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La technique de la peinture à fresque
repose sur quelques principes de base, dont la bonne application et la
maîtrise conditionnent la qualité du résultat obtenu.
Le principe, on le sait, consiste à exécuter la
peinture sur un enduit frais à base de chaux, c’est-à-dire
d’hydroxyde de calcium, basique, Ca(OH)2 ; celui-ci, au contact
du dioxyde de carbone acide (gaz carbonique) de l’air, CO2,
réagit en formant du carbonate de calcium, généralement
sous forme cristallisée et dure de calcite, CaCO3. On
a donc la réaction de base bien connue :
Ca(OH)2 + CO2 à CaCO3 +
H2O
C’est cette carbonatation, et la qualité de formation de la calcite,
qui est la caractéristique principale de la fresque, et qui en constituera
la qualité et la solidité. Il est donc important de noter
qu’il ne s’agit pas, comme on le dit souvent improprement, d’un séchage
(lequel serait simplement une évaporation de l’eau contenue dans
l’enduit), mais d’une véritable transformation chimique, qui concerne
la masse de l’enduit peint (intonaco), la couche picturale et donc
les pigments qui y sont posés, et vont ainsi se trouver, en quelque
sorte, intégrés à l’ensemble du support grâce
à la migration de la formation de carbonate vers la surface par
suite de l’évaporation de l’eau, le lissage de la surface contribuant
ainsi à cette intégration.
L’exécution concerne donc successivement :
-
première couche : une préparation de base, appelée
arriccio
destiné principalement à égaliser le support (mur),
généralement constitué d’un mortier de chaux assez
grossier ;
-
deuxième couche : intonaco, de même composition
(chaux : sable), mais plus mince et plus soigné, parfois additionné
de matériaux poreux, tels que brique pilée, pouzzolane, fragments
de végétaux ; son épaisseur peut atteindre une dizaine
de cm dans la fresque romaine, ce qui permet à l’enduit de garder
en réserve une grande quantité d’humidité, qui remonte
progressivement vers la surface, où se produit ainsi un séchage,
ou plus exactement une carbonatation de l’enduit, très lent (v.
plus loin) ;
-
une préparation superficielle au lait de chaux, beaucoup plus mince,
sur lequel sont posés les pigments ; cette couche, appelée
parfois intonachino, n’est pas toujours présente ;
-
un dessin préparatoire ou sinopia est souvent
exécuté à frais préalablement à la couche
picturale proprement dite ; cette sinopia restera, même dans des
techniques dérivées de la pure fresque, comme on le verra
plus loin, une des caractéristiques rappelant la technique de base
sur enduit frais ;
-
enfin, la couche picturale, avec les pigments posés sur l’enduit
frais, et dont l’adhésion et la cohérence liée à
l’enduit sera assurée par la carbonatation de celui-ci ; le lissage
contribuera à cette cohésion et à la qualité
de la surface peinte obtenue ; ·
lissage de la couche superficielle : la mince couche de lait de
chaux, posée sur la surface servira de support direct à la
peinture, et donc sa qualité doit être particulièrement
soignée. Le lissage de cette couche, effectué avec soin,
permet à l’humidité de l’enduit de remonter progressivement
en lui laissant le temps de réagir avec le gaz carbonique de l’atmosphère
et provoquer ainsi la carbonatation de l’enduit, insérant les pigments
dans cette transformation. Le durcissement de l’enduit peint se fait donc
de la surface vers l’intérieur. |
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