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Introduction
En France, le Laboratoire de
Recherche des Musées de France, créé en 1931 au Louvre (il
s'appelait alors l'Institut Mainini), a patiemment enrichi ses fonds
documentaires, qui recèlent entre autre quelque 9000 dossiers
radiographiques de tableaux, et environ 1600 dossiers radiographiques d'objets
d'art ou d'archéologie.
Ces dossiers, associés aux
autres examens et analyses réalisés en laboratoire, représentent
une source inestimable de renseignements sur les uvres, leur état,
le processus de leur élaboration. La quantité d'information
fournie par ces films est telle que la moindre craquelure de la couche picturale
d'un tableau est perceptible.
En général, la
radiographie, effectuée par contact, nécessite une surface de film
égale à la surface entière de l'uvre, par exemple la
radiographie des Noces de Cana de Véronèse mesure, comme
le tableau lui-même, 6,66 mètres sur 9,90 mètres (plus de 65
m2 !).
Le stockage et l'exploitation numérique
de ces images, dont certaines sont absolument gigantesques, est maintenant
partiellement réalisé en très haute définition, en
liaison avec une base documentaire, depuis le démarrage du projet européen
Narcisse en 1991.

Historique
Les rayons X ont été découverts
en 1895 par le physicien allemand Wilhelm Conrad Roentgen
lorsqu'il étudiait les rayons cathodiques émis par un tube de
Crookes, vers un écran de platino-cyanure de baryum dont ils excitaient
la fluorescence.
Ayant recouvert le tube émetteur
d'un carton noir pour mieux observer l'extrémité du tube sur
laquelle se projetaient les rayons cathodiques, Roentgen constata la brillance
de l'écran disposé au-delà du carton.
Il s'aperçut rapidement qu'un
rayonnement inconnu, qu'il appela X, pouvait traverser des matières plus
denses et plus lourdes que le carton, et il ne lui fallut ensuite que quelques
semaines pour réussir à « photographier » le squelette
de sa main, de celle de sa femme, l'intérieur d'une boîte en bois
contenant des poids cylindriques, et même son fusil chargé, dans
lequel on voit les cartouches garnies de leurs plombs.
Cette innovation s'est répandue
comme une traînée de poudre, et a trouvé en l'espace de cinq
années l'essentiel de ses applications courantes: la radiographie médicale
(dès 1896), et le contrôle industriel.
Seulement trois mois après la
découverte des rayons X, A. Toepler, un ami
de Roentgen habitant Dresde compare les transparences respectives de pigments métalliques
et de pigments organiques. La première radiographie de tableau a été
réalisée en 1896, en Allemagne, par W. König, puis
une uvre de Dürer a été examinée par
radiographie en 1897, à Londres.
Au cours de la première
guerre mondiale, des médecins français ont observé des
tableaux grâce à la radioscopie, et l'intérêt manifesté
envers les radiographies des uvres d'art n'a jamais diminué. De
nombreuses institutions dans le monde étudient les uvres de musée
au moyen de la radiographie; pour n'en citer que quelques unes en Europe :
British Museum (Londres), Institut Royal du Patrimoine Artistique (Bruxelles),
Doerner Institute (Münich), etc...
 
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