatiques et aux Fidji, en Océanie. En Amérique, la situation est contrastée au Canada : sur les 20 dernières années l’augmentation nominale et la baisse relative du nombre de francophones est sensible ; avec au Québec, une légère hausse du nombre de personnes ayant le français pour langue d’usage. Cette évolution devrait plutôt aller en se confirmant avec la hausse significative du nombre des allophones (locuteurs d’une langue autre que l’anglais ou le français) qui, au Canada, hors Québec, apprennent plutôt l’anglais. Par ailleurs, l’essor du bilinguisme est surtout le fait des populations du Québec et des provinces comportant des minorités francophones. Répartition géographique des francophones dans le monde : Avant l’Europe, c’est le continent africain qui détient le nombre le plus important de francophones avec un taux de 11 % par rapport à sa population globale. Les régions du monde les plus francophones (plus de 15 % de leur population) sont le Maghreb, l’Océan Indien et l’Europe de l’Ouest. Les dix pays où l’on trouve le plus de francophones restent la France métropolitaine, l’Algérie, le Canada, le Maroc, la Belgique, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Cameroun, la République démocratique du Congo et la Suisse. Au-delà de ces faits, ce qui est important, c’est le message sur lequel peut s’appuyer la diffusion du français dans le monde. En effet, face à la mondialisation économique et à l’uniformisation culturelle et linguistique qui l’accompagne, seul un engagement résolu en faveur de la diversité culturelle et linguistique offre une alternative crédible et opérationnelle. De nombreux intellectuels, de nombreux créateurs à travers le monde, dans d’autres pays européens et sur d’autres continents, ne se sont pas trompés sur le nouveau message d’universalité que porte la langue française, qui est celui de la diversité et du partage, et ont adopté le français comme langue d’expression et de création. Ainsi le français demeure langue de culture, langue de liberté, langue d’expression de la démocratie. La promotion et la diffusion du français dans le monde sont en effet indissociables d’une action en faveur du plurilinguisme à mener aussi bien en France et dans l’Union européenne que dans les organismes internationaux et les nouveaux réseaux de communication, tel l’internet. Oeuvrer pour le plurilinguisme, c’est oeuvrer pour le maintien de la diversité linguistique et culturelle qui est une des richesses du patrimoine de l’humanité et aussi le garant de la tolérance et du pluralisme dans le monde. LE FRANCAIS ET LE PLURILINGUISME DANS LA SOCIETE DE L'INFORMATION
En France, le programme d’action gouvernemental pour la société de l’information (PAGSI), a pour objectif de soutenir les actions qui permettront d’assurer la diversité culturelle et la démocratie par l’accès de tous à la société de l’information. Au titre de ses priorités sont inscrites des initiatives qui concernent directement la langue, au travers notamment de la promotion de contenus en français et plurilingues et des mesures qui doivent accompagner, sur le plan technique comme sur le plan juridique, les innovations technologiques. L’Union européenne vient d’adopter sous présidence française un programme pour la promotion du contenu numérique européen sur les réseaux mondiaux, mettant l’accent sur la valorisation des données publiques et sur le multilinguisme dans la société de l’information. La Francophonie multilatérale, enfin, fait de la place du français sur les inforoutes une de ses priorités. Quelques chiffres La France est entrée dans la société de l’information et elle y est entrée en français : le nombre d’internautes français a progressé de 47% en 2000, pour atteindre 8,47 millions au quatrième trimestre de l’année, selon le baromètre publié par Médiamétrie le 12 février 2001. Ces chiffres confirment la forte progression du parc informatique français, lequel double en moyenne chaque année. En 2000, l’association Funredes « Réseaux et développement » et l’Agence de la francophonie ont renouvelé leur enquête sur la présence des langues latines sur l’internet : les chiffres communiqués par l’Union latine montrent que le français se situe à la deuxième place des langues latines sur l’internet (4,39% si on estime l’anglais à 60%), derrière l’espagnol (4,85%) et avant l’italien (2,7%), le portugais (2,14%) ou le roumain (0,19%). Selon cette enquête, on estime que 7,32% des pages publiées sur le réseau le sont en langue française (contre 8,08 % en espagnol). Le français enregistre par conséquent une progression de 57% en deux ans (4,39% en 2000, contre 2,81% en 98), alors que le pourcentage de pages en anglais a baissé de 20% sur la même période. http://funredes.org/LC/francais/L2.html Si l’internet a pris son essor en anglais, le succès même du réseau et le développement des sites entraînent un accroissement spectaculaire de la communication et des échanges dans les langues autres que l’anglais. En effet, d’après les statistiques établies par Global Reach, le pourcentage d’internautes non-anglophones a franchi la barre des 50% à la fin de l’année 2000, (les anglophones ne sont plus que 49,6%). Les internautes européens non anglophones sont 29,8% et les internautes asiatiques 20,6%. Le français se trouve à la sixième place des langues non anglophones, derrière le chinois (7,6%) le japonais (7,2%), l'allemand (5,9%), l'espagnol (5%) et le coréen (4,1%). Viennent ensuite l'italien (3,2%), le portugais (2,5%) et le russe (2,4%). Cette évolution va dans