La radiographie :
principe
Enregistrement de l'image
radiographique
L'image radiographique est formée
par les modulations du faisceau émergent résiduel de rayons X
ayant traversé l'objet. Les paramètres à prendre en compte
pour l'exposition sont :
- la tension, mesurée
en kilovolts (kV), elle règle l'énergie du rayonnement et donc sa
pénétration dans la matière,
- l'intensité,
en milliampères (mA), et le temps, dont le produit détermine la
quantité totale de rayonnements reçus par l'objet,
- la distance séparant
la source de rayonnements du récepteur,
- la sensibilité
du récepteur
- la présence éventuelle
de filtration
dans le faisceau, d'écrans
renforçateurs disposés contre le film,
- la nature de l'objet
(numéro atomique des éléments constitutifs), et son (ou
ses) épaisseurs(s).
La plus importante restriction
dans l'emploi de la radiographie est la mauvaise discrimination de deux éléments
de numéro atomique très proches. Ce phénomène
provient du fait que la distribution de l'absorption du rayonnement ne présente
pas de discontinuité entre un élément et ses voisins immédiats.
On constate sur la courbe suivante la constance du coefficient d'absorption des
rayons , et les variations
de plus en plus affirmées pour des rayons x de plus basse énergie.

Figure 7.
Absorption des rayons X (d'après Neutronographie industrielle,
A. Laporte, CEA / IRDI / DERPE / Service des piles de Saclay, éditions
Papillon SARL, 1982).
Il existe trois moyens complémentaires
de visualiser et d'enregistrer l'image radiographique :
- le film radiographique
: c'est un film photographique spécial, muni d'une forte épaisseur
d'émulsion sensible, très chargée en halogénures
d'argent. Il est généralement bicouche (une demi-émulsion
sur chaque face) pour faciliter le développement de l'image. Plus l'énergie
du rayonnement est élevée, plus l'oxydation des sels métalliques
contenus dans l'émulsion photographique est importante, et le
noircissement du film important. Les photons ont de rares interactions, mais
celles-ci produisent des électrons qui sont par contre très actifs
pour le noircissement du film. On utilise souvent les films emballés dans
une pochette en papier, étanche à la lumière, ou bien dans
une cassette en alliage léger (transparente aux rayons X), munie d'écrans
renforçateurs ou au plomb, ou encore dans un emballage plastique sous
vide avec des écrans au plomb. Les écrans renforçateurs
(dits salins, ou fluorométalliques) comportent un matériau
fluorescent qui atténue légèrement la netteté de
l'image, mais raccourcissent énormément la durée
d'exposition nécessaire (jusqu'à 24 fois). Les écrans au
plomb se composent d'une feuille de carton recouverte d'une fine épaisseur
de plomb qui atténue l'effet des rayons diffusés et renforce
l'image au dessus de 100 kV par émission d'électrons (gain sur la
durée d'exposition: environ 3 fois).
- la radioscopie : la
fluorescence d'écrans sensibles aux rayons X forme l'image visible de
l'objet. Cette image était naguère observée directement
derrière l'écran, ce qui était très dangereux pour
l'observateur non protégé, et a entraîné au début
du siècle de nombreuses maladies chez les radiologues (nécrose des
mains par exemple), et même plusieurs décès. De nos jours,
cette image est reprise par une caméra de télévision,
l'observation se fait donc loin des rayonnements dangereux. L'écran
fluorescent constitue souvent la face d'entrée d'un amplificateur de
brillance, dans lequel les électrons produits à la surface de l'écran
par les rayons X sont accélérés puis transformés en
lumière visible par un écran phosphorescent qui fournit une image
lumineuse à l'objectif de la caméra. Cette amplification diminue
fortement les doses de rayonnement nécessaires (c'est le type de matériel
utilisé pour le contrôle des bagages). L'image de l'écran
peut être enregistrée sur bande magnétique, imprimée,
ou numérisée.
- la numérisation directe
: un capteur sensibilisé aux rayons X transforme l'intensité du
rayonnement en valeur numérique. Deux voies parallèles existent :
- les capteurs en forme
de barrette,
qui nécessitent l'exploration de la surface de l'image par défilement
soit de l'objet, soit du support de la barrette,
- les capteurs plans, en
forme de matrice,
qui analysent en bloc la surface de l'image. Une voie détournée
consiste à effectuer la numérisation d'après un film
radiographique déjà existant, ou en sortie de la radioscopie télévisée.

Classification
La radiographie est une technique
non destructive. Les doses de rayonnement émises sont plusieurs milliers
de fois plus faibles que celles utilisées pour la désinfection des
matériaux.

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