Les titres dans la presse : traitements stylistiques

Titres utilisant des métaphores

I / Violence à l'école

Titre métaphore
Offensive contre la violence
Le Télégramme, 6 novembre 1997

L'article annonce et présente le plan de lutte gouvernemental contre la violence scolaire. Neuf sites expérimentaux ont été choisis dans des zones à risque.
Ce titre emploie une métaphore guerrière pour attirer l'attention du lecteur. C'est un paradoxe que d'utiliser une métaphore de la violence pour parler de la lutte contre la violence à l'école ! Cette phrase nominale, par sa concision et par l'image utilisée, est intéressante. Elle annonce, ce 6 novembre, un changement de tactique : le passage “à l'offensive”. La nature de l'offensive et le contenu du plan ne sont pas encore les informations principales.


Titre métaphore
École : plan de bataille anti-violence
Les Clés de l'actualité, 13-19 novembre 1997

Une semaine après la présentation du plan de lutte contre la violence à l'école, l'article décrit les mesures prises afin de garantir la sécurité sur neuf zones urbaines expérimentales, considérées à risques.
Ce titre bref, juxtaposant un nom et une phrase nominale, attire l'attention par la métaphore guerrière employée. Le lecteur s'attache à la dénomination “plan de bataille anti-violence ”. Le registre guerrier met alors en place une dramatisation de l'action, qui, accentuée par le rythme croissant de la phrase, incite à la lecture l'article. À la différence des titres rédigés le jour de l'annonce du plan, l'accent est mis sur la nature et le calendrier des mesures. Nous ne sommes plus dans “l'offensive”, mais dans le “plan de bataille”.


Titre métaphore
Violence scolaire : les munitions d'Allègre
Libération , 6 novembre 1997

Cet article fait suite à la présentation par Claude Allègre du “plan gouvernemental de lutte contre la violence en milieu scolaire”.
Ce titre présente le thème de la violence à l'école par le biais d'un parallélisme. Deux membres de phrases sont ici juxtaposés pour présenter la situation. Elles utilisent toutes deux une métaphore guerrière, figure de style très utilisée par la presse pour titrer sur la lutte contre la violence. Quelles sont donc “les munitions d'Allègre” ? Si le titre arrive à susciter ces questions, il a donc atteint son but : intéresser le lecteur qui, intrigué, se reporte à l'article pour avoir plus de précisions.


Titre métaphore
Des enseignants pris pour cible
L'Union, 17 octobre 1997

L'article rend compte des violences des élèves à l'encontre des enseignants dans la ville de Reims.
Ce titre utilise une métaphore guerrière pour parler du thème de la violence à l'école. La violence à l'école est souvent évoquée par le registre de la guerre. Par le biais d'une proposition relativement courte, le quotidien régional essaie de toucher la curiosité du lecteur : la dramatisation du thème est à son maximum. En effet, l'utilisation de la tournure passive ne permet pas de savoir qui sont les véritables auteurs de cette violence. Ce titre reste relativement ouvert à toutes sortes de suppositions. Il incite le lecteur à continuer sa lecture en aiguisant son intérêt.

Titres utilisant des métaphores

II / Mort de Lady Di

Titre métaphore
Londres pleure sa reine des coeurs
Sud Ouest , 1er septembre 1997

Cet article décrit la tristesse de la nation anglaise et de la famille royale, au lendemain de la mort de Lady Diana.
Ce titre fait allusion au surnom que les Anglais avait donné à Lady Di : la métaphore souligne toute l'affection que lui portaient les gens. Le coeur, symbole par excellence de tout ce qui est lié à l'amour et à l'amitié, prend toute l'ampleur de sa signification avec l'utilisation du pluriel. Celui-ci peut conférer à la personne de Lady Di, outre une impression de bonté et de gentillesse, un sentiment de grandeur.
Cette appellation peut aussi s'opposer point par point au surnom qui avait été donné à M. Thatcher, “la Dame de fer”. Deux femmes, deux dénominations aux antipodes l'une de l'autre.


Titre métaphore
La presse à scandale : un monstre dévorant
Sud Ouest , 2 septembre 1997

Suite à la mort de Lady Diana, l'article dénonce la presse à scandale britannique. En effet, celle-ci fut très critiquée après le décès de la princesse.
Ce titre met en parallèle deux membres de phrase juxtaposés. Constat précis et sans appel que celui qu'il dresse de la presse à scandale. Le rythme binaire ne fait qu'accentuer le poids de cette affirmation qui n'ouvre la porte à aucune polémique. C'est cette conclusion définitive qui, assénée en guise d'introduction et ajoutée à une métaphore des plus explicite, peut aiguiser la curiosité du lecteur et l'inciter à lire l'article. Elle précède la démonstration, tout en faisant figure de vérité.


Titre métaphore
Paris : des photographes dans l'oeil de la justice
Le Figaro, 3 septembre 1997

Dans le cadre de l'accident qui a entraîné la mort de Lady Diana, six photographes et un motard de presse ont été mis en examen le 2 septembre, pour “homicides et blessures involontaires”.
La métaphore de l'oeil est une des plus usitées pour parler de la justice. Celle-ci “regarde” tous les paramètres à considérer lors d'un procès et “observe” à qui elle a affaire avant de porter son jugement. L'oeil devient donc l'organe le plus approprié pour décrire une action, il est non seulement métaphore mais aussi métonymie : derrière lui, on désigne tous les hommes qui portent un jugement, qui font partie de l'institution.
Dans ce titre, le journaliste a également filé la métaphore. En effet, la vue pour le photographe est le sens le plus important, celui qui dirige son métier. L'oeil évoque donc ici la justice, mais aussi le viseur de l'appareil photo des paparazzi. Cette métaphore confronte les deux groupes de personnages liés pour des raisons différentes à la mort de la princesse : celui des journalistes et celui de la justice.


