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Hasard
Ce mot, entré en français dès le XIIème
siècle, nous a été transmis par lespagnol
(azar), mais cest en fait un mot arabe, ou plutôt
deux. En effet, sous cette forme graphique, ou le h- a été
un ajout non étymologique (mais que conduit à ne
pas faire la liaison), on ne voit plus quil sagit
de larticle défini arabe al-, auquel vient sajouter
zahr, doù az-zahr, mot arabe désignant «
le dé » ou « le jeu de dés ».
Au Moyen Âge, on lécrivait parfois avec un
z, par imitation de lespagnol azar et parfois avec un -t
au lieu du -d à la fin du mot. Un hasart signifiait alors
le chiffre 6 au jeu de dés : un hasard particulièrement
heureux, alors quaujourdhui, avec le hasard, tout
est possible, le meilleur comme le pire.
Trouble
Ladjectif trouble remonte au latin populaire *turbulus,
daprès turbulentus. On le trouve dabord sous
la forme tourble, par exemple dans la Chanson de Roland.
On remarquera le déplacement du r (ou métathèse)
en passant du latin au français, tout comme pour fromage,
qui vient de formaticus « (fromage) fait dans une forme
».
Jeu
Venu de latin jocus, où il avait surtout le sens de «
plaisanterie (en paroles) », le mot jeu a pris tous les
emplois plus généraux du latin ludus (« amusement,
divertissement »). Cest pourquoi ladjectif
correspondant à jeu est ludique, formé à
partir de ludus.
Le mot jeu a pris au cours du temps de très nombreux sens,
depuis les activités soumises à des règles
(jeu de cartes, jeu de boules), à celles du théâtre
(jeu des acteurs, jeux de scène), à celle des jeux
dargent (jouer gros jeu) ainsi quaux jeux deaux.
Au XIIIème siècle, jeu était même
synonyme dacte amoureux.
Personne
Voici lun des rares mots français venus de létrusque.
On le trouve en latin sous la forme persona (doù
la première graphie française persone) avec le
sens de masque de théâtre. Il a pris ensuite divers
acceptions et, dès le Moyen Âge, le mot a pris le
sens de « personne importante », doù
notre personnage actuel.
Subtil
Le latin subtilis « fin, mince », avait, en vieux
français, évolué en sutil, et cest
au XIVème siècle quon a voulu rappeler létymologie
latine en refaisant subtil, sur le modèle de subtilis.
Métis
Emprunté à lespagnol mestizo et au portugais
mestiço « sang mêlé », ce mot
remonte au latin tardif mixtus, participe passé de miscere
« mêler ».
On la dabord employé à propos des animaux
engendrés de deux races différentes (ainsi le mulet
issu du croisement dun âne et dune jument)
avant de lappliquer aux humains.
Dune
Le mot dune vient probablement du mot *duno, hauteur, que lon
retrouve sous la forme dunum dans de nombreux toponymes tels
que Lugdunum, aujourdhui Lyon, ou Augustodunum, aujourdhui
Autun.
Tintinnabuler
Le verbe « tintinnabuler » a été formé
à partir du mot latin « tintinnabulum », qui
désignait une espèce de clochette en métal,
donnant un son clair et argentin. Le mot « tintinnabule
» nexiste plus aujourdhui, mais il sétait
maintenu en ancien français, où un tintinnabule
était une sonnette.
En principe, le verbe « tintinnabuler » est un mot
savant créé au XIXème siècle, mais
sa consonance onomatopéique et la répétition
quasi enfantine des deux premières syllabes (« tintin
») lui donne un petit air guilleret, encore accentué
par la fin du mot, qui le fait agréablement basculer dans
un tout autre contexte stylistique à la fois familier,
un peu amusant et presque poétique.
Voilà peut-être pourquoi de nombreux enfants - et
encore plus dadultes - le considèrent comme lun
des plus jolis mots de la langue française. Sans le savoir,
ils retrouvent aussi lautre forme du mot « tintinnabulum
», qui était «tintinnabellum » et qui
évoquait alors immédiatement quelque chose de beau.
Aube
En latin, albus, alba, album était un adjectif de couleur
ou plutôt dabsence de couleurs puisquil sagit
du blanc, laube étant bien cette espèce de
clareté incertaine qui précède le lever
du jour.
Les troubadours du Moyen Âge en avaient fait un moment
privilégié pour chanter laubade à
lêtre aimé, en attendant que vienne, avec
le soir, lheure de la sérénade.
Le blanc de laube ne se confondait pas pour les Romains
avec le blanc brillant, éblouissant comme celui de la
neige, pour lequel ils employaient le mot candidus. Le mot français
« candide » névoque plus la blancheur
éclatante dun objet mais une qualité morale
ou intellectuelle qualifiant une personne. Mais sait-on ce quest,
étymologiquement, un candidat? Cétait pour
les Romains, celui qui aspirait à une haute fonction et
qui, pour ce faire, était revêtu dune toge
blanche.
Azur
Avant darriver dans la langue française, le mot
azur a beaucoup voyagé. Venu du persan, par larabe,
il désignait à lorigine le « lapis
lazuli », pierre dure dun bleu intense quon
utilisait surtout dans les mosaïques. Au IXème siècle,
on trouve la forme azur, ultérieurement emprunté
par langlais (azure) et lallemand (Azur). |