| |
Par la suite, on assiste vraisemblablement
à une évolution progressive vers la technique romaine de
la fresque. Déjà, au Ve siècle avant J.C., les peintures
grecques découvertes à Paestum, au sud de Naples (tombe et
peinture dite « du plongeur », découverte en 1968) attestent
d’une telle technique. Cette évolution conduit tout naturellement
à la technique extrêmement maîtrisée de la fresque
romaine, telle que nous la trouvons à Pompéi, avec l’évolution
stylistique bien connue (1er au 4e style)[4], accompagnée d’une
évolution parallèle – mineure - des techniques [5]. |
|

|
Cependant la technique de base reste la même
[6]. Elle sera, pour longtemps, la référence en matière
de peinture murale : c’est la peinture à fresque (a fresco),
exécutée sur enduit de chaux frais. C’est effectivement une
référence, puisqu’elle est décrite dans des ouvrages
célèbres dès l’Antiquité, à savoir les
traités techniques de Pline et de Vitruve que l’on retrouvera réédités
ou repris dans d’autres textes à la Renaissance (C. Cenini) [7].
Ces traités contiennent la description précise de la technique
de la peinture à fresque, qui y est toujours présentée
comme le principe de base, quelles qu’en soient les variantes. Diverses
théories ont été émises, notamment au 19e siècle,
après la découverte des peintures de Pompéi, dont
la qualité technique, indépendamment de l’évidente
qualité artistique, était – et est toujours – des plus impressionnantes,
par la perfection, la dureté, la profondeur obtenues pour ces enduits
peints. |
|
Ci-dessus : fresques de Pompéi ; villa des Vetii
(cliché M. Stefanaggi)
| |
Certains auteurs ont alors parlé de peintures
encaustiquées, ou cirées, ce qui leur aurait conféré
cet aspect lisse et profond rappelant le marbre poli. En fait, les études
techniques plus récentes, et les essais – concluants – de reconstitution,
en se rapprochant des textes de Vitruve [8], ont montré qu’il était
parfaitement possible, par une technique bien maîtrisée, d’obtenir
ce résultat. L’idée d’utilisation de cire ou d’encaustique[9],
confortée sans doute par une technique effectivement répandue
en Orient et dans l’art copte, n’est donc pas sérieuse ici ; d’un
point de vue purement technique, il suffit de penser que les peintures
de Pompéi ou d’Herculanum ont été soumises, lors de
leur ensevelissement par l’éruption du Vésuve, à des
températures de plus de 500 °C, comme l’atteste la transformation,
en de nombreux endroits, de l’ocre jaune (Fe2O3)
en ocre rouge (Fe2O3, H2O), transformation
qui se produit entre 300 et 600 °C. Que seraient devenues ces peintures
si elles étaient exécutées avec pour liant de la cire
ou de l’encaustique, dont la fusion se situe en dessous de 80°C ? Bien
que traitée en détail par ailleurs, cette technique de la
fresque, qui est la base de presque tout l’art mural depuis Rome, mérite
qu’on en rappelle les principes. |
|
|