Titre métaphore
Des paparazzi dans le viseur de la justice
L'Humanité, 3 septembre 1997

Ce titre à la une du quotidien rend compte de la mise en examen des photographes accusés d'homicide involontaire dans la mort de Lady Diana.
La métaphore de l'oeil fait la une du journal. Plusieurs significations sont ici possibles. Le viseur fait à la fois référence au regard que la justice porte sur ce qui s'est passé, mais aussi à l'outil de travail de ces photographes qui ont poursuivi Lady Di. La métaphore ainsi filée évoque deux moments différents, l'un qui a précédé la mort de la princesse (l'action des journalistes), l'autre qui l'a suivie (l'action de la justice).


Titre métaphore
Le culte de “sainte Diana” gagne des fidèles
Le Monde, 4 septembre 1997

L'article rend compte de l'émotion des Anglais, causée par la mort de Lady Diana.
La métaphore religieuse est forte. “Culte”, “Sainte”, “fidèles ”, trois mots pour rendre la même idée. L'hyperbole (figure qui accentue la réalité des choses) contenue dans cette image crée un effet de démesure qui magnifie le personnage, mais qui peut aussi intriguer les lecteurs du Monde. Ne serait-ce pas, pour le quotidien, une façon de prendre ses distance vis à vis de réactions qu'il trouve disproportionnées ?


Titre métaphore
“Au revoir, rose d'Angleterre”
Le Parisien , 6 et 7 septembre 1997

L'article retrace le parcours précis du cortège funéraire de Lady Diana.
Ce titre est la traduction littérale de la chanson écrite par Elton John, en hommage à Lady Di. D'où la présence des guillemets. Cet adieu à la princesse se présente sous la forme d'une métaphore qui désigne la princesse par l'image de la rose, symbole de la province de Galles dont elle est originaire. La rose évoque aussi une idée de fragilité et de beauté, que le lecteur va rattacher à l'image de Lady Di.

Titres utilisant des métaphores

III / Internet

Titre métaphore
Supérieur : la fracture technologique
Le Nouvel Observateur , 12-18 juin 1997

Cet article souligne les différences qui existent, au sein de l'enseignement supérieur, entre les universités et les écoles de type Sup de Co. Ces dernières possèdent de véritables moyens financiers pour s'équiper en multimédia, ce qui n'est pas le cas des universités.
Ce titre met en place un nom et un groupe nominal juxtaposé qui n'est pas sans rappeler l'expression “fracture sociale”. Ils sont volontairement vagues pour aiguiser la curiosité du lecteur. La métaphore, qui relève de l'anatomie du corps humain, est loin d'être explicite : elle soulève un problème de rupture, mais n'en dit pas plus. Et le mot qui introduit le titre est encore plus flou. Qu'entend-on pas “supérieur” ? Isolé de sa rubrique, et de l'article, le titre est n'est pas compréhensible à coup sûr.


Titre métaphore
Microsoft veut marier Internet et la télévision
Les Echos, 10 juin 1997

Bill Gates, le patron de Microsoft, annonce qu'il va racheter Comcast Corporation, 4e opérateur américain de télévision par câble, spécialisé dans la fourniture d'accès à Internet sur le câble.
La métaphore utilisée est celle de l'union, du mariage des technologies. Elle est relativement classique dans le langage économique lors des regroupements de sociétés. Elle est sans doute transparente pour les lecteurs du quotidien économique que sont Les Echos. Ce titre annonce clairement les intentions de Microsoft mais ne ne fait état ni des raisons, ni des objectifs, ni des moyens mis en oeuvre. Il informe le lecteur par une métaphore, sans dire ce qui pourrait naître de ce mariage assez surprenant. Réponse dans l'article.


Titre métaphore
Le sénateur Pierre Laffite lance une “croisade” pour la mise en réseau des écoles françaises
Dépêche AFP, 19 juin 1997

Pierre Laffite désire que les écoles soient mises en réseau et que l'utilisation d'Internet se répande dans celles-ci.
La thématique de la croisade est très présente dans les métaphores touchant à Internet. Elle relève à la fois du registre de guerre et de la religion. Elle permet de souligner que le monde d'Internet reste encore pour beaucoup d'écoles françaises “terra incognita”. Ce titre souligne que les mesures préconisées par le sénateur ne seront pas faciles à mettre en oeuvre. Sa “quête” n'est donc pas sans analogie avec les combats menés durant les croisades, bien que l'image soit hyperbolique.

Titres utilisant des métaphores

IV / Football

Titre métaphore
Dix temples pour trois millions de croyants
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

Cet article présente les dix stades où vont se dérouler les matchs de la Coupe du monde de football de 1998, en France.
Dans ce titre constitué d'une phrase nominale, la métaphore religieuse apparaît clairement. Elle accentue l'effet de démesure. Elle présente les “aficionados” du football comme les adeptes d'un culte religieux pour bien suggérer la passion qui lie ces gens au monde du ballon rond. La situation est exposée, chiffres à l'appui, et l'image utilisée frappe par les analogies qu'elle entraîne. Le lecteur n'a plus qu'à chercher dans l'article les précisions qui lui manquent : le nom de ces “temples”, par exemple.


Titre métaphore
Des oranges à déguster sans modération
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

L'article présente l'histoire, en Coupe du monde, de l'équipe des Pays-Bas, ainsi que le parcours qu'elle a réalisé lors des éliminatoires du Mondial en France.
Le journaliste, sur le mode de l'humour, commente les résultats obtenus par l'équipe des Pays Bas. Il résume la situation en utilisant l'image de l'orange, qui rappelle la couleur orange des maillots de l'équipe hollandaise. Il utilise aussi une expression employée de tous, “consommer sans modération”, mais la modifie légèrement pour mieux filer la métaphore. Pour qui ne connaît pas le monde du football, la métaphore est obscure et même assez surprenante. Mais le magazine s'adresse à des passionnés, et par le biais d'une image assez drôle, il joue sur la connivence qu'il établit avec ses lecteurs.


