| La radiographie
La radiographie enregistre l'image formée par des rayons X qui sont plus ou moins absorbés lorsqu'ils traversent un objet. On obtient ainsi à la fois une représentation de la constitution interne (structure, armatures, assemblages, ...) et de l'épiderme des tableaux ou des objets étudiés (lacunes de polychromie ancienne recouvertes ensuite, compositions superposées, ...). Les rayons X, créés par la collision d'électrons sur des atomes de matière, sont des ondes électromagnétiques, de même nature que la lumière visible ou les ondes radiophoniques, mais de longueur d'onde très courte, comprise entre 10-7 et 10-11 mètres, et dotées d'une grande énergie. Ces longueurs d'onde de l'ordre de l'Angström (10-10 m), sont proches des distances inter-atomiques, ce qui permet le passage du rayonnement à travers la matière, alors qu'un rayonnement de plus grande longueur d'onde se trouve réfléchi par la surface du matériau étudié. L'enveloppe externe d'un générateur de rayons X est en général une ampoule de verre ou plus récemment une association métal-céramique, dans laquelle a été fait le vide (Figure 1).
Ce pinceau d'électrons heurte l'anode (+), en produisant principalement de la chaleur (99 %), mais aussi des rayons X selon deux phénomènes associés :
En analyse physique, les raies caractéristiques permettent justement de caractériser les éléments et leurs composés L'anode (appelée également anticathode) est le plus souvent en tungstène, métal de numéro atomique élevé (74), offrant une forte probabilité d'interaction des électrons incidents dans le cortège électronique de l'atome, et résistant bien à la chaleur dégagée lors de la création du rayonnement. Le refroidissement de l'anticathode, effectué par un bain d'huile qui dissipe les calories, est éventuellement complété par une circulation d'eau.
Pour certaines applications, dont la radiographie de tableaux ou d'objets peu épais, la fenêtre de sortie est découpée dans l'enveloppe en verre du tube, remplacée par une mince feuille de béryllium, un métal plus transparent aux rayons X que ne l'est le verre du tube. Une augmentation de la tension appliquée entre l'anode et la cathode influe sur la qualité du rayonnement :
Les variations de l'intensité du courant de chauffage appliqué au filament de la cathode modifient la quantité des rayonnements émis, mais pas leur qualité: les longueurs d'ondes demeurent identiques.
Le noircissement obtenu sur le film dépend directement du produit du temps d'exposition par l'intensité du rayonnement, par exemple en radiographie médicale l'unité d'exposition utilisée est le mAs (produit des milliampères par les secondes), pour d'autres applications (radiographie industrielle) le mAm (produit des milliampères par les minutes). Certains matériels travaillent à intensité fixe, seuls varient le temps d'exposition et la tension. |