La fluorescence X


Laboratoire de recherche
des musées de France *




Résumé

La fluorescence X est une technique d'analyse élémentaire non-destructive de l'échantillon. Elle est utilisée au LRMF pour l'analyse de la composition chimique des matériaux minéraux (céramiques, verres, glaçures, pierres,...). L'analyse quantitative sert à différencier et à caractériser les matériaux afin de connaître la technique de fabrication des objets, d'établir des classifications des collections et de retrouver les provenances à partir d'objets de fouilles découverts dans les ateliers et utilisés comme éléments de référence.


Historique
Principe
Méthodes expérimentales
Bibliographie





Historique

Les rayons X sont une radiation électromagnétique découverte par Wilhelm Röntgen à la fin du XIXe siècle. Les photons X sont produits après éjection d'un électron «orbital» interne d'un atome excité. Un faisceau de rayons X traversant la matière est soumis à trois processus : l'absorption, la dispersion et la fluorescence.

La fluorescence X est une émission secondaire de rayons X, caractéristique des éléments atomiques qui composent l'échantillon.





Principe

La technique d'analyse comprend deux parties :

  • une source d'excitation : provoque l'émission d'un spectre de rayons X caractéristique de la composition de l'objet ;
  • un détecteur et un analyseur de rayonnement : identifient les raies composant le spectre.


Différents modes d'excitation

L'excitation d'une raie caractérisée par des photons d'énergie donnée ne peut être provoquée qu'en bombardant l'échantillon avec des photons d'énergies supérieures. L'émission d'un spectre de rayons X s'effectue de trois manières différentes :

  • par un flux d'électrons : les électrons accélérés par la haute-tension provoquent une émission primaire de l'échantillon.
  • par une source radioactive : les rayonnements de la source (rayonnement ) provoquent l'émission du rayonnement secondaire dit de fluorescence X. Le choix des sources s'effectue en fonction de l'énergie des photons émis et de la demi-période du radioélément. Trois sources sont utilisées pour couvrir la totalité du spectre :
    Am241 (60 keV), t1/2 = 458 ans
    Pu238 (12 et 17 keV), t1/2 = 86,4 ans
    Fe55 (5,9 keV), t1/2 = 4,7 ans
  • par un tube de rayons X : deux formes d'excitations sont à envisager :

    excitation par les raies caractéristiques de l'élément de l'anticathode : l'anticathode de chrome (raies K) est utilisée pour les éléments légers compris entre le titane et le sodium; celle de molybdène ou de tungstène (raies L) sert à exciter des éléments de numéro atomique plus élevé.

    excitation par le fond continu : le fond continu (rayonnement de freinage des électrons dans la cible) correspond à l'émission par l'anticathode de photons d'énergies variables. Le photon de plus forte énergie correspond à la tension maximale appliquée au tube. Il est lié à cette tension par la relation suivante : min=12,4/Vmax (Vmax en kV). L'intensité maximale du fond continu se situe en général au 3/2 de cette longueur d'onde minimale. Il faut tenir compte de ce critère pour exciter convenablement un objet au moyen du fond continu.


Analyseur du rayonnement de fluorescence X

Le système à dispersion angulaire est composé d'un goniomètre muni, au centre, d'un cristal analyseur et, sur sa circonférence, d'un détecteur mobile. Le rayonnement de fluorescence X collimatée en un faisceau de rayons parallèles tombe sur le cristal analyseur. Celui-ci diffracte ces rayonnements selon des angles liés à la longueur d'onde de chaque raie par la loi de Bragg : 2d sin = n . L'électronique de mesure permet de séparer les raies de premier ordre des raies de second ordre.

Deux types de montage du cristal analyseur sont à envisager selon la forme du cristal, plan ou courbe.



Dispositif à rayons parallèles



Dispositif focalisateur


Deux détecteurs sont couramment employés :

  • à flux gazeux : le gaz du compteur est ionisé lors du passage d'un photon X. Il permet de détecter les éléments compris entre le sodium et le zinc.
  • à scintillation : il s'agit d'un cristal d'iodure de sodium. Ce compteur permet d'analyser les éléments de numéro atomique supérieur à celui du fer.

La baie de mesure amplifie, discrimine et intègre les impulsions.








Texte et illustrations issus de l'ouvrage : LRMF, Les méthodes scientifiques dans la lecture et la conservation des oeuvres d'art, Ecole du Louvre, Muséologie, La Documentation Française, 2e édition, Paris, 1985, 250 p.