Titre métaphore
La chasse aux billets est ouverte
Le Monde , 4 décembre 1997

L'article détaille les différentes façons d'acquérir des billets pour les matchs de la Coupe du monde de football 1998, en France. Toutefois, l'auteur souligne le fait que l'achat de billets est difficile, car il y a une demande importante.
Ce titre utilise l'image de la chasse pour suggérer un fait qui préoccupe beaucoup de supporters : la vente des billets. Et, cette image de rappeler que l'achat des billets est loin d'être facile. Chacun doit les chercher, les pister et faire preuve de ruse pour se les approprier car ils se font rares. L'image semble donc appropriée à la situation.


Titre métaphore
Nos Diables rouges : la mort par asphyxie
Le Soir (journal belge), 8 septembre 1997

L'article commente les résultats du match Belgique / Pays-Bas et annonce que l'équipe belge n'a que de faibles chances de participer au Mondial 98.
Ce titre se présente sous la forme de deux membres de phrases juxtaposés et qui sont, tous deux, très imagés. La première réutilise le surnom donné à l'équipe de Belgique, les Diables rouges, en raison de la couleur de son maillot. Le journaliste s'adresse aux lecteurs belges qui connaissent la couleur du maillot de leur équipe. Il s'inclut dans le nombre des supporters par l'emploi de l'adjectif possessif “nos”.
Quant à la seconde phrase, elle fait un constat assez métaphorique de la situation. L'image est ici hyperbolique car, en jouant sur la dramatisation de la scène, elle suggère les échecs successifs de cette équipe. On peut penser que la métaphore est filée avec l'emploi de termes comme “Diables” ou “mort” appartenant au même registre de l'enfer.

Titres utilisant des détournements de sens

I / Violence à l'école

Titre utilisant un détournement de sens
Allègre voit la vie en zones
La Montagne, 6 novembre 1997

Au lendemain de la présentation du plan gouvernemental de lutte contre la violence en milieu scolaire, l'article décrit les mesures prises par les ministres Claude Allègre et Ségolène Royal. Ces mesures concernent neuf sites expérimentaux considérés à risques.
Ce titre est directement inspiré d'une expression de la langue courante : “voir la vie en rose”. Le journaliste joue sur le calembour : deux lettres changent et le sens est modifié. Au delà de l'humour, ce titre est aussi informatif : cet habile détournement de sens nous apprend comment le ministre de l'Education compte éradiquer la violence dans les écoles : en procédant par zones de priorités. De fait, les grandes lignes directrices sont annoncées sans donner plus de détails.


Titre utilisant un détournement de sens
Halte à la violence à l'école : classes tous risques
Elle , 3 novembre 1997

L'article décrit la violence scolaire, au quotidien, dans des zones considérées comme difficiles ou calmes.
Ce titre interpelle directement le lecteur. Il fait un constat alarmant sur la violence dans les écoles, en prenant le contre-pied d'un concept très usité, celui de “l'assurance tous risques”. Les classes ne sont plus préservées contre les risques de la violence. Elles deviennent, selon le magazine, un lieu d'affrontements entre professeurs et élèves. L'enseignement n'apporte plus d'assurance contre cette violence endémique. Ce titre peut aussi faire penser à la série télévisée “Agence tous risques”, qui campait des défenseurs de la justice. On pourrait alors voir dans cette référence un appel au Ministre de l'éducation nationale qui doit tout faire pour arrêter la violence dans les écoles.


Titre utilisant un détournement de sens
La loi du milieu... scolaire
La Voix du Nord, 19 novembre 1997

L'article rend compte des actes de rackets qui se déroulent en milieu scolaire.
Ce titre, par l'expression qu'il emploie, fait référence aux règles implicites et à la violence qui régissent les milieux de la mafia. Mais il y a ici une distanciation, suggérée par les trois points de suspension qui retardent l'arrivée de l'adjectif, pourtant capital pour la compréhension de l'article. On quitte le milieu de la mafia pour celui de l'école. Ce titre joue certes avec la dramatisation contenue dans l'hyperbole employée, mais il sensibilise aussi le lecteur au problème de la violence par le recours à une image inhabituelle. Il accroche son intérêt pour l'inciter à lire l'article.

Titres utilisant des détournements de sens

II / Mort de Lady Di

Titre utilisant un détournement de sens
Tout Di
France Soir, 1er septembre 1997

Ce titre fait la Une de France Soir au lendemain de la mort de Lady Diana.
Très concis, il fait ouvertement allusion à l'expression “tout est dit”, en jouant sur l'homophonie flagrante qui existe entre le participe passé “dit” et l'orthographe du surnom donné à la princesse “Di”. Ainsi, rien que par le jeu de mot, on se doute que l'article portera sur la vie de Lady Di, mais les détails restent absents. Le titre se fait accrocheur en utilisant des références que tous les lecteurs connaissent, sans pour autant divulguer plus d'informations.


Titre utilisant un détournement de sens
Ils ont leur dame du lac
France Soir , 8 septembre 1997

Cet article relate les caractéristiques de la mort de Lady Di et son enterrement sur une île. Le journaliste fait entrer la princesse dans le cycle arthurien.
Voilà un titre bien littéraire pour un journal grand public comme France Soir ! La Dame du Lac est un personnage du cycle consacré au roi Arthur, elle est la protectrice du chevalier Lancelot du Lac. Pourquoi est-elle ici assimilée à Lady Diana ? Sans doute en référence au “lac”, Lady Diana étant enterrée sur une île qui pourrait rappeler au lecteur l'île d'Avalon de la Dame du Lac. Et probablement parce qu'ainsi le quotidien convoque le domaine du merveilleux. La princesse entre dans le mythe. Cette métaphore hyperbolique rend compte de la vague de sympathie que l'opinion éprouve à l'égard de cette princesse, tuée dans un accident de voiture. Lady Di reste à jamais immortalisée dans les esprits comme la Dame du Lac l'est dans l'histoire.
Ce titre peut également rappeler indirectement le surnom que les Anglais avait donné à leur princesse, celui de la “dame des coeurs”. Deux images se répondraient alors : la figure de la femme généreuse, et celle de la femme jeune et immortelle.


