Le verbe tintinnabuler a été formé à partir du mot latin tintinnabulum, qui désignait une espèce de clochette en métal, donnant un son clair et argentin. Le mot tintinnabule n'existe plus aujourd'hui, mais il s'était maintenu en ancien français, où un tintinnabule était une sonnette.
En principe, le verbe " tintinnabuler " est un mot savant créé au XIXe siècle, mais sa consonance onomatopéique et la répétition quasi enfantine des deux premières syllabes (tintin) lui donnent un petit air guilleret, encore accentué par la fin du mot, qui le fait agréablement basculer dans un tout autre contexte stylistique à la fois familier, un peu amusant et presque poétique.
Voilà peut-être pourquoi de nombreux enfants - et encore plus d'adultes - le considèrent comme l'un des plus jolis mots de la langue française. Sans le savoir, ils retrouvent ainsi l'autre forme du mot tintinnabulum, qui était tintinnabellum et qui évoquait alors immédiatement quelque chose de beau.
Henriette WALTER est professeur émérite de linguistique à l'Université de Haute-Bretagne et directrice du Laboratoire de phonologie à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à la Sorbonne. Ses activités de chercheur la conduisent à rédiger des ouvrages de linguistique, soit très spécialisés comme Le dictionnaire de la prononciation française dans son usage réel (en collaboration avec le grand linguiste André Martinet, Droz, 1973), soit destinés à un public plus vaste, comme Le français dans tous les sens, Grand Prix de l'Académie française (Robert Laffont, 1989), L'aventure des langues en Occident, Prix spécial de la Société des Gens de Lettres et Grand Prix des lectrices de Elle (Robert Laffont, 1994). Elle vient de publier Le français d'ici, de là, de là-bas (J.-C. Lattès, novembre 1998).
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