le sens d’une affirmation de la diversité linguistique et culturelle soutenue par la France et permet d’envisager une meilleure répartition de l’utilisation des langues dans la société de l’information. La société de l’information en France Assurer une offre riche et cohérente de contenus Des mesures d’incitation et de soutien Des dispositifs d’aide aux éditeurs et aux créateurs multimédia ont été mis en place. Le fonds d’aide géré par le Centre national de la cinématographie s’élève à 25 millions de francs et délivre, en plus des avances remboursables, des subventions pour l’adaptation en plusieurs langues des produits multimédias français. Un fonds spécial, le dispositif pour la création artistique multimédia (DICREAM), doté de 4 MF en 2000 permet de soutenir les projets de création multimédia à vocation transdisciplinaire. Les fonds d’aide à la modernisation de la presse peuvent soutenir la création des sites Internet des entreprises de presse. Le ministère de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie a mis en place un guichet unique pour les entreprises de contenus multimédias éducatifs ainsi qu’une procédure de labellisation « d’intérêt pédagogique ». La numérisation des contenus et l’accès de tous à l’internet La numérisation des fonds patrimoniaux est une des priorités du ministère de la culture. Le ministère soutient la numérisation des fonds patrimoniaux, iconographiques et sonores en région. Ainsi, le serveur internet de la Bibliothèque nationale de France, Gallica, qui donne accès à environ deux millions de pages numérisées, s’est enrichi en 1999 de Gallica Classique, consacré aux œuvres classiques de la littérature française, du Moyen âge au XIXe siècle. Le plan de numérisation piloté par la mission de la recherche et de la technologie du ministère de la culture et de la communication a permis de numériser 1,5 millions d’images fixes provenant de fonds de bibliothèques, d’archives, de fonds d’architecture, d’archéologie et de monuments historiques. Enfin, les mesures prises par les pouvoirs publics ont favorisé l’accès du public à l’internet avec l’ouverture des sites de l’administration française, l’équipement des écoles et des universités, la connexion des bibliothèques publiques, le soutien à la création de 100 Espaces Culture Multimédia. Favoriser la diffusion des données publiques Les services publics ont un rôle essentiel à jouer dans la mise à disposition de contenus en langue française sous format numérique. Le programme d’action gouvernemental pour la société de l’information (PAGSI) pose le principe d’une diffusion gratuite sur l’internet des « données publiques essentielles » : cette notion s’applique aux domaines tels que les textes juridiques, l’information administrative, les rapports officiels et enfin les données culturelles. Le rapport Mandelkern sur la « Diffusion des données publiques et la révolution numérique », remis le 17 novembre 1999, précise la notion de données publiques essentielles. Dès maintenant, la diffusion gratuite des données publiques par l’internet se développe : le portail de l’internet de l’administration « service-public.fr » ouvert en octobre 2000 offre un point d’entrée unique aux services de l’administration en ligne et aux principaux textes juridiques. Ce site permet en outre d’accéder à plus de 2 600 sites publics nationaux et locaux, ainsi qu’à 2000 sites publics européens et internationaux. Par ailleurs, les textes essentiels du droit français se trouvent sur le site Légifrance . Vers l’administration plurilingue L’ouverture de la France sur le monde doit aussi se faire dans plusieurs langues. L’État doit donner l’exemple, en favorisant le plurilinguisme sur les sites internet de l’administration. La circulaire du Premier ministre du 7 octobre 1999 précise que lorsque les informations mises à disposition sur les sites internet gouvernementaux sont traduites, elles doivent l’être en au moins deux langues. Le site du Premier ministre, disponible en trois langues étrangères (anglais, allemand, espagnol) proposera neuf langues en 2001 . À l’occasion de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le site de l’internet dédié aux actions de la présidence a été proposé en 4 langues ; pour sa part, le ministère de la culture et de la communication a mis en place un moteur de traduction automatique en allemand et en anglais des pages de son site « europe ». Assurer l’accompagnement juridique et technique des mutations technologiques Bâtir un cadre protecteur des échanges Le projet de loi sur la société de l’information, qui s’inscrira dans les travaux européens d’harmonisation du cadre juridique du monde numérique, permettra de clarifier les responsabilités des acteurs et d’assurer la sécurité et la loyauté des transactions en ligne. Le plurilinguisme, qui permet une meilleure information et protection du consommateur, contribue par là même à l’essor du commerce électronique. La France est particulièrement attentive à ces aspects lors des négociations internationales et européennes. Assurer la présence des termes français L'appropriation des technologies de l'information et de la communication par le plus grand nombre passe par l'usage des termes français. Le Pagsi a chargé la Commission générale de terminologie de proposer des listes de termes concernant le vocabulaire de l’internet. Une première liste de termes de base a été publiée au Journal officiel du 16 mars 1999, une seconde liste a été publiée au Journal officiel du 1er septembre 2000, une troisième liste