Titre utilisant un détournement de sens
Pour une dianalogie
Le Monde , 10 septembre 1997

Le philosophe Daniel Bougnoux analyse les relations entre la presse et la mort de Lady Diana. Il considère que nous sommes devant un “phénomène médiatique”, un cas d'école qui sera peut-être étudié un jour à l'université.
Ce titre frappe par sa brièveté, et l'emploi d'un néologisme, “dianalogie”. Il est formé à la fois du prénom de la princesse, Diana, et du suffixe savant “-logie”, relatif à la théorie, à l'étude. Mais qu'y a-t-il réellement derrière cette “étude de Diane” ? Le néologisme fait référence, pour des lecteurs qui s'interessent aux médias, au concept “médiologie” popularisé par Régis Debray. Le terme ne doit pas étonner sous la plume de Daniel Bougnoux, lui-même rédacteur en chef des “Cahiers de médiologie”.


Titre utilisant un détournement de sens
Sainte Diana, priez pour nous
Le Ligueur (journal belge), 10 septembre 1997

Le journaliste réfléchit sur l'impact médiatique de la mort de Lady Diana : il se penche sur la manière dont la presse façonne une image d'Epinal, et fait de la princesse une sorte de sainte.
Dès le premier mot, le titre donne la couleur de l'article et l'ironie est cinglante : le journaliste se moque du processus médiatique qui, peu à peu, tranforme le personnage de Lady Di jusqu'à la canoniser. Il reprend mot pour mot la prière des catholiques, en la détournant pour l'adapter à la situation.

Titres utilisant des détournements de sens

III / Internet

Titre utilisant un détournement de sens
Profs au bord de la crise de nerfs
Libération, 27 juin 1997

L'article présente les difficultés de professeurs qui essaient de développer les nouvelles technologies dans leur établissement, voire dans l'Education nationale.
Ce titre est directement inspiré d'un film de l'Espagnol Pedro Almodovar, “Femmes au bord de la crise de nerfs”. Dans la veine du film, il joue la carte de l'humour pour faire état de l'implantation des nouvelles technologies dans le milieu scolaire.


Titre utilisant un détournement de sens
“Recherche spécialistes du numérique désespérément”
La Tribune, 30 juin 1997

Internet, les réseaux et l'économie numérique engendrent des besoins nouveaux de compétences et de savoir-faire. Ainsi différents types d'emplois apparaissent.
Ce titre fait directement allusion à un film de Suzan Seidelman, “Recherche Suzan désespérement”. Utilisant un registre humoristique, il fait état d'un des problèmes que rencontre actuellement le numérique, mais il n'en donne pas les raisons. Le détournement de sens attire le regard et l'information est à chercher dans l'article .


Titre utilisant un détournement de sens
Mettre les idées au Net
Médialog, juin 1997

Différentes activités réalisables en classe avec “le réseau des réseaux”, c'est-à-dire Internet, sont décrites dans cette revue pédagogique.
Ce titre s'inspire de l'expression passée dans le langage courant : mettre ses idées au clair. Il joue sur deux registres, en utilisant habilement la polysémie de “net” : ce mot est bien sûr un adjectif synonyme de “clair”, mais la présence d'une majuscule fait référence au nom d'origine anglophone désignant le réseau sur Internet. Cette expression peut suggèrer que la mise en place d'Internet permet d'aller directement à l'essentiel, de synthétiser et donc de clarifier ses idées sur une question.

Titres utilisant des détournements de sens

IV / Football

Titre utilisant un détournement de sens
Du show au froid...
Le Figaro, 5 décembre 1997

L'article relate la soirée du tirage au sort de la Coupe du monde de football 1998, qui se déroulait à Marseille. Après un match de gala opposant l'Europe au “reste du monde”, le tirage au sort a eu lieu.
Ce titre fait allusion à l'expression “passer du chaud au froid” et réutilise cette image en la déformant. Le journaliste joue sur l'homophonie entre “show”, nom anglais signifiant “spectacle”, et chaud, l'adjectif antinomique à froid. Il souligne ainsi que le match a été pour les supporters un véritable spectacle, mais que la tension est vite retombée : le public qui s'était échauffé dans les gradins a calmé son ardeur rapidement.


Titre utilisant un détournement de sens
La chanson de geste de Zidane
France-Soir, 5 décembre 1997

Zidane fut le joueur sélectionné par Michel Platini pour représenter la France au sein de l'équipe “Europe” dans le match qui opposa cette dernière au “reste du monde”. Ce match se déroula avant le tirage au sort de la coupe du monde 1998.
Ce titre est directement inspiré d'une oeuvre médiévale, La chanson de geste de Roland. Mais quel rapport y a-t-il entre ce joueur de foot et le chevalier de cette histoire ? Peut-être un simple jeu de mots, et une façon pour le journaliste de faire référence à la gestuelle du joueur sur le terrain...


Titre utilisant un détournement de sens
Guerre et Paix
Onze Mondial, décembre 1997

Ce titre reprend mot pour mot le titre d'un roman de Tolstoï et attire l'oeil du lecteur car il joue avec les références personnelles de celui-ci. Mais quelle relation établir entre l'univers romanesque d'un auteur russe et le monde du football ? Le parallélisme intrigue, car on ne comprend pas le lien qui peut exister entre les deux.


