Identification de la technique a fresco
  Comment, dans l’approche scientifique, peut-on caractériser une technique de vraie fresque ? si l’on tient compte des observations préliminaires mentionnées plus haut, il est clair que les choses ne sont pas simples, et qu’il est difficile de dire, simplement par l’analyse chimique, si l’on a affaire à une peinture a fresco. L’absence de liant décelable est bien sûr une indication, mais on a vu que ce n’est pas suffisant. Il faut donc s’appuyer aussi sur des observations visuelles, tant sur place qu’en laboratoire.

Examen in situ

L’examen des peintures, de leur aspect superficiel, est une indication fondamentale, qu’il est bon de garder en tête même pour effectuer de simples examens de laboratoire. La collaboration avec un praticien de la restauration est souvent indispensable car l’expérience est un élément important dans l’établissement de ce type de diagnostic. De plus, comme on le sait, la technique a fresco exige de maîtriser les surfaces à peindre dans un laps de temps donné, elles sont donc divisées en fonction des zones accessibles par un échafaudage (pontate) et exécutables au cours d’une journées (giornate). L’identification de ces zones, généralement assez visibles, mais nécessitant un œil averti, est un élément caractéristique du diagnostic.

Une autre caractéristique est la présence du dessin préparatoire. Toutefois, comme nous le verrons, cet élément se retrouve, comme une persistance de la technique à fresque, même dans des techniques beaucoup plus tardives a secco (détrempe, c’est-à-dire à la colle).

Examen en laboratoire

La recherche de liant, ou plus exactement de l’absence de liant, est un élément important. Toutefois, la mise en évidence d’un matériau organique doit être interprétée avec prudence ; il importe en effet de localiser cet élément, car il peut s’agir d’un liant, par exemple à base de colle, ayant servi uniquement dans des rehauts (plis de vêtements, modelés), le reste de la peinture étant exécuté à fresque. L’échantillonnage est également important, car, comme on l’a vu, l’usage de liant peut être limité à certaines zones ou certaines retouches, et différer selon celles-ci. A ces difficultés s’ajoutent celles, générales, déjà mentionnées : faible quantité des produits, évolution de ceux-ci dans le temps, ajouts éventuels, etc.

L’étude en laboratoire comprend trois volets principaux : étude stratigraphique, identification des pigments, identification des liants. Cette dernière est sans doute la plus importante dans la détermination de la technique, et aussi la plus délicate. Il est inutile d’entrer ici dans le détail de ces méthodes, décrites par ailleurs. On trouvera en annexe le principe de chacune d’elles, et l’utilité qu’elles peuvent avoir dans la mise en évidence des liants (ou de l’absence de liant) [10].

Pour résumer, on peut dire que l’identification des matériaux organiques ou liants présumés est l’élément primordial, mais l’étude stratigraphique doit corroborer les hypothèses qu’elle peut conduire à formuler.

 
Dans l’ensemble, la caractérisation de la technique a fresco doit être faite par un certain nombre d’observations convergentes tant sur les peintures elles-mêmes que sur un échantillonnage réalisé avec soin, en fonction précisément de ces observations. L’expérience et la multiplicité des observations, par recoupements, joueront un rôle essentiel.
Exemples :

fresques de Pompéi (villa des Vetii, maison de Ménandre), caractéristiques de la technique romaine à son apogée.
Ci-dessus : maison de Ménandre (cliché M. Stefanaggi)
Ci-contre : Bolsena (Italie) ; fragments de peinture romaine (1er siècle) trouvés dans des fouilles, coupe stratigraphique. Cette coupe est caractéristique de la technique romaine : intonaco épais, lissage de la surface, calcification visible de la surface (photo), où l’on peut voir un cristal de calcite caractéristique. Le pigment rouge est un ocre 

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