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Amertumes /
Amertume, espoir noyé, dernière
larme d’une mère sur le corps du fils mort au combat, là-bas,
on ne sait plus bien pourquoi.
Amertume, couleur d’automne, âme rougeoyante sous un soleil
en déclin. Des saisons, il ne restera que les bruissements d’un
passé révolu.
Amertume, cri meurtri, silence opaque, voix éreintée de
s’être trop tue.
Amertume, parfum d’exil, solitude de l’inconnu. Partir et
devenir étranger, pour toujours peut-être.
Amertume, prunelles claires obscures, travelling incessant sur des clichés
gris de haine.
Amertume, fleur d’écume, sel des souvenirs.
Amertume, note ultime d’une fugue mélancolique jouée
par des mains trop lasses d’exister.
Amertume, nectar infernal, poison doucereux qu’on avale, pour enfin,
trouver l’oubli.

Yasmina Traboulsi Libano-Brésilienne.
Auteure de nouvelles, elle a reçu le prix
du Jeune écrivain francophone pour Maria Aparecida.
Son premier roman, Les Enfants de la place, est paru en août
2003 aux éditions Mercure de France et a reçu le Prix du
Premier Roman 2003.
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