Titre utilisant un détournement de sens
Non, le Lion n'est pas mort
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

L'article fait “l'état des lieux” de l'équipe de football du Cameroun à la veille de la Coupe du monde 1998.
Ce titre reprend les termes d'une chanson de Henri Salvador, Le lion est mort ce soir, mais en les modifiant. Il s'amuse avec les références culturelles de chaque lecteur et détourne le sens originel du texte : il fait allusion au surnom donné aux joueurs de l'équipe du Cameroun, “les Lions Indomptables”. En se présentant comme une réponse qui interpelle directement le lecteur, il va à l'encontre de l'opinion générale. Non, l'équipe du Cameroun n'est pas à sous-estimer. Et ce titre d'intriguer car il devance les éventuelles affirmations d'un lecteur en les remettant en question.


Titre utilisant un détournement de sens
Douce France, pays de leur naissance
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

L'article présente l'équipe du Danemark en vue du Mondial de football 1998. Il montre quel fut le parcours de cette équipe, à partir de 1990, dans les différents épreuves européennes ou mondiales, et lors des éliminatoires.
Ce titre reprend les paroles très connues d'une chanson de Charles Trênet, Douce France, cher pays de mon enfance, en les modifiant mais en conservant l'assonance en “ance”. Le titre est détourné de son sens originel pour les besoins de l'article, mais il cherche à toucher la curiosité de son lecteur en utilisant des références qui lui sont connues. En fait, pour le magazine, l'équipe du Danemark est “née” en France, car c'est en France qu'elle s'est révélée pour la première fois.


Titre utilisant un détournement de sens
Diables, ton foot c'est frite
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

L'article présente d'une manière générale l'équipe de football de Belgique et son parcours lors des matchs de qualifications pour la Coupe du monde.
Ce titre joue ouvertement sur l'homophonie pour attirer l'attention. Des sons identiques pour suggérer des sens différents. Mais ici, l'homophonie est d'un registre particulier : d'un point de vue purement grammatical, elle n'est pas correcte. C'est cette apparente incohérence qui frappe d'emblée et oblige le lecteur à relire le titre. La relecture fait alors apparaître clairement l'humour et le double sens de la phrase : “ton foot s'effrite ?” ou “ton foot, c'est la frite ?”. A noter l'emploi d'un registre familier (avec l'abréviation de foot, l'interjection “Diables” et le tutoiement) et les allitérations en “t” qui donnent à la phrase une impression de légèreté. Ce jeu de mot renvoie à la Belgique par l'image de la “frite” et l'emploi de “Diables”, allusion directe au surnom de l'équipe belge “les Diables rouges”. Ce titre pose une question : l'équipe belge a-t-elle ses chances pour le Mondial de 98 ?


Titre utilisant un détournement de sens
Les Teutons flingueurs sortent la grosse artillerie
Planète Foot, décembre1997 - février 1998

L'article rappelle le parcours de l'équipe allemande dans les précédentes Coupes du monde et ses prestations lors des élimitatoires pour la prochaine Coupe qui se déroulera en France.
Ce titre est directement inspiré d'un film de George Lautner, les Tontons flingueurs , et l'homophonie entre Tontons et Teutons incite à la comparaison. On quitte le monde des petits truands pour celui des joueurs de football. Il est intéressant de noter que ces joueurs allemands sont désignés par le mot qui désignaient les soldats allemands de la guerre 14-18. Ce titre, qui file la métaphore de la guerre et de l'univers du banditisme, a tout l'air d'un commentaire humoristique sur la composition de l'équipe allemande : l'hyperbole appartient au registre familier, tout comme le terme de “flingueurs”, et souligne la force de l'équipe allemande.


Titre utilisant un détournement de sens
Que le foot commence !
Le Monde, jeudi 4 décembre

L'auteur de cet article évoque le tirage au sort de la Coupe du monde de football qui a lieu le soir-même.
Ce titre fait référence à une expression passée dans le langage courant : que la fête commence ! Il évoque également un film de Bertrand Tavernier, “Que la fête commence !” Mais ici, l'expression est détournée pour les besoins d'un article qui se veut une introduction aux événements qui vont animer le paysage du football. Son utilisation permet de faire l'analogie entre le monde du football et le monde de la fête : une seule syllabe modifiée suggère que les matches seront l'objet de grandes festivités, et souligne l'aspect ludique de la manifestation. Mais cette annonce reste très vague, elle ne fait qu'ébaucher une atmosphère chaleureuse pour inciter le lecteur à poursuivre la lecture de l'article.

Titres incitatifs

I / Violence à l'école

Titre incitatif
Soigner les enfants violents
Le Parisien, 5 décembre 1997

Dans cet article, Martine Aubry, ministre des Affaires sociales, affirme qu'un soutien médical et parfois psychiatrique s'avère nécessaire pour certains enfants de 10-12 ans, nouveaux acteurs de la délinquance dans les villes.
Ce titre introduit la thématique de la violence par un infinitif. On ne connaît donc ni le moment ni le sujet de l'action. Est-ce un projet ou une réalité ? Qui prend la charge de soigner les enfants violents ? Ce flou induit par l'infinitif souligne que ces questions ne sont pas les éléments importants de l'article. Tout l'intérêt porte sur le regard que le journaliste va porter sur les enfants violents : dans l'article, ils seront considérés comme des malades.


Titre incitatif
Violence scolaire : pas de pédagogie sans fermeté
Le Midi Libre, 6 novembre 1997

Cet article fait état des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la violence à l'école.
Ce titre, composé de deux membres de phrases juxtaposés, aborde le problème de la violence à l'école par le biais d'une affirmation. Et, cette apparente évidence ne peut être ni explicitée, ni démontrée dans le titre. Mais elle invite à la polémique en prenant un parti-pris catégorique.