est en cours de préparation. Ces listes peuvent être consultées sur le site de l’internet de la DGLF. ->http://www.dglf.culture.gouv.fr/cogeter/publications-jo.htm Développer des ressources linguistiques permettant le traitement automatisé de l'information L’avenir est aux interfaces et aux produits plus conviviaux et plus intuitifs. Dès aujourd’hui, des produits de reconnaissance et de dictée vocale, des services de recherche d’information « intelligents », des logiciels d’aide à la traduction de plus en plus performants sont disponibles sur le marché. Il faut qu’ils traitent le français et qu’ils existent en français. Pour cela, les industriels et les chercheurs doivent disposer de corpus linguistiques numérisés importants et variés pour élaborer et tester les produits liés au traitement informatique du langage. Le Pagsi a chargé la Délégation générale à la langue française d’apporter son soutien à la constitution et à la diffusion de ressources plurilingues dont une des langues est le français et de soutenir l'action de l'Association européenne pour les ressources linguistiques (ELRA). Plusieurs appels d’offres ont été lancés à cet effet. La dimension internationale A. Participer activement à la normalisation et à la standardisation Les normes et les standards ne sont pas neutres face aux langues et aux cultures. Le « problème des accents » dans le courrier électronique a révélé aux non spécialistes de ces questions l’importance de ces enjeux. D’autres défis demeurent : la définition des claviers et des interfaces du futur, l’internationalisation et la localisation des logiciels, l’indexation des images animées... Il faut que les francophones et les Européens soient présents dans les instances où ces normes sont élaborées et qu’ils favorisent la diffusion de celles qui savent prendre en compte la diversité culturelle et linguistique. La Délégation générale à la langue française soutient l’action de l’Association française de normalisation (AFNOR ) et du Groupe d’experts français pour les standards de l’internet (GEFSI ) pour qu’ils assurent la présence d’experts dans les groupes de travail concernés. Une veille sur l’ensemble du secteur est exercée, notamment dans le cadre du groupe de travail franco-québécois NOTIAL . L’Agence internationale de la francophonie est également très sensible à ce sujet. B. Renforcer les échanges entre francophones Un site portail pour les professeurs de français Le rapport du député Patrick Bloche « le Désir de France », réalisé dans le cadre du Pagsi et remis au Premier ministre en décembre 1998, souligne l’importance pour le rayonnement du français et de la francophonie de la mise à disposition gratuite de contenus dans les domaines de la culture, de l’éducation, du droit et de la santé . Le conseil interministériel du 19 janvier 1999 a repris un certain nombre des mesures proposées, notamment la mise en œuvre de sites « portails » pour les contenus culturels et pour les professeurs de français à travers le monde. Le site « franc-parler.org » pour les professeurs de français a été ouvert en juillet 2000 à l’occasion du congrès international de la fédération internationale des professeurs de français (FIPF). Le fonds francophone des inforoutes La Francophonie multilatérale a retenu parmi ses priorités la présence du français dans la société de l’information. Le plan d’action adopté lors du VIIe sommet francophone de Hanoï (1997), prévoit la création d’un fonds multilatéral qui permet de soutenir des projets réalisés en partenariat entre des acteurs du Nord et du Sud. Ce fonds vise à démocratiser l’accès aux inforoutes et à créer une aire de développement culturel, économique et social soutenue par les échanges de savoir et les transferts de compétences entre le Nord et le Sud . Placé sous la responsabilité du Secrétaire général de la francophonie, M. Boutros Boutros-Ghali, et doté de 41 millions de francs par an, il a permis de traiter plus de 600 projets dans des domaines aussi variés que la jeunesse, la culture, l’enseignement, la recherche, la presse, le droit, le tourisme et les arts. Dans leur déclaration finale, les Chefs d’État et de gouvernement réunis à Moncton à l’occasion du VIIIe sommet francophone ont réaffirmé l’importance de ce fonds. C. Les initiatives européennes L’Europe s’est donné pour objectif de devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde et s’est dotée pour cela d’un plan d’action global « eEurope - Une société de l’information pour tous » adopté lors du Conseil européen de Feira en juin 2000. Dans ce cadre, l’Union européenne a adopté au cours de la présidence française un programme destiné à renforcer la présence du contenu numérique européen sur les réseaux (« eContent »). Doté d’un budget de 100 MEuro sur 4 ans (2001-2005), ce programme vise à encourager l’exploitation et la valorisation des données publiques et à développer la production de contenu dans un environnement multilingue et pluriculturel en faisant appel aux outils de traitement informatique du langage. Outre le renforcement des infrastructures à haut débit pour l’enseignement et la recherche, l’élargissement de l’accès en ligne aux données publiques essentielles et l’adoption d’un programme de promotion du contenu, le plan d’action « eEurope » prévoit le développement de l’accès au patrimoine culturel numérisé, la production de matériel d’apprentissage multimédia et multilingue ainsi que la prise en charge de plusieurs langues de dialogue par les interfaces humaines des terminaux à carte à puce. |