Titre incitatif
Violence dans les collèges : l'exclusion en question
Paris Normandie, 11 novembre 1997

Cet article analyse le problème de l'exclusion, solution extrême utilisée par les établissements scolaires quand la violence dépasse certaines limites.
Ce titre est composé de deux membres de phrases juxtaposés qui cherchent à présenter clairement le problème de la violence dans les écoles, sous la forme d'une fausse question. Le thème est annoncé, la problématique posée. Ce titre canalise de multiples interrogations que seule la lecture de l'article pourra satisfaire.


Titre incitatif
Violence à l'école : six zones test
Le Figaro, 6 novembre 1997

Cet article traite des mesures présentées par Claude Allègre pour lutter contre la violence à l'école. Elles s'appliqueront dans six zones à partir de 1998.
Ce titre se présente sous la forme de deux phrases nominales juxtaposées : face au problème de la violence à l'école, un début de réponse est avancé, les “six zones tests”. Cette formulation frappe par une brièveté qui peut suggérer la rapidité des mesures mises en oeuvre. Quant à savoir ce que le journaliste entend par “zones tests”, seule la lecture de l'article pourra nous le dire. Le titre suscite des questions pour intéresser le lecteur, il attire son regard par une formule brève qui invite à la lecture de l'article.

Titres incitatifs

II / Mort de Lady Di

Titre incitatif
“Pour homicide involontaire”
Sud Ouest, 3 décembre 1997

Cet article relate la mise en examen des photographes qui auraient quelques responsabilités dans la mort de Lady Diana.
Ce titre reprend un fait, au style direct et entre guillemets. C'est l'accusation prononcée par la justice lors de la mise en examen des photographes. La simple allusion à l'idée d'assassinat suffit à susciter l'intérêt du lecteur, à accrocher son regard. Le journaliste se retranche derrière les accusations de la justice, sans prendre parti : les termes sont forts, chaque mot pesé, le débat sur la mort de Lady Di est ouvert.


Titre incitatif
Le tragique destin de lady Diana Spencer
Le Ligueur (journal belge), 10 septembre 1997

Cet article raconte la vie de la Princesse de Galles, en insistant la malchance et la fatalité qui, selon le journaliste, n'ont cessé de la poursuivre.
Ce titre, par l'emploi d'un terme fort comme “tragique” et la notion de destinée, cherche à capter l'intérêt du lecteur en jouant sur la dramatisation et le pathétique de la scène. Le ton est donné, le parallèle entre la vie de Lady Di et celle des héroïnes des tragédies classiques est suggéré. Ce recours à une notion empreinte de fatalité et d'injustice peut intriguer le lecteur. Pourquoi donc le journaliste parle-t-il de “Lady Diana Spencer”, et non de “Lady Diana”, comme dans la grande majorité des journaux ? Est-ce un trait particulier aux journaux belges ? Est-ce une manière de rendre le ton plus grave ?


Titre incitatif
Samedi à 11 heures, tout s'arrêta en Grande-Bretagne
Libération, 3 septembre 1997

Cet article imagine ce qui va se passer en Angleterre, pendant les obsèques de Lady Di.
Ce titre se présente sous la forme d'une phrase, qui, fait assez rare, n'est pas tronquée. Cette formule frappe en fait par le mystère qu'elle induit : le décor est posé, les indications de temps et de lieu données, mais l'événement reste dans l'ombre. On sait seulement qu'il arrive subitement, introduit par un passé simple dont l'emploi est très inhabituel dans les médias. C'est un temps qui appartient à un registre très littéraire, pour dater un fait passé et révolu. Or il s'agit des obsèques de la princesse, qui ne se dérouleront que deux jours plus tard. Ce jeu sur un temps déjà écrit et pourtant pas encore arrivé pique la curiosité et donne à l'article une certaine solennité.
Et ce titre capte l'intérêt par l'opposition qu'il met en oeuvre : la précision des premières indications contraste avec l'aspect volontairement imprécis du pronom indéfini “tout”, qui devient hyperbolique, dans ce cas. La démesure que prend cet événement soudain présenté sans précision accroît le mystère et suscite des questions.


Titre incitatif
Un jeune prince derrière le cercueil
Le Parisien, 7 septembre 1997

Cet article ébauche le portrait du fil de Lady Diana, futur roi d'Angleterre, qui assistera à l'enterrement de sa mère à Westminster.
Ce titre fait allusion au fils de Lady Di. Il met en parallèle la jeunesse et la mort, par l'emploi de termes comme “jeune prince” et “cercueil”. L'opposition entre ces deux notions attire l'attention, de même que la présence du prince, personnage devenu anonyme par l'emploi de l'article indéfini qui l'introduit.


Titre incitatif
Haro sur le paparazzo
Le Ligueur (journal belge), 10 septembre 1997

Cet article s'interroge sur la responsabilité des médias, et notamment des photographes, dans la mort de Lady Diana.
Ce titre donne déjà la couleur de l'article. En utilisant l'interjection “haro”, le titre dénonce à l'indigation de tous la responsablité des photographes. Cette formule frappe par une assonnance en “o” et une allitération en “r”, qui confèrent à la phrase une impression de dureté. Le ton est d'autant plus explicite que cette expression, autrefois, donnait à chacun le droit d'arrêter le coupable.

Titres incitatifs

III / Internet

Titre incitatif
Comment faire entrer Internet à l'école
Le Parisien, 11 juin 1997

Cet article anonce les mesures à mettre en place pour équiper avec Internet tous les établisements scolaires français d'ici l'an 2000.
Ce titre se présente sous la forme d'une question qui interpelle directement le lecteur, pour l'inciter à lire l'article qui y répond. L'interrogation vise à attirer l'attention et elle est suffisamment générale pour intéresser un public assez large, celui du quotidien régional. Et ici, l'utilisation d'une question à l'infinitif n'est pas innocente : il n'y a pas de sujet, car il n'y a pas de public particulier ciblé.


Titre incitatif
Internet, à quoi ça sert ?
Le Parisien, 4 juin 1997

Cet article présente Internet : il prône les avantages du courrier électronique et parle des “sites” Internet, formidable réservoir d'informations ouvert à tous.

Ce titre se compose d'une question assez précise qui appartient au registre courant de la langue. Interrogation simple, dont la formulation n'est pas sans rappeler les questions que peuvent se poser les plus petits sur des choses qu'ils ne connaissent pas. Face à des nouvelles technologies qui s'attirent la méfiance d'un grand nombre de gens, comment faire tomber les réticences ? Comment intéresser des lecteurs novices en matière d'internet à un article qui a toutes les chances de les faire fuir ? Le titre est ici un moyen de présenter l'article très simplement, sans rebuter le lecteur par un vocabulaire ou des notions trop complexes.

Titres incitatifs

IV / Football

Titre incitatif
Ça promet
L'Humanité, 5 décembre 1997

Cet article annonce les résultats des tirages au sort pour la Coupe du monde de football.
Ce titre très bref, à la Une du journal, exprime un jugement de valeur. Cette prise de position cherche à susciter la curiosité du lecteur pour l'amener à lire l'article : le jugement est prononcé, mais rien n'est explicité. On ne sait pas si cette expression annonce un événement positif ou négatif, un bon ou un mauvais spectacle en perspective. Ce titre pique donc la curiosité du lecteur par la polysémie de l'expression.


Titre incitatif
Les jeux sont faits
France Soir, 5 décembre 1997

Cet article annonce le tirage au sort des équipes pour la Coupe du monde de football 1998.
Ce titre de Une réutilise une expression très usitée dans le monde des jeux de hasard. Il s'agit en effet de donner les résultats d'un tirage au sort. Le titre ne donne aucune information, mais joue sur la dramatisation. L'expression est employée généralement au moment où, dans les salons de jeux, les joueurs ont déjà parié et s'apprêtent à gagner ou perdre l'argent misé. Quelles sont donc les équipes tirées au sort ? Les paris sont ouverts. Au lecteur de lire l'article pour connaître les matches prévus et faire des hypothèses.


Titre incitatif
Ça commence bien pour la France
Le Parisien, 5 décembre 1997

Cet article annonce les résultats du tirage au sort de la Coupe du monde de football, en ce qui concerne la France. Le journaliste est optimiste, et pense que la France a de la chance.
Ce titre fait la Une du journal. Il utilise un jugement de valeur pour susciter des réactions dans son public : on ne sait pas s'il est ironique ou pas. Cette expression est choisie moins pour ce qu'elle désigne que pour ce qu'elle suggère : elle pique la curiosité et en appelle au jugement du lecteur qu'elle cherche à interpeler.


Titre incitatif
Les carnets de route d'Aimé Jacquet
France Football, 16 décembre 1997

Cet article s'intéresse aux observations qu'Aimé Jacquet, l'entraîneur de l'équipe de France, prend soin de noter, depuis quatre ans, dans ses carnets quand il assiste à une rencontre.
Ce titre est composé d'un groupe nominal qui ne prend pas la peine de présenter Aimé Jacquet. Les lecteurs de France Football le connaissent et la précision dans le titre est inutile. Mais le titre pique la curiosité : que peut bien recouvrir la notion de “carnet de route” ? Est-ce une information, est-ce une image ? A quoi le journaliste fait-il allusion, en parlant d'Aimé Jacquet ? Autant de questions suscitées par ce titre imagé qui vont attirer l'attention du lecteur et l'amener à lire l'article pour en savoir plus.


Titre incitatif
Pour une cinquième couronne, c'est par là !
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

Ce titre fait allusion à la participation de l'équipe de football brésilienne lors de la Coupe du monde et ne cesse de vanter ses mérites. Leur victoire est possible.
Ce titre, qui se présente sous la forme d'une phrase exclamative, attire l'attention par la franchise, la spontanéité et le ton léger de ses propos. Les choses sont dites comme elles ont été pensées : le registre de la phrase appartient à la langue parlée. Le journaliste ne s'encombre pas de détours : il s'amuse avec la symbolique du mot couronne et s'attend à ce que le lecteur ait les mêmes références que lui. La couronne, faisant allusion au sacrement, à un événement important, pourrait donc suggérer une éventuelle victoire. Mais on ne sait pas de quelle équipe il s'agit. Le titre reste encore une fois volontairement vague pour piquer la curiosité du lecteur.


Titre incitatif
Avec leurs meilleurs vieux
Planète Foot, décembre 1997 - février 1998

Cet article s'intéresse aux joueurs de l'équipe écossaise de football qui participeront à la coupe du Monde. Ils ont une moyenne d'âge de 30 ans.
Ce titre reprend une expression consacrée des fêtes de nouvelle année (le journal est sorti en décembre). Il interpelle le lecteur par l'absence volontaire de tout sujet : qui se cache derrière l'adjectif possessif “leurs” ? Cette formulation pique la curiosité par son caractère indéfini et par le jeu de mot entre “voeux” et “vieux” : l'anonymât est de mise.
Ce titre est également une reprise d'un titre célèbre à la une de libération en février 1984 : L'URSS vous présente ses meilleurs vieux. Il s'agissait de la nouvelle équipe dirigeante de l'URSS après la mort d'Andropov.


Titre incitatif
Attention, les 404 joueurs du Mondial vont le frapper !
Planète Foot , décembre 1997 - février 1998

Cet article parle du ballon officiel du Mondial qui, pour la première fois, aura les couleurs françaises.
Ce titre commence par une mise en garde. Le lecteur est directement interpelé, et sa curiosité relancée par la fin énigmatique de la phrase. La précision des premiers mots contraste avec l'anonymat du pronom “le”. Le journaliste sous-entend que le lecteur sait de qui il s'agit et qu'il n'a pas besoin de préciser sa pensée. Le mystère qui est fait autour du “le” accroît l'intérêt, tout comme l'image hyperbolique qui est évoquée par le nombre important des joueurs. Seul l'article pourra nous dire de quoi il s'agit.

Titres informatifs

I / La violence à l'école

Titre informatif
Le gouvernement adopte un plan de lutte contre la violence
L'Humanité, 6 novembre 1997

L'article présente le plan de lutte contre la violence scolaire des ministres Claude Allègre et Ségolène Royal.
Une phrase verbale claire et concise : le journaliste n'a pas cherché à utiliser des figures rhétoriques. La sobriété est de mise dans cette phrase essentiellement informative qui répond à deux questions : de qui s'agit-il ? qu'a-t-il fait ?.


Titre informatif
Un jeune prof sur quatre se dit confronté à la violence
Le Parisien, 15 octobre 1997

A deux semaines de la présentation du plan de lutte contre la violence à l'école par le gouvernement, l'article - à travers différentes données statistiques- fait un état des lieux de cette violence.
Ce titre donne une information chiffrée. Le recours aux statistiques et sans doute aux sondages vise à augmenter la véracité de l'article, à lui donner plus de poids. Les chiffres sont utilisés ici non seulement comme information - ils donnent une précision sur ce qui se passe dans les milieux scolaires - mais aussi comme “accroche”. Ils suggèrent plus qu'ils ne disent. Le constat est explicite, mais les conséquences sont à imaginer.

Titres informatifs

II / Mort de Lady Di

Titre informatif
Les Britanniques reprochent à la reine son flegme devant la mort de Lady Di
La Croix, 6 septembre 1997

Le journaliste témoigne, dans cet article, du fait que le peuple anglais n'apprécie pas l'indifférence de la famille royale face au décès de Lady Diana.
Ce titre dresse le constat d'une situation à la mort de la princesse de Galles : il se fait l'écho de l'opinion publique anglaise et dit à ses lecteurs français ce que pensent les Britanniques. Comme souvent lorsque les titres sont informatifs, le journaliste privilégie la phrase verbale, construite selon une syntaxe classique.


Titre informatif
Sept photographes en garde à vue
Le Figaro, 1er septembre

L'article raconte la façon dont s'est déroulé l'accident qui a provoqué la mort de Lady Di. Il insiste sur les septs photographes mis en examen qui sont peut-être à l'origine de l'accident.
Ce titre ne joue avec aucun procédé stylistique : il donne les faits avec précision et sobriété : qui ? quoi ?. Il annonce clairement le sujet de l'article par une information chiffrée.


Titre informatif
Plus de deux millions de personnes sont attendues aux obsèques de Diana
Le Monde , 4 septembre 1997

L'article évoque les obsèques de Diana (le 6 septembre) qui demandent un réel effort d'organisation, notamment pour canaliser les deux millions de personnes attendues.
Le titre répond par une estimation chiffrée à trois des questions essentielles ppour celui qui reçoit une information : qui ?, quoi ?, où ? Voilà un exemple classique de titre strictement informatif.


Titre informatif
Les enquêteurs recherchent une Fiat Uno
Le Parisien, 18 septembre 1997

Une Fiat Uno de couleur sombre est recherchée par les enquêteurs car elle serait impliquée dans l'accident qui a engendré la mort de Diana.
Ce titre, présenté sous la forme d'une phrase brève et précise, informe le lecteur sur l'état de l'enquête de la police. Le fait qu'il relate apparaît comme une information de première importance, mais peut aussi se comprendre comme un appel à témoin. Il s'adresserait alors implicitement au lecteur en lui demandant de contribuer aux recherches.


Titre informatif
Ivresse et vitesse à l'origine de l'accident
Le Journal de Montréal, 2 septembre 1997

L'article relate dans les détails les circonstances de la mort de Lady Di.
Ce titre est avant tout informatif : il résume les circonstances de la mort de la princesse en utilisant un parallélisme qui en donne les raisons principales. Les allitérations en “s” rythment le titre.

Titres informatifs

III / Internet

Titre informatif
L'académie de Rennes sur Internet
Ouest-France, 19 juin 1997

L'article présente le site sur Internet de l'académie de Rennes.
Ce titre est purement informatif et s'adresse à un public très précis, celui du quotidien régional Ouest-France : il montre les avancées d'Internet dans la région de Rennes sans donner plus de précisions.


Titre informatif
Des moteurs de recherche pour consulter sur le Web
La Tribune, 2 juin 1997

L'article présente les moteurs de recherche, outils qui permettent de trouver de l'information sur Internet. Il insiste sur Altavista, moteur le plus utilisé à travers le monde.
Ce titre est une phrase nominale qui annonce précisément le sujet de l'article : il est explicite mais le lecteur doit lire l'article pour connaître les noms des moteurs de recherche dont il est fait mention. Le titre divulgue seulement une partie de son information.


Titre informatif
Les moteurs de recherche drainent la pub sur le Web
La Tribune, 2 juin 1997

Les moteurs de recherche sont gratuits sur Internet. Ils attirent, de plus en plus, les revenus publicitaires tandis qu'ils développent des services complémentaires payants.
Ce titre annonce clairement qu'il va mettre en relation publicité et moteur de recherche. Les deux sont donc liés, si on en croit l'article, mais le journaliste se garde bien de dire comment. L'information est dévoilée avec parcimonie, juste ce qu'il faut pour attirer l'attention et inciter à lire l'article.

Titres informatifs

IV / Football

Titre informatif
Les 32 équipes de la phase finale
Le Monde, 4 décembre 1997

L'article présente les 32 équipes, à travers différentes caractérisques, qui participeront à la Coupe du monde de football en juin 1998.
Ce titre annonce le nombre des équipes lors de la phase finale du mondial 98, chiffres à l'appui. Et l'utilisation des chiffres augmente ici la véracité de l'article, lui confère plus de poids en même temps qu'il maintient le mystère sur le nom et la force de ces